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Forum : Matrix 3 révolutions

Sujet : "Tout ce qui a commencé doit finir"


De Christopher Brandon, le 6 novembre 2003 à 01:28
Note du film : 5/6

«Tout ce qui a commencé doit finir» Nous y voilà. L’achèvement de l’une des trilogies les plus attendues de ces dernières années, avec Star « pop-corn » Wars et Le Seigneur des Anneaux. Sans doute la trilogie la plus en phase avec le croisement des cultures occidentales, asiatiques et une génération qui avoisine les trente ans et qui a biberonné autant Dragon Ball que Spirou, la Quête de l’oiseau du Temps qu’Akira. Quid alors de ce troisième et ultime opus ? Et bien déjà qu’il s’agit bien d’une fin et non d’une histoire élastique et que les Wachowsky tiennent bien les promesses cataclysmiques que laissaient présages les deux précédents numéros. Et là je n’en dirai pas davantage afin de préserver le plaisir de la découverte.

Pour autant, doit-on faire la fine bouche sur les dialogues parfois inutilement à rallonge ou quelques petites facilités scénaristiques ou tenter de replacer, même à chaud, le film dans la continuité des deux autres (et d’Animatrix) et dans sa valeur intrinsèque ? les deux, mon général, bien sûr. On peut sourire devant certaines scènes « prévisibles » et à l’inverse retenir son souffle sur les séquences époustouflantes, à la fois par leur puissance et par leur impecca-ble qualité technique. Sur ce dernier point, reconnaissons que les trucages, même si on sait par avance qu’ils sont dus principalement à la formidable maîtrise des spécialistes de l’image de synthèse, sont d’une qualité proche de la perfection. Les machines et les personnages s’intègrent de manière impeccable dans les décors. On sent le plaisir et l’aisance des différents intervenants techniques. Du coté de l’histoire, on continue à apprendre énormément de choses sur cet incroyable univers tout en ayant l’impression de le connaître déjà par cœur. Les suppositions que l’on pouvait tirer du second épisode sont bien sûres en partie balayées par le scénario qui d’emblée ne cache rien de sa tonalité mortifère.

A la sortie, on pense à Final Fantasy, à Dark City, à l’Incal, aux cycles fantastiques d’Asimov avec ses robots et à Dan Simmons, entre autres références. On s’amuse à se dire que certains passages rendent à présent très concret ce que donnera par exemple Dragon Ball en live, ou bien encore on sourit aux renvois clins d’œil des combats et de certaines scènes en direction du premier et du second épisode, comme un jeu de ricochets qui indiquent contre toute attente que ce troisième conclut bien les deux premiers. On s’exclame enfin du génie incommensurable des deux frères Wachowsky qui ont su rendre concret et cohérent cette spectaculaire saga, avec ses personnages emblématiques, ses délires théologiques et ses hommages innombrables présentés avec tout à la fois un respect sincère et une authentique ambition de dépasser les aînés.

Oh, Matrix sera sans doute moquée dans quelques années. On plaisantera sur les dialogues le plus souvent monocordes et chuchotés, on rigolera des scènes de poursuite (à mon sens les plus ratées) où Morpheus et Trinity allongent la foulée pour attraper des proies souvent bien moins véloces qu’eux sans parvenir à les attraper. On reprendra les mimiques sévères de l’agent Smith, les poses de combat avec invitation des doigts provocatrices de Néo et de Morpheus, on poussera des hurlements sauvages dans la nuit en rêvant d’affronter des milliers de pieuvres volantes aux commandes d’un robot de combat façon Aliens. Bref, on prouvera que les frères Wachowsky ont atteint le but de leur œuvre (car c’en est une incontestablement, de la même manière que Star Wars est l’œuvre de Georges Lucas), c’est à dire entrer au Panthéon de ces références incontournables, inamovibles et sans doute avant longtemps indépassées.

Quel avenir pour eux ? Bonne question mais faisons leur confiance pour nous montrer d’autres cordes à leur arc. Contentons nous donc du présent. Ils sont sans conteste les metteurs en scène de SF les plus talentueux depuis 25 ans. Et rien que pour ça, je leur dis « Bravo et merci du fond du cœur » comme j’ai pu le dire à Tolkien, à David Eddings, à Barjavel et à tous ceux qui me font croire que la créativité n’est pas encore morte sous l’avilissement mercantile des agents Smith patrons des grands Studios hollywoodiens… Terminons enfin sur les gestes des deux frères de ne jamais s’exposer dans les médias et de laisser leurs œuvres parler pour eux, ne sont pas les moins élégants dans leur comportement. D’autres avec moins de talent et davantage d’ego nous ont quand même pondu une paire d’Independance Day ou de Pearl Harbor. Ce qui n’est pas là aussi sans importance.


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De PM-Jarriq, le 28 mars 2004 à 13:24
Note du film : 3/6

Bon, OK… Néo se sacrifie pour l'Humanité comme le Christ. OK, le concept même de la trilogie était très malin et imaginatif. Mais il y a quelque chose qui m'a toujours gêné dans ces films, c'est le manque total d'idées nouvelles, une fois que les protagonistes s'affrontent dans l'univers virtuel. Même s'il peuvent sauter en l'air, au ralenti, etc. au bout du compte, que font-ils réellement ? Ils se castagnent à coups de poings dans la gueule et se tirent dessus comme de simples gunfighters de Hongkong. Cela valait-il bien la peine de se projeter dans un monde "où tout est possible" pour en arriver là ? D'ailleurs, dans le n°3, la bagarre la plus prenante est celle située dans le monde "réel" où Néo perd la vue.

Bien sûr qu'on moquera des "Matrix", car toutes ces poses, ces tenues de cuir, ces lunettes à la Blues Brothers cachent en vérité… pas grand chose. Ce qui est parfaitement acceptable, d'ailleurs. A condition de ne pas se donner des allures de pamphlet philosophique. Maintenant qu'ils sont sortis de leur "grande oeuvre" j'aimerais bien voir ce que vont faire les frères W. J'avais bien aimé leur "Bound"…


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De Saburo Ichimonji, le 4 avril 2004 à 18:26
Note du film : 3/6

mouai,mouai…bien qu'étant meilleur que le 2ème ce dernier épisode m'a tout de même décu quelque part.Dommage car ces deux suites un peu loupées gache la série et font ombre au premier de manière décevante.Quel gachis que tout ceci!


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De Impétueux, le 28 octobre 2017 à 21:10
Note du film : 0/6

Comment perpétuer une série rémunératrice, qui aurait presque pu devenir ce qu'on appelle aujourd'hui une franchise où l'on exploite jusqu'à l'os une idée de départ en en tirant de considérables bénéfices de marketing ? Comment faire ? Mais c'est tout simple, évidemment ! En ne faisant du deuxième segment qu'un préambule du segment terminal ! En laissant le spectateur dans l'attente agacée des conclusions, de la fin finale d'une histoire qu'on lui a montrée pendant les deux premiers volumes ! Ce n'est pas à blâmer, en soi, au demeurant et tous les feuilletonistes ont à l'envi employé le procédé, facile, mais tout à fait efficace.

À la fin du deuxième épisode, nous avions laissé nos héros, Néo (Keanu Reeves), Trinity (Carrie Anne Moss) et Morpheus (Laurence Fishburne), ainsi que quelques étoiles de moindre magnitude en plein cœur de leur lutte acharnée contre l'anonyme et omnipotente Matrice et (si j'ai bien compris, mais je n'en suis vraiment pas certain) contre l'agent Smith (Hugo Weaving), sorte d'excroissance pourrie et immaîtrisée de ladite Matrice, une sorte de voyageur solitaire (Un voyageur solitaire est un Diable écrit à juste titre le grand Montherlant). On a deviné que le volume final serait  – ça va de soi – celui de la conclusion et que le combat titanesque à mâchoires serrées s'achèverait là et heureusement qu'il le ferait. (Au fait je ne me souviens pas d'une trilogie où les personnages sourient moins que dans Matrix et ses séquelles : tout le monde a l'air d'avoir avalé un manche à balai et ne pouvoir le rejeter).

Le problème de ces fresques prétentieuses fondées sur des procédés efficaces mais démontables par le premier quidam venu, s'il a déjà regardé deux ou trois fois dans sa vie des films intéressants, est qu'on ne peut pas reproduire à l'infini les recettes et que, lorsqu'un gargotier vous vend pour la douzième fois sa souris d'agneau ou son dos de cabillaud dans le même mois, vous n'avez qu'une envie : changer de cantine. La réelle inventivité du premier film, transposée ad libitum dans les deux suivants finit par devenir exaspérante : qui peut encore avoir une goutte d'émotion devant les interminables combats à mains nues de Néo et de Smith dont les peignées semblent ne laisser sur le visage des combattants aucune trace ? Et puis on a bien vu qu'après avoir dispensé leurs passes virtuoses de kung fu, les protagonistes ne viennent pas à bout de l'un ni de l'autre ! On a compris, on a perçu l'invincibilité absolue des deux ennemis et on a envie d'utiliser la zapette à grande allure pour sortir de ce marigot… Et malheureusement on ne voit plus guère désormais, le couple infernal du Mérovingien (Lambert Wilson) et de Perséphone (Monica Bellucci) qui valait pourtant le coup d'œil.

Dans le numéro 2, Matrix reloaded, il y avait, au moins une longue scène de bravoure sur une autoroute où les acteurs se castagnaient en sautant au milieu et au dessus des voitures et des camions lancés à vive allure ; c'était beaucoup trop long mais on avait son content de scènes acrobatiques parfaitement filmées. Et comme nous avons tous en tête le cauchemar de ce que nous pourrions être, pauvres malheureux humains, lancés dans pareilles circonstances, nous arrivions à frémir : il faut toujours un minimum d'identification aux personnages pour partager leurs émotions. Dans n°3, Matrix revolutions, la scène de bravoure – mais qui dure bien trois quarts d'heure, ce qui est une performance réelle, mais profondément ennuyeuse – se passe dans les profondeurs de la cité terrestre de Zion, attaquée par les machines.

Je défie quiconque de comprendre avec précision les différents épisodes de cette attaque, faite de brouhaha, d'explosions, de bourdonnements, et de tout le bataclan. Je sais bien que Fabrice del Dongo, dans La chartreuse de Parme ne comprend, lui aussi, que couic à ce qui se passe sur le champ de bataille de Waterloo, perdu entre charges, escarmouches et contre-charges. Mais enfin, les Wachowski ne sont pas tout à fait Stendhal et leur film n'est guère bâti que sur ces séismes visuels et sonores. Je sais aussi que les sous du producteur, si considérables qu'ils étaient, devaient être employés avec un vrai sens de la rentabilité et qu'il aurait été de mauvaise pratique de n'employer les spectaculaires pieuvres métalliques que dans trois ou quatre minutes ; là on en a son content et même sa saturation. On applaudit lorsqu'elles forment un nuage comparable à ce qu'aurait été une vertigineuse nuée de chauves-souris apparentées à notre vieux camarade Dracula, mais on a vite épuisé l'intérêt du procédé.

Que dire de la stupidité infinie du scénario, de sa nullité intellectuelle ? On est affligé pour les collégiens et les lycéens qui ont pu se laisser impressionner par ce pathos grotesque corseté dans des tirades que je n'ai pas eu le courage de relever pour en reproduire l'inanité… Disons que le film, dans ses dernières images, se montre tel qu'il est : un chromo de soleil levant sur un paysage de tours ; c'est vert, rose, violet, bleu, jaune : on croirait voir une de ces aquarelles que des ateliers chinois produisent en quantité industrielle pour être vendues place du Tertre à Montmartre à des générations de gogos satisfaits.

Bon. Jai fini la trilogie Matrix. Maintenant je vais regarder du cinéma.


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