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Forum : Touchez pas au grisbi

Sujet : Alors comme ça on dirait que Pépé s'en est sorti..


De JEAN PIERRE, le 5 septembre 2003 à 19:59

Sans doute le meilleur film de Gabin, marquant son retour dans une ambiance noire et policière. Un classique du film français. Je suis fan !


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De RAZAFIMBELO, le 20 juillet 2007 à 00:48

Bonjour.

Je suis atteint de "GABINITE aigûe" extrême*. *(Fan absolu)

Flic ou truand, il a toujours eu le tempo juste. En Vieux bourgeois (les grandes familles) ou Vieux flic pré-retraité (le pacha et le tueur) , ou Jean VALJEAN, (Les Misérables) il n'y en a aucun parmi les acteurs français actuels qui lui arrivent à la cheville.

Certains on dû le trouver quelconque avant-guerre, mais là ou il a donné le meilleur c'est dans les années 1950. grâce à ne touchez pas au grisbi. Pour moi, il a enchanté mon adolescence et continue avec ma période adulte (j'affiche 52 ans au compteur) j'avais huit ou neuf ans quand j'ai vu certains de ses films N et B. ma note 21/20


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De Impétueux, le 6 août 2007 à 17:45
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Alors comme ça, une supposition que Pépé le Moko soit passé entre les griffes de l'Inspecteur Slimane (le cauteleux Lucas Gridoux), ait pu rejoindre, dans le port d'Alger la belle Gaby (Mireille Balin) et soit revenu à Paris.

Il a mis Gaby à tapiner sur le bitume (elle a accepté parce qu'elle est folle de lui) puis, dès que l'affaire a commencé à tourner rond, il l'a installée dans ses meubles, avec un ami sérieux au début. Dès qu'il a eu des fonds un peu plus importants, il l'a placée à la tête d'un bordel de luxe, type Le Chabannais ou le One-Two-Two, a investi dans la contrebande de cigarettes, la traite des blanches, la cocaïne, avec un soupçon de racket.

Miracle ! La guerre est arrivée. Pépé a fricoté avec la Wehrmacht, mais surtout avec les gens du Marché noir, les gros ferrailleurs louches du type Joanovici ; il s'est appuyé sur une bande de chouettes copains : Carbone et Spirito à Marseille, Bony et Laffont dans la Capitale. Là, il a commencé à avoir une vraie surface.

Mais les meilleures choses ont une fin, et, à la Libération, il a dû claquer un maximum de fric pour qu'on l'oublie un peu. Et puis de nouveaux types sont arrivés sur le marché, des jeunes, plus actifs, plus violents aussi peut-être : Pierre Loutrel, dit Pierrot le fou, ou René Girier, dit René la canne.

Pépé est devenu Max. C'est plus respectable et ça permet de se faire oublier de bien du monde, (d'autant que Gaby, tondue en 44, est devenue folle). Mais enfin, en 1954, Max est un nom reconnu sur la place ; un type sérieux, avec qui il n'y a pas d'embrouille, un type fidèle en amitié, qui traîne toujours avec lui son vieux copain Riton (René Dary), qu'il a connu à la Communale, et retrouvé à la prison du Cherche-Midi.

Et c'est là que Jacques Becker commence son film ; sur l'éternelle histoire du truand las et presque rangé qui, par la pente naturelle des choses, fait son dernier coup avant de se retirer à la campagne (ça fonctionne toujours fort bien, de Bob le flambeur à La Horde sauvage).

Toute la génération de Max est installée bourgeoisement, la palme allant à Pierrot (Paul Frankeur), qui gère en père tranquille son cabaret, en compagnie de Marinette (Gaby Basset qui, entre parenthèses est la première femme de Jean Gabin, qu'il n'a jamais laissée tomber). Remarque-t-on bien la dégaine de Pierrot ? On pourrait presque voir ses charentaises ! On voit bien, en tout cas, son gilet de laine, peut-être tricoté maison : il y a du Rouergat, dans cet homme ! Et l'oncle de Max, Oscar, le receleur (Paul Oettly) ! Est-ce qu'on ne pourrait pas l'imaginer en assureur prospère, ou en bijoutier en chambre ?

Mais il y a des jeunes loups aux dents d'autant plus longues qu'ils sentent que leur tour est venu, et que la génération précédente va décrocher, qu'elle est fatiguée, qu'elle se couche avant minuit, malgré les minauderies intéressées de ces dames, Lola (Dora Doll) et Josy (Jeanne Moreau) qui se trémoussent maladroitement dans des boîtes de nuit ringardes avant d'aller rejoindre leurs mecs. D'ailleurs Josy a bien compris que la main passe, que Riton s'endort trop vite et que des types comme Angélo (Lino Ventura) vont prendre le jeu à leur compte.

M'sieur Angélo, d'ailleurs, s'il a un peu la même dégaine, la même carrure que M'sieur Max n'a pas les mêmes scrupules, les mêmes réserves : c'est du brutal, du sauvage, même ; et c'est comme ça qu'il ne paraît pas frappé par cette sorte de fatalité populiste transportée depuis l'Avant-Guerre.

Cela étant, il faudrait se garder, mus que nous sommes par l'empathie pour ces personnages de quinquagénaires adoucis, il faudrait se garder d'oublier que ce sont tout de même de franches canailles qui trafiquent de la drogue, filent des mandales à leurs régulières dès qu'elles bougent un cil de trop, et dézinguent à tout va dès que leur territoire est abordé par des malfaisants ou – naturellement ! – dès qu'on approche de leur grisbi, qu'ils considèrent presque comme un comptable de Romorantin ferait des économies placées en Bons du Trésor d'une vie parcimonieuse.

Dès qu'on touche au grisbi, les loups se réveillent : à preuve l'excellente scène où Fifi (Daniel Cauchy), le demi-sel vicelard, est descendu dans sa cave à coup de pompes et de claques par le bon Pierrot, qui sort ensuite la grosse artillerie. On a beau avoir bon cœur, ouvrir un compte à un jeune truand dans le besoin au restaurant de Mme Bouche (Denise Clair), cultiver la fraternité d'arme et aller chercher le vieux pote Riton qui ne fait que des conneries, on a beau apparaître plein des valeurs de la pègre à la Simonin, dès qu'on touche au grisbi, ça rigole plus du tout !

Ce film-là, qui marque le puissant retour d'un Gabin – qui n'avait eu que le tort de faire une guerre courageuse ! – au Panthéon du cinéma français, Panthéon qu'il n'a toujours pas quitté, ce film-là est une merveille, dans son noir et blanc chatoyant du désert de Pigalle.

Et si vous ne croyez pas que Max est la réincarnation de Pépé le Moko, regardez à nouveau les premières images du film : ça se passe chez Bouche, et joue une romance sirupeuse de Tino Rossi, comme avant-guerre ; Max se lève, met une pièce dans le juke-box… et c'est la parfaite mélodie à l'harmonica composée par Jean Wiener qui s'élève : Max a enterré Pépé…


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De vincentp, le 8 avril à 21:51
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Très grand film, qui comporte toutefois une invraisemblance scénaristique énorme : Riton reçoit une balle dans le buffet et est soigné à domicile par un médecin et une infirmière ! A part cela, Touchez pas au grisbi cumule les qualités : psychologies des nombreux personnages décrites à la perfection évidemment, mais aussi gestion exceptionnelle des déplacements des personnages et de l'espace (ce "Grisbi" m'a rappelé Le grand sommeil sur ces aspects). Il y a aussi la lumière, les dialogues, les cadrages, la musique, les acteurs,… : parfaits, impossible de faire mieux.

Le récit progresse de façon habile, avec un suspens réel et surprend avec des scènes mémorables dans l'appartement de repli de Max (dans le garage, la salle de bain, le séjour, la chambre à coucher). Ces décors et les péripéties qui s'y greffent donnent un aspect réel à cette histoire. Ce film montre qu'il est possible de créer une histoire prenante à partir de décors de la vie ordinaire. Une excellente gestion des pensées et émotions des personnages, impliquant le spectateur (des scènes de gifle brutales mémorables). A mon avis, l'un des vingt meilleurs films français et le meilleur film policier réalisé en France, impressionnant sur grand écran. Et puis, oui, il s'agit peut-être du meilleur film de Gabin, le meilleur d'après-guerre en tous cas.


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De Laurent Ermont, le 9 avril à 14:09

Du cinéma à papa pantouflard pépère tranquille qui frise l'ennui,ce monde de voyous sobres.La balle dans le buffet n'est certes pas crédible tout comme de nombreuses autres scènes.Film vieillot y compris les savoureux dialogues qui ont pris un coup de vieux,(trop calculés). Seule la photographie donne l'ambiance,elle brille de sa qualité des noirs et des blanc lumineux…


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De Impétueux, le 9 avril à 20:15
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Je ne vois pas trop où est l'invraisemblance des soins donnés à Riton : il a reçu une balle, certes ; que voudriez-vous que ses amis fassent ? Qu'ils appellent le SAMU ? Comme dans tous les films d'hommes de l'époque, on fait appel à un médecin marron, compromis avec le Milieu(parce qu'il se drogue, parce qu'il aime les petits garçons, parce que ceci ou parce que cela…). Le cinéma regorge de ces situations, il me semble…


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De Nadine Mouk, le 9 avril à 20:51
Note du film : 4/6

Le cinéma regorge de ces situations, il me semble… Que oui ! Dans Le doulos, Reggiani est sévèrement blessé lui aussi au cours d'un cambriolage. Et lui aussi fait appel à un toubib véreux. Mieux que ça dans "le bizarre" qui intrigue tant de spectateurs : il est tellement mal qu'il faut l'aider pour allumer une cigarette. Quelques secondes plus tard, il arrache sa perfusion et s'en va régler ses comptes… N'oublions pas que nous sommes au "cinéma". Dans Cent mille dollars au soleil, Gert Fröbe, trafiquant notoire, fait soigner son diabète par un médecin très douteux, rayé du conseil parce qu'il aimait trop les "bédites filles" d'après son patient dit "la betterave". Et on pourrait même évoquer Le Mexicain, soigné chez lui ("-Fais tomber cent sacs au toubib…-" jusqu'à sa mort, dans Les tontons flingueurs… Oui, nous sommes au cinéma. En plein et c'est bien !

En ce qui concerne le côté pantouflard, pépère, et tranquille qui frise l'ennui que dénonce Laurent, il faut bien sûr se replonger dans une époque moins électrique, bien moins violente que celle complètement hallucinée de haine gratuite d'aujourd'hui. Un gangster reste un gangster mais la mentalité n'est peut-être ou sûrement plus la même. Je ne parle pas du fameux code d'honneur des gangsters de l'époque, qui m'a toujours doucettement fait rigoler, mais la fureur pandémoniaque qui pousse les truands d'aujourd'hui à agir sans discernement aucun, n'était peut-être pas de mise en ces années cinquante. Et puis ce sont peut-être les méchants en costard-cravate qui font vieillots par rapport aux délinquants qui, aujourd'hui, braquent en T Shirt et tuent avant même que de voler quoi que ce soit. Je crois qu'il faut nécessairement occulter notre époque démente pour bien appréhender ce bon film que je ne place pas au nirvana du cinéma français, mais qui tient encore fort bien sa place. Et puis se dire que si Touchez pas au grisbi n'avait pas existé, Gabin aurait disparu. Et ça …


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De Impétueux, le 10 avril à 21:58
Note du film : Chef-d'Oeuvre

De fait, ce qui m'étonne, ce n'est pas le détail insignifiant, que je tiens pour ma part comme tout à fait vraisemblable, qu'un médecin marron et pour autant habile puisse venir extraire une balle du thorax de Riton, qui n'est pas une femmelette ; après tout on ne semble pas s'étonner que dans les westerns, les garçons vachers tout autant que les militaires de la cavalerie puissent ajuster de la première balle tirée les Indiens hurlants qui déferlent en piaillant sur leurs mustangs lancés au galop.

Non ; ce qui m'étonne c'est qu'on puisse ne pas tenir Touchez pas au grisbi comme un des films majeurs du cinéma français, absolument admirable et totalement réussi. Chacun est naturellement tout à fait libre de son jugement, mais voilà une chose qui me stupéfie…


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De vincentp, le 11 avril à 17:59
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Le problème ne se situe pas au niveau du médecin mais au niveau de son infirmière, vêtue d'une blouse blanche ! Les femmes parlent !


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