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Sujet : Je prends congé... temporairement


De paul_mtl, le 8 juillet 2006 à 05:53
Note du film : 6/6

Sordi interprete un entrepreneur de batiment qui éprouve des difficultés financieres.

Il demande de l'aide a sa femme qui est une femme d'affaires doué et riche.

J'ai adoré cette comedie de Dino Risi avec une actrice italienne drôle Franca Valeri qui donne bien le change a Sordi.

Voila avec cette n-ieme comedie sur Dvdtoile et le cycle comedie a l'italienne a la cinematheque jusqu'au 30 juillet,

vous avez la possibilité de mieux connaitre le premier âge d'or de la comedie italienne.

Premier car selon moi depuis la fin des années 90 et surtout début 2000 débute une seconde vague d'excelentes comedies italiennes.


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De Arca1943, le 21 janvier 2007 à 03:02
Note du film : 5/6

Mesdames (?) et messieurs,

C'est en signalant que Il vedovo est une comédie de 1959 et non de 1965 que je prends solennellement congé de dvdtoile.com pour les trois prochains mois et demi. Je dois en effet déposer un certain manuscrit fin avril et le temps commence à drôlement se resserrer. Je dois donc éliminer toute activité qui n'est pas le boulot ou la littérature. Certes mes chutes sont toutes trouvées et quelques incipits également, mais quant à ce qu'il y a entre les deux… Ah, j'adore cette atmosphère de suspense !

Signalons aussi, à titre de coup de l'étrier, que c'est le calme plat en ce qui concerne les films de Dino Risi sur DVD Zone 2 en France. Au cours des trois, quatre dernières années, sont parus Il mattatore, Le Fanfaron, Les Monstres, Parfum de femme, Le Fou de guerre, Valse d'amour et aussi La Chambre de l'évêque (qui, lui, n'avait pas vraiment besoin de paraître, si vous voulez mon avis après visionnement).

Mais le flot semble s'être tari. Certes, Seven 7 a mis la main sur Les Nouveaux monstres; espérons d'ailleurs qu'ils mettront la main sur quelques autres sommets comme celui-là afin d'éditer le tout en tant que genre ou serial, comme ils l'ont fait avec leur estimable collection de westerns italiens, et non dans le créneau de l'édition "d'auteurs", auquel cas leurs ventes seront moindres, selon moi.

Alors, de Risi, manquent toujours au bataillon plusieurs joyaux essentiels, dont ce fameux Veuf dont tout le monde me dit du bien, mais aussi (en ordre chronologique) Une Vie difficile, La Marche sur Rome, Le Gaucho (qu'il faudrait bien répertorier un de ces quatre sur dvdtoile), Opération San Gennaro, Au nom du peuple italien, Dernier amour, Fantôme d'amour. Sans parler de quelques autres encore, peut-être mineurs mais qui ont pourtant plus de punch et de zeste que tous les Oury et beaucoup de De Broca, Robert ou Molinaro : comme Vedo nudo ou Telefoni bianchi

Mon souhait est que lorsque je sortirai de ma caverne, dans trois mois et demi, quelques-uns au moins, ô surprise, seront annoncés pour 2007… Et bien sûr, j'espère de tout coeur qu'à cette date les AlHolg, Spontex, Dumbledore, Impétueux, Jarriq, VincentP, Droudrou, RdT, Lych666, David-Hainaut, Sandokan, Verdun (même s'il n'a pas voté pour Gran bollito!), le poète conceptuel Jipi et même PaulMtl seront toujours au rendez-vous. (Pardon à ceux que j'oublie inconsidérément).

Réjouissez-vous ! Vous voilà – temporairement – libérés de votre italianotrope compulsif !

Les réactions à ce message, s'il y en a, auront leur réponse en mai.

À bientôt,

Arca1943


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De Arca1943, le 14 mai 2007 à 23:08
Note du film : 5/6

C'est vrai, oui, je me cite. Mais ça vaut la peine !

« Alors, de Risi, manquent toujours au bataillon plusieurs joyaux essentiels (…) Mon souhait est que lorsque je sortirai de ma caverne, dans trois mois et demi, quelques-uns au moins, ô surprise, seront annoncés pour 2007. »

Ô surprise, en effet ! Ô fortuna ! À quelques jours près, mon souhait se réalise.

Chose vraiment extraordinaire, Au nom du peuple italien, et chose plus extraordinaire encore, Une Vie difficile sont tous les deux annoncés chez Studio Canal pour le 2 juillet 2007.

À cette date magique, un rêve de toujours deviendra enfin réalité.

J'ai pu écrire ce message seulement après que ma copine m'ait décollé du plafond avec sa spatule à tout faire !

Et en plus, ce n'est pas tout. Toujours le 2 juillet 2007, toujours chez Studio Canal, sortiront deux Comencini, La Ragazza et L'Argent de la vieille !

C'est hallucinant. Pincez-moi, quelqu'un.


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De Arca1943, le 2 septembre 2007 à 09:03
Note du film : 5/6

Eh bien voilà ! Les trois mois et demi de caverne dont il est question plus haut sur ce fil furent bien productifs. Je remets cette semaine les dernières corrections sur épreuves et il ne me restera plus qu'un mois et demi à attendre que mes petits contes noirs se retrouvent « dans toutes les bonnes librairies ». Parution : 15 octobre, à deux semaines de l'Halloween ! Prix (taxes incluses) : 13.75 $ CAN par exemplaire, ce qui revient à un dollar et des poussières par conte. Le juste prix, quoi. Selon les cours, cela nous fait 9 à 10 euros. Comme les chances sont bien minces que ce court bouquin soit republié chez Actes Sud (partenaire français de mon éditeur Leméac), je veux bien faire l'intermédiaire pour ceux ou celles que ça intéresse… En gros, ce sont des histoires à chute, résolument noires et très brèves. Deux sur treize sont situées dans le futur.


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De Impétueux, le 2 septembre 2007 à 09:38
Note du film : 5/6

Et comme j'ai eu le privilège de lire en avant-première un peu de la prose de l'ami Arca, j'encourage vivement tous les amis de DVD Toile à passer commande !

Ces contes cruels sont abrasifs et délicieux !


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De Gaulhenrix, le 8 septembre 2007 à 11:58

Certes. Mais, à l'inverse, ne pas oublier pour autant – cinéma oblige – le prêtre du Molière d'Ariane Mnouchkine, magnifiquement interprété par le toujours excellent Maurice Chevit, dispensant le seul Savoir, celui de l'Eglise. Et je mentionnerai tout particulièrement celui, terrible, de La vallée perdue, ce très beau film de James Clavell.


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De Arca1943, le 8 septembre 2007 à 15:45
Note du film : 5/6

Oui, le clergé catholique pouvait diffuser de la culture, sans doute; mais il savait tout autant sinon davantage en interdire la circulation. Saviez-vous qu'ici au Québec, dans les années 50, l'amoral Les Enfants du Paradis fut interdit par la censure catholique alors toute-puissante ? Et ce n'est qu'un petit exemple. Le plus enrageant est peut-être les 31 coupes et 23 répliques modifiées dans Toto et Carolina. Et La Madre de Luciano Emmer (avec Lucia Bosè !) qui fut interdite de tournage ! Et la loi de 1952 du démocrate-chrétien bigot-borné Andreotti interdisant l'exportation des films néoréalistes ? La campagne conne de la DC, relayée par le clergé italien, contre Umberto D ? Le charcutage éhonté des Adolescentes et de La calda vita, avec l'innocente Catherine Spaak ? Le pire, c'est que ces gens s'en sont tirés en toute impunité. On n'a jamais connu les noms des curés qui avaient procédé à ces coupes, et donc, une fois dans les années 60, on n'a jamais pu les faire mettre à l'ombre devant une Cour de justice pour mutilation d'oeuvres d'art.


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De Arca1943, le 31 janvier 2010 à 14:45
Note du film : 5/6

Une comédie à l'italienne précoce et de fort calibre, avec l'Alberto Sordi des riches heures fort bien encadré par l'impayable Franca Valeri et la statuesque Leonora Ruffo. En plus de rire franchement dans maints passages, j'ai eu le sourire en coin tout du long du film à cause de toutes sortes de détails, comme le marquis larbin, l'ingénieur allemand qui ne fait pas de miracles ou la maîtresse de Sordi qui vit avec sa maman et ses deux soeurettes.

Franca Valeri est vraiment magnifique dans ce rôle de dragon au flair financier infaillible. Veramente, la povera signora sono io. Je ne suis pas près d'oublier cette réplique ! Même si son tir est souvent concentré sur les personnages masculins, la commedia all'italiana a quand même donné à plusieurs monstresses l'occasion de s'imposer et en voici une vraie belle.

Le boom économique (1959-63) semble avoir donné à la persona tragicomique d'Alberto Sordi une sorte de confirmation supplémentaire. Ce rôle d'affairiste douteux et fabulateur toujours au bord de la faillite, affligé d'une épouse qui est un vrai génie de la finance, lui va comme un gant. (On va d'ailleurs en retrouver une riche variation dans l'excellent Il Boom). Les scénaristes – dont Rodolfo Sonego, scénariste ou coscénariste de 47 comédies avec Alberto Sordi – ont vraiment bien servi le ductile Romain. La situation de départ donne lieu à un enchaînement de conséquences qui se suivent avec logique… tout en étant comiquement exagérées, et la conclusion est une pirouette d'humour noir qui emballe très bien le tout. Certains passages "parodiques" sont de bonne venue grâce notamment à la musique amusante d'Armando Trovajoli. Lors de la scène du retour, avec l'éclairage "sépulcral" et le son des grandes orgues, on se croirait soudain dans un film de Mario Bava !

Ayant déjà fait ses armes dans une série de comédies italiennes "de première vague" (comme le diptyque des Poveri ma belli), le maestro Dino Risi se montre ici en pleine possession de ses moyens pour aborder le "second souffle" (comme l'appelle Furio Scarpelli) du cinéma comique italien d'après-guerre, ou comédie à l'italienne. Sa mise en scène assurée et compacte introduit juste ce qu'il faut de souriante noirceur et de cruelle désinvolture dans un univers plus réaliste, certes contigu au précédent, mais où le happy end n'a plus cours. Dès l'ouverture jazzée du film où Alberto raconte son rêve au marquis larbin, on sent que le rythme a changé. Le traitement des personnages s'est fait plus retors – ouvrant à Sordi notamment toute une série de possibilités nouvelles – et l'esprit satirique se donne désormais libre cours, épinglant cette Italie affairiste des débuts du boom avec une redoutable effacité !


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De vincentp, le 15 janvier 2015 à 23:21
Note du film : 6/6

C'est effectivement une comédie irrésistiblement drôle. Il y a longtemps que je n'avais pas autant ri… Oeuvre peut-être un peu inégale par moments, mais très réussie, voire géniale. Les séquences à l'usine, autour des funérailles, le prêtre à la longue barbe, le chauffeur dans la Fiat miniature, le défilé des personnes intéressées : pléthore de grands moments, autour de personnages savoureux.

Impossible de ne pas rire quand on voit le prêtre franciscain aux côtés d'une dame élégante, par exemple. Les scénaristes s'en sont donné à coeur-joie (dialogues mitraillettes et rythme très soutenu), fusillant tout ce qui leur passe entre les mains. L'archétype de la comédie italienne du début des années 1960, distrayante, et faisant réfléchir. Evidemment Dino Risi et Alberto Sordi sont à citer comme éléments clés de la réussite de Le veuf.


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De Impétueux, le 24 novembre 2018 à 21:17
Note du film : 5/6

Le veuf, c'est une farce, une véritable farce, avec des excès, des outrances, des trucs et des truquages, mais c'est une farce si méchante, si cruelle, tellement cynique qu'on voit bien poindre déjà ce qui, dans les années suivantes, seront les chefs-d’œuvre de ce genre original, novateur de la comédie à l'italienne'. C'est caustique, vif, enlevé, rythmé. Surtout, à bien y réfléchir, il n'y a pas dans le film un seul personnage vraiment positif : tous sont avides, méprisables, minables, d'un égoïsme entier, suffisants, sans scrupules. Il y en a de pires que d'autres, plus arrogants, plus orgueilleux, plus insupportables, mais aucun ne vaut grand chose.

Le scénario est simple, clair, lumineux : le Commendatore Alberto Nardi (Alberto Sordi), mégalomane un peu minable, à la tête d'une médiocre entreprise de construction d'ascenseurs est marié avec une richissime femme d'affaires, Elvira Almiraghi (Franca Valéri, épatante), qui le tient en lisière et le méprise mais ne peut, pour des raisons religieuses mais aussi sociales, envisager la séparation (le divorce ne sera d'ailleurs autorisé en Italie qu'en 1974, je crois). Il y a longtemps, d'ailleurs, semble-t-il que les relations entre les époux se sont interrompues : sans que la chose soit explicite entre eux, Madame a un jeune amant, Monsieur une jeune maîtresse, Gioia (Leonarda Ruffo]) et presque une deuxième famille qui vit à ses maigres crochets sous la houlette de Mamma Italia (Nanda Primavera).

Deux mondes à part : celui d'une bourgeoisie opulente et sans scrupules, incarnée par le requin de finances Carlo Fenoglio (Ruggero Marchi) et tout un monde de viveurs, où Alberto est méprisé ou tenu pour quantité négligeable, d'autant que sa femme l'y nomme publiquement bécasson (cretinetti) ; ainsi Fenoglio ne l'appelle pas Nardi, mais Almiraghi, qui est le nom de sa femme.

Mais Alberto, de son côté, vit aussi dans un monde particulier : au milieu des ouvriers de sa modeste entreprise (des ascenseurs qui, au demeurant, tombent toujours en panne) qui grognent parce qu'ils ne sont pas payés mais ne demandent pas mieux, pourtant, en braves gens qu'ils sont, de faire confiance au Commendatore. Avec son usurier favori Lambertoni (Mario Passante). Et davantage avec son petit état-major : l'ingénieur allemand Fitzmayer, qui a jadis été compromis pour des histoires avec de trop jeunes filles, l'oncle (Nando Bruno) qui a prêté naguère à son neveu une belle somme et veut rentrer dans ses frais et le marchese Stucchi (Livio Lorenzon), qui fut le capitaine d'Alberto pendant la guerre et survit difficilement, aristocrate décavé qui présente bien.

Il serait tellement commode qu'Elvira disparaisse accidentellement et laisse en Alberto un veuf inconsolable, mais sans plus de problèmes de fins de mois. Et on croit un instant que la chose va se réaliser, un wagon de chemin de fer ayant basculé dans un lac par trente mètres de fond. Désolation, larmes, commisération de tout l'entourage… et surgissement d'affairistes attirés par la fortune subitement tombée entre les doigts du bécasson. Mais fausse joie ! Car Elvira n'est pas morte et surgit au milieu des fastes de la chambre mortuaire (et comme Arca a raison d'évoquer avec son image nocturne qui apparaît derrière Alberto l'ombre des films de Mario Bava !).

Le film s'infléchit alors un peu trop dans le sens de la farce, ce qu'on peut regretter tant l'observation entomologique du dynamisme et des failles du miracle italien était réussie et sarcastique. Le veuf se dirige alors un peu trop vers une comédie noire qui n'a rien de déplaisant, mais dont la chute (hihi !) est un peu trop convenue et prévisible pour être absolument convaincante.

Si Alberto Sordi est peut-être un peu trop livré à lui-même (le film, manifestement, a été tourné autour de lui), le reste de la distribution est tout à fait impeccable, avec une mention spéciale pour Franca Valeri, que j'ai découverte, il y a quelques années, dans Le signe de Vénus du même Dino Risi : elle est dans Le veuf tour à tour méprisante, odieuse, lassée… Et même méchante comme le dit Risi dans le supplément du DVD. La chose est rare.[artiste=


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De Arca1943, le 26 novembre 2018 à 18:27
Note du film : 5/6

« Si Alberto Sordi est peut-être un peu trop livré à lui-même (le film, manifestement, a été tourné autour de lui)… »

Cher Impétueux, TOUTES les comédies d'Alberto Sordi sont tournées "autour de lui", même les plus graves comme La grande pagaille ou Une vie difficile. C'est ce que le public italien – qui ne s'y était pas trompé, contrairement aux critiques et exquis cinéphiles du temps – voulait et redemandait, l'ingrédient numéro un, sans lequel ces films n'auraient jamais pu être tournés. La plupart des comédies à l'italienne étaient écrites dès les toutes premières étapes du scénario en fonction de Sordi (ou de Manfredi ou Gassman ou Tognazzi, selon les cas).


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De Impétueux, le 26 novembre 2018 à 18:37
Note du film : 5/6

Vous avez évidemment raison, ami Arca, dont je me réjouis de revoir la présence ici, mais je me suis mal exprimé. Sordi, comme tous les acteurs géniaux (Gabin ou Fernandel par exemple) attire absolument toute la lumière. Ce que je veux dire c'est que Risi ne maîtrise peut-être pas tout à fait encore l'orientation des projecteurs…


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