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Forum : Les Misérables

Sujet : Quelle version choisir ?


De Xaintrailles, le 14 septembre 2007 à 12:30
Note du film : 2/6

On pouvait juger ce film bien médiocre, mais, comparé à l'inimaginable nullité du téléfilm avec Gérard Depardieu (qui, pourtant semblerait plus à sa place dans ce rôle que Jean Gabin), il fait presque figure de chef d'oeuvre !


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De merignac, le 6 mai 2008 à 09:13

D'accord pour la nullité du téléfilm Depardieu mais objection sur jean Gabin magnifique dans ce rôle comme Bourvil et ce film sans être un chef d'oeuvre n'est certainement pas médiocre mais bien le meilleur de tous les Misérables.Car on en a eu des navets de Misérables…


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De Azurlys, le 19 août 2011 à 16:55

C'est également mon avis. Gabin fut meilleur dans d'autres films, notamment ceux de la seconde période, et qui furent souvent parodiques (Le cave se Rebiffe) où Audiard lui mitonnait des dialogues à sa taille.

Mais j'ai tendance à penser que la version des "Misérables" qui fut la plus proche du roman d'Hugo, et sans doute la mieux construite, est celle de Raymond Bernard, fils de Tristan, avec ce géant qui s'appelait Harry Baur ! Il fut un Jean Valjean magnifique, avec des partenaires exceptionnels : Dullin, et (je crois) Marguerite Moreno dans le rôle des Thénardier, un tout jeune Jean Servais (Marius) et Charles Vanel (Javert). Les autres comédiens m'échappent. Il existe deux versions de cette œuvre tournée en 1932 ou 33 : en deux, et en trois époques. Je dispose de cette version longue (3 parties) en VHS. Mais faute de magnétoscope, je ne peu plus la voir. Quelquefois présentée à la télévision à l'époque où les programmes n'étaient encore conditionnés par l'audimat et les parts de marché, la version "trois époques" n'a été présentée que deux fois depuis 1960 jusqu'aujourd'hui. C'est peu. Je ne crois pas qu'il ait jamais existé une version DVD.

Dans le genre "Les Misérables", version hilarante (avis personnel) il est juste de mentionner le film tourné par Claude Lelouch, dont le ridicule le confine à l'exercice de style. Sauf erreur, Lino Ventura jouait Jean Valjean – alors qu'il refusait toujours les rôles en costumes – et Danièle Delorme y interpréta une Fantine qu'il vaut mieux oublier. Juste un point anecdotique : alors que Fantine est face à la caméra, elle montre l'espace laissé vide par les dents qui lui ont été arrachées afin de pouvoir élever sa petite Cosette. Et là, l'image est cruelle – plus que les dents arrachées – puisque les lumières faites sans soins montrent et font briller les dents recouvertes de vernis noir, censée être absentes. Grave ? Non, si c'est une réussite. Dans un ratage, le ridicule devient inévitable. Avis toujours personnel.


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De Impétueux, le 20 août 2011 à 14:45
Note du film : 4/6

J'ai toujours entendu louer les mérites de la version des Misérables de 1934, réalisée par Raymond Bernard et le jeu d'Harry Baur en Valjean, mais je ne l'ai jamais vue (j'ajoute, comme acteurs un peu notoires, pour Azurlys, les noms de Max Dearly en Gillenormand, grand-père de Marius, et d'Orane Demazis en Eponine).

L'adaptation de Jean-Paul Le Chanois est honnête, sans beaucoup de caractère. Bourvil en Thénardier, Blier en Javert, Gabin en Valjean sont plutôt bien distribués, mais le film manque de la cruauté indispensable ; ainsi le triste sort de Fantine (Danièle Delorme) n'y est évoqué que trop allusivement.

Le rôle de Fantine, dans la pitrerie de Lelouch (pléonasme !) est tenu par la frénétique Clémentine Célarié ; est-ce à elle que s'applique la remarque d'Azurlys sur des dents absentes mal maquillées ? Je regarderai un de ces quatre la version Le Chanois pour vérifier – celle où joue Delorme – mais qu'on ne compte pas sur moi pour revoir le machin lelouchien…


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De info@, le 20 août 2011 à 17:18

la version de R. Bernard est prévu en dvd chez Pathé ,dans le semestre à venir .


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De Azurlys, le 23 août 2011 à 16:33

LES MISERABLES (1932/34 et 1958)

Merci à Impétueux de sa réponse. Sous réserve d'erreur toujours possible, il me semble bien que Fantine-Delorme est dans la version Lelouch, pas dans celle de Le Chanois. Peut-être est-elle dans les deux… Passons par charité sur la naiserie de la version Lelouch, sauf pour signaler que Lino Ventura, très bon comédien d'instinct, y trainait un Jean Vajean – évidemment mal dirigé – qui semblait emprunté comme une poule qui a trouvé un cure-dents… On a brusquement envie de revoir les films Lautner-Audiard… Un peu comme en musique : on vous fait entendre, par force, Maurice Ohana, et l'on crit soudain "au secour", vite, Offenbach… (mais ce n'est pas exaustif, et de toutes manières personnel).

En ce qui concerne les deux interprètes indiqués, dont Max Dearly pour Thénardier, je crois – toujours avec les réserves d'usage – que ce devait être une version muette antérieure. Dans la version Raymond Bernardt de 1932 ou 34, en trois époques (ou deux, selon les cas), et la première version sonore, je crois que les Thénardiers étaient Dullin et Moreno, mais…


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De Azurlys, le 23 août 2011 à 16:55

Re-suite

Après une nouvelle lecture du texte d'Impétueux, je corrige mon erreur. Max Dearly y faisait bien Gillenormand, et ne jouait pas Thénardier. Mon erreur est bien une erreur, pas d'erreur ! En revanche, aucun souvenir de L'ineffable Orane Demasis, que l'on associe plutôt à l'univers de Pagnol. Au reste je l'ai toujours trouvée pitoyable comédienne, et le mystère demeure toujours pour moi quant à l'intérêt… artistique que lui trouvait Pagnol. Mais peut-être avait-il d'autres raisons de la vouloir proche de lui. Mille excuses…


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De Impétueux, le 23 août 2011 à 21:25
Note du film : 4/6

Chacun sait qu'incompréhensiblement Pagnol a été le compagnon de l'épouvantable Demazis ; mystère de la vie des hommes !

Pour le reste – et sauf improbable erreur d'Imdb – je maintiens Delorme dans la version de Le Chanois et Célarié dans la version de LelouchFlorelle était fantine dans la version de Raymond Bernard dont nous parlons…


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De Azurlys, le 24 août 2011 à 16:14

Ah ! Bon, voyez-vous çà… Dont acte. J'ai fait erreur, tant pis. Et merci du correctif. Merci également à Info… (arobase – est-ce l'orthographe, je vous laisse en juger) pour l'information très utile relative à la parution prochaine de ce monument de cinéma – j'espère dans la version intégrale.


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De Canaan, le 12 octobre 2012 à 22:19
Note du film : 3/6

Bonjour à tous, pour information Lino Ventura a interprété un Jean Valjean que j'ai trouvé plutôt tès bon dans la version de Robert Hossein (+-1980). Dans celle de Lelouch (pitrerie je confirme, et Lino n'était déjà plus de ce monde quand elle a été tournée) les acteurs sont Boujenah, Célarié et Belmondo).

Celle d'Hossein, avec Lino Ventura, Michel Bouquet & Jean Carmet (dans les 3 rôles masculins principaux), on aime ou pas mais je l'ai trouvé assez sérieuse, peut être un peu trop théatrale par certains cotés, et un montage un peu sommaire, lais assez aboutie et forte.

Quant à celle ci de Le Chanois, elle a son charme et un très beau casting, mais elle manque cruellement de souffle et de puissance dramatique.

Ce n'est que mon avis.


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De Tamatoa, le 13 octobre 2012 à 00:37

Dans celle de Lelouch (pitrerie je confirme )

Tara-ta-ta ! Une version très, très libre, oui. Absolument déconcertante, oui. Mais assez géniale ! Je reviendrai en parler.

Rectification : je ne reviendrai pas en parler car celà a déjà été formidablement bien fait !


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De Impétueux, le 6 juin 2013 à 18:14
Note du film : 4/6

Lorsque le roman – le mélodrame ? – le plus connu, le plus chéri, le plus vaste du littérateur français le plus abondant est transposé à l'écran en grand spectacle irisé d'acteurs connus et aimés du public, comment voudrait-on que le public s'en détourne ? Surtout le public de 1958, qui ne demandait que ça et qui aimait que le cinéma français eût de l'ambition ; car si Les Misérables furent en notre pays un immense succès (presque 10 millions de spectateurs, derrière Les Dix commandements, qui en eurent 14 : faste année !), ce fut à peu près pareil en Europe et un peu plus loin (24 millions en Union soviétique).

Et pourtant ! Pourtant, comment tourner Les Misérables ? La version de Jean-Paul Le Chanois durait à peu près 3h30, réparties en deux époques. René Château le sagouin, non content de présenter le film en deux disques, pour se faire des sous, a fait encore couper le film pour que, les deux CD réunis il ne passe pas 3 heures. La version de 1934 de Raymond Bernard, dont on me chante partout merveilles (Harry Baur/Valjean, Charles Vanel/Javert, Charles Dullin/Thénardier), mais que je n'ai jamais vue, dure 4h25…

Et 4h25 sûrement insuffisantes pour contenir le foisonnement mais aussi, pourrait-on dire le dérèglement de ce roman en fusion (1486 pages dans l'édition de La Pléiade, tout de même !) qui part dans tous les sens, étreint mal parce qu'il trop embrasse, à vouloir courir à la fois le roman feuilleton, le roman historique, le récit épique, la critique sociale, tout cela assez largement inondé d'eau de rose, mais qui garde pourtant un souffle et une force extraordinaires… L'adaptation du film de Le Chanois a été principalement conçue par l'excellent René Barjavel qui a accompli un très sérieux, très probe et très juste travail mais a néanmoins privilégié certains traits par rapport à d'autres, tout aussi importants dans le travail d'Hugo. À mes yeux il a fort bien fait en concentrant son travail essentiellement sur le premier Livre du roman, qui va du bagne de Toulon jusqu'à la reconnaissance faite par Javert de Jean Valjean sous les traits de l'honorable M. Madeleine. C'est à peu près la Première époque du film. Les quatre autres Livres sont plus sommairement condensés dans la Seconde époque, à mes yeux nettement plus faible du film. Mais pour des raisons qui ne sont pas de la faute du cinéaste mais du romancier.

Il y a dans Les Misérables trois rôles et trois seuls qui dominent très largement tous les autres, réduits à être des utilités, sinon des comparses. Qu'on le veuille ou non Fantine, Gavroche, Éponine, Cosette, Marius, Enjolras ne font pas le poids à côté de Valjean, Javert et Thénardier : ces trois caractères extraordinaires sont absolument souverains et irriguent parfaitement la première partie ; mais dès que sont greffées sur leurs interactions des intrigues sinon connexes du moins secondes, l'ampleur du souffle diminue… Tant qu'un personnage adventice intervient avant que l'orage se soit mis en place, ça fonctionne très bien (et c'est pourquoi la lumineuse figure de Mgr Myriel demeure caractérisée), mais ensuite on s'ennuierait presque de n'être pas continuellement en compagnie des trois principaux protagonistes.

Une des grandes qualités du film de Le Chanois est la qualité donnée à la distribution, précisément, de ces trois rôles. Gabin et Blier sont parfaits comme souvent ; mais que dire de Bourvil ? On avait bien senti déjà, deux avant Les Misérables, dans la méchante, grinçante Traversée de Paris que le comique normand hurluberlu valait mieux que ce qu'il jouait jusqu'alors. Mais quelle révélation de le voir en parfait immonde Thénardier, comme on n'aurait pu en rêver !

Les autres ? J'aurais bien aimé revoir Silvia Monfort au cinéma, alors qu'elle n'aimait que le théâtre… Béatrice Altariba/Cosette et Giani Esposito/Marius sont fades à souhait, Serge Reggiani aussi agaçant que d'habitude, les rôles annexes plutôt bien distribués, la voix de narrateur de Jean Topart toujours fort belle…

Qu'est-ce qu'on peut faire de mieux dans le genre ?


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De Frydman Charles, le 13 mai à 11:33
Note du film : 6/6

C'est sans doute la meilleure version des misérables , le mélodrame y est pathétique. La version de 1934 en noir et blanc avec Harry Baur également excellente.

Victor Hugo avait imaginé une industrie de verroteries noires à Montreuil sur mer . Une industrie qui y existait depuis très longtemps. En fait cette industrie n'a existé que dans l'imagination de Victor Hugo.

"De temps immémorial, Montreuil-sur-Mer avait pour industrie spéciale l’imitation des jais anglais et des verroteries noires d’Allemagne."

Dan le film l'expression "verroteries noires" n'est pas prononcée, mais "industrie des bijoux de jais", ce qui est peut-être plus parlant.

Jean Valjean a amélioré la fabrication de ces bijoux , notamment en utilisant de la gomme laque à la place de résine. Dans le film , au procès de Champmathieu sosie de Jean Valjean , trois bagnards affirment reconnaître Jean Valjean en Champmathieu. Monsieur Madeleine se dénonce et dit que c'est lui Jean Valjean, pour preuve il rappelle comment un de ses compagnons d'infortune lui a appris a utiliser la gomme laque. Dans le roman cette anecdote sur l'utilisation de la gomme laque n'est pas mentionnée.


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