Forum - Le Duel - Pierre Fresnay
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Forum : Le Duel

Sujet : Pierre Fresnay

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De frontine, le 9 août 2007 à 17:13
Note du film : 5/6

Pour le générique prestigieux de ce film d'auteur et le sujet traité, peu banal, je demande son sauvetage en DVD.


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De PM Jarriq, le 9 août 2007 à 18:00

Clouzot scénariste ? Fresnay réalisateur ? Raimu et Périer au générique ? Jamais entendu parler de ce film… Et il faut y remédier !


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De Nadine Mouk, le 16 juillet 2016 à 22:29
Note du film : 5/6

Il y a quand même des jours où, pour parler sinon savamment, du moins sereinement de certains films, il serait bon de se sentir pleinement concerné. Vous me direz que nous ne sommes pas obligés d'être revenus vivants de la nuit du 14 Avril 1912 pour parler du Titanic. Et encore moins d'avoir traversé à dos de chameau le désert de Tabernas pour évoquer si brillamment (merci à Delanuit entre autres) le légendaire Lawrence d’Arabie comme je l'ai lu sur ce site il y a peu. Mais comme ce Duel nous emporte de façon violente dans dans les mystères de la foi, je ne sais pas si l'athée que je suis, méprisant toute forme de religion, est bien à même d'avoir saisi l'insaisissable. Car Henri-Georges Clouzot et Henri Lavedan ont tapé bien fort, me semble t-il, sur ce sujet si évident pour les uns et tellement occulte et impénétrable pour les autres. Or donc, sans le "goûter" pleinement, j'ai quand même vu un très excellent film. Sur une vieille cassette VHS, larmoyante, où avait été enregistrée, en des temps immémoriaux semble t-il, cette œuvre. Un premier et unique film pour Pierre Fresnay en tant que réalisateur. Pourquoi n'a t-il pas récidivé ? Avec de merveilleux acteurs qui servent cette histoire prenante avec une dextérité luminescente qui sied à merveille au sujet passionné du film. Rarement Yvonne Printemps ne se montra si étonnement grave et si follement enjouée et rieuse quand les situations lui réclamaient. Raymond Rouleau ressemble enfin à quelque chose, en carabin agnostique ! Raymond Rouleau m'a toujours paru fade dans grand nombre de films. Ici, il vit ! Il exulte, il prend colère, il pardonne ou se résigne. En un mot : il est bon. Pierre Fresnay, son prêtre de frère, est parfait comme il le fut dans la robe de Monsieur Vincent, celle du sacristain de Dieu a besoin des hommes ou celle du pasteur dans L'Assassin habite au 21. A ce propos, il nous arrache bien involontairement un sourire car, l'espace de quelques secondes, il réitère presque sur le même ton ce qu'il disait dans l'antre de Monsieur Durant : "- Nous regardons non pas aux choses visibles mais à celles qui sont invisibles, car les choses visibles sont pour un temps et les invisibles sont éternelles..". Et nous pensons que nous allons voir surgir de dessous la table Suzy Delair et sa frimousse coquine ponctuer d'un Amen la phrase du faux pasteur …

Et puis, il y a Raimu. Bien sûr, sobre dans sa robe de Samaritain . Un Raimu qui tente de se faire tout petit. Mais demander à Raimu de se faire tout petit, malgré toute sa bonne volonté, équivaut à demander à Darry Cowl de ne pas zozoter. Et dans un premier temps, il n'est pas à sa place le grand Raimu. Il en fait un minimum mais ne peut s'empêcher de lâcher quelques grimaces qui ont façonné son succès. Mais où était donc Harry Baur ? Le Harry Baur du merveilleux Carnet de bal époustouflant dans sa robe de bure, pleurant intérieurement la visite de Marie Bell… Ce rôle du père Bolène était pour lui, de toute évidence ! l'arbitre entre ces deux frères ennemis, celui par qui la paix va arriver, c'était pour Harry Baur, bien évidemment ! Parce que Raimu immense, Raimu magistral, mais Raimu par trop extravagant pour ce rôle, même s'il s'applique pieusement… Le seul "dommage" de ce film, à mes yeux.

Côté mise en scène, Pierre Fresnay, malgré les appels du pied de Clouzot, ne cherche pas à faire dans le Diabolique. Si il laisse parler puissamment sa passion de prêtre amoureux de la belle qu'il dispute à son frère, il reste quand même sage dans sa façon d'aborder cette tempête intérieure. Il a assez de puissance dans son regard fiévreux et transporté pour palier à une attente de tourmente ténébreuse chère à Clouzot. Le duel C'est une guerre sainte. Peut-être la plus terrifiante mais celle que des hommes de bonne volonté que sont les hommes de foi gagnent ou perdent dans la dignité, sans faire couler le sang. Le cheminement vers le retour divin se fera sans cadavres dissimulés, sans retour de défunts, et sans épisodes frissonnants. Seul, le martèlement de la foi agressera notre cœur et les frissons viendront de ce qui nous dépasse ? En tout cas, je l'ai vécu comme cela… J'ai vu un très bon, peut-être un très grand film. Et, malgré certaines choses qui débordent de l'ignorance qui est la mienne, c'est sans hésitation aucune que je vote des deux mains pour la sortie d'un DVD !


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De Impétueux, le 16 juillet 2016 à 23:33

Plein de choses donnent envie à la suite de votre bien intéressant message, Nadine Mouk, surtout cette distribution singulière. Je ne supporte habituellement pas Raymond Rouleau, dont vous dites du bien pour l'occasion et imaginer Yvonne Printemps, qui fut une des cuisses les plus légères de Paris, au grand dam de Pierre Fresnay, en femme grave me subjugue.

Je suis en revanche un peu plus réticent sur le thème que je crains d'être mélodramatique et facilement caricatural, mais je marche ! Un vote de plus !


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De Donatienne, le 21 juillet 2016 à 11:16

Votre analyse me donne vraiment envie de voir ce film que je ne connais pas ! merci de l'évoquer … j'espère vraiment le visionner un jour. Bien évidemment je souhaite une édition DVD de cette oeuvre.


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