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Sujet : La patine du temps


De PM Jarriq, le 2 mars 2007 à 08:49
Note du film : 1/6

Par curiosité, j'ai essayé de revoir Le professionnel, espérant que la pâtine du temps aurait joué en sa faveur… Hélas ! C'est encore plus mauvais qu'avant.

Dès le générique, montage "psychédélique" complaisant et narcissique sur Bébel, flingue à la main, le ton est donné, et ensuite c'est un festival : Bébel joue les bagnards à la Papillon, grimpe sur des façades d'immeubles, imite Michel Simon (comme dans Itinéraire d'un enfant gâté, quelques années plus tard), exhibe ses biceps et son bronzage… Et ne laisse que des miettes à ses partenaires, dont l'ineffable Hossein, en commissaire à tête de croque-mort.

La dénonciation des grenouillages politicards est simpliste et naïve, la misogynie effrayante (la fliquette lesbienne aux méthodes gestapistes, la pauvre Elisabeth Margoni inutilement et absurdement dénudée), le racisme rampant ("Même malin comme un singe, ça veut plus rien dire", dit Bébél au président africain ! Sans compter la fameuse réplique "Couscous poulet" lancée par le même Bébel avec l'accent arabe). Bref, on se demande vraiment comment cette chose a pu passer pour un grand spectacle populaire il y a seulement 26 ans. Ne parlons même pas de la sublime musique de Morricone, qui n'a absolument rien à voir avec les images, et qui est répétée ad nauseam de séquence en séquence. Une sorte d'OVNI, qui ne risque pas de faire sombrer dans la nostalgie.


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De droudrou, le 2 mars 2007 à 10:09
Note du film : 1/6

en voyant les affiches de certains films de Bébel je me suis toujours posé la question de savoir s'il n'avait un problème intime vu la taille des engins avec lesquels il s'affiche… c'est une réflexion toute personnelle… quand on a lu "La combine", document qui se rapporte à Errol Flynn…


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De benja, le 2 mars 2007 à 10:12

Pourriez-vous expliquer "la combine", s'il vous plaît, Droudrou ?


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De vincentp, le 2 mars 2007 à 10:15
Note du film : 4/6

Flynn avait peut-être un petit outil mais un grand gosier, à en juger par les anecdotes figurant dans les mémoires de Raoul Walsh.


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De benja, le 2 mars 2007 à 10:23

Merci Vincentp. Je commence à cerner les contours de cette "combine"… Mais je la distingue à peine cependant…


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De starlight, le 2 mars 2007 à 10:46
Note du film : 4/6

Encore une fois des goûts et des couleurs !… J'ai en mémoire ce film dont le scénario, plein de rebondissements, nous entraîne vers la fin tragique du héros (hésitations des scénaristes lors du tournage pour que le spectateur s'identifie avec un Bebel triomphant face aux bassesses et trahisons voulues pour des "raisons d'Etat"… Le film a tout de même fait 5 millions d'entrées en 1982 (je sais, ce n'est pas un gage de "qualité"), mais tous les ingrédients étaient là pour faire un "bon film"… Quand à l'affiche : elle est percutante, façon "3D"… Quant à en déduire que ! … Cela dit : ça serait intéressant d'ouvrir une rubrique "affiches de films" afin de gloser sur les "valeurs" retenues pour attirer le chaland…


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De droudrou, le 2 mars 2007 à 10:50
Note du film : 1/6

Le secrétaire d'Errol Flynn dans "La combine" nous décrit la vie sexuelle de l'acteur. Il nous dit, entre autre, que ses attributs paraissaient particulièrement avantageux par un "renforcement" à l'aide de grands placards d'ouate dans les pantalons bien en dessous de la ceinture… qu'en plus ses préférences allaient vers des personnes plutôt très jeunes et petites…

C'est une anecdote que j'ai retenue et qui me fait toujours autant "sourire" et que force est de constater la taille des mastards que Belmondo exhibe dans ses films pour se poser la question sur ce sujet… C'est au moins du calibre 60 pour ne pas dire 80…


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De benja, le 2 mars 2007 à 11:09

Merci Droudrou. Aujourd'hui, j'aurai "abordé" Flynn par le petit bout de la lorgnette – si j'ose dire, – moi qui n'ai que d'assez vagues souvenirs du Robin des bois
Enfin, je laisse le champ libre non pas à l'oiseau mais à ceux qui comme Starlight veulent parler du Professionnel, que je n'ai jamais vu. Décidément…


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De droudrou, le 2 mars 2007 à 11:32
Note du film : 1/6

C'est typique de DVDToile : on aborde un sujet et il y en a toujours qui détournent la conversation… je ne citerai personne me comptant parmi les tous premiers de cette pratique…


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De fretyl, le 17 octobre 2009 à 23:15
Note du film : 1/6

D'année en année, revoir Le professionnel devient un exercice, de plus en plus périlleux. Je ne ferai pas de retour sur tous les défauts du film assez bien détaillés par Pm Jarrig : le générique, la lesbienne débauchée, la musique d'Ennio Morriconne, etc…
Le professionnel commence plutôt bien ; un pays africain sous dictature… Un agent secret envoyé dans les geôles… Puis hélas, Belmondo rentre à Paris. Les conneries commencent !
Veste en cuir, hésitant entre sa décontraction humoristique habituelle et le registre de l'homme seul et traqué, tel Lino Ventura dans Le silencieux, Belmondo, malgré toute la sympathie que j'ai pour lui, n'a jamais de sa vie, été aussi pénible.
Le voir traverser la rue, sous les projecteurs, en marchant au ralenti et un véritable supplice. On comprend mal aussi l'intérêt de la misérable course poursuite en voiture dans Paris, ou la voiture rouge de Belmondo ressemble en plus, à celle qu'il avait dans la course poursuite du Casse mais qui elle par contre, était spectaculaire.
Quand à la mort du Professionnel à la fin du film, on se demande si c'était finalement une bonne idée. Une deuxième fin, avait parait-il été réalisé, ou le héros fuyait en voiture. Si cette bobine existe encore, il serait intéressant de voir à quoi aurait ressemblé le film.

Il y a quand même quelque chose que j'ai du mal à comprendre. Il y'a plein de bons films de divertissement avec Belmondo peu diffusé et qui pourtant sont bien supérieur dans l'action et le divertissement au Professionnel.
Comment ce fait-il que le film le plus vieillot, de la Belmondo-Mania, soit encore aujourd'hui régulièrement diffusé à des heures de grandes écoutes ? Je suis sur, que le grand public apprécierait beaucoup plus Le casse, Flic ou voyou, Le magnifique ou Peur sur la ville
Pour en finir ; la vulgarité du Professionnel donne aux autres films tournés par Belmondo à la même époque une dimension presque supérieure. Même Le solitaire souvent présenté comme le film le plus catastrophique de Bebel, après avoir vu Le professionnel on est même obligé de reconnaitre qu'il reste un cran en dessus, en ce qui concerne, son niveau technique.


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De Pierremont, le 10 décembre 2009 à 16:36

Je vous trouve bien sévère avec Le Professionnel et l'ensemble de la carriere de Jean-Paul Belmondo. Le Professionnel est un tres bon film et il n'est pas le seul. 6/6


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De Impétueux, le 4 août 2013 à 15:13
Note du film : 4/6

Quelle mauvaise idée de conclure le film sur l'image mélodramatique et ridicule d'un Commissaire Beaumont (Jean-Paul Belmondo) abattu sur l'ordre ampoulé d'un médiocre ministre de l'Intérieur (Jean Desailly) ! Cette exécution sommaire, qui veut placer le film sur le noble et vertueux registre de la dénonciation des manigances du Pouvoir et des excès de la Raison d'État (je me moque, là, au cas où on ne l'aurait pas compris !) donne au Professionnel une touche qui se veut grave et qui est du plus profond ridicule…

il y a une dichotomie embêtante entre l'esprit que l'on pourrait qualifier de droitier du personnage de Belmondo, au comportement que l'on appellerait libertarien aux États-Unis et sa détermination de tuer le potentat africain Njala (Pierre Saintons, excellent, au demeurant, dans le cynisme glacé) afin de libérer un peuple de l'oppression et de l'exploitation. L'idéalisme nunuche prêté à Beaumont-Belmondo ne s'articule jamais habilement avec le regard extraordinairement méprisant posé par le film sur les jeunes pays africains. Jamais depuis L’État sauvage, de Francis Girod, d'après le roman de Georges Conchon je n'avais vu une dérision pareille jetée avec tant de bonne conscience sur ce qu'on n'hésitait pas jadis d'appeler Les rois nègres, baptisant ainsi les chefs d'État des pays récemment décolonisés. Le procès de Beaumont, au début du film, est même assez limite dans la caricature.

On ne peut pas s'attendre, pour un film aussi formaté, aussi grand public que Le Professionnel à bénéficier d'une réflexion un peu approfondie et complexe sur la Raison d'État, qui est pourtant un de sujets les plus intéressants et les plus graves qui soient. Là, c'est vraiment traité par dessous la jambe et je suppose que tous les spectateurs s'en sont complètement fichus, tout éveillés qu'ils étaient des cabrioles, physiques et verbales, de Jean-Paul Belmondo ; il faut dire qu'on en a pour son argent, et qu'il y a même quelques petits bijoux de virtuosité goguenarde, même si j'ai tendance à penser que Michel Audiard ne s'est pas trop foulé ; mais enfin la scène où Beaumont noie sous les billets de 500 F. le concierge de l'hôtel Intercontinental pour obtenir de lui les renseignements sur les coquineries du Président Njala avant de les lui retirer avec la même habileté de prestidigitateur est délicieuse. Et, à propos de coquineries, l'irruption de la piquante Doris Frederiksen (Marie-Christine Descouard) sous les yeux effarés du colonel Martin (Jean-Louis Richard) et du capitaine Valeras (Michel Beaune) est pleine d'à-propos !

Je trouve bien sévères les critiques très négatives émises sur ce cinéma percutant, drôle, invraisemblable et distrayant dont on cherche avec regret les traces aujourd'hui. C'est mal foutu, pas toujours très bien interprété (Robert Hossein qui porte en lui tout le lugubre du monde et qui ne s'est pas remis d'incarner Geoffrey de Peyrac, l'époux quasi putatif d'Angélique, est particulièrement exaspérant), mais ça se laisse voir et revoir avec plaisir…


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