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Forum : La Cuisine au beurre

Sujet : inspiré d'une comedie italienne de 1960


De paul_mtl, le 2 janvier 2007 à 03:18
Note du film : 4/6

Je viens de voir (en VO) Letto a Tre Piaze 1960 avec le duo Toto (1er mari presumé mort) et Peppino (2e mari) qui a tres vraisemblablement inspiré cette comedie française de 1963 avec Fernandel (1er) et Bourvil (2e). En effet, l'histoire de base est la même seul le cadre change et la profession des maris. Pierre Lévy-Corti a écrit l'histoire de la cuisine au beurre mais je sais ou il a trouvé son inspiration. Peux t'on parler de remake ? difficile à dire vu les differences.

Les deux duo sont tres bon mais la réalisation italienne est meilleure de mon point de vue d'autant que l'actrice française Claire Maurier surjoue un peu trop son rôle d'épouse avec un accent de marseille. Ce même accent qui me rappelle le doublage en français des anciennes comedies italiennes pour les VF.

Totò revenant du front russe.


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De Lagardère, le 12 juin 2009 à 23:06
Note du film : 3/6

Bancal ! Ce film est bancal… Et reposant pourtant sur quatre des "jambes" les plus célèbres du cinéma. Bourvil n'a pas envie de jouer avec Fernandel et c'est peut-être réciproque, bien que les deux hommes se soient admirés. Ils sont pourtant excellents tous les deux, mais ils ne sont pas Laurel et hardy, c'est là que ça ne fonctionne pas. Alors, claquage ! Louis de Funès avait décliné l'offre initiale, sentant peut-être le vent venir avec Fernandel…

Même si Truffaut déclara, furieux, à la sortie du film :"- Comment peut on faire encore un tel cinéma ? -" Gilles Grangier avait pourtant tout prévu : le côté bouillabaisse pour notre champion méridional, et la Normandie bien pluvieuse pour son challenger. Un brin de Germanie en la personne de Anne-Marie Carrière. Et "un brin" est un doux euphémisme quand on connaît la carrure de notre illustre chansonnière. Bref ! De quoi nous faire une cuisine qui n'aurait pas attaché au fond de la poêle si il n'y avait pas cette rivalité palpable à l'écran. Rivalité et gêne, car les deux hommes se respectent profondément et ont du mal à "s'affronter", cela se sent.

Quelques outrances aussi. Des gags un peu lourds…Disons même lourdingues, mais on passe vite la-dessus : Nous aimons tellement, dans leur catégories respectives, nos champions de la comédie légère. Mais ils ne sont pas à l'aise, face à face, alors ils en rajoutent. Les fous-rires en témoignent, forcés, surjoués. Non, ça ne passe pas…

D'ailleurs, Fernandel qui venait de tourner Le voyage à Biarritz arrêta plusieurs fois le tournage, hurlant : "-Non! je ne peux pas tourner cette connerie !-" Source : les mémoires de Gilles Grangier. Le film fut repris maintes fois. Et ce malaise, je le redis, se ressent trop à l'écran.

L'idée était pourtant bonne, même si un peu "grossière". Un homme, qui a passé la guerre et les quelques années qui suivirent en Allemagne auprès d'une fermière appétissante, revient prendre possession de son restaurant "A la bonne bouillabaisse", rebaptisée " A la sauce Normande", suite au remariage de sa femme légitime. Il était, pour l'état-civil, bel et bien mort. La loi y perd son latin et les voisins jasent ! D'autant que Claire Maurier a oublié d'être vilaine. Tout finira dans un éclat de rire après les méandres et quiproquos de rigueur.

Mais gardons plutôt en mémoire l'excellent Le rouge est mis, dans un autre genre, Le cave se rebiffe, Le gentleman d'Epsom, ou encore 125 rue Montmartre qui sont une cuisine plus digeste et que l'on aime à se resservir régulièrement.


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De Arca1943, le 14 juin 2009 à 18:03
Note du film : 2/6

Mon souvenir de ce film est (encore une fois !) bien lointain. Je me rappelle cependant très bien mon cri de joie, poussé au milieu des années 90, en pleine suprématie du VHS, quand je dénichai, sur la poussiéreuse tablette du bas d'un club vidéo de la Rive-Sud de Montréal, ce film avec (ça alors !!) Fernandel et Bourvil. Las ! J'ai dû arrêter la projection au bout d'une demi-heure tellement c'était… Bon, je ne me souviens plus comment c'était, mais je garde le souvenir général d'un très mauvais film. Ce qui n'empêche pas qu'on en ait ait un remake, paraît-il.


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De Lagardère, le 14 juin 2009 à 18:36
Note du film : 3/6

En effet, en 2005 (?) , un remake de La cuisine au beurre fut tourné pour Tf1, avec Patrick Bosso et Natacha Amal. Mes deux maris en était le titre et ce fut un record d'audience, parait 'il…


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De kfigaro, le 15 juin 2009 à 14:33
Note du film : 3/6

bah, c'est de la comédie "pépère"… un divertissement un peu vieillot et kitsch certes, mais pas si épouvantable tout de même… ;)


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De Tamatoa, le 24 janvier 2014 à 00:11
Note du film : 3/6

Je rejoins tout à fait l'avis de Lagardère qui a bien résumé le truc. Je pense que ce film, qui fut quand même un énorme succès commercial avec plus de six millions trois cent mille entrées, laisse un goût amer parce que, comme le souligne Grangier, Fernandel balayait tout sur son passage. Acteur à l'abattage très imposant, il semble écraser Bourvil qui, lui, jouait toujours un ton en dessous. Devant Gabin dans L'âge ingrat, il en rabattra beaucoup plus car même si co-producteurs et amis, il sait qu'il n'a pas intérêt à enquiquiner son rival avec ses sautes d'humeur : Gabin a les mêmes !

Tout le monde sait que si Bourvil a voulu faire l'artiste quand il était jeune, c'est parce qu'il avait une idole, une seule : Fernandel. Il fut très impressionné quand le producteur Dorfmann lui proposa le rôle. Mais devant l'attitude capricieuse, coléreuse, hautaine de son partenaire qu'il adulait tant, Bourvil affronta une immense déception. Ils ne tournèrent plus jamais ensemble. Et tout celà se ressent dans ce film à l'atmosphère faussement légère. Et quand la télévision nous le propose en couleurs délavées, dégueulasses et dans un format indigne de l'invention des frères Lumière, alors là, on atteint l'indisposition. On n'y croit pas. Le scénario est pourtant assez original et Claire Maurier bien belle. Mais ça sonne faux. Et puis ça devient vite lourdingue, mais je pense qu'une fois l'ambiance détériorée par Fernandel, Grangier a un peu bâclé le tournage. A la demande de Bourvil qui a vite compris ce qui se passait, il ajouta des scènes en sa faveur. Et ce ne sont pas les meilleures ..

Il est quand même fort dommage que la rencontre de ces deux géants du 7e art se solde par une succession de fous-rires qui ne trompent personne. Cela étant, comme le dit Kfigaro, ce n'est pas non plus un désastre, mais quand même : Bourvil / Fernandel / Grangier, on pouvait s'attendre à autre chose ..


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De Commissaire Juve, le 25 janvier 2014 à 11:39

A titre perso, je reste profondément "client" de ce restaurant-là. Je trouve que c'est un tort de lire le film "a posteriori", à l'aune de révélations faites beaucoup plus tard. Fernandel a voulu tirer la couverture à lui ? Et alors ? Cela allait exactement dans le sens de son personnage. "La cuisine au beurre", tout bien pesé, c'est l'histoire d'un combat de coqs nommés Fernand Jouvin et André Colombey. A partir de là, je ne vois pas où est le problème. Le film a même l'immense qualité de rendre les deux personnages attachants. Le reste, les histoires entre les comédiens, on s'en tape un peu, ce sont des potins de concierge (c'est une des raisons pour lesquelles j'évite souvent de passer par la rubrique "suppléments" des DVD… les coulisses du tournage, tout ça, ce sont vraiment des choses à manier avec une combinaison Hazmat).

Sinon, je n'ai pas regardé la dernière diffusion (pas besoin), mais j'ai vu en zappant que le film était passé en version colorisée et en Pan & Scan… Typique de la bande à TF1 / TMC / NT1, des chaînes qui devraient être interdites de cinéma (tout comme Gulli qui se permet de recadrer en 1.77 les films tournés en 1.33).


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De Tamatoa, le 25 janvier 2014 à 17:33
Note du film : 3/6

Je comprends bien votre point de vue m'sieur l'commissaire mais je tiens à préciser que je n'ai pas attendu de lire les "secrets de tournage" pour me faire une opinion ! Le "malaise" est là, d'emblée, bien avant les révélations que feront, non pas le supplément DVD, mais Grangier, Jean-jacques jelot-blanc ou même Patrick Brion, gens sérieux dans le domaine, les dizaines d'émissions consacrées à Bourvil sans compter la foultitude de biographies de Bourvil, plus ou moins "autorisées" je le reconnais. Vous avez raison de penser que si l'on doit se faire une opinion en fonction des ragots colportés, mieux vaut laisser Voici ou Closer donner leur avis et nous, des recettes de cuisine sur un site fait pour ça.

Cela étant, et à l'instar de notre camarade Kfigaro, j'ai précisé que ça n'était pas non plus un désastre. Ce film reste sympathique et largement regardable. J'en veux pour preuve que, même dans l'état lamentable où il a été diffusé, je me suis quand même attablé devant et pour la énième fois. Je ne reproche pas à Fernandel de tirer la couverture, on ne devient pas Fernandel en jouant de dos, mais le "je ne sais quoi" qui laisse un goût amer est largement expliqué a postériori par les révélations des gens directement concernés par le tournage. D'autre part, je ne prétends pas que ces deux coqs, comme vous dites, ne soient pas attachants surtout en deuxième partie de film mais le manque de réelle complicité se fait bien ressentir. On est loin de l'entente, de la connivence d'un Depardieu et d'un Pierre Richard, par exemple. Et pour en terminer, j'ajoute que le jeu de tous les colistiers de Fernandel aère quand même bien l'ensemble au même titre que les formes et le sourire de la belle Claire Maurier

"Dommage" n'est pas une attaque en règle ni une charge écrasante contre un film qui, au bout du bout du compte, demeure aimable.


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De Commissaire Juve, le 25 janvier 2014 à 18:28

Pas de soucis, c'était une remarque en passant, hein !

Récemment, en voyant le "Un jour, un destin" consacré à Bourvil, les coups de pied de l'âne à Fernandel m'ont un peu agacé. Ce n'était certainement pas un saint, mais cette façon de dégoiser sur lui pour pimenter le récit ; misère. Avec ce genre de pratique, on n'obtient qu'un résultat : on abîme les souvenirs, on salit les regards.

Pour revenir à "La Cuisine…" : ayant habité deux ans tout près de Martigues (au milieu des années 70), le revisionnage du film me procure toujours un plaisir nostalgique. Et puis, revoir (et "réentendre") la bande des fadas : Ardisson, Andrex, Arius, Vilbert… il ne manque que Delmont (décédé en 1955)… ça met du soleil, ça devrait être remboursé par la Sécu.


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De Tamatoa, le 25 janvier 2014 à 18:58
Note du film : 3/6

Non, non, aucun souci, j'ai plaisir à discuter avec vous ! Je voudrais juste rajouter une chose : Fernandel n'était peut-être pas un saint…. Mais je crois que dans ce milieu bien spécial où l'image, l'égo, et la mise en avant règnent en maîtres incontestés, personne, aucun acteur ne peut se prévaloir d'être un saint. On ne devient pas une star en étant gentil… Et je n'ose imaginer le nombre de saloperies faites par nos acteurs préférés pour décrocher tels ou tels rôles. Je n'ose…


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De verdun, le 23 décembre 2014 à 18:10
Note du film : 3/6

Ni fast-food ni Bocuse, cette cuisine au beurre n'a rien d'infâme mais elle manque de saveur.

Le point de départ est excellent : Fernand, disparu à la guerre revient et constate qu'on l'a cru mort. Pendant ce temps sa femme a refait sa vie avec un autre restaurateur, normand celui-ci et que son restaurant dédié à la bouillabaisse s'appelle désormais "À la sole normande". Excellent argument qui combine une situation pouvant déboucher sur le drame, et d'autre part une comédie jouant sur les antagonismes régionaux 35 ans avant Bienvenue chez les ch'tis.

Hélas le film ne va pas assez loin, contrairement à ses homologues italiens de la même époque et se perd dans des scènes qui ne restent pas en mémoire. Hormis peut-être la séquence où Fernand et ses potes perturbent le dîner d'un inspecteur du guide Michelin. Le film me paraît déséquilibré entre un Fernandel qui a le beau rôle et un Bourvil sobre mais trop effacé. Peu importe que Fernandel ait été insupportable sur le tournage, en revanche le manque d'alchimie à l'écran saute aux yeux.

Ceci dit on ne passe pas non plus un mauvais moment. Le travail de Grangier est correct et les seconds rôles pittoresques.

Dans le genre rencontre de stars qui déçoit, Le tatoué fera bien pire !


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De Impétueux, le 23 août 2015 à 19:14
Note du film : 2/6

Dieu sait si je puis être bon public lorsque le cinéma me propose un retour sur les années enfuies, sur de merveilleux Fernandel et Bourvil entourés d'une belle compagnie de seconds rôles tous aussi sympathiques les uns que les autres et sur la beauté de Martigues, trop rarement filmée à part dans Toni de Jean Renoir et Dieu vomit les tièdes de Robert Guédiguian.

Dieu sait. Mais il y a une limite. Et sans revenir sur l’agressivité méprisante de Fernandel vis-à-vis de Bourvil et le déséquilibre consécutif qui s'est ensuivi dans La cuisine au beurre, qui aurait dû laisser la balance égale entre les deux grands acteurs, je suis bien amené à avouer que je me suis copieusement enquiquiné en voyant (ou revoyant, sûrement, sans doute : c'est le genre de films qui est passé cent fois à la télévision) La cuisine au beurre dont le succès public me décontenance.

Sans doute le scénario n'est-il pas privé d'inventivité et même d'une certaine ambiguïté, tous les hommes et toutes les femmes, séparés par les circonstances – c'est-à-dire par les aléas de la guerre – de leurs routines conjugales se retrouvant bien plus à l'aise dans leurs nouveaux couples qu'ils ne l'étaient auparavant. Il y avait là quelque chose d'assez grinçant à tourner et un Autant-Lara de la bonne époque aurait sûrement pu réaliser quelque chose de sarcastique et de sombre à souhait. Il y a un assez bon film à sketches, qui s'appelle Retour à la vie, avec des histoires tournées par André Cayatte, Georges Lampin, Henri-Georges Clouzot et Jean Dréville qui ouvrait quelques pistes intéressantes à défricher.

Gilles Grangier frôle quelquefois ce qui aurait pu être le vrai et sarcastique sujet du film mais de façon si molle, si estompée que le bon public reste ancré dans la conviction que tout cela n'est que galéjade… Enfin, quand je dis Grangier !!… C'est toute l'équipe – scénariste, dialoguiste, metteur en scène – qui a dû recevoir du producteur la mission de ne pas aller trop loin. Tout ce petit monde mise son avoir sur le contraste bien pâle de deux hommes censés incarner deux visages différents de notre pays, deux cuisines différentes, deux façons de voir les choses et se contente de ça.

D'ailleurs je crains que même si Bourvil avait pu tenir la dragée haute à Fernandel, la balance n'eût pas été égale : qu'on le veuille ou non, le Midi, la Provence, l'accent, la pétanque et l'aïoli ont trop de longueurs d'avance dans l'imaginaire collectif et toute la crème de Normandie ne suffirait pas à créer une opposition d'assez grand poids. Car la seule fantasmatique qui puisse faire pièce à celle de la Provence, c'est celle de Paris, évidemment, Paris contre la province et Marseille contre Paris : ce qui marche au football marche ailleurs. Mais Rouen, Caen, Pont-Audemer, Lisieux ou Alençon, ça n'est pas sérieux. Ou ça l'est trop, ce qui revient au même.

Si l'on peut avoir une certaine forme de nostalgie pour les vedettes, les acteurs de second rang, le Noir et Blanc, le côté Zou, le midi bouge !, on est finalement bien obligé de se dire que La cuisine au beurre aurait pu, ou serait, aujourd'hui un téléfilm totalement artificiel, fabriqué sur la base des sujets de société dont nos oreilles sont rebattues. Un peu minable, pour deux grands acteurs…


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