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Sujet : D'un roman glauque et suintant...


De Impétueux, le 31 mars 2005 à 14:42
Note du film : 4/6

Du roman glauque et suintant de Georges Simenon "Les fiançailles de M. Hire", il a été tiré deux films : ce Panique du grand Duvivier et Monsieur Hire de l'excellent Patrice Leconte.

Qu'est-ce que ça serait bien qu'on sorte les deux films, l'un et l'autre excellents, dans une édition couplée et savante, avec des comparatifs, des notes sur les rapports entre le roman et les scénarios, la façon de voir les acteurs, etc.

Est-ce que je rêve ?


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De Arca1943, le 31 mars 2005 à 16:14

Et toujours de Granier-Deferre, Le Train et L'Étoile du Nord… Pour mes critiques littéraires préférés, les narquois érudits Fruttero et Lucentini, les deux plus grands écrivains du XXème siècle sont Kafka et Simenon. Je présume que s'ils en nomment deux, c'est qu'ils sont deux…


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De Arca1943, le 31 mars 2005 à 17:51

Ah oui, je me plaçais sous l'angle de la prose narrative pure, de la mimesis (ou "représentation de la réalité") et non sur celui de l'essai ou du discours, genres qui, en effet, sont souvent confondus avec le roman dans une certaine tradition française. Appliquée au cinéma, cette conception – cette doxa, comme dirait Umberto Eco – a d'ailleurs causé de terribles ravages, dont nous avons déjà discuté ici à quelques reprises…


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De Impétueux, le 14 septembre 2005 à 09:48
Note du film : 4/6

C'est le même stimulus qui me fait réagir : à part quelques lectures juvéniles, j'ignorais beaucoup Simenon, non par mépris mais parce que l'abondance même de l'oeuvre m'y faisait obstacle : comment choisir, comment trancher, à moins que l'on n'accepte de se taper les 25 tomes du "Tout Simenon" des Presses de la Cité (mais là, c'est peut-être un peu trop).

Or La Pléiade vient, l'an dernier, de proposer un choix, en deux tomes, de 22 parmi les quelque 200 romans écrits, significatifs de la manière de l'écrivain…

Et le lecteur que je suis se régale en dialoguant avec le cinéphile que j'essaye d'être en découvrant les romans qui ont inspiré, outre ce Monsieur Hire dont nous parlons, Maigret et l'affaire Saint-Fiacre de Delannoy, Les inconnus dans la maison de Henri Decoin (et hélas, de Georges Lautner), La veuve Couderc et Le chat de Pierre Granier-Deferre, Le Président de Georges Lautner, La mort de Belle d'Edouard Molinaro, L'horloger de Saint-Paul de Bertrand Tavernier (d'après L'Horloger d'Everton), La neige était sale de Luis Saslavsky, sans compter les adaptations TV…

Quelle mine !


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De Impétueux, le 14 septembre 2005 à 09:48
Note du film : 4/6

Je citais seulement au vol les films tirés de Simenon dont les romans figurent parmi les 21 de l'édition de La Pléiade en deux volumes ; il est vrai que Le train y figure, mais non L'étoile du Nord ; car si nous nous mettons à citer tous les films tirés de Simenon (il y a des sites spécialisés qui le font) nous n'avons pas fini !

Cela étant, je n'irai pas jusqu'à dire, à l'instar de vos deux critiques, que Simenon est un des deux maîtres du roman du XXème siècle ; ce qui est sûr, à mes yeux qui ont beaucoup, vraiment beaucoup lu, c'est que c'est peut-être le tempérament de romancier le plus pur et le plus absolu que je connaisse. Mais en France (je ne connais guère que cette littérature-là) les romanciers sont davantage des moralistes que des conteurs…et je ne suis pas exempt de ce goût-là.


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De benja, le 29 janvier 2007 à 11:03

Je vote pour l'édition en DVD de Panique.


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De Frydman Charles, le 13 mai 2007 à 15:52

Lynchage ou " Chasse à courre " ?

M. Hire ressent plus ou moins l'hostilité des gens de Villejuif… Si les commerçant apprécient ce bon client et se montrent affables, ce n'est pas le cas de tous les habitants de cette banlieue….

Mais Hire possède une maison ,un havre de paix dans « l'île des loups ».C'est dans cette île ou selon la tradition ,des loups trouvèrent refuge en 1870,lors de la bataille entre Prussiens et Français. Il choisira cet endroit pour ses " fiançailles " avec Alice….De bien curieuses fiançailles sans invités… Une sorte de tête à tête pour un amour non partagé.

Dans le livre de Simenon « les fiançailles de M. Hire » Hire est clairement l'objet d'un lynchage avec agression physique à la fin de l'ouvrage…

Ce n'est pas le cas dans le film…Acculé traqué ,tel une bête dans une chasse à courre ,Hire trouve refuge puis sa perte sous un toit du cinquième étage…


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De PM Jarriq, le 15 octobre 2008 à 10:25

Le film est sorti. Hélas, l'état de la copie est lamentable…


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De Impétueux, le 15 octobre 2008 à 11:01
Note du film : 4/6

Pourtant L.C.J. nous avait habitués à de bons produits… Mais j'ai le sentiment que les éditeurs, désormais, voyant l'atonie du marché et – surtout ! – l'impuissance des acheteurs, s'en tirent aux moindres frais… Il y a quelques années, aux débuts du DVD, pour appâter le chaland, même René Chateau éditait des copies propres, séquencées, avec suppléments… C'est dire où nous en sommes aujourd'hui…

J'achèterai néanmoins Panique (jamais vu !) comme j'ai acheté Entrée des artistes ; mais en rage que cet aspect si intéressant du DVD – la restauration du support – soit de plus en plus négligé


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De Impétueux, le 4 février 2009 à 18:47
Note du film : 4/6

Découvrant Panique – au titre si adapté à la chasse à l'homme qui le conclut – je n'ai évidemment pu m'empêcher de comparer le film de Duvivier à l'autre adaptation tirée du roman de Simenon, le bien plus récent Monsieur Hire de Patrice Leconte… Comment faire autrement, mais que dire de deux œuvres à l'esprit si différent, bien qu'elles soient fondées sur la même trame ?

J'aime beaucoup le film de Leconte, j'aime beaucoup Michel Blanc et Sandrine Bonnaire, et sa musique, obsédante et somptueuse, du grand Michael Nyman ; ex abrupto, il me semble plus attachant qu'un Panique à l'intrigue moins resserrée, moins vénéneuse, moins glacée, plus classiquement contée, avec des séquences un peu trop traditionnelles (la rencontre des deux amants, Alfred – Paul Bernard – et Alice – Viviane Romance – derrière l'église, et l'émoi de la fille perdue à l'écoute des cantiques – comme dans Casque d'or -) ou des séquences presque bouffonnes (le petit monde des commerçants de Villejuif et de leurs clients) ; il y a dans Panique, en tout cas au début, un côté Étude de mœurs narquoise et cruelle qui me semble assez facile…

Mais à bien y réfléchir, un des aspects terrifiants du roman de Simenon – l'aversion physique ressentie par tous devant le personnage de Hire est sans doute beaucoup mieux rendu par l'allure gluante de Michel Simon, sorte de croquemitaine incompris et détesté instinctivement par tous (en partie à raison : il me semble me souvenir que, dans le roman, il traîne derrière lui une sale affaire de mœurs), alors qu'il ne demande que l'indifférence, à défaut de la compréhension, puisqu'il a renoncé depuis longtemps à la sympathie des humains…Le Hire interprété par Michel Blanc est beaucoup plus attachant, beaucoup plus pathétique, parce qu'il espère – et regrette – beaucoup plus…

Les scènes finales de Panique sont, elles, fort réussies, même si elles demeurent, dans la cristallisation de la haine sauvage de la foule, un peu trop emphatiques, voire artificielles ; signe cruel : Hire, traqué, s'engouffre dans un immeuble pour se réfugier sur le toit : cet immeuble, c'est – on peut le supposer – une coopérative ouvrière dont la façade porte le nom : Le lavoir de la Fraternité ; belle vacherie ironique d'un réalisateur qui n'a jamais misé un sou sur l'innocence de l'âme humaine !

Enfin, voilà ; ce n'est sûrement pas un très bon Duvivier, il y a des ruptures de ton, des faiblesses de construction et Viviane Romance, éternelle garce du cinéma français n'a pas la finesse de jeu de Sandrine Bonnaire ; mais c'est tout de même bien intéressant…


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De ahanibal lecteur, le 5 février 2009 à 06:25

Ca compare la pouponne sandrine bonnaire à Viviane Romance et ça donne des avis sur le cinéma ?? Curieux.. Mais il est vrai que l'on peut faire ses courses au Leader Price.


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De Echidna, le 5 février 2009 à 08:35
Note du film : 4/6

Le cinéma de Duvivier se rapproche beaucoup de celui de Hawks par le fait de recentrer l'intrigue autour d'un microcosme bien identifié c'est-à-dire que les individus évoluent dans un espace déterminé au sein d'un petit groupe (une bande) comme dans La Belle équipe, Marie-Octobre, La Fin du jour, etc. Ici la microsociété se résume à un quartier comme dans Don Camillo.

Néanmoins, les films de Duvivier sont beaucoup plus sombres et réalistes que ceux de Hawks plus humanistes, fantaisistes et sans ambiguïté.

Panique reste une violente diatribe contre la lésine et de l'incongruité humaine. Dans ce film naturaliste, la mort rôde autour de chaque scène mettant en exergue la noirceur traversant toute l'oeuvre de Duvivier. La dichotomie entre l'imaginaire poétique (le ciel, les toits des immeubles, rêve…) et la sinistre réalité plus terre à terre. D'ailleurs, cette inertie empêche la quête d'ailleurs de Mr Hire et le happe vers le sol et son inéluctable trépas.


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De PM Jarriq, le 5 février 2009 à 09:34

&&''Ca compare la pouponne sandrine bonnaire à Viviane Romance et ça donne des avis sur le cinéma ?? Curieux.. Mais il est vrai que l'on peut faire ses courses au Leader Price.''&&

Pas compris. On dirait que ça se veut insultant, mais le message n'est pas très clair.


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De Echidna, le 5 février 2009 à 10:02
Note du film : 4/6

Effectivement, je pense que le message en question se veut sarcastique. Mais il est surtout mièvre et peu constructif !


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De vincentp, le 5 février 2009 à 14:26
Note du film : 5/6

Comme le cosmos, le forum est parfois visité par des étoiles filantes… Et parfois des astéroïdes surgis de nulle part et de toute petite taille viennent s'y désintégrer. Leur présence parmi nous est éphémère et le souvenir de leur passage quasi-nul. Heureusement, pour nous guider, il y a l'astre solaire (Impétueux), la lune (Arca1943), l'étoile du berger (PM Jarriq) qui nous servent de repère spatial et temporel. Et aussi les trois rois mages (Alholg, Dumbledore, Spontex) qui prêchent la bonne parole sur les chemins de France et de Navarre.


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De Romanos:, le 28 février 2010 à 19:12

Duvivier a dit que c'était parmi tous ses films son film préféré ; c est tout de même une référence, non?

Je me garderai bien de faire l'analyse de ce film d'auteur, de ce film d'acteurs,de ce chef-d œuvre. C'est un costume trop grand pour moi. Pour l'anecdote seulement, les producteurs insistaient pour que le nom de Michel Simon apparût en tète d affiche ; celui-ci exigea avec force que le nom de Viviane Romance fut en premier, ce qui fut fait. Belle leçon d'élégance et de cinéma qui offre peu d exemples.


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De vincentp, le 27 décembre 2011 à 23:28
Note du film : 5/6

4,8/6. Panique est un portrait très réussi d'un individu meurtri dans sa chair par diverses péripéties, et à la merci d'une opinion publique hystérique guidée par quelques individus sans scrupules. Face à la culture de monsieur Hire, les jeux du cirque populaires et les combats de lutte féminins… Panique montre comment les petits notables, à cheval entre ces deux milieux sociaux, peuvent crédibiliser une action de lynchage public. Beaucoup d'idées abordées, sans doutes intemporelles. Michel Simon, très sobre, est extrêmement convaincant dans le rôle d'un personnage à double face. La mise en scène de Duvivier est de grande qualité, et je trouve très moderne. Le final, frénétique, est en particulier très réussi. Mais Duvivier et ses collaborateurs prennent aussi le temps nécessaire pour installer les personnages du récit dans leur décors de la vie quotidienne, les rendant palpables aux yeux du spectateur. Une belle leçon de cinéma au final, un bon divertissement et une source de réflexion.


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