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Sujet : Film faramineux


De vincentp, le 14 avril 2007 à 22:59
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Personne ne s'est curieusement encore exprimé sur ce film faramineux, par le traitement du sujet, l'interprétation, la mise en scène… Un sujet parfaitement adapté au style de Truffaut, qui tend dans quelques-uns de ses films vers le "guindé" (propos off parfois un peu pompeux, absence d'humour, romantisme exagéré). En tous cas, présentement un lumineux tour à 360° degrés sur un sujet difficile mais qui fait partie intégrante des relations humaines, et que Truffaut aborde avec un grand courage (mettant sur la table un certain nombre de sujets délicats, tels la dépression).

Mais que le début des années 80 semble loin désormais : les raquettes de tennis en bois, les tenues vestimentaires à la Guillermo Vilas (short blanc moulant,…) semblent appartenir à la préhistoire. Sans parler des téléphones gris à roulette et leur sonnerie style sovietburo. Ne parlons pas de la façon dont se déroulaient les rencontres extra-conjugales (sous le regard bienveillant de la mère maquerelle, tenant la maison de passe).

Le temps s'est accéléré, les gadgets ont changé, mais demeurent l'âme humaine, et le mystère de la passion amoureuse, si bien illustrés avec La femme d'à côté.


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De Gaulhenrix, le 15 avril 2007 à 00:49

Mais que le début des années 80 semble loin désormais : les raquettes de tennis en bois, les tenues vestimentaires à la Guillermo Vilas (short blanc moulant,…) semblent appartenir à la préhistoire.

En effet, vincentp… Et votre remarque me remet en mémoire ce texte (dont je ne retrouve malheureusement pas la citation exacte), si clairvoyant, de Paul Valéry annonçant qu'un jour nous paraîtrons à nos descendants aussi ridicules que les courtisans poudrés portant perruque de Louis XIV le sont pour nous. Je me souviens, par exemple, de la pénible impression que m'avaient faite les dix premières minutes de La règle du jeu de Renoir par leurs images si datées et démodées. Désormais, tout s'accélérant, il suffit d'une quinzaine d'années pour que les décors, les tenues, le langage, etc. produisent le même effet. Le cinéma, art de l'image, est tout particulièrement victime de ce processus de fossilisation. La littérature (les mots et l'imagination) résiste mieux…


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De droudrou, le 15 avril 2007 à 08:38

D'autant mieux, Gaulhenrix, quand le cinéma traite un sujet sensible que je qualifierai de "contemporain"…

Ce qui me fait tout drôle par rapport à des films qui ont une dizaine d'années, dans les rues les gens qui déambulent semblent ne pas connaître de problèmes d'articulations. Quand je vois aujourd'hui le nombre d'individus qui se promènent avec le coude levé et un p'tit appareil dans la main (certainement un machin thérapeutique…) qu'ils plaquent contre l'oreille et qui doit fonctionner aux ultra-sons…


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De Impétueux, le 15 avril 2007 à 08:49
Note du film : 3/6

Il y aurait bien des choses à dire sur cette suite de messages, qui a allègrement digressé à partir du film de Truffaut ; il est bien vrai que le changement s'accélère, qu'il y a quinze ans seulement, il n'y avait pas de téléphone portable (c'était seulement le début de ces ébauches appelées be-bop : vous en souvenez-vous ?), que les policiers portaient des casquettes plates, et non pas des casquettes à l'américaine comme aujourd'hui, alors que pendant des décennies, ils avaient arboré des képis, que la physionomie des bagnoles a changé…

…mais la tenue des passants – jeans et baskets – n'a guère évolué, demeure en tout cas bien moins différente que la mutation de 68 ne l'a bouleversée (regardez les photos des manifs, au moins au début : une grosse proportion de manifestants portent une cravate), les problèmes de chômage et d'insécurité sont identiques, l'événementiel l'a déjà emporté sur l'argumentatif (France-Info – l'obligation de donner des nouvelles toutes les sept minutes – existe déjà)…

En d'autres termes, les signes de changement, substantiels ou non, ne vont pas au même rythme ; et si Vincentp a bien raison d'alléguer que demeurent l'âme humaine, et le mystère de la passion amoureuse, on pourrait aussi, a contrario noter combien les tabous, les interdits – ou les obligations – sociologiques ont bougé.

Et je ne suis, à ce titre, guère d'accord avec Gaulhenrix lorsqu'il écrit que La littérature (les mots et l'imagination) résiste mieux… ; je ne crois pas que, dans un monde aussi mouvant que le nôtre, les enthousiasmes, les scrupules ou les désarrois relatés par Balzac, ou Maupassant, ou Proust soient aisément accessibles par les générations d'aujourd'hui (pas plus que nous-mêmes ne pouvons vraiment comprendre, dans le roman – fin 18ème – de Bernardin de Saint-Pierre, cette gourde de Virginie qui préfère mourir noyée avec son Paul plutôt que d'ôter ses vêtements afin de mieux nager).

D'autant que le langage lui-même n'est plus ce substrat partagé par une communauté très large, mais est de plus en plus une communautarisation de dialectes ; un ami me faisait récemment remarquer, après avoir regardé une émission consacrée aux chansons des Sixties, combien certaines sont incompréhensibles pour une grande partie de la jeunesse ; et il citait l'immortelle La plus belle pour aller danser, susurrée par Sylvie Vartan, sur deux points :

Un, lexical :
Ce soir, je serai la plus belle pour aller danser
Pour mieux évincer toutes celles que tu as aimées

Allez donc demander, à une classe de Seconde normale (je ne parle pas d'une classe d'Henri IV ou de Louis-le-Grand), la définition d'évincer ; vous m'en direz des nouvelles !

Autre point, sociologique:
Je garde l'espoir que la robe que j'ai voulue
Et que j'ai cousue point par point…

En 1963, les jeunes filles cousaient leurs premières robes de bal : elles savaient coudre.

N'est-on pas à des années-lumière de tout ça ?

Je suis en train de me rendre compte que je viens, sans doute, de battre le record DVD Toile de la digression…

La nécessité d'un espace ad hoc s'impose ! J'arrête là, au milieu du gué !


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De vincentp, le 15 avril 2007 à 09:57
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Il n'y a aucune digression, mon bon Impétueux. Des films contemporains majeurs comme ceux de Truffaut, portant sur des sujets de société, mettent en évidence les évolutions en cours au sein de la-dite société. Il est donc aussi normal d'en discuter que de discuter des prises de vue, ou des performances des comédiens.


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De droudrou, le 15 avril 2007 à 10:04

Ce qui m'inquiète c'est l'intention d'Impétueux de s'arrêter au milieu du gué !

Je ne sais pas quelle en est la largeur ! Je ne sais pas quelle en est la profondeur ! S'il a l'intention d'y demeurer ! Et je vois l'instant où on va devoir déclencher le plan "hors sec" pour aller le récupérer !

Par contre, en ce qui concerne la littérature, c'est très vrai que certains auteurs semblent s'éloigner mais que certains courants (on ne sait leur origine) nous y ramènent parfois… Mais, parallèlement, les descriptions qui nous sont données d'un certain monde autre que cette bécasse de Virginie qui ne se met pas à l'aise, demeurent dans nos caractéristiques de populations.

Je m'étonnerai même que "les histoires de ménage" sembleraient plus virulentes quand, là-bas (boum ! boum ! brang ! brang ! boum !…) les forces de Sauron se regroupent et viennent nous envahir !… et que…


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De gaulhenrix, le 15 avril 2007 à 10:31

Nonobstant, un échange utile et intéressant, dont on remercie vincentp de l'avoir initié…

En effet, comme s'en inquiète malicieusement droudrou, attention au milieu du gué, impétueux !!! D'autant plus que "résiste mieux" ne signifie nullement "résiste" ; et que, par ailleurs, les exemples littéraires que vous proposez (Bernardin de Saint-Pierre, Balzac ou Proust) s'inscrivent dans un passé très lointain, ou ancien (Sylvie Vartan : 1963, je crois), quand j'évoquais une quinzaine d'années pour les images.

En revanche, j'adhère au reste du propos.


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De Impétueux, le 15 avril 2007 à 15:39
Note du film : 3/6

Je disais que ma génération – celle du baby-boom – ne pouvait plus comprendre Bernardin de Saint-Pierre, mais qu'en revanche Balzac (mort en 1850), Maupassant (mort en 1893) ou Proust (mort en 1922) nous étaient très proches et aisément compréhensibles ; si vous les jugez déjà un peu archaïques, Gaulhenrix, où va-t-on trouver un son plus moderne ? Chez Giono (mort en 1970), chez Montherlant (mort en 1972), chez Albert Cohen (mort en 1981) ?

Ou alors, il ne faut lire que des contemporains, ou des œuvres publiées depuis une décennie, seulement… Car si je prends Modiano (né en 1945), son premier livre, La place de l'étoile, paru en 1968 – cinq ans seulement après La plus belle pour aller danser n'est déjà plus compréhensible par la génération sms…

Mais là, nous dérivons, je crois…


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De gaulhenrix, le 15 avril 2007 à 19:07

Je comparais (premier message) l'usure du temps – différente, selon moi – entre le cinéma (les images) et la littérature (les mots et l'imagination) pour conclure que celles-là résistaient moins bien que ceux-ci. M'ayant sans doute lu rapidement, vous avez voulu démontrer que les mots (pour faire simple) devenaient incompréhensibles, eux-aussi. Ce que je reconnais bien volontiers. C'était le sens de mon précédent message…


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De Arca1943, le 13 décembre 2008 à 18:58
Note du film : 5/6

Malgré une verbosité parfois dommageable, celui-ci fait partie en effet des Truffaut que j'aime vraiment (au demeurant peu nombreux et pour la plupart tardifs). À condition d'admettre aussi la coïncidence de départ un peu forte en café, c'est un très beau film d'amour, où Gérard Depardieu et Fanny Ardant, tous deux au meilleur de leur forme, sont de superbes amants.


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De fretyl, le 12 mai 2009 à 22:23
Note du film : 0/6

Décidément je vomirais éternellement le cinéma prétentieux, chiant, académique de Truffaut. Je me suis plus que jamais ennuyé devant cette daube psychologico/bourgeoiso/intellectuelle qu'est La femme d'à coté. D'abord si ça n'était pas de ce bip de Truffaut ça n'aurait certainement pas la même considération ; autant du côté des intellectuels que des cinéphiles. Sous prétexte que Truffaut a été en son temps un agitateur de cinéma, un des initiateurs de la nouvelle vague, la critique des gens de salon l'a brossé dans le sens du poil jusqu'à la fin de ses jours et a fait la promotion de même ses pires films : Le dernier métro ou l'hommage à deux balles au cinéma d'Hitchcock avec Vivement Dimanche. Que l'on balance donc tous cela aux chiottes et que l'on tire la chasse. Même son Antoine Doinel de mes deux, ne peut inspiré à un homme normalement constitué qu'un profonde envie de passage à tabac, de lynchage, d'empalement et de paires de tarte.
En passant par toutes les questions philosophique cons que Truffaut aura pu poser dans sa carrière, dont la plus mémorable et la plus con reste : Le cinéma Est-il plus important que la vie ?

La femme d'à coté est une merde ! Je le crie haut et fort ! C'est une merde !! Pleine de prétention, de manière jusque dans ses dialogues naïfs, ses personnages de série rose et ses plans ridicules.

Le genre de film qui font que l'on aimera toujours un peu Aldo Maccione.


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De Impétueux, le 12 mai 2009 à 23:13
Note du film : 3/6

Pas mal, la verve polémique, Frétyl ! Vous faites des progrès, même si l'orthographe demeure faible, il y a du sang !

Cela dit, je ne partage pas votre fureur sacrée, trop absolue pour être pertinente ; il y a du beau et du bon dans l'histoire d'Antoine Doinel, et avant tout Baisers volés et Antoine et Colette – très joli court-métrage -, il y a La peau douce, L'homme qui aimait les femmes et sûrement quelques autres…

Un très grand cinéaste, Truffaut, sûrement pas… mais le réalisateur de quelques bons films, sûrement… un peu comme… je ne sais pas, moi… Denys de La Patellière, par exemple…


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De Romuald, le 12 mai 2009 à 23:19
Note du film : 3/6

Les paires de tartes à Antoine Doinel, j'avoue que……Mais je vous invite à (re) visionner Baisers volés. C'est le seul film de la pléiade Truffaut ou il est le moins pénible. Tant qu'à tirer la chasse sur l'oeuvre entière de truffaut….J'ai revu, hier au soir sur la TNT, Les 400 coups, c'est purement et simplement magique….

                                       pour \Lagardère

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De PM Jarriq, le 13 mai 2009 à 07:51

Personnellement, ce n'est pas tant Truffaut en tant que cinéaste qui m'irrite (après tout, rien ne m'oblige à voir ses films), que le consensus qui s'est solidifié avec les années, autour de son oeuvre et de sa personne, en France ou à l'étranger. Les quatre cents coups étaient effectivement un petit miracle, ensuite c'est tout de même plus discutable…


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De fretyl, le 13 mai 2009 à 11:47
Note du film : 0/6

Tout le monde sera sans aucun doute d'accord sur le fait que Les 400 coups reste le seul film réellement valable de François Truffaut peut-être parce-que dans sa construction, il ne tient pas compte de l'état d'esprit qui sera celui de la nouvelle vague. Mais mis à part celui-là je ne vois franchement rien d'autre à sauver. Déjà que je ne supporte pas Truffaut j'ai encore plus de mal avec son acteur, le désastreux Léaud. Même dans Le dernier tango à Paris c'était lui la pire chose de tous le film. Alors dans Baisers volés, Domicile conjugal, La nuit Américaine je ne saurait trouvé les mots pour exprimer à quel point sa présence m'agace, rendant les films lourds de l'auteur encore plus chiatique.
Dans toute sa carrière même ses meilleures idées de films ont toujours été dépassé par d'autres réalisateurs moins orgueilleux. L'homme qui aimait les femmes reste beaucoup moins piquant dans le souvenir qu'il laisse par rapport au film de De Broca "Le cavaleur", ou L'argent de poche par Claude Berri avec son plus amusant Maitre d'école.
Et en plus il faut ajouter la critique que Truffaut porta à Gabin dans un article paru dans un journal de cinéma avec lequel on pourrait se torcher. Article dans lequel il avait accusé l'acteur d'exiger des gros plans et de sacrifier les scénarios à son image de star, ce qui bien évidemment rend l'auteur encore plus antipathique que ce qu'il est.


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De Romuald, le 13 mai 2009 à 13:31
Note du film : 3/6

je ne pense pas que l'on puisse faire une quelconque comparaison entre L'homme qui aimait les femmes et le cavaleur….Si ces deux titres peuvent avoir la même signification, le sujet traité chez Truffaut est de nature très philosophique, Charles denner s'y révélant comme un véritable esthète de l' amour alors que chez De Broca, cela tient du simple marivaudage.

Pour ce qui est des accusations portées sur Gabin, Brialy qui fut son dernier partenaire dans l'année sainte raconte les colères de Gabin, pendant les ruschs, parce que l'on avait pas filmé ses yeux d'assez près et pas assez souvent…

                                 pour \Lagardère

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De PM Jarriq, le 13 mai 2009 à 14:12

Gabin n'avait effectivement pas une réputation des plus flatteuses auprès de ses collègues, de même que De Funès, Delon, Ventura, Montand, etc. etc. Quelle importance ?


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De Romuald, le 13 mai 2009 à 14:47
Note du film : 3/6

Quelle importance ? C'est qu'on nous les présente tous comme des Abbé Pierre, des angelots, des auréolés, des "Grands Monsieurs" etc, etc….Et si un Drucker plein de sucre et de courbettes leurs fait une spéciale, on entre carrément à bethlehem ! Au bout du compte, on est déçu…

                                         pour \Lagardère

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De fretyl, le 13 mai 2009 à 15:24
Note du film : 0/6

Ventura ou Gabin n'était quand même pas des ploucs. Que Gabin ait peut-être exigé quelques gros plans dans L'année sainte c'est à voir. Mais de là à dire comme Truffaut qu'il sacrifiait l'intérêt d'un film à sa propre personne, c'est quand même beaucoup. Quand à De Funés ou Ventura c'est peut-être bien parce-qu'ils faisaient que ce qu'ils avaient envie de faire qu'ils étaient si bon.


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De Impétueux, le 13 mai 2009 à 15:28
Note du film : 3/6

Toute honte bue (très vivement, à dire vrai) je m'autorise à me citer, dans les méandres d'un long débat que nous avons eu il y a longtemps sur le fil de L'enfer blanc de Piz Palu de Leni Riefenstahl ; je n'ai rien à retrancher à ce que j'écrivais alors :

Je suis persuadé que parmi tous les acteurs, réalisateurs, décorateurs, musiciens que nous aimons, qui ont fait et font le cinéma que nous aimons, il y a des sombres fripouilles, des salopards qui ont conspiré pour avoir leur rôle, des voleurs, des sadiques, des pédophiles, aussi sûrement. Si on vous apprenait ça de… je ne sais pas, moi… Raimu, ou Romy Schneider, est-ce que ça vous empêcherait d'aimer La femme du boulanger ou César et Rosalie ? Non, j'espère….Parce que, sinon, il va vous falloir lire toutes les gazettes nauséabondes qui explorent, révèlent, dénoncent toute la petite – ou grande ! – boue des secrets intimes de chacun.


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De Romuald, le 13 mai 2009 à 19:34
Note du film : 3/6

Ce que vous dites là est fort vrai, Impétueux, mais il faut éviter de le dire car c'est comme certains making-off de films qui nous gâchent le plaisir….

                                  pour \Lagardère

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De fretyl, le 13 mai 2009 à 21:47
Note du film : 0/6

Je me pose d'ailleurs une question. Le film qui va être réalisé prochainement sur la vie d'Yves Montand ne serait-il pas une nécessité pour effacer l'opprobre suite à la sortie du livre polémique de Benjamin Castaldi qui a pu peut être heurter l'admiration que certains pouvaient avoir face au talent Montand ?


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De Romuald, le 13 mai 2009 à 22:58
Note du film : 3/6

Alors pour Montand, il faut ABSOLUMENT s'arreter à l'acteur ! Et je ne parle même pas des écrits nauséeux que les castaldi mère et fils ( saloperies !) ont publié. Parce que, pour parodier Mir et Miroska, si c'est vrai c'est dégueulasse, mais si c'est faux c'est encore plus dégueulasse !

                                      pour \Lagardère

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De Arca1943, le 14 mai 2009 à 00:01
Note du film : 5/6

Étant donné que ma détestation principale va d'abord, avant les films eux-mêmes, à la mentalité cinématographique qui accompagne la Nouvelle Vague – le sérieux mortel, le dogmatisme et l'ostracisme habituels aux avant-gardes (réelles ou supposées), la confusion entre intellectuel et artiste, l'amour des théories du cinéma plutôt que du cinéma, le mépris de la culture populaire – eh bien je m'en voudrais de reproduire ce dogmatisme et cet ostracisme pour me défouler sur, disons, François Truffaut. Ce serait sa dernière victoire. Certes je partage avec Fretyl une allergie totale au comédien Jean-Pierre Léaud, choisi PARCE QU'il joue faux, PARCE QUE son jeu est à la fois maniéré et monocorde, tant et si bien que même Baisers volés, je ne l'ai jamais revu, même si j'en conserve un bon souvenir.

Cela dit, quand je n'aime pas un réalisateur, tout n'est pas encore fini. D'abord, parce que je ne classe pas toujours les films par réalisateur. (« Il y a les films d'auteur et les films d'équipe. Moi, je fais des films d'équipe », disait Dino Risi.) Par exemple, je tiens Michael Winner ou Adrian Lyne pour des médiocres, voire des nullités, cependant Lawman ou Jacob's Ladder sont des merveilles. Je n'aime pas la manière habituelle de Mauro Bolognini, (période en couleurs), qui est pourtant celle qui lui a valu sa célébrité, même si je reconnais sa compétence, sa sensibilité, son amour du travail bien fait. Toutefois je me rattrape quand cette compétence et cet amour s'exercent sur des films différents, justement, de sa manière habituelle : ainsi Liberté, mon amour est un film magnifique et surtout, atypique. Et j'ai bien hâte de voir enfin Gran bollito, qui m'a l'air d'un truc bien cinglé.

J'adore le cinéma et j'aime bien en sauver tout ce qui peut être sauvé. Alors la "Nouvelle Vague" me crispe profondément en tant que «système», par contre pris individuellement certains films identifiés à ce courant me plaisent. (La même chose est vraie pour le "Nouveau Roman" : même détestation pour le "courant", sinon davantage, pourtant certains romans de Nathalie Sarraute m'ont impressionné, comme Le Planetarium).

Alors avec Truffaut, je fais comme avec Bolognini, et je me dis : bon, voyons voir, qu'est-ce qui ne lui ressemble pas. Mon Truffaut préféré, c'est donc L'Enfant sauvage, reconstitution historique d'un fait divers reposant sur de solides données scientifiques (sic !) et sur un jeune comédien d'un naturel (re-sic !) confondant. Bien sûr, le film serait encore meilleur si le professeur Itard était interprété par quelqu'un d'autre que François Truffaut (dont le jeu d'acteur me rappelle… celui de Jean-Pierre Léaud !!), mais il passe à peu près la rampe dans ce film. Je n'ai pas encore testé Une Belle fille comme moi, mais je vais sûrement le faire, à cause de Bernadette Lafont qui me semble une martienne dans l'univers de ce réalisateur. Et je n'ai pas détesté, loin de là, le mal-aimé Farenheit 451, film de science-fiction (sic !) de François Truffaut. Et puis, bien sûr – et pour que Fretyl me comprenne bien : je le dis avec un esprit de vengeance ironique contre tout ce que je déteste de François Truffaut, d'abord le critique mais aussi le réalisateur – j'aime beaucoup L'Homme qui aimait les femmes et Vivement dimanche, parce que ce sont des spectacles fort divertissants qui font d'heureuses concessions au public – bref qui tournent heureusement le dos, au fond, à cette satanée Nouvelle Vague.

On comprendra cependant que j'entre dans des convulsions fort pénibles à voir quand quelqu'un a le malheur de mentionner en ma présence l'insupportable Chambre verte.

Reste le 5 que j'ai décerné (tiens donc ! je ne m'en rappelais plus) à cette Femme d'à côté. Il faudrait que je le revoie… seulement voilà : j'ai encore plein de Risi à regarder !


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De Romuald, le 14 mai 2009 à 18:24
Note du film : 3/6

….allergie totale au comédien Jean-Pierre Léaud, choisi PARCE QU'il joue faux, PARCE QUE son jeu est à la fois maniéré et monocorde…

Mais absolument ! Pour incarner le rôle d'Antoine Doinel, un Jean pierre Cassel jeune ou même un belmondo auraient largement suffit. Mais la beauté et le talent de Delphine Seyrig est rehaussé par le jeu improbable de Leaud ! Ses face à face avec tous les protagonistes du film ne valent que par sa personnalitée déconcertante. Sans lui, Baisers volés serait un petit film gracieux mais mineur….

                                       pour \Lagardère

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De PM Jarriq, le 14 mai 2009 à 18:38

Il faut bien reconnaître que sans Léaud, l'oeuvre de Truffaut ne serait pas ce qu'elle est. Néanmoins, en y réfléchissant bien, la seule pensée de devoir le revoir dans ces films (et surtout l'entendre), m'a toujours empêché d'aller me replonger dans les aventures de Doinel, qui sont un lointain souvenir… Paradoxal !


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