Forum - Monsieur Ripois - Séducteur minable, pleurnicheur, sans honneur...
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Sujet : Séducteur minable, pleurnicheur, sans honneur...


De Xaintrailles, le 31 août 2007 à 12:21
Note du film : 6/6

Un film d'une rare perfection, avec un Gérard Philipe en séducteur minable, pleurnichard et sans honneur dont c'est certainement le plus beau rôle au cinéma ! Toutes les actrices sont parfaites de vérité et de naturel. Londres en décors naturels de l'immédiat après-guerre extraordinaire. Comment un tel chef d'oeuvre peut il rester aussi méconnu ???


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De Impétueux, le 31 août 2007 à 16:15
Note du film : 4/6

Bien que je n'aie pas pour Gérard Philipe une bien grande estime, je vote aussi, compte tenu de l'excellente réputation de ce film, tiré du roman éponyme de Louis Hémon (qui est le papa de Maria Chapdelaine) et de l'aura de René Clément


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De europe, le 8 mai 2009 à 13:41
Note du film : 6/6

Film d'une qualité rare ce film ne mérite pas l'oubli.


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De vincentp, le 6 décembre 2009 à 23:50
Note du film : 6/6

Une absence d'édition incompréhensible !

"Bien que je n'aie pas pour Gérard Philipe une bien grande estime" : parce qu'il n'était pas gaulliste ?


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De Impétueux, le 7 décembre 2009 à 10:26
Note du film : 4/6

Là, j'avoue, Vincentp, que je ne comprends pas le sens de votre pique…. Outre que j'ai déjà ici écrit, proclamé, même, que je me fichais comme colin-tampon des options politiques, quelles qu'elles soient, les plus extrémistes comprises (et cela a valu quelques jolies controverses, notamment à propos de Leni Riefenstahl), j'ai parallèlement copieusement compissé le souvenir de Gérard Philipe, que je peux de moins en moins blairer, à part quelques films comme Une si jolie petite plage, Les grandes manœuvres, Pot-Bouille ou – je le concède supportable – dans La chartreuse de Parme que vous avez récemment découverte.

S'il fallait un contre-exemple, ce serait celui d'une de mes plus grandes admirations, Simone Signoret, qui fut tout autant engagée que Philipe….


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De vincentp, le 7 décembre 2009 à 10:46
Note du film : 6/6

Effectivement, vous aviez précisé ce point. Le débat porte donc sur ses performances artistiques.

Sur ce plan artistique, G Philippe est à mon avis un des acteurs français majeurs de l'après-guerre. Son registre est varié (de La ronde, à La fièvre monte à El Pao), passant avec brio de la comédie au drame. Il n'a peut-être en revanche pas tourné que dans des bons films.

Je me faisais récemment la réflexion suivante : on dirait un Errol Flynn à la française. Le physique, la prestance, le côté charmeur, voire le timbre de la voix…

A part cela, probablement aussi un individu secret et énigmatique, selon ce qu'en disait récemment un article paru à son sujet dans le journal du dimanche.

Impétueux : il faudrait que vous précisiez la nature des reproches que vous formulez à l'égard de Gérard Philippe, pour que nous puissions mieux comprendre votre courroux à son égard.

Je vous attends pour croiser le fer dans ces colonnes !


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De Frydman Charles, le 7 décembre 2009 à 14:15

Le bonheur est sur l'eau…Comme souvent dans les films avec Gérard Philipe; Que ce soit l'eau de la Tamise ou les gondoles à Venise évoquées dans ce film. Sur la Marne dans "le diable au corps" qui se déroule à Nogent-sur-Marne , ou avec les "gens heureux" faisant du canotage dans pot-bouille. Dans ce film tourné à Londres, André Ripois a la nostalgie de la France. L'eau de la Tamise n'a pas la saveur des fleuves français…


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De vincentp, le 7 décembre 2009 à 15:10
Note du film : 6/6

Chez Jean Renoir aussi, le bonheur est sur l'eau. Duvivier aussi.


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De vincentp, le 7 décembre 2009 à 19:33
Note du film : 6/6

Impétueux, vous avez jusqu'à ce soir minuit pour produire vos arguments CONTRE Gérard Philippe. Ensuite, le public de ce forum se prononcera (comme dans les spectacles de Robert Hossein) POUR ou CONTRE Gérard Philippe.


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De Impétueux, le 7 décembre 2009 à 20:18
Note du film : 4/6

Mes arguments, je les donnerai quelque jour sur le fil des épouvantables Aventures de Till L'Espiègle, film réalisé par Gérard Philipe himself et un des pires spectacles qu'il m'ait jamais été donné de voir…

Mais pas ce soir… pas le temps…


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De amie, le 29 mars 2010 à 00:39

G. Philippe a illuminé les écrans avec une palette variée de rôles, depuis les "petites filles du quai aux fleurs" jusqu'aux "liaisons dangereuses". Il n'a pas réussi son entrée de réalisateur. Mais qui peut rivaliser avec lui de générosité, de justesse, de charme, d'intensité, dans son irréprochable parcours d'acteur? Oui, pourvu que ses films ressortent vite, tous, en DVD! En particulier cet inoubliable Monsieur Ripois, implacable de fantaisie, et riche d'inventions cinématographiques. Un témoignage qui devrait être connu de tous.


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De cinenanie, le 18 juillet 2010 à 16:55

Quand on a la personnalité,la beauté et le charisme de Gerard Philipe il est bien évident que l'on ne peut pas être aimé de tout le monde.Il est certainement le plus grand acteur de sa génération.Au cinéma il a brillament interprété tous les registres avec des chefs d'oeuvres (le diable au corps,la chartreuse,mosieur Ripois,le rouge et le noir)et d'autres films plus inégaux c'est vrai mais toujours avec des grands réalisateurs.Son essai à la réalisation n'a pas été réussi mais n'est ce pas le lot de tous les metteurs en scène? Il ne faut surtout pas oublier l'acteur de théatre magnifique qu'il fut, reconnu dans le monde entier.Quant à ses qualités humaines elles furent incomparables et incontestées.Y a t'il beaucoup d'acteurs aujourd'hui dont on peut dire la même chose.Merci "amie" de l'avoir défendu.


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De vincentp, le 1er décembre 2012 à 22:06
Note du film : 6/6


Somptueux drame psychologique, portrait de société, de groupes et d'un individu fragile psychologiquement. Le parcours de Monsieur Ripois met en évidence des lois intangibles de la vie en société, bâtie sur des rapports de force sociaux et psychologiques. Pour évoluer -ou simplement se maintenir à flot au sein de celle-ci-, les différents personnages du récit, soumis à la loi de l'argent, développent des stratégies d'acteur. Celles mises en oeuvre par Ripois sont particulièrement minables. Ses astuces à trois sous ne trompent finalement pas grand-monde (il se rebaptise à l'occasion Cadet-Chenonceaux pour approcher l'aristocratie, laquelle voit très vite clair dans son jeu). Mais son art de la manipulation des femmes et son physique attractif lui permettent de grimper dans la hiérarchie sociale. Ces armes le condamnent dans le même temps à errer de façon marginale, étranger à tous les milieux sociaux et à toutes les femmes qu'il fréquente.

La mise en scène de René Clément est assez sèche et distanciée (aucune complaisance n'est exprimée vis à vis du personnage principal). L'émotion du spectateur n'est pas forcée, et il est possible à chacun de produire une lecture des faits du récit qui lui est propre (caractéristique de beaucoup de films des années soixante). Monsieur Ripois (1954) par certains aspects fait penser à des futurs films de Louis Malle comme Le feu follet (même tonalité sombre et désespérée) ou Lacombe Lucien (portrait d'un marginal sombrant petit à petit dans le néant). La photographie (Oswald Morris) est superbe, tout comme les dialogues (Raymond Queneau), et l'interprétation, avec un grand Gérard Philipe comme figure de proue.


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De vincentp, le 4 août 2013 à 15:28
Note du film : 6/6

Une absence en dvd étonnante pour Monsieur Ripois, classique de René Clément : je suppose qu'il s'agit d'un problème lié aux ayant-droits. Gerard Philipe, mi-ange mi-démon, y évolue dans un registre assez proche de celui de Le rouge et le noir (les deux films sont d'ailleurs datés de 1954, et il est intéressant de les comparer).

Je ne suis pas un spécialiste du cinéma français (avançant cahin-caha dans ma découverte ou redécouverte de celui-ci), ni de Gerard Philipe, mais je constate que cet acteur est excellent dans tous les films que je connais de lui : Fanfan la tulipe, Pot-Bouille, Si Versailles m'était conté, La fièvre monte à El Pao, La ronde, Monsieur Ripois, Le rouge et le noir, Les grandes manœuvres, Le diable au corps, Les Belles de nuit, La Beauté du diable


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De Impétueux, le 17 mars à 23:48
Note du film : 4/6

Je pense depuis longtemps que le jeu de Gérard Philipe, souvent outré, théâtral, ostentatoire convenait beaucoup mieux à certains rôles qu'à d'autres. Et qu'il était d'autant meilleur qu'il interprétait un personnage minable (Une si jolie petite plage, Les orgueilleux) ou méprisable (Le Rouge et le Noir, Pot-Bouille). C'est bien ainsi qu'il est, à la fois minable et misérable dans Monsieur Ripois adapté d'un roman de Louis Hémon, l'auteur de Maria Chapdelaine par le grand René Clément, superbe cinéaste dont, bien à tort, on ne parle plus guère aujourd'hui.

André Ripois (Gérard Philipe) est une sorte de parasite puéril, insouciant, paresseux qui, après la guerre est demeuré en Angleterre, à Londres, où il occupe un très vague emploi subalterne de gratte-papier. Mais il est à peu près conscient – sans l'être tout à fait, c'est une des qualités du film – que grâce à un physique avantageux et à un charme assez enfantin qui lui permettent d'être remarqué et pris en affection pour peu qu'il s'en donne la peine, il peut exercer sur toutes les femmes une emprise vénéneuse : même méprisé par elles il n'en sera pas rejeté.

Le film est construit sur des flashbacks. Ripois, pour la séduire, conte à Patricia (Natasha Parry), la meilleure amie de sa richissime et patricienne femme, Catherine (Valérie Hobson), comment il a peu à peu gravi tous les degrés de la réussite sociale et de sa situation actuelle. Et cela au moment même où sa femme, lassé de ses continuels picorages féminins, vient de lui annoncer son intention de divorcer. En fait Ripois n'a pas mis au point une subtile stratégie tournée vers de folles ambitions : bien plutôt il s'est laissé porter, à vau l'eau, par une suite de hasards faciles, en suivant sa pente, sans s'embarrasser de scrupules, sautant d'une femme à l'autre, par lassitude pour l'ancienne, par fantaisie pour la nouvelle. Comme le dit à un moment sa femme, Catherine, à la future proie, Patricia, Si une femme ne lui cède pas, elle l'ennuie ; et elle l'ennuie encore plus en lui cédant.

Perdu dans la médiocrité de son petit emploi, il se rend compte qu'il peut séduire une sorte de dragon, son chef de bureau, Anne (Margaret Johnston), qu'il quittera au bout d'un an, excédé par sa grise mine et sa piètre cuisine ; et aussi parce qu'il a croisé dans un autobus, une fraîche jeune fille, Norah (Joan Greenwood), à qui il compte à la fois fleurette et monts et merveilles… Jusqu'à ce que l'idylle s'approchant par trop du mariage, il déménage soudain et abandonne la pauvrette à ses illusions. Mais il n'a plus un sou, il couche dehors, meurt de faim. C'est une belle-de-nuit qui le recueille, Marcelle (Germaine Montero), une Parisienne exilée à Londres qui est touchée par sa détresse et s'offre ainsi un gigolo. Ripois la quitte en lui volant 50 £ (qu'au demeurant elle lui avait promis : Ripois n'est pas un salaud : c'est un type qui a une morale élastique et s'accommode facilement des bonnes opportunités). Un peu par hasard, donnant des leçons de français en chambre, il rencontre Catherine, riche et lettrée… Nous sommes replacés au début du film…

Ce qui est extraordinaire dans le film de René Clément, en sus de ses belles qualités techniques et des excellents dialogues de Raymond Queneau, c'est l'extraordinaire misogynie du propos. parce que si Ripois est effectivement un être d'une grande bassesse d'âme, toutes les femmes dont il s'empare (et je n'ai pas cité Diana, la voisine (Diana Decker), toujours disponible pour la bagatelle), sont prêtes à tout lui pardonner, à le chérir s'il veut bien se laisser faire : il y a, dans le côté maternel et miséricordieux de toutes celles que Ripois séduit, comme une grande faiblesse pour un être qui, de toute les façons fuit l'effort, la contrainte et l'ennui. Et l'aimant toutes, elles ne peuvent pas pour autant s'empêcher de le mépriser ; mais le méprisant ainsi, que peuvent-elles bien penser d'elles-mêmes ?

Ripois, se mettant en scène pour rattraper Patricia qui était bien prête de céder et s'enfuyait pour échapper à cette infernale séduction, chute accidentellement et se fracture des tas de choses. Sa femme, Catherine, croit qu'il s'est suicidé pour elle et en est toute amollie. Les dernières images du film la montrent, poussant son mari, paralysé à vie, dans une voiture d'infirme. Ne vous font-elles pas penser à la conclusion, presque identique, du dernier segment du Plaisir de Max Ophuls, d'après Maupassant et à la conclusion, dite par la si belle voix de Jean Servais, Le bonheur n'est pas gai ?


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