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Forum : L'Été meurtrier

Sujet : Le rôle de sa vie !


De PM Jarriq, le 18 septembre 2007 à 18:00
Note du film : 4/6

25 ans après, L'été meurtrier reste un bon film, grâce essentiellement au scénario de Japrisot, dans la droite lignée du Passager de la pluie ou La course du lièvre à travers les champs. Comme dans ces deux films, l'héroïne a été broyée par son enfance, et ne parvient jamais à devenir totalement adulte, et l'histoire somme toute assez simple, est narrée de façon très alambiquée. Si Adjani trouve incontestablement le rôle de sa vie, celui pour lequel on se souviendra d'elle, force est de reconnaître que Becker la filme et la dirige (?) avec une complaisance exagérée, allongeant inutilement les scènes de larmes et d'hystérie, s'efforçant de faire de chacune de ses apparitions un morceau de bravoure. A force, cela s'annule un peu, et Eliane n'est souvent plus qu'une tête à claques exaspérante, au lieu d'une héroïne de tragédie. La distribution est d'ailleurs inégale : face aux remarquables Flon, Jenny Clève, Cluzet ou Gaven, Souchon est fade et inconsistant et Galabru en fait des tonnes, comme à son habitude, réduisant son personnage essentiel à un bouffon agaçant.

Mais malgré tout, L'été meurtrier tient la distance, parvient parfois à émouvoir, la musique (piano mécanique et chansons d'époque) est bien utilisée, et le dialogue décalé, volontairement infantile de Japrisot ("Je suis restée là mille ans") donne au film un ton très singulier.


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De Impétueux, le 18 septembre 2007 à 18:35
Note du film : 3/6

Je suis en pleine consultation avec moi-même et les majorités s'infléchissent à chaque instant !

Pourquoi acheter le DVD ? Pour le meilleur rôle d'Isabelle Adjani avec Mortelle randonnée (et, pendant que j'y suis, Clara et les chics types) ? C'est une raison, d'autant qu'elle montre sans retenue qu'elle était vraiment un beau brin de fille (ce qui n'a pas peu contribué au succès du film) ; pour les seconds rôles, comme le dit PM Jarriq, tous excellents, pour la rengaine obsédante du piano mécanique qui joue Roses de Picardie ?

Pourquoi ne pas l'acheter ? Parce que c'est du Japrisot, par exemple (c'est là un de mes rares sujets de discorde avec le PM Jarriq susnommé…)

Enfin bon, si j'ai trois francs, six sous en trop lors de mon prochain passage à la FNAC…


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De PM Jarriq, le 18 septembre 2007 à 19:02
Note du film : 4/6

Il vaudrait peut-être mieux réserver ces 3 francs, 6 sous à un bon dézonage…


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De fretyl, le 18 septembre 2007 à 21:30
Note du film : 4/6

Puisque vous parlez de Galabru, je le connais personnellement, il vient souvent dans ma ville et je dois dire qu'a chacun de ces passages au théâtre, ou pour des apéritifs ou des séances de dédicaces, c'est toujours un plaisir de le voir et je peux vous assurer qu'il est dans la vie comme à l'écran, ma présence à chacune de ses manifestations à finit même par faire qu'il me connait désormais plus ou moins de vu. J'avais dans un banquet longuement parler avec lui de son passé de cancre.
Je crois que durant toute sa carrière, jamais les producteurs, ne se sont rendu compte de la valeur, que représentait ce prodigieux comédiens aux accent digne de Raimu et nous rappelant, les acteurs des années 30. Des navets et des téléfilms a deux sous, oui il en a tourné, mais lui au moins a le mérite de le reconnaitre. J'aimerais qu'aujourd'hui le cinéma lui offre un ultime grand rôle.

Et je suis toujours triste de voir certaine personne tirer sur l'acteur du Viager et du Juge et l'assassin car si Galabru nous parait aujourd'hui banal, nous prendrons conscience de sa grandeur, lorsqu'il ne sera plus là !


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De Impétueux, le 18 septembre 2007 à 22:46
Note du film : 3/6

Gaudeamus igitur ! ! Voilà donc aujourd'hui une deuxième raison d'être d'accord avec Frétyl ! Galabru a souvent exprimé son regret d'avoir été si mal employé, dans des rôles de gugusse à grosse voix. Mais quand un vrai cinéaste lui a donné le formidable rôle de Joseph Bouvier du Juge et l'assassin, il a été remarquable ! Et excellent aussi, en Nestor Burma, dans La nuit de Saint Germain des Prés (film assez médiocre par ailleurs) de Bob Swaim.


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De fretyl, le 18 septembre 2007 à 23:38
Note du film : 4/6

Ainsi que dans un film a petit moyen qu'il a longtemps défendu : Monsieur Balboss film méconnu, au succès médiocre, sortit en 1975 juste après Le juge et l'assassin et resté seulement deux semaines dans une seule salle de cinéma a Paris.
Galabru qui avait réellement cru en ce scénario, soufra de l'échec de ce film et adore qu'on lui en parle, et c'est justement le fait, que Balboss ne fonctionne pas, qui l'entrainera de nouveau sur la pente des nanars.


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De PM Jarriq, le 19 septembre 2007 à 10:52
Note du film : 4/6

Attention, je n'ai rien contre M. Galabru, qui est incontestablement une figure du cinéma français. Mais de là à le présenter en martyr impuissant des cruels décideurs qui l'ont jeté dans la fosse de la série Z, il y a quand même un pas…

L'acteur est certes dépendant des choix d'autrui, mais beaucoup de comédiens qui se sont compromis dans des nanars indignes dans les années 70 et 80, ont su rebondir (même Darry Cowl s'est racheté une conduite, sur la fin !), et d'autres ont produit des films, se sont refaits une santé au théâtre ou à la télé. Dans la carrière du sympathique Galabru, Le juge et l'assassin (pourtant loin d'être une merveille), fait figure d'heureux accident. Le reste de sa filmo, à trois ou quatre exceptions près (Le choix des armes, Uranus, où il n'avait que des seconds rôles) n'est guère reluisant. Après, que l'on critique sa façon de jouer, que l'on soit gêné ou pas par ses excès, son manque de subtilité, c'est une pure question de goût. L'homme se situe effectivement dans la lignée des Jean Tissier, des Roquevert, des Le Vigan, ce qu'on appelait les "excentriques", et c'est pourquoi on ne peut qu'être déçu par son parcours. Et être déçu, cela prouve qu'on attendait mieux de quelqu'un. Il ne viendrait à l'idée de personne, d'être déçu par Maccione. En ce qui me concerne, la scène de confession à travers la porte dans L'été meurtrier, est une exhibition (à deux) de cabotinage éhonté et hors contrôle. Et c'est dommage…


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De Impétueux, le 19 septembre 2007 à 12:44
Note du film : 3/6

Nous sommes fondamentalement d'accord : un talent d'Excentrique mal mis en valeur, et sans doute trop de goût de l'acteur pour la facilité et le laisser-aller…


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De droudrou, le 19 septembre 2007 à 17:57

Impétueux et PM Jarriq, je vous donnerais assez raison.

Néanmoins, il faut concéder que Galabru est une figure forte qu'on aime à présenter (et donc à rencontrer) à l'occasion de certaines manifestations. Et, attention, à ces occasions (même si je retiens l'avis de Frétyl et tout dépend de l'environnement) on ne permet pas à n'importe qui de venir se mélanger avec monsieur Galabru !

D'un côté : Galabru, image même d'un cinéma populaire et, d'un autre côté, Galabru, image intouchable d'une société dans laquelle n'entre pas qui veut !


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De verdun, le 29 décembre 2007 à 14:13
Note du film : 4/6

Il s\'agit d\'un bien joli film que cet été meurtrier. Les défaus sont évidents: c\'est trop long, la mise en scène est le plus souvent bien mollassonne, certaines prestations comme celle de Galabru déçoivent.

Néanmoins, c\'est la plus belle oeuvre de Jean Becker, cinéaste particulièrement peu inspiré ces derniers temps. La première partie est impressionnante avec un excellent Souchon qui fut par la suite bien mal puis plus du tout utilisé par le septième art. Le scénario malgrè ses circonvolutions retient l\'attention et la photo est superbe. Adjani trouve l\'un des 3-4 meilleurs rôles (avec Histoire d'Adèle H, Mortelle randonnée, La reine Margot) d\'une carrière pas à la hauteur de son talent. Les seconds rôles sont souvent bons tels le méconnu Jean Gaven ou la fabuleuse Suzanne Flon.

Dommage qu\'on reste au stade du film intéressant: avec la rigueur d\'un René Clément ou d\'un Clouzot derrière la caméra, on aurait sans doute obtenu un grand film.


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De PM Jarriq, le 29 décembre 2007 à 14:31
Note du film : 4/6

Oui, tiens… L'été meurtrier tourné en 1960 par Clouzot, avec Bardot en Elle, Belmondo en Pin-Pon.


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De vincentp, le 22 juillet 2010 à 23:13
Note du film : 4/6

Complètement d'accord avec Verdun. J'ajouterais que le scénario présente quelques incohérences. Parfois cela peut servir un film (Le grand sommeil) parfois le desservir. On ne sait ici pas trop quoi penser du résultat, d'autant que la mise en scène -assez décontractée, s'attardant sur des traits de caractère de personnages secondaires-, n'est pas au diapason d'un scénario diabolique et tendu. D'autre part, ce film est typé début des années quatre-vingt, et aujourd'hui apparait un peu daté. Les films actuels sont beaucoup plus directs, et on se fiche au passage de qui couche avec qui. Ce n'est pas un grand film, alors qu'il aurait pu l'être avec quelques différences de fond et de forme.


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De fretyl, le 22 juillet 2010 à 23:25
Note du film : 4/6

D'autre part, ce film est typé début des années quatre-vingt, et aujourd'hui apparait un peu daté. Les films actuels sont beaucoup plus directs, et on se fiche au passage de qui couche avec qui.

Au contraire je trouve cette partie là du film particulièrement réussi et intéressante.

Contrairement à ce que vous pensez, l'ambiance des petits villages du sud avec ses bandes de jeunes, ses enfants du pays n'a (pour l'instant) pas tellement changé.

Comme la partie au bal, il n'est pas rare, quand on vit dans le sud de croiser (ou même de draguer) des provinciales peu farouches qui couchent facilement telle que Adjani dans le film.

Cette partie du film me parait très importante, car elle permet au spectateur de pénétrer l'ambiance locale, sa vie, ses personnages et c'est sur cela que repose une grande partie du charme de L'été meurtrier, qu'il est toujours plaisant de revoir en période estivale.


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De vincentp, le 22 juillet 2010 à 23:46
Note du film : 4/6

Contrairement à ce que vous pensez, l'ambiance des petits villages du sud avec ses bandes de jeunes, ses enfants du pays n'a (pour l'instant) pas tellement changé.

Je ne doute pas que le temps soit arrêté dans ces villages (je ne suis pas borné à la région parisienne) ! C'est la façon de le montrer au cinéma qui a changé… J'ai apprécié le portrait rapide mais réussi de l'entrepreneur en menuiserie, par exemple. Beaucoup d'autre choses aussi. Mais Becker s'éparpille un peu trop et sur trop de temps. Il y a des longueurs, des passages d'intérêt moindre. On finit par perdre le fil conducteur, et ne plus savoir quoi penser. Ce n'est pas un grand film, mais il y a des moments bien faits. Aujourd'hui L'été meurtrier ne serait plus écrit de la même façon , ni réalisé de la même manière.

Certains Pialat, recoupant les mêmes sujets (Le garçu, La gueule ouverte par exemple) passent eux -à mon avis- beaucoup mieux l'épreuve impitoyable du temps.

Comme la partie au bal, il n'est pas rare, quand on vit dans le sud de croiser (ou même de draguer) des provinciale peu farouche qui couche facilement tel que Adjani dans le film.

On est ravi pour vous ! J'espère simplement, mon cher Frétyl, qu'elles ne sont pas institutrices ou professeur d'orthographe !


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De fretyl, le 23 juillet 2010 à 00:01
Note du film : 4/6

On est ravi pour vous ! J'espère simplement, mon cher Frétyl, qu'elles ne sont pas institutrices ou professeur d'orthographe !

Manquerait plus que ça ! Mais je ne suis pas seul, Impétueux et même Arca (je crois) nous ont parlés a plusieurs reprises de leurs pérégrinations adolescentes sur je ne sais plus quel fil…

Il y a des longueurs, des passages d'intérêt moindre. On finit par perdre le fil conducteur, et ne plus savoir quoi penser. Ce n'est pas un grand film, mais il y a des moments bien faits.

Je ne dis nulle part le contraire. L'été meurtrier n'est en rien parfait. Il n'a jamais été un classique et n'en deviendra pas un.

Aujourd'hui L'été meurtrier ne serait plus écrit de la même façon , ni réalisé de la même manière.

Aujourd'hui ce serait pire. N'incitons surtout pas les producteurs à faire un remake ; si L'été meurtrier était réalisé en 2010 j'imagine déjà, la manière ridicule et le manque de finesse avec lesquels on nous décrirait Adjani comme une femme fatale.


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De Le sage, le 23 juillet 2010 à 01:12
Note du film : 4/6

Comme la partie au bal, il n'est pas rare, quand on vit dans le sud de croiser (ou même de draguer) des provinciale peu farouche qui couche facilement tel que Adjani dans le film.

Et elles ressemblent à Adjani ces provinciales là ? M'hummmmmm……


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De vincentp, le 23 juillet 2010 à 02:28
Note du film : 4/6

Et elles ressemblent à Adjani ces provinciales là ? M'hummmmmm……

Je joue la carte de la franchise et de la transparence. Quand j'ai vu apparaitre Adjani et sa carosserie impeccable (mais qui ne m'émoustille pas du tout, ce serait la panne sèche, elle me ferait peur, je ne suis pas Pimpon, et les préfère plus musclées, plus sportives, plus en chair, plus bourgeoises et plus cérébrées aussi -ex Natalie Wood), j'ai pensé à ses déboires sentimentaux avec son ami Jean-Michel Jarre qu'elle se disputait avec Anne Parillaud, comme deux collégiennes avec Jean-Baptiste Meunier. Et me suis dit Tout ça… pour ça !. Rien ne sert donc de courrir, il faut arriver à point. Mais ceci ne nous regarde pas, bien entendu…

Et sérieusement, je ne pense pas que ce personnage dans cette tenue affole autant d'hommes que cela. Voilà une image d'épinal concernant la vie dans les petites villes de province. Vous aurez simplement les 10 coureurs de jupon autour d'elle, le pompom pour le plus flambart d'entre eux (repérable à sa voiture), et tous les autres s'en écarteront, par crainte d'ennuis.


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De Impétueux, le 12 juin à 19:38
Note du film : 3/6

S'il n'y avait la somptueuse beauté nue d'Isabelle Adjani, montrée avec une certaine complaisance et dont l'apprition a durablement scotché les spectateurs, qu'est-ce qui resterait de L'été meurtrier, aujourd'hui, de cette histoire alambiquée et mélodramatique, à quoi les acteurs, si bons sont-ils, ne croient pas et dont les dialogues sont parmi les plus pauvres qu'on puisse voir au cinéma ? Naturellement, au fil des rediffusions télévisées, tout le monde a vu le film et à chaque fois on s'y laisse un peu prendre.

Isabelle Adjani joue l'idiote avec beaucoup de talent mais en forçant tout de même pas mal le trait ; pouvait-on imaginer, en la voyant et en la trouvant extrêmement sexy (mais le cinéma n'est pas avare de jolies filles !) qu'elle était une actrice jugée importante, espoir glorieux du théâtre français et capable de fasciner dans un film aussi hypnotique que Mortelle randonnée ? Voilà une question ! Car comment imaginer aussi qu'elle a pu tourner des scènes grotesques, aberrantes comme celle, par exemple, où elle tête – littéralement ! – sa mère (Maria Machado), dans une scène glaçante de ridicule ou, plus encore sans doute,le dîner avec son ancienne institutrice (Évelyne Didi) au restaurant, qu'Éliane oblige à aller retirer son soutien-gorge et à demeurer en corsage transparent pour le reste du repas…

La première partie du film, pourtant, est très agréable à voir, la description du village, l'atmosphère des fêtes rurales, du bal populaire, la présentation de la famille de Florimond Pimpon (Alain Souchon, plutôt intéressant) bien fichue. On aime voir Jenny Clève (la mère de Pimpon), Suzanne Flon (sa tante, la sourdingue), son père (Roger Carel) et ses frères (dont François Cluzet). C'est très outrancier, très caricatural, mais enfin, ça passe tout de même.

Mais lorsqu'on en arrive à l'avancée du drame, on part dans le délire le plus complet, larmoyant, ridicule, prétentieux, plein de bouffissures et d'emphase. Mettons de côté la musique, la lumière, les paysages ; on me dira que c'est déjà pas mal et que le film se laisse voir. Sans doute, mais – j'y reviens ! – ôtez Adjani toute nue qu'est-ce qui reste, 35 ans plus tard ?

Eh bien il reste précisément un film presque mythique, plutôt ridicule et outrecuidant, mais qui repasse trois fois par an à la télévision et qu'à chaque fois quelques millions de spectateurs regardent. C'est ce genre de questionnement qu'il n'est pas absurde d'affronter…


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