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Sujet : Une dimension sociologique ?


De fretyl, le 14 avril 2007 à 01:46
Note du film : 4/6

Sans contexte le film qui done encore aujourdhui la plus grande aversion envers les vacancier, les personnages bien français de Jugnot, Chazel ou Lhermitte sont sans contexte entrés dans l'esprit d'une certaine France des années 70/80.
Ce qu'il y a de formidable avec Les bronzés c'est que le film a presque acquis une dimension sociologique.

Bien sûr les intellectuels critiquent son manque de finesse et sortent habituellement des discours profondément emmerdants pour essayer d'enterrer le succès populaire que fut Les bronzés et Les bronzés font du ski.

N'empêche le film reste un boulet tiré sur les abrutis qui aujourd'hui sont presque heureux de se reconnaitre dans les personnages du film.


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De jipi, le 14 avril 2007 à 10:07

En reprenant thématiquement une des colères froides de Jean Christophe Averty je jugerais « Les Bronzés » de cette manière

Toute cette classe moyenne pomponnée par les courants de l'air du temps commence singulièrement à me casser les c…….. La frime au soleil à laissée sa place aux raquettes de tennis elles mêmes rapidement poubellisées par les cannes de Golf, pendant ce temps « Alexandre Nevski » ne brille que pour lui-même sur la Neva.

Par une avalanche de rediffusions « Les Bronzés » entretiennent la léthargie d'une masse consentante soporifiée.

Fretyl jetez vous sur les fleurons du septième art avant que cette envie potentielle ne soit plus qu'un néant.


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De fretyl, le 14 avril 2007 à 22:25
Note du film : 4/6

Effectivement les bronzés nous sont diffusés en boucle et ça n'arrange pas le film ni l'esprit de certains Français profonds qui n'avaient pas compris que les jeunes bourgeois du Splendid les prenaient en 1976 ouvertement pour des cons.
Mais ça reste avec certitude un film d'une méchanceté inouïe sur les Français en vacances qui n'a pas pris une ride et vu l’état d'esprit actuel j'ai du mal à penser que ça puisse vraiment vieillir.

Et la dernière fois, j'entendais dire qu'au moment de l'écriture de Camping le grand souci était de ne pas se moquer !


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De starlight, le 15 avril 2007 à 08:58

C'est tout de même une "œuvre" dépassée et "usée" à force d'être diffusée en boucle comme vous le dites !… "Dépassée" : Il y a quelques décennies, les français découvraient les joies des voyages en "club"… Les Tours Operators innovaient dans un domaine où il fallait vendre pour quelques jours du dépaysement, de l'exotisme et réveiller en chacun d'entre nous des réactions primaires enfouies 11 mois de l'année dans le train-train quotidien !… A ce jour le concept reste le même, mais se décline vers des choses plus évoluées… La vie en groupe laisse place à une individualité et nos G.O. dépassent (pour la plupart) le stade du patronage… "Usée" : non seulement par la connaissance répétée que nous avons de ce film (les enfants citent des répliques entières plus facilement que du Racine ou du Molière !), mais aussi par le comportement bien différent du vacancier qui a l'habitude de sélectionner, de se renseigner et d'anticiper ses voyages au delà des simples brochures… Certes, il restera toujours la "vieille fille", le "parvenu" et le "couple en instance de rupture"… mais c'est vraiment caricatural !… J'ajouterai que ce film nous a fait rire… mais aussi craindre le pire quant à nos choix personnels !… J'ai un ami qui dirige une agence de voyages… Il me disait que les anecdotes de ce film nous collent toujours à la peau… Pas mal de clients lui demandent si tel ou tel Club va ressembler à ce ramassis de caractériels… C'est dire !…


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De Impétueux, le 15 avril 2007 à 09:35
Note du film : 5/6

Pour une fois, je serais assez de l'avis de Frétyl, sans méconnaître la pertinence des analyses de Jipi ou de Starlight.

J'ai adoré Les bronzés, adoré Les bronzés font du ski, les ai vus au cinéma, revus dix fois à la télévision, ai acheté les DVD, les repasse de temps à autre et ne m'en lasserai jamais.

Ce ne sont pas des films : ce sont des suites de sketchs, de scènes, de portraits acérés et – quelquefois – profonds de personnages ; des Caractères à la La Bruyère (je n'hésite pas) ; qui de nous pourrait prétendre que le personnage de Popeye ( Thierry Lhermitte) ou celui de Jean-Claude Duss (Michel Blanc) ne s'est pas durablement inscrit dans l'imaginaire collectif, à l'instar de bien d'autres personnages théâtraux ou littéraires ?

C'est en cela que ces films ont atteint une dimension…


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De Gilou40, le 3 mai 2011 à 14:58

Ce livre, sous forme d'entretien avec le journaliste Hubert Prolongeau, nous dévoile un Patrice Leconte d'une immense humilité à la limite d'une singulière fragilité. Je n'hésiterai pas à dire qu'il émane de lui une féminité inattendue. Ces mots n'ont rien de péjoratifs. Il se laisse aller et nous parle de sa carrière avec une émotion d'oû émane une lassitude certaine. Il n'a jamais été un guerrier, un winner comme disent les gens se croyant dans le vent aujourd'hui. Il est tout en retenue. Patrice Leconte me rejoint dans mon discours sur le travail énorme que représente la préparation puis le tournage d'un film. Puis le véritable désastre (et pas que financier) que peut être le non succès de ce même film. Le vrai "malheur", la "honte" que ressent le metteur en scène quand l'échec d'un film est flagrant. Nous avions entamé cette discution qui avait fait débat sur le fil de La fille du puisatier

Alors bien sur, mille anecdotes que nous attendions nous sont livrées et nous réservent bien des surprises. La haine que lui vouait Jean Rochefort pendant le tournage de Les Vécés étaient fermés de l'intérieur. Haine qui restera, malgré de nombreuses années passées et une réconciliation, comme une cicatrice de marbre. Les bronzés seront largement évoqués, bien sur. Ces Bronzés qu'il revendique étrangement si peu….La tristesse de Roger Pierre, prévu pour être le compagnon de Jugnot dans Tandem et finalement remplaçé par Jean Rochefort. La même déception de Timsit contacté pour tenir le rôle du tourneur de spectacle dans Les grands ducs et curieusement lâché pour de vagues histoires antisémites. Ces grands ducs que Leconte évoque avec un souvenir très précis et moults anecdotes concernant ces trois monstres sacrés, Amis avant tout ! Il n'en dit pas autant de l'équipe du splendid qui jouent les copains voulant refaire un énième opus des "Bronzés" et ne s'intéressent finalement qu'au Bizness…Fragile Leconte mais d'une constante lucidité. Et tellement émouvant quand il évoque les échecs de sa carrière. Echecs d'autant plus grands qu'ils concernaient ses films préférés… Mais Leconte sait aussi être intarissable quand il évoque son amitié indéfectible pour Michel Blanc a qui il doit tant et réciproquement. Les amis de toujours et ceux qui sont partis nous sont contés avec nostalgie ou tristesse. Et ce qui est très étonnant dans ce livre c'est que, justement, pour un metteur en scène qui a fait beaucoup de films "légers", il n'a pas l'éclat de rire facile, notre Ami…

Un livre surprenant. Intense et clair. Et c'est peu dire qu'après l'avoir lu, nous ne verrons plus les films de Patrice Leconte, même les plus humbles, avec le même oeil…

Calmann-Lévy Editions- 18 Euros


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De La lectrice, le 3 mai 2011 à 15:52

Qui a vu Tango ? Le seul Leconte que je n'ai pas vu.


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De Impétueux, le 3 mai 2011 à 19:43
Note du film : 5/6

Je n'ai pas lu cette autobiographie de Patrice Leconte, mais ce que vous dites, Gilou, ne me surprend pas vraiment : un Patrice Leconte d'une immense humilité à la limite d'une singulière fragilité

j'ai beaucoup de tendresse pour ce réalisateur, qui s'est dit, en tout cas pendant des années, incapable de ne pas tourner un film par an ; cette volupté, cette nécessité, cette drogue ont façonné une œuvre absolument inégale, où de vrais bijoux (Tandem, La fille sur le pont, L'homme du train) côtoient des ratages absolus (Une chance sur deux, Félix et Lola, Rue des plaisirs). Et naturellement, je laisse un peu de côté les comédies-mode Splendid des débuts, et Les bronzés 3.

J'avais trouvé ce que vous appelez une immense humilité dans le commentaire qu'il fait au fil du film du Parfum d'Yvonne, qui est sûrement ce qui me touche le plus dans tout ce qu'il a tourné, et qui est la plus fidèle adaptation d'esprit du climat romanesque de Patrick Modiano ; Le parfum d'Yvonne n'a pas eu beaucoup de succès, et Leconte commentait cet apparent ratage avec une simplicité, une modestie, quelques effets d'autocritique qui m'avaient agacé, tant je tiens le film pour merveilleux. Je lui ai écrit ; il m'a répondu avec une gentillesse et une véracité formidables.

Un amoureux de cinéma, comme nous ; mais lui a beaucoup de talent !


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De Impétueux, le 16 octobre 2013 à 14:25
Note du film : 5/6

En sortant enchanté, ravi, comblé, de la salle de cinéma de 1978 où j'ai découvert la bande du Splendid, je n'imaginais guère que je reverrais le film dix fois, vingt fois, sur le grand ou le petit écran, en entier ou en petits morceaux de puzzle, lors d'une émission consacrée à un des acteurs du film ou pour illustrer l'atmosphère des clubs de vacances. Mais j'imaginais encore moins que mes enfants, qui n'étaient pas nés alors, en connaitraient, comme toute leur génération de trentenaires, des scènes entières, les réciteraient sans qu'une réplique soit oubliée et anticiperaient tous les bons mots lorsque, comme ça nous est arrivé l'autre dimanche, nous projetons en famille les deux DVD à la suite l'un de l'autre.

Les bronzés, c'est moins un film qu'une suite de sketches, de scènes, de portraits acérés et – quelquefois – profonds de personnages ; rien de moins linéaire, mais le fil ténu d'un groupe hétéroclite dans une situation de vacances relativement banale, comme des millions de gens en ont fait, en font chaque année l'expérience. Mais ces petites tranches de vie sucrées, acides et parfois amères, directement issues du café-théâtre, sont mises en scène avec beaucoup d'habileté et beaucoup de rythme par Patrice Leconte, réalisateur qui proclame à qui veut l'entendre qu'il adore les comédiens. Et il tombe sacrément bien avec la génération dorée (tous nés entre septembre 51 et novembre 52) de copains du lycée Pasteur de Neuilly qui lui offre tout à la fois un petit gros glapissant (Gérard Jugnot), un petit maigre hystérique (Michel Blanc), un petit brun charmeur (Christian Clavier), un très beau garçon séducteur et fragile (Thierry Lhermitte) et une petite blonde piquante (Marie-Anne Chazel)… Peut-on imaginer physiques plus différents et, comme on dit au théâtre, emplois si différents, simplement unis par de vieux liens de copinage ?

Et si on ajoute à cette base solide deux comédiennes au physique passe-partout et au jeu acéré (Josiane Balasko et Dominique Lavanant), on a quelque chose qui tient solidement la route. Ne reste qu'à compléter le gâteau par deux cerises (Michel Creton et Luis Rego) qui tiennent la route (je sais : la métaphore est hardie !) et qui, d'ailleurs, en 1978, étaient notablement plus connues que les jeunes gens de la troupe : la recette tient du gloubi-glouba, mais elle régale tout le monde…

Et puis aussi, ce qui n'est sans doute pas étranger au succès du film, c'est sa tonalité insidieusement douce-amère. Je sais bien que Leconte est bien loin d'avoir tiré Les bronzés vers la comédie à l'italienne (ce qu'il fera plus tard avec l'admirable Tandem), mais il y a tout de même un sacré malaise qui plane ici et là, et qui apparait d'autant mieux qu'on le voit et revoit. Je ne dis pas cela pour la mort de Bourseault (Michel Creton), trop incongrue pour être très tragique (Il a fait "Bip-bip !", on a fait "Meuh !", la raie l'a piqué, il a coulé comme une pierre), ni même pour les tristes hypocrisies des époux Morin (Jugnot et Balasko), mais pour la dimension générale d'incompréhension, de frustration, de fausse complicité, de fausses amitiés de vacances, pour les désillusions de Bobo (Régo) qui se rêvait en clown et qui est réduit à être un gugusse saisonnier sans espérance et sans avenir, pour l'insupportable gloutonnerie sexuelle de Popeye (Lhermitte), qu'il ne supporte d'ailleurs plus, mais à quoi il est bien incapable de résister…

De ces petits riens, qui sont l'eau grise des vies, même quand on l'illumine du soleil brûlant de Côte d'Ivoire, il y avait de quoi faire quelques drames. Ce qui n'est finalement pas si loin de la comédie.


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