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Forum : Bienvenue à Collinwood

Sujet : Critique


De dumbledore, le 12 janvier 2004 à 21:19
Note du film : 2/6

Steven Soderbergh et George Clooney ont (entre autre) en commun une même vision du cinéma. Pour eux, un film doit être fait entre copains ! Et c’est donc tout naturellement que l’un et l’autre aident leurs copains à faire des films en les produisant et en inculquant à ces films un certain souffle de légèreté et de bonhommie.

Cette légèreté se retrouve dans Bienvenue à Collinwood, aussi bien dans les personnages drôles et qui ne se prennent pas au sérieux que dans l’histoire basée entièrement sur la glissade entre les causes et les conséquences, chaque conséquence étant décalée par rapport à la cause, décalage suscitant la comédie.

Léger et plaisant, Bienvenue à Collinwood manque toutefois de bien des choses pour être un film mémorable. D’abord une mise en scène, ici trop molle et sans vision, et puis surtout des personnages qui n’arrivent pas à décoller du cliché. Avec une telle pleiade de comédiens, cela frôle le crime…

Collinwood pourrait tout de même se vanter de faire un film avec finalement que des loosers, des nases à la fois drôles et touchants. Seulement ce mérite ne lui revient pas puisque Bienvenue à Collinwood est un remake d’un chef d’œuvre qui ne mérite aucun remake, à savoir le Pigeon de Monicelli.

Que de perte finalement entre le film original et celui-ci. Heureusement que les producteurs et scénaristes ont cachés cette filiation. Leur père ne l’aurait pas reconnu.

A noter la présence amusante dans le film de Clooney dans un rôle qui pourrait symboliser un peu celui du producteur : un type qui reste assis bien à l’écart et qui ne peut que montrer aux autres comment faire pour mener à bien le casse-le film. Amusant. Mais pas assez pour sauver le film…


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De Arca1943, le 12 janvier 2004 à 22:53
Note du film : 1/6

Soulignons que Louis Malle s'était lui aussi cassé les dents sur un remake du Pigeon, avec Crackers (1983), de loin son plus mauvais film.

Le plus enrageant, quand j'ai vu ce nouveau remake, c'était de constater que les auteurs de Bienvenue à Collinwood n'ont absolument pas saisi ce dont il retournait avec Le Pigeon. C'est affaire de créneau: on nous sert cette chose à la sauce "cinéma indépendant" (une voie de garage de plus), avec effets tarabiscotés qui tombent à plat et longueurs inexcusables à la clé, alors que le seul espoir d'avoir une petite, toute petite chance de s'en tirer est de jouer le jeu: faire cette farce avec les comiques de l'heure, dans une optique aussi mainstream, aussi "grand public" que possible, avec une armata de scénaristes spécialisés dans le comique (préférablement depuis des années, car n'est pas Age-Scarpelli qui veut). George Clooney dans le rôle de Totò?!? C'est une erreur de casting évidente: Clooney est un bon acteur, mais ce n'est pas un comique, il n'en a ni le statut, ni la tronche, ni la technique.

Mais je ne serai pas hypocrite: à dire vrai, je suis bien content qu'ils se soient cassés la gueule, autant artistiquement que financièrement. En millions de spectateurs, il est évident que Le Pigeon l'emporte haut la main. Ce film marquait l'invention d'un nouveau genre comique au cinéma, pas moins. Quelle misère de partir de si haut pour aboutir à cette bluette! L'argent gaspillé sur Bienvenue à Collinwood aurait été bien mieux employé à orchester une nouvelle sortie en salle du Pigeon et de quelques autres classiques comme La Grande guerre. Pourquoi pas? On vient de le faire pour Modern Times et The Great Dictator

Arca1943


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De Gaulhenrix, le 3 octobre 2007 à 12:51
Note du film : 3/6

Bienvenue à Collinwood de Joe et Anthony Russo se veut une nouvelle version du film de Monicelli, Le Pigeon (1958), qui lança la comédie italienne grinçante et révéla, dans l'Italie des années soixante, une nouvelle génération d'acteurs (Claudia Cardinale, Marcello Mastroïani, Vittorio Gassmann, entre autres). Le titre français manie l'ironie car Collinwood est un quartier défavorisé peuplé d'habitants pauvres, de marginaux et de délinquants. On voit bien pour quelle raison les producteurs George Clooney et Steven Soderbergh ont eu l'idée de cette nouvelle version : retrouver la subtile alliance du film italien entre le point de vue social et l'aspect comique. L'enjeu est-il pour autant tenu ?

Certes, les réalisateurs évoquent les difficultés sociales de leurs personnages : Riley (William H. Macy) doit s'occuper seul de son enfant puisque sa femme est en prison ; certes, Pero (Sam Rockwell) est un boxeur dont les ambitions ne se réalisent pas et qui doit vivre d'expédients ; certes, Toto (clin d'œil à l'acteur homonyme italien) est un vieillard sans ressource. Mais ce réalisme social (chômage, misère, débrouille, vieillesse) n'est qu'esquissé et cède trop rapidement la place à une comédie qui orchestre la dérision : on y voit par exemple un George Clooney faire un beau numéro d'handicapé dirigeant, depuis son fauteuil roulant, l' "attaque" d'un coffre-fort.

Mis sur une affaire qui peut leur rapporter gros, les protagonistes, désolants de sottise – incapables de garder le moindre secret, ils ne cessent d'agrandir le nombre des complices diminuant ainsi leur part virtuelle sans même s'en rendre compte –, ont le don d'embrouiller les pistes et de compliquer les situations les plus simples. Il faut ajouter en leur défaveur, outre leur maladresse congénitale, une malchance qu'ils ont le don d'attirer à tout moment. On aurait envie de citer cette autre comédie italienne Affreux, sales et méchants pour les désigner ! Et il est vrai que le comique fonctionne assez bien dans certaines scènes désopilantes – avec cette réserve que l'on sourit plus qu'on ne rit vraiment.

Le final donne au film une dimension humaine plutôt surprenante dans la mesure où les réalisateurs s'attachaient surtout jusque-là à mettre l'accent sur la comédie. Ce changement, bien trop tardif, nous laisse pourtant entrevoir ce que le film aurait pu donner s'il avait davantage pris en compte l'épaisseur des personnages à travers un meilleur dosage du double aspect social et comique.

Pourtant, tel qu'il est réalisé et grâce aux talents de ses acteurs confirmés, ce film sympathique, cocasse et ironique, fait souvent sourire. A défaut d'être franchement réussi.


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