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Forum : Lettres d'Iwo Jima

Sujet : Ambigu et complexe


De PM Jarriq, le 21 mai 2007 à 18:47
Note du film : 5/6

Il est très fort, Clint. Et de plus en plus ambigu et complexe dans son discours. Autant le volet U.S. Mémoires de nos pères était une démythification sans pitié des rouages de l'héroïsme yankee, autant Lettres d'Iwo Jima est un film chargé d'émotion, de compassion, voire de tendresse envers ses personnages. Entièrement tourné en japonais, les Américains n'étant que de menaçantes silhouettes, le film est une plongée saisissante dans le champ de bataille, mais aussi dans l'âme de ces guerriers pétris de doutes, embrigadés dans une folie généralisée. Le fait de suivre parallèlement un général et un simple soldat, est également une belle idée. On est loin des fanatiques hurlant "Banzaï !" des vieux films de guerre made in U.S.A., et il est presque incroyable que ce film ne soit pas signé d'un réalisateur nippon. On retrouve quelques situations communes entre les deux films, mais pas trop, pour ne pas que cela devienne un "gadget", et Eastwood a gardé une vigueur de jeune homme. En fait, ses films sont même plus nerveux et culottés que ceux de ses jeunes années ! Et puis on est content, après Mystic river et Million dollar baby, de sentir une (petite) lueur d'espoir dans un film signé Eastwood. Cela faisait longtemps… Sacrée carrière, quand même ! Quand on le revoit en gentil cowboy benêt dans Rawhide, on prend la mesure de l'exceptionnel parcours du monsieur.


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De Arca1943, le 19 septembre 2007 à 18:38
Note du film : 6/6

Cette défloration étant accomplie – mais quoi, il faut forcément y passer un jour ou l'autre -, j'en profite pour suggérer au passage la création d'une fiche pour la série de (télé?)films Baian the Assassin, avec l'excellent Ken Watanabe dans le rôle du docteur Baian, médecin de jour et tueur de nuit. À part Tampopo, on ne trouve dans la base de données que les films tournés par M. Watanabe hors du Japon. Enfin, quoi, restons Japonais !


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De droudrou, le 19 septembre 2007 à 22:04
Note du film : 6/6

Tiens ! Ça me fait soudainement penser au dernier rôle de Kevin Costner…


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De vincentp, le 23 mars 2008 à 13:23
Note du film : 6/6

Ce diptyque, salué plus haut est effectivement une réussite artistique totale. Une véritable leçon de cinéma moderne, même. Pour ma part j'avoue une préférence pour ce deuxième volet, qui entrecroise à la perfection des histoires de plusieurs personnages, et qui brosse le portrait d'un peuple, et au-delà de l'humanité en guerre. Paul Haggis sait caler son récit à la personnalité du metteur en scène, proposant des séquences portées par une émotion simple, proches de Sur la route de Madison, dans lesquelles Eastwood excelle. Globalement, la mise en scène de Clint Eastwood, sans atteindre le génie que l'on peut trouver dans certains films de Coppola comme Apocalypse now, est solide et carrée. En un mot : efficace.

Signalons au passage que le coffret hd-dvd, bradé en ce moment 25 euros sur amazon.fr, propose une image et un son de très haute qualité.


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De vincentp, le 17 septembre 2008 à 23:36
Note du film : 6/6

France 3 a diffusé il y a deux semaines deux excellents documentaires de synthèse sur la guerre dans le pacifique, relatant la bataille d'Okinawa et l'épisode dramatique et un peu oublié chez nous du bombardement de Tokyo, qui fit de mémoire 100 000 victimes en une nuit, ainsi que le contexte dans lequel s'acheva ce conflit mondial.


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De droudrou, le 13 février 2010 à 23:11
Note du film : 6/6

France 3 a diffusé il y a deux semaines deux excellents documentaires de synthèse sur la guerre dans le pacifique, relatant la bataille d'Okinawa et l'épisode dramatique et un peu oublié chez nous du bombardement de Tokyo, qui fit de mémoire 100 000 victimes en une nuit, ainsi que le contexte dans lequel s'acheva ce conflit mondial.

cette information nous place dans le contexte de la guerre dans le Pacifique – en Europe il ne faut pas oublier le bombardement de Dresde par la RAF et l'USAAF. Pour revenir à lettres d'Iwo Jima je rejoins l'avis de Vincentp et me suis beaucoup plus attaché à ce film qu'à Mémoires de nos pères où l'influence de Spielberg sur le sujet se ressent très fortement on se demanderait certains moments si Spielberg ne poursuivait l'expérience de save private ryan.

 

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De Impétueux, le 19 avril 2016 à 17:47
Note du film : 3/6

J'ai d'abord été extrêmement surpris que Clint Eastwood adopte le point de vue de l'ennemi japonais et rende le Nippon presque sympathique, jusqu'à ce que j'apprenne que Lettres d'Iwo Jima était le pendant d'un autre film, Mémoires de nos pères consacré aux mêmes combats dépeints du côté étasunien. Je veux bien que l'exercice puisse flatter l'intellect et séduire l'acrobate. Il n'empêche que je m'interrogerai toujours sur l'indulgence, voire la bienveillance dont ont bénéficié les sujets du Soleil Levant, dont la barbarie fut à peu près aussi atroce en Extrême-Orient que celle des Allemands en Occident. Il se peut que le sentiment – injustifié – de culpabilité ressenti à la suite de l'apocalypse nucléaire d'Hiroshima et Nagasaki ait entraîné cette mansuétude dont n'ont pas bénéficié les habitants de Berlin et de Dresde.

Curieux point de vue. Je ne suis pas sûr que si un cinéaste entreprenait de filmer avec empathie les combattants des divisions blindées boches qui ont ravagé l'Europe ils pourraient la ramener comme ça. Cela dit, on fait avec ce qu'on a et le cinéma a les reins assez solides pour supporter n'importe quel discours, jusqu'au plus incongru..

Ma bile jetée, qu'est-ce que j'ai pensé de ces longues Lettres d'Iwo Jima ? Que c'est un peu long, précisément, pour la minceur du sujet. Et puis que, comme dans tous les films de guerre, dans les avalanches de mitraillages et d'explosions, on ne comprend pas toujours ce qui se passe, qui gagne et qui perd. C'est certes très spectaculaire, quelquefois très violent (les soldats qui se suicident à la grenade, ceux qui sont carbonisés par les lance-flamme ou percés par les baïonnettes), il y a quelques images assez grandioses (l'océan littéralement recouvert de destroyers) et les tonalités sombres (c'est souvent proche du monochrome) conviennent particulièrement bien à l'atmosphère de cette île inhospitalière, hostile, où même les plages sont de sable noir…

Assez classiquement, le récit se concentre sur quelques figures emblématiques que le réalisateur creuse légèrement, à qui il donne un peu (ou un peu davantage) de chair. L'ennui, lorsqu'on ne connaît pas la physionomie des acteurs, c'est qu'on a tendance, au moins au début, à les confondre jusqu'à ce qu'ils soient complètement caractérisés ; cette incertitude dure une bonne moitié du film, d'autant que les flashbacks sont rares et tardifs. J'ai, pendant un bon moment, confondu le général Kuribayashi (Ken Watanabe) et le baron Nishi (Tsuyoshi Ihara), champion olympique de jumping à Los Angeles ; je n'ai pas bien saisi non plus l'état des subordinations militaires ; il semble qu'il y ait à un moment donné un amiral dont on ne parle plus ensuite…

Mon (relatif) ennui est aussi venu d'une totale absence de contextualisation : on ne sait pas au début du film à quelle période de la guerre on est (le Japon en a-t-il encore pour six mois, un an ?), où se situe, par rapport à Tokyo cette fameuse île d'Iwo-Jima, quelle est son importance stratégique, ce qui s'est passé auparavant, etc. Il est certain que les spectateurs européens ont rarement des connaissances sur des combats qui ne les concernaient nullement et qui étaient trop lointains pour qu'ils s'y intéressent alors qu'ils n'étaient eux-mêmes qu'à peine libérés.

Il faut d'ailleurs bien être à la fois agacé et admiratif de la façon dont la puissance cinématographique des États-Unis parvient à imposer sa vision du monde et à des épisodes de leur propre histoire qui ne nous concernent que bien indirectement…


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