Forum - Le Dernier train de Gun Hill - Entre western et huis clos
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Forum : Le Dernier train de Gun Hill

Sujet : Entre western et huis clos


De Jarriq, le 28 novembre 2003 à 14:42
Note du film : 6/6

Entre western et huis-clos, suspense et drame freudien, un film unique, génialement servi par Kirk Douglas et Anthony Quinn au sommet de leur art et par la réalisation carrée, efficace, sans fioriture de Sturges. De très nombreux films de celui-ci sont parus en DVD même les plus médiocres ("Marooned" récemment), pourquoi ses deux chefs-d'oeuvres "Gun Hill" et "Un homme est passé" sont-il encore inédits ?


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De PM Jarriq, le 31 octobre 2004 à 18:16
Note du film : 6/6

La grande force de ce film qui n'a pas pris une ride, c'est son manque de manichéisme. Ici pas de héros, pas de "vilain", aucune cause à défendre. Ce n'est que le face à face sans issue de deux volontés, de deux machismes, de deux formes de violence. Celle régie par le pouvoir et la brutalité physique (Belden) et celle régie par la loi et le bon droit (Morgan). Sturges sait comme personne traiter à la fois le suspense et les relations humaines "intimistes", il campe des personnages à gros traits avec suffisamment de finesse pour qu'ils aient l'air humain et dirige ses acteurs au cordeau. Quinn a rarement été aussi sobre et convaincant et Kirk Douglas tout en retenue semble prêt à exploser à chaque plan. Carolyn Jones trouve le rôle de sa vie en fille de saloon, archétype de la "femme battue", courageuse et pathétique. Le film est mené sans temps mort, tout en crescendo, sans que rien ne vienne annoncer le dénouement, atteignant une sorte de perfection formelle assez admirable. "Gunfight at the O.K. Corral" et "Les sept mercenaires" sont disponibles en DVD, manque encore "Un homme est passé" pour que l'essentiel de l’œuvre de ce réalisateur soit bien représentée.


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De Romuald, le 5 mars 2009 à 16:46

….pour dire que j'ai appris la mort de Roger Rudel, par le biais de la cérémonie des Césars. Bien que pas mal "absent" ces dernières semaines, il ne me semble quand même pas que la presse et la télévision aient relaté sa disparition à profusion ! Cette voix, reconnaissable entre mille, s'est donc éteinte en septembre 2008. Roger Rudel apparaît peu à l'écran. Sa prestation la plus célèbre, ou plutôt la plus populaire reste le rôle du flic dans Le boucher de Chabrol. Il y en eu d'autres, rares. Mais cette voix ! Du lieutenant Rip Masters dans Rintintin à un grand nombre de westerns (notre ami Pm Jarriq a du se sentir orphelin ), en passant par diverses séries télé, cette voix nous est familière comme le café chaud du matin….On ne redira jamais assez l'importance énorme de cette activité qui sert le cinéma. Certains puristes prétendront qu'elle peut le déservir, et ça n'est pas faux. Mais celui que l'on surnommait Kirk Doublage, car doubleur officiel de Kirk Douglas à hanté les studios de post-syncronisation avec bonheur durant des décennies. J'ai lu que l'acteur Américain avait écrit à je ne sais qu'elle maison de production Française pour exiger que ce soit Roger Rudel qui le double. ""-Il a les mêmes tripes que moi !" affirmait-il. Pas mal, pour une voix….

                                                    pour Lagardère.

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De PM Jarriq, le 5 mars 2009 à 17:33
Note du film : 6/6

Il fut aussi Artemus Gordon (Ross Martin) dans Les mystères de l'Ouest, rôle "à accents" s'il en fut. J'ignorais qu'il nous avait quittés…


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De Arca1943, le 5 mars 2009 à 17:41

Je suis fort aise, Jarriq, de vous voir enfin rendre à un artiste du doublage l'hommage qu'il mérite !


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De PM Jarriq, le 5 mars 2009 à 17:48
Note du film : 6/6

Arrrrghhhh !!!


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De Impétueux, le 7 mars 2009 à 14:35
Note du film : 4/6

C'est assez drôle de regarder, sur Imdb, la fiche de Roger Rudel : effectivement très peu de rôles crédités au générique… Mais, pour tous ceux d'entre nous qui ont connu le cinéma des années Cinquante à Quatre-Vingt, une voix si caractéristique, si typée, si… envahissante quelquefois, si liée à certains acteurs, à certains personnages qu'il ferait tout drôle, si la chose était possible d'entendre Kirk Douglas avec un autre ton…


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De Tamatoa, le 27 janvier 2014 à 20:02
Note du film : 5/6

Alors des westerns comme ça, j'en veux tous les soirs ! Taillé à la serpe, sans fioritures. L'action rondement menée mariée à une psychologie qui n'est pas de bazar. Un sans faute pour Kirk Douglas et Anthony Quinn, même si ce dernier semble par instant mal à l'aise. Je ne connais pas assez sa carrière pour savoir s'il fut souvent "cow-boy". Je crois me souvenir de lui dans La Bataille de San Sebastian mais c'est assez loin. En tous cas, ce film est un plaisir de chaque instant, même pour qui n'est pas accroc "western". Et ça commence dès les premières minutes avec la magnifique Ziva Rodann, indienne pour l'occasion. Puis les souvenirs du shérif Kirk Douglas contés à un trio de gamins adorables et très férus d'aventures . John Sturges, apparemment coutumier des westerns d'après notre site, nous offre un film d'une très grande qualité. Esthétique, très harmonieux, doté d'une mise en scène très efficace pour un scénario douloureux qui nous tient jusqu'au dénouement final. Ça ne tire pas à tout va, dans tous les coins, pour un oui, pour un non. J'ai envie de parler de western mûrement réfléchi et studieux tout en gardant le vent d'aventures nécessaire au genre. L'émotion est au rendez vous, ce qui n'est pas forcément le rôle d'un western que de délivrer ce genre de sentiment. Mais je n'en ai pas vu assez pour être affirmatif. De forts jolis décors même si l'action ne demande pas de chevauchées mémorables. Et puis ce fameux train, dont je me demande si, par moments, John Sturges ne se serait pas servi d'une maquette… Mais ayant vu ce film à la télévision je n'ai pas eu loisir de faire marche arrière. Ce n'est qu'une impression mais peut-être un contributeur amateur connait la réponse.

Par contre, et là je suis beaucoup plus formel, la traversée de Gun Hill sur le chariot, Kirk Douglas braquant sa carabine sous le menton de Rick Belden, l'assassin de sa femme, et ce jusqu'à la gare de Gun Hill, j'étais sur d'avoir déjà vu cette scène dans Le train sifflera trois fois ! Mais sur ! Je ne possède pas ce film mais je me serais empressé de vérifier. C'est vraiment troublant. Le duel final entre Douglas et Anthony Quinn manque peut-être de suspense et les dernières paroles de Quinn peuvent sembler un brin gnan-gnan mais on oublie tant l'ensemble est réussi. Et la musique de Dimitri Tiomkin, collant au plus près de l'action ne fait que renforcer le plaisir que nous avons d'apprécier ce que, profane, je qualifie de pépite.

J'ai vraiment beaucoup aimé !


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De Impétueux, le 16 décembre 2014 à 21:19
Note du film : 4/6

Les chevauchées à bride abattue, les ciels immenses et les plaines sans fin, les saloons où l'on boit des litres (je devrais écrire des gallons) de whisky, les filles perdues empanachées et leur drôle d'existence, les colts qui font mouche à tous les coups, les étoiles portées fièrement par les shérifs, les mœurs rudes et les règlements de compte expéditifs, la montée des périls au fur et à mesure que le film avance, tout cela fait partie de notre imaginaire et de nos souvenirs, même pour ceux qui trouvent que le western a un peu abusé de ce folklore…

En tout cas Le dernier train de Gun Hill, où il n'y a ni Indiens taciturnes, ni cavalerie survenant au bon moment, ni diligence attaquée, ni médecin alcoolique – qui sont aussi parmi les pont-aux-ânes du genre – est un bien beau film, dans sa sécheresse intelligente, porté par des acteurs qu'on n'a pas toujours trouvé aussi sobres et aussi justes, Kirk Douglas et Anthony Quinn qui emplissent l'espace de leur confrontation et demeurent pour autant fragiles, instinctifs, terriblement humains.

Il y a quelque chose de très classique, presque de grec, dans le film de John Sturges : quelque chose de fatidique qui pèse sur ces quelques heures qui vont de l'arrivée à Gun Hill du shérif Matt Morgan (Kirk Douglas) venu pour faire justice du meurtre et du viol de sa femme par le fils de son meilleur ami et le passage du train qui le reconduira chez lui à Pawnee, besogne faite. Et le riche propriétaire terrien Craig Belden (Anthony Quinn) sait bien que ce fils, Rick (Earl Holliman), n'est qu'une sale petite gouape veule, raciste, lâche mais qu'y peut-il sinon le défendre et essayer de le sauver jusqu'au bout de sa propre vie ? Les liens sont noués serrés et personne ne peut s'en détacher…

Dans la sécheresse épurée du récit, je regrette un peu l'irruption d'une femme, même si le personnage de Linda (Carolyn Jones) n'est ni sommaire, ni insignifiant : mais il me semble que la touche romanesque ainsi donnée atténue un peu le caractère glacial du récit, son côté tragique, qui aurait pu être donc davantage épuré.

N'empêche que c'est drôlement bien, meilleur que Un homme est passé du même John Sturges où, identiquement, un individu isolé, en butte à l'hostilité de tout un patelin parce qu'il vient déranger un ordre établi, repart, lui aussi par le train, ses affaires faites. Ne demeurent sur ses pas qu'un champ de ruines, un désastre et l'amertume de vies gâchées…


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