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Sujet : Le voyeurisme selon Hitchcock


De urspoller, le 30 septembre 2007 à 11:56
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Je m'interroge au plus haut point sur le fait qu'aucun message ne traitant de cette pépite cinématographique n'existe sur ce site alors que nombre de films anecdotiques ont été l'objet d'analyses, de dithyrambes ou d'éloges? Peut-être suis-je par trop anachronique et devrai me contenter de visionner Max Pécas ou Besson?

Refermons cette parenthèse et revenons au sujet qui nous intéresse, pardon qui m'intéresse! Le substrat de ce métrage provient d'une nouvelle de Cornell Woolrich, intitulée It had to be murder. Ici, Alfred Hitchcock atteint une certaine perfection formelle et narrative. Le cinéaste, grâce à une maîtrise parfaite de tous les éléments, nous dévoile les mécanismes du suspense. Dans ce chef d'oeuvre, l'invisible prime sur le visible, l'imagination prime sur la perception. Le héros ne possède pas de facto la capacité physique de délier les fils de l'histoire en y participant activement à cause de son handicap. Du coup, Jeff, campé par James Stewart, est ici dans une position comparable à celle du spectateur (forte identification au personnage de Jeff) à savoir qu'il s'imagine ce qu'il va se passer. Ce qui est le propre du suspense.

En outre, par le truchement de la concentration théâtrale, déjà expérimentée dans deux précédents opus à savoir Lifeboat et La Corde, Hitchcock brosse un film magistral, traitant le thème hitchcockien par excellence à savoir le voyeurisme, se déroulant dans un quasi huis clos, avec très peu d'éléments extérieurs. Ici, le réalisateur dépeint admirablement l'hypertrophie des sens et plus particulièrement du regard de Jeff qui construira le drame auquel il assiste quasiment de visu. On peut souligner que dans ce voyeurisme, c'est notre voyeurisme, notre indiscrétion, nos fantasmes, nos défauts voire nos vices qui reste le point focal de ce métrage. Bref, Hitchcock nous jète à la face nos imperfections. Sir Alfred, brosse, à travers le prisme du voyeurisme, une parabole métaphorique du viol de la vie privée de chacun. Le tout mis en valeur par une mise en scène épurée portant à son paroxysme le suspense via des scènes-clés symboliques et offrant au spectateur une véritable introspection appuyant sur les concepts liés au mental à savoir l'imagination et le fantasme. D'ailleurs, on peut noter un certain érotisme malsain sous-tendant ce film.

In fine, Hitchcock nous pousse à la réflexion, grâce au personnage de Jeff, sur l'amour irrésistible et inextinguible pour les intrigues, les faits divers ou les images qu'éprouvent tout un chacun. Pour ce métrage à la fois classique et expérimental, Alfred Hitchcock sera nominé pour l'Oscar du meilleur réalisateur et reçut, en sus, trois autres nominations.


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De PM Jarriq, le 30 septembre 2007 à 12:34

Ne vous interrogez plus, Urspoller…

Si personne n'a parlé de Rear window, je crois que la raison est simple : ça fait des générations, que les cinéphiles analysent l'oeuvre de Hitchcock, que les ouvrages analytiques s'empilent, que les exégètes s'activent, jusqu'à ôter tout plaisir à découvrir ou à commenter les films d'Alfred.

Qu'est-ce qui n'a pas déjà été dit et redit sur le sujet ? Que peut-on apprendre après Spotto, Chabrol et Truffaut ? Plutôt que de répéter une énième fois ce que l'on sait déjà par coeur, il serait par exemple anecdotique mais intéressant, de savoir à quoi ressemble son remake télé avec Christopher Reeve, le comparer au film d'origine, ce genre de choses. Au moins, on apprendrait quelque chose de neuf.

Sans être forcément des fans de Pécas ou Besson (même combat ?), je crois qu'il est plus amusant de parler de vieux nanars français des années 40, de westerns italiens de 3ème zone, de séries B d'horreur, que de vanter les mérites de Citizen Kane ou Les enfants du paradis. Non ?


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De Impétueux, le 30 septembre 2007 à 13:18
Note du film : 1/6

Je note d'ailleurs avec volupté que PERSONNE n'a jamais mis un mot additionnel sur ma savante glose de Pigalle-Saint-Germain-des-Prés de l'immortel André Berthomieu (ni même – ce qui est plus surprenant, sur ma pénétrante analyse de L'étrange Madame X de Jean Grémillon).

Quod erat demonstrandum


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De s é p i a, le 30 septembre 2007 à 13:37


Je crois avoir déjà dit (je suis en train de m'Impétueuser! ) en ces lieux , que certaines "analyses" de films , d'une part , nous dégouteraient de voir l'oeuvre en question et , d'autre part , feraient hurler de rire les metteurs en scène eux-mêmes ! Beaucoup de gens veulent jouer les psy de service…C'est une manie , en France . Il faut analyser !

"-Chérie , passe moi le sel , s'il te plait…" "- J'entends ta demande , mais…."

Mais un film n'est pas une éprouvette de sang ou d'urine .Dans ce dernier cas , il existe des élements bien concrets qui manquent ou sont en trop. Dans un film , pourquoi vouloir analyser ce qui , en fin de compte , n'est peut être qu'une humeur de passage….

Tant qu'à vanter les mérites des " Enfants du paradis" ou de "La fin du jour" pour la centième fois , cela peut faire beaucoup , oui….Mais franchement , pourquoi se priver d'évoquer ces joyaux absolus qui nous transportent de bonheur en laissant nos neurones analystes au repos …


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De urspoller, le 30 septembre 2007 à 13:58
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Je bats ma coulpe. Etant quasiment néophyte sur ce type de moyen d'expression, je dois avouer mon inexpérience (forcément un ours sort peu de sa grotte!). Et puis, je cumule nombre de handicaps rédhibitoires en ce qui concerne ma connaissance de l'art cinématographique. Entre autre, le fait d'avoir vu le jour à la fin des années 1970, donc après l'âge d'or du cinéma, j'étale ainsi au grand jour mes lacunes. Tel le Candide de Voltaire, j'essaie de cultiver mon jardin cinématographique depuis que le progrès et le support DVD permettent au plus grand nombre de découvrir ou de redécouvrir ce patrimoine posé sur de simples bobines. En sus, sur les bords de la Méditerranée, les estivants et les vignes se croisent plus volontiers qu'une salle obscure.

Alors bien sûr, analyser des westerns spaghettis, commenter des films de série B, pérorer sur des nanars marquent les limites de mes capacités. Beati Pauperes spiritu ironisait l'Evangile ! Mais, je profite d'une de mes apparitions épisodiques sur ce forum pour remercier les exégètes donnant parfois envie -ou pas- de visionner certaines œuvres. Bien que parfois, je me sois interrogé (eh oui, je m'interroge souvent !!, tel le bricoleur, je ponce donc j'essuie…) sur la pertinence de certains intervenants dont le but consistait plus à vilipender ou à se gloser plutôt que de se cantonner à la sphère d'étude dévolue à ce site.

Pour information, je promets à JM Jarriq de laisser mes impressions à la vision du prochain navet (outre ceux de mon potager) pour égayer les longues nuits des insomniaques, des nyctalopes des lieux sombres et des oiseaux de nuit. J'ai aussi pris soigneusement note des auteurs indiqués pour parfaire mon éducation cinématographique. Néanmoins, je me réserve le droit d'apposer quelques lignes sur Alfred Hitchcock, Fritz Lang ou John Ford.


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De verdun, le 30 septembre 2007 à 14:01
Note du film : 3/6

L'une des rares fois où j'ai été déçu par un Hitchcock.

Si le film regorge d'idées enchanteresses, notamment l'apparition divine d'une Grace Kelly amoureusement filmée, si James Stewart est toujours aussi remarquable, je suis passablement resté sur ma fin.

Je trouve d'une manière générale que Hitchcock est plus intéressants dans ses films de course-poursuite comme La mort aux trousses. Ici, je me suis surpris à trouver des longueurs, une absence de rythme préjudiciable.

Il me semble que le thème du voyeurisme ordinaire a été bien mieux traité par la suite notamment dans Le voyeur de Michael Powell, film beaucoup plus intéressant que ce Rear window. Pour le coup je trouve que Fenêtre sur cour est un film matriciel et extrêmement influent. C'est un grand film mais qui ne me laisse de glace, malgré une "chute" -c'est le cas de le dire- savoureuse.

Pour trouver la quintessence du cinéaste, le quatuor Sueurs froides- La mort aux trousses- Psychose- Les oiseaux me semble une somme indépassable.


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De urspoller, le 30 septembre 2007 à 14:04
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Je rejoins de bonne grâce les propos laborantins de Sépia. On n'évoque jamais assez les personnes ou les oeuvres aimées bien que cela puisse confiner à la redondance ou à l'itération. Un moment de bonheur ne demande pas toujours des explications mais en donner aux autres peut apporter beaucoup de jouissance ou de plaisir fugace comme lorsque l'on offre de son temps à des personnes en difficulté affective ou physique en évitant toute commisération ou pitié déplacée.


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De urspoller, le 30 septembre 2007 à 14:16
Note du film : Chef-d'Oeuvre

A Verdun

De gustibus et coloribus non disputandum. Chacun est libre d'apprécier ou pas une oeuvre. Pourtant, je relève un paradoxe, dû certes à une faute d'orthographe, savoureux car pourquoi vanter l'épilogue (digne de Billy Wilder) de ce métrage, si c'est "pour rester sur sa fin"!!!!


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De Arca1943, le 30 septembre 2007 à 14:20

« C'est une manie, en France. Il faut analyser ! »

Voilà un problème intéressant et complexe. Qu'il faille analyser, je suis souvent d'accord. Mais en même temps, c'est vrai qu'un certain type d'analyse tend à… – j'allais dire à détruire : le mot est trop fort; mais disons à "éventer" l'objet. C'est souvent le cas lorsque l'analyste se penche sur un film (ou un livre) à partir de savoirs voulus scientifiques, comme la psychanalyse ou la sociologie. Sans parler du problème très courant de l'herméneutique folichonne ou arbitraire, qui "découvre" dans une oeuvre des choses qui en réalité n'y sont pas (je me rappelle par exemple de ce critique qui avait décrété que McCabe & Mrs. Miller était une métaphore de la guerre du Viet-Nam (sic) parce qu'on y apercevait des Chinois !) sans parler, donc, de ce problème, cette posture à prétention "scientifique" est en soi problématique. C'est que, comme le suggère M. Benedetto Croce, l'art et la poésie sont en compétition, en concurrence avec, par exemple, la sociologie, la psychanalyse; que les oeuvres d'art représentent un autre mode du connaître, non scientifique, donc, mais intuitif. En sorte que celui ou celle qui entend par exemple analyser un roman de Simenon d'un point de vue sociologique peut en réalité être en train d'affirmer, en quelque sorte, la supériorité de la sociologie sur le roman en tant que mode du connaître. Or, comme disait si justement Hannah Arendt : «Aucune philosophie, aucune analyse, aucun aphorisme, aussi profonds qu'ils soient, ne peuvent se comparer en intensité et en plénitude avec une histoire bien racontée.»


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De verdun, le 30 septembre 2007 à 14:46
Note du film : 3/6

Certes, il est vrai qu'avec ce Rear Window et malgré un lapsus orthographique, je reste plus sur ma faim que sur ma fin.


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De s é p i a, le 30 septembre 2007 à 15:15

Mon cher Arca , voilà qui est excellemment dit !! Que n'ai-je cette faculté et cette culture de m'exprimer ainsi …

Et puis quoi ? Quand un homme s'éprend d'une femme et lui avoue son amour , lui demande t'il de venir à leur premier rendez vous amoureux , munie de ses derniers résultats sanguins ? Un film est une femme, une femme est une oeuvre ! On y voit ce que l'on veut, on en attend ce qui viendra ou ne viendra pas, on l'aime ou pas…Elle laisse rêveur ou indifférent…On aime à l'évoquer à "La fin du jour" ou à l'oublier "en buvant frais à st Tropez". Mais la radiographie intensive de l'être aimé , basta !

Pareil pour un film.


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De urspoller, le 30 septembre 2007 à 15:48
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Charmante digression et toujours ce vocabulaire médical qui parsème vos derniers écrits! Pour pseudo, vous auriez dû opter pour blouse blanche plutôt que pour ce liquide noirâtre sécrété par la seiche (sépia), mais là c'est moi qui m'égare et m'éloigne du sujet!


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De urspoller, le 10 octobre 2007 à 18:56
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Je tiens, en premier lieu, à assurer qu'il ne s'agit point de provocation, mais un intervenant à évoquer le dénommé André Berthomieu, or ce réalisateur m'est totalement inconnu. Existe-t-il des métrages de ce cinéaste disponible en DVD pour combler, un tant soit peu, mes lacunes criantes ?


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De s é p i a, le 10 octobre 2007 à 19:54

Mais ? rêvais-je ou dors-je ? Qui c'est qui revient chercher sa petite ordonnance ? (sourire…)

André Berthomieu n'aura pas laissé des films impérissables dans ma mémoire ,mais Il est de ces petits films sympas que l'on aime à revoir et qui sont de lui. Le charmant "Coquecigrole" avec la presque débutante Danielle Darrieux ou les trés cabotins Michel Simon et Jules Berry dans le très drole "Mort en fuite". Sans oublier "La joyeuse prison" toujours avec Michel Simon. Ca n'est pas un cinéma inoubliable mais toujours sympa…


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De Impétueux, le 10 octobre 2007 à 20:05
Note du film : 1/6

Le choc de ma journée ! de ma semaine ! de l'année ! Peut-être davantage !!!

Ignorer la haute contribution d'André Berthomieu à l'histoire du cinéma !

Vous m'avez fait mal, là, vous savez, Urspoller ; vraiment mal…


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De urspoller, le 10 octobre 2007 à 20:45
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Dr sépia, pour l'ordonnance, insistez sur les broncho-dilatateurs et ça ira de mieux en mieux ! Peut-être aussi, des petites pilules roses pour donner meilleur caractère !

Impétueux, vous m'en voyez navré, mais même les métrages évoqués par la gentille sépia, ne trouvent aucun écho dans ma mémoire. Pourtant j'apprécie au plus haut point Michel Simon, surtout dans sa collaboration avec Jean Renoir. Comme prétextes, je pourrai avancer des retransmissions télévisuelles erratiques ou une excuse générationnelle, mais cela ne tiendrait pas puisque Jean Renoir, Fritz Lang, Christian-Jaque, John Ford, Ernst Lubitsch ou encore Joseph L. Mankiewicz sont soumis au même sevrage télévisuel malgré leur immense talent. Et puis, il y a une heure, j'ai eu mon grand-père au téléphone et je lui ai demandé s'il connaissait les faits de gloire d'André Berthomieu. Et vous le croirez ou pas, lui, la science et le savoir réincarnés, était incapable d'éclairer ma lanterne (pourtant, il est né 6 ans avant la première contribution de votre cher Berthomieu)! Alors, je vous le demande sérieusement et solennellement : Est-ce un grand cinéaste ou seulement une passion personnelle ? Pour cette secousse tellurique engendrée par mon ignorance non feinte, demandez à sépia de vous prescrire un Cordial !


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De s é p i a, le 10 octobre 2007 à 22:05

mon cher Urspoller ,re-bienvenu parmi nous ,ne vous préoccupez pas des secousses telluriques de cet Impétueux là ,secousses qui resteront toujours moins pénibles que la vraie vacherie dont vous souffrez !

Oui, André Berthomieu existe ! Ca n'est ni l'immense Duvivier, ni Marcel Carné. Mais il fait, c'est vrai, grandement partie du paysage dans le cinéma Français. Par petites touches, par des souvenirs fugitifs mais doux et souriants. Et pour le moins tendres. On aime ou on déteste (?) certains cinéastes. Berthomieu fait partie de ceux que l'on évoque en évitant de les critiquer parce que ,justement ,ils n'ont jamais tapé ni trop haut ,ni trop bas.

Ca n'est pas un grand tellurique, Berthomieu. On prétend même qu'il avait bon caractère…


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De urspoller, le 10 octobre 2007 à 22:36
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Merci pour ces précisions intéressantes et pour votre gentillesse, ça remonte le moral. J'essaierai, tantôt, de me renseigner un peu plus sur ce cinéaste et certains de ces métrages distribués via le support DVD. Ne parlons plus de la « vacherie sus-nommée » pour s'intéresser un peu plus au septième art. J'évoquerai bientôt mon second « chouchou » à savoir John Ford et ses magnifiques contributions humanistes.

Sébastien


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De Impétueux, le 11 octobre 2007 à 11:22
Note du film : 1/6

Vous êtes vraiment trop sérieux, Urspoller !

Surtout n'abordez pas les rivages cinématographiques qui bordent l'imposante filmographie d'André Berthomieu ! C'est un délicieux faiseur de nanards, irregardables aujourd'hui par qui n'a pas connu cette époque ! J'aime y retrouver des délicieux petits souvenirs d'enfance, ou des acteurs de quatorzième plan de ma jeunesse…mais hors ce regard sociologique et nostalgique, ça n'a pas d'intérêt…

Tout est parti de votre étonnement d'avoir, le premier, déposé un message et ainsi créé un fil ; je vous ai répondu en me moquant de moi-même ; mon tort (imbécile) est d'avoir mis en pendant du brave Berthomieu le nom de Grémillon qui, lui, est un très grand cinéaste ! J'aurais mieux fait André Berthomieu à Pierre Montazel, Jean Loubignac ou Maurice Delbez ; mais le malheur est que tous les messages créateurs de fil déposés par mes soins sur l'une ou l'autre des œuvres (!) magistrales de ces messieurs ont été suivis par des gloses, quelquefois nombreuses… ce qui n'allait donc pas dans le sens de ce que je voulais dire.

Clôturons donc la méprise !


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De droudrou, le 11 octobre 2007 à 13:00

Dans toute la culture cinématographique mondiale, nous avons tous des lacunes assez… importantes. Ne pas connaître est une chose. Savoir apprécier est tout autre. Certains noms du cinéma ont franchi l'anonymat. D'autres sont demeurés anonymes. Et puis, brusquement, nous découvrons que tel film que nous aimons a été réalisé par untel. Dans le fond. Qu'est-ce qui est le plus important ?

Parlez-nous de John Ford, Urspoller ! Et puis, peut-être aussi d'un certain Cecil B. De Mille dont nous avons tendance à oublier la contribution dans le grand monde du cinéma… et de l'Histoire racontée au cinéma.


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De urspoller, le 11 octobre 2007 à 18:07
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Cher Droudrou,

En parlant de Cecil B. DeMille et en tant qu'amateur de ce cinéaste porté sur le gigantisme et la grandiloquence, pourriez-vous me renseigner, si vous en avez la possibilité, sur les caractéristiques techniques (version audio, format image, bonus…) du DVD sortant ce mois-ci et offrant au plus grand nombre un western magnifique à savoir Pacific Express, narrant la construction, et les difficultés inhérentes, du chemin de fer intercontinental.


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De jipi, le 29 avril 2009 à 14:33
Note du film : 6/6

« Fenêtre sur cour » ressemble à une pièce de théâtre intra muros offerte à un immobilisé temporaire. Voir sans être vu entame un passe temps égreneur d'heures longues ennuyeuses entretenant une véritable passion admirative et sans bornes envers les prestations offertes par les locataires de ses grandes baies ouvertes.

Jeff Jeffries momentanément inactif se pâme de bonheur devant les perceptions liées aux ages de cette faune scénarisée offerte au regard d'un embusqué par la dominance d'une météo accablante imposant les grâces d'un courant d'air permanent.

Un simple mateur devient un voyeur professionnel reléguant au second plan une apparition sublime émergeant d'un demi sommeil un nouveau pensif accablé de chaleur.

Elaboré dans son intégralité en studio ce huit clos majestueux fascine par ses incohérences. Un hélicoptère surgit de nulle part frôle le toit d'un immeuble ne s'ajustant pas à la logique de ce lieu reclu d'une urbanisation sans âme.

Curieusement le contenu est truffé d'extravagances bienfaitrices nécessaires à la bonne conduite de ce récit prisonnier de quelques centaines de mètres carrés.

La vie se trouve en arrière cour et non au bout de ce passage où l'on distingue à peine une foule mécanisée. Dans ces appartements tout bouge magistralement, trop intensément, de manière surdosée, théâtrale, outrancière.

Un spectacle ininterrompu activé en fonction des besoins ventilés par ses allers et retours perpétuels d'une pièce à l'autre. Rien que pour cette énergie existentielle offrant le mouvement à un site calfeutré ce film est un chef d'œuvre.

Toutes les directives de la vie s'expriment en secret à deux pas d'une grande artère anonyme. La caméra comprime en une seule valeur les pointes d'une danseuse aux pleurs d'une femme esseulée.

D'une fenêtre à l'autre les frivolités cachées d'une jeunesse cèdent la place à un dîner en solitaire mimant un convive invisible.

Une vie devant soi en overdose masquant ce qu'il y a de plus beau, l'élégance platinée d'une femme aimante attendant patiemment que la crise de voyeurisme d'un être aimé s'estompe dans un repos réparateur.


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De Impétueux, le 3 octobre 2013 à 23:27
Note du film : 1/6

Si j'exclue le remarquable Psychose, mené de main de maître grâce à une intrigue à la fois simple et efficace, mes rencontres avec le nom révéré par beaucoup d'Alfred Hitchcock sont placées sous le signe d'une incompréhension majuscule (ce qui, soit dit en passant, ne doit pas le déranger beaucoup, s'il me considère de Là-Haut). J'ai essayé déjà L'inconnu du Nord Express et Le crime était presque parfait. Devant ma déception, à chaque fois, les thuriféraires du réalisateur m'ont gourmandé avec un bon sourire de commisération. Enfant ! Que n'avez vous regardé un des chefs-d’œuvre du Maître, plutôt qu'un film qui demande une connaissance et une empathie approfondies avec Sir Alfred !!.

Prenant au mot les conseils de la Secte hitchcockienne, j'ai acquis et regardé Fenêtre sur cour, dont j'avais lu ici et là que c'était un des films majeurs du gros bonhomme à l’œil égrillard. On va sans doute encore me chipoter que La mort aux trousses, ou Sueurs froides sont insurpassables et que j'aurais mieux fait de mettre mes picaillons (mes pistoles, mes maravédis, mon blé, mon pèze, mon pognon) dans un de ces films-là. Mais bon ! À force d'épurer le système, il en devient tout étique.

Toujours est-il que je me suis passablement ennuyé au spectacle médiocre donné par cette fenêtre ouverte sur une cour où, comme par hasard, les habitants de l'immeuble agissent tous en même temps et s'exhibent avec une grande complaisance devant Jeff Jefferies (James Stewart). Ce garnement puritain d'Hitchcock ne fait grâce au spectateur d'aucune vignette coquine, de la ballerine qui fait ses entrechats en petite tenue aux deux filles qui prennent un bain de soleil sur leur terrasse. Mais comme tout cela se passe dans les vertueux États-Unis de 1954, ça ne rince pas l’œil de l'honnête amateur, qui doit se contenter de virtualités frustrantes.

Ceci est du détail. Le pire est l'histoire policière indigente et la façon de la présenter. C'est suant d'ennui. On se croirait vraiment au théâtre, avec ses apartés et ses ficelles. Pas le moindre suspense, pas la moindre appréhension, au point que ça en devient ridicule.

James Stewart, au torse étrangement maigrelet, était doté d'un physique de vieux beau qui, je le conçois, pouvait plaire aux ménagères du Middle-West. Raymond Burr, avant d'être l'ennuyeux héros de la série L'homme de fer, ne disposait déjà pas d'un jeu léger. En fait, le seul agrément de ce film misérable est Grace Kelly qui, seule, me fait hausser ma note au dessus du 0. Je la tenais pour une sorte de potiche ennuyeuse à la Kim Novak ou Tippi Hedren, à la fois spectaculaires et glaciales. Je l'ai découverte dans Haute société de Charles Walters où elle mettait du poivre dans sa blondeur. Et Fenêtre sur cour me confirme qu'elle aurait bien mieux fait de continuer à faire du cinéma plutôt que d'épouser Rainier de Monaco et d'avoir des enfants aussi médiocres… mais ceci est une autre histoire.

Je vais finalement penser, comme on me l'a opportunément insinué que mon univers cinématographique n'est pas compatible avec celui d'Alfred Hitchcock, comme il peut être de même pour les relations amoureuses. Voilà donc une affaire presque réglée…


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De poet75, le 28 février 2016 à 22:05
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Revu pour la dixième fois (au moins) et, une fois encore, ce fut un bonheur total. Mais c'est le propre des chefs d'oeuvre: on ne s'en lasse jamais. Ici, bien évidemment, le génial Alfred Hitchcock fait merveille en nous offrant le meilleur des cocktails: un dilemme moral concernant le voyeurisme, un suspens haletant, de la romance, une pincée d'humour, d'immenses acteurs. Que demander de mieux?


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