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Sujet : Opéra ou Comédie musicale ?

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De starlight, le 28 mai 2007 à 17:30
Note du film : 5/6

"Opéra" ou "Comédie musicale" ?… On peut effectivement hésiter, car le style musical et le scénario dramatique font penser à son symétrique outre-Rhin : "l'Opéra de 4 sous" de Kurt Weill composé en 1928, soit un an après "Show boat"…

La musique de Jérome Kern est très riche et nécessite une formation orchestrale au grand complet… Qui ne se souvient pas de "Old man River" ?… Ce "négro spiritual" s'insère comme un leitmotiv tout au long du film…

L'histoire est des plus dramatique, puisqu'elle met en cause le racisme et l'intolérance. Ava Gardner (rôle de Julie) est évincée du bateau-théâtre car elle a du sang noir dans ses veines… Kathryn Grayson (rôle de Magnolia), fille du propriétaire de la Compagnie théâtrale, s'enfuit avec un gigolo et ne reviendra que ruinée, des années plus tard sur le bateau familial, avec sa petite fille qui, on le pressent, reprendra le flambeau artistique !…

George Sidney a su donner le rythme qu'il convenait à ce mélo… Il est ici dans son domaine de prédilection (Cf/"Annie get your gun" et "Tu seras un Homme mon fils")…

Ma critique portera sur le support DVD. On aurait pu espérer que la réédition de juin 2006 soit techniquement irréprochable… Il n'en est rien !… A partir de prises de vues superbes du bateau glissant sur le Mississippi, les couleurs sont fades… Quant au son "mono", on ne comprendra pas qu'un travail de remastorisation ait été laissé de côté…

Ce n'est pas une comédie musicale mineure et la France, qui est pourtant fileuse dans ce domaine, l'a reprise à son actif… L'Opéra du Rhin (Strasbourg) a eu l'intelligence de la mettre en scène en 2002… Un exemple que d'autres théâtres nationaux devraient s'inspirer.


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De droudrou, le 28 mai 2007 à 17:53

Là, Starlight, on voit que tu rentres de vacances et que tu es en forme ! Tu nous poses une sacrée question à propos de ce film qui, dans l'histoire du cinéma, tient sa place. Dire "Opéra" ou "Comédie musicale", ce serait bien difficile sans l'avoir revu. On peut déjà dire que c'est un mélo. Pour la génération qui nous précède, c'est un film qu'ils ont vu avec plaisir parce que, pendant la projection, ça les obligeait à sortir un mouchoir pour essuyer furtivement une larme quand les nombreuses personnes qui, dans la salle se mouchaient à certains passages, couvraient le son. C'est vrai qu'il y a de beaux moments de cinéma et que le "Old Man River" a été un succès mondial. En plus, ces bateaux à aubes faisaient rêver. J'avais 7 ans quand je l'ai vu. Je ne te cache pas que je n'y comprenais pas grand chose. Pour pouvoir donner un avis, il faudrait revoir ce film, en version originale de préférence pour éviter les dérives du doublage, passer outre les détails que tu nous signales. Mais c'est très vrai que cette époque est riche de grands films musicaux d'autant que les techniques évoluant, ça permet à Hollywood de surenchérir sur ses propres réalisations.

"Annie get your gun" n'est-il pas connu sous l'autre titre moins évident "Annie du Far-West" ? "Tu seras un homme mon fils" est attendu avec impatience par certains cinéphiles.


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De droudrou, le 28 mai 2007 à 18:47

Je reviens à ma réflexion qui ne concerne plus Show boat.

Pour la génération qui nous précède, c'est un film qu'elle a vu avec plaisir parce que, pendant la projection, ça l'obligeait à sortir un mouchoir pour essuyer furtivement une larme quand les nombreuses personnes qui, dans la salle se mouchaient à certains passages, couvraient le son.

N'en déplaise aux générations présentes, mais les anciens de DVDToile ont connu ces moments qui ont été très caractéristiques où nos parents allaient presque au cinéma pour chialer. S'il n'y avait ces instants caractéristiques où, subrepticement, on tire son mouchoir pour essuyer une larme furtive, le public n'était pas content et je serais même presque tenté de dire que les mélos ont été créés uniquement pour complaire à cette attente du public. A la sortie de la séance, bien évidemment, on essayait de faire pour que le voisin ne remarque pas qu'une larme avait tracé un sillon sur le visage. En plus, les salles étaient bondées et il fallait passer devant ceux qui attendaient la séance prochaine et qui semblaient presque quêter sur les physionomies des uns et des autres s'il allait y avoir ces moments palpitants qui faisaient dire immanquablement : "C'était beau mais c'était triste !".

Donc, jeunes gens, réclamez aux major compagnies qui vous produisent Catwoman – Spider-Man ou Pirates des Caraïbes de prévoir à inclure dans le scénario un de ces moments où vous vous mettrez à pleurer à chaudes et grosses larmes. Ces demoiselles auront le plaisir de se réfugier au creux de votre épaule et vous de les consoler !…


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De Gaulhenrix, le 28 mai 2007 à 20:34

Mais, droudrou, le fleuve des "larmes de cinéma" ne s'est jamais tari. Quelques titres, au hasard, en témoignent tout au long de ce dernier quart de siècle : E.T. (1982) ; La Couleur pourpre (1985) ; Titanic (1997), etc.


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De droudrou, le 28 mai 2007 à 21:35

La fréquence de films s'est faite moins importante… et les moteurs ne sont plus tout à fait les mêmes…


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De Arca1943, le 28 mai 2007 à 21:40

Eh bien, mais dites donc, mine de rien, nous sommes en train de recruter des spectateurs pour Le Navire des filles perdues et L'Esclave du péché ! C'est vrai que ça pleure moins qu'avant dans les salles. Il faut ramener cette estimable tradition à l'avant-plan !


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De DelaNuit, le 28 mai 2007 à 23:13
Note du film : 5/6

Pour en revenir à Show Boat… On notera que l'histoire est inspirée d'un roman d'Edna Ferber (notamment auteur d'un autre roman porté à l'écran : Géant ) avec lequel de nombreuses libertés sont prises. (édité chez "J'ai lu")

Les chansons de Howard Keel (qui finit sa carrière dans "Dallas" !) et de Kathryn Grayson sont dignes d'un opéra ou d'une opérette… tandis que les numéros musicaux des époux Champion et les chansons de la belle Ava renvoient davantage à la comédie musicale.

Hélas, Ava Gardner est doublée pour ces deux chansons inspirées de thèmes jazz… La bande originale du film permet pourtant d'entendre sa voix, et elle ne se débrouille pas si mal, sans être une grande chanteuse… Alors que dans la version sortie en salles et en dvd, une voix pleine de trémolos vient soudain prendre sa place pour porter les mélodies du vieux sud. Dommage… A quand un dvd avec une piste permettant d'entendre la vraie voix d'Ava, autrement plus touchante, puisque les pistes existent ?

La belle sulfureuse n'apparait qu'aux moments clés du film et sa déchéance du statut de star du Mississipi en pocharde est autrement plus poignante que les démélés conjugaux de Magnolia et de son joueur de mari. L'ange déchu leur portera pourtant chance et veillera sur eux depuis l'obscurité des docks dans un final où il est certes difficile de garder l'oeil sec !


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De azurlys, le 19 juillet 2008 à 14:50

Je trouve un message de Droudrou relatif à "Annie get your gun". Le titre français du film était "Annie, Reine du Cirque".

"Annie du Far-west", en revanche est le titre d'une adaptation française pour la scène et fut joué à Paris dans les années cinquante au Théâtre du Chatelet qui était à l'époque le temple de l'opérette. Dès que les recettes baissaient, on y reprenait "L'auberge du Cheval Blanc", opérette allemande d'origine, sur un livret de Eric Charell et Hans Muller (version française de René Dorin), et une musique de Ralph Bennatski, mais on y avait ajouté des airs de Gilbert qui deviendra le partenaire de Sullivan en Angleterre, avec des opérettes ("Miccado", "Prudence", "Les Pirates Penzance"…) dont le ton oscille entre J. Offenbach et Ch. Lecocq, mais avec une construction mélodique et une orchestration beaucoup plus faibles et ternes.

"Annie du Far-west" (là, j'entre à pas feutré dans les suputations) devait comprendre dans la distribution Annie Cordy, dans le rôle titre, et l'opérette s'est peut-être bien casée sur l'immense plateau du Chatelet (le plus profond de Paris, 37 mètres), entre la reprise de "L'auberge…" à la sortie de l'Occupation, en 1948, et, au début "cinquante", l'arrivée des duettistes Francis Lopez (les grincheux et autres mauvaises langues disaient Francis Le Pèze) et Luis Mariano.


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De droudrou, le 19 juillet 2008 à 16:37

Oui d'autant que l'héroïne se prénommait "Annie"… c'était là pour elle un rôle en or !


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