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Forum : Rivière sans retour

Sujet : Avis


De jipi, le 26 décembre 2006 à 12:35
Note du film : 4/6

Marilyn Monroe en mère improvisée passe de la tenue de chanteuse de saloon look personnage de Tex Avery au jean rural, bref on quitte les cartes et les dés pour les grands espaces en espérant retrouver des références de bases dans des tourbillons destructeurs.

Otto Preminger devinant certainement l'aura trop important de la belle agrémente le tout d'époustouflantes vues de courants déchaînés ou le pauvre Mitchum est copieusement arrosé par des techniques rudimentaires heureusement invisibles.

On retiendra quelques morceaux de bravoures tels que cette belle chanson exécutée en pleine nature à l'aide d'une guitare foulée par de longs doigts fins.

La conclusion reconduisant un geste d'enfant dans la continuité d'un comportement paternel du passé considéré comme lâche et réprimé par la justice comme tel est plus discutable.

Il est préférable de bypasser les quelques parcelles lumineuses de ces otages de la nature et de se laisser récupérer par la majesté des lieux traversés.


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De droudrou, le 18 octobre 2008 à 00:15
Note du film : 6/6

Eh bien, il y a deux ans, comme dirait notre ami Urspoller, nous glosions sur ce film que je viens de revoir. Puisque je suis plongé (c'est le cas de le dire) dans les films de Preminger, il n'y avait pas de raison de ne pas revoir ce western assez particulier qui réunit Robert Mitchum – Marilyn Monroe – Rory Calhoun et Tommy Rettig. Datant de 1954, c'est à dire 54 ans, il tient toujours la route (enfin… le courant !…). C'est un magnifique Cinemascope où, même si les trucages peuvent apparaître un peu simplistes, ces trois personnages balancés au gré de la furie des flots sur un radeau qui tient le coup retiennent toute notre attention.

C'est vrai que la morale de l'histoire pourrait nous apparaître bien faible dans la mesure où le jeune Marc va découvrir pourquoi Matt, son père, a fait de la prison. Mais il y a le spectacle et il y a Marilyn, une Marilyne superbe qui nous chante quelques chansons sous divers registres. Registre de cabaret, registre d'une chanson pour les enfants, registre nostalgique évoquant la "River of no return". Et puis, situations peut-être un peu simplistes voulues par le récit et le cadre de son déroulement, nous avons deux personnages inattendus : Robert Mitchum, un père attentionné et Marilyn, une mère adoptive très attentive à la fois dans les scènes de début du film où nous faisons sa connaissance et pendant cette descente dangereuse jusque les dernières images quand elle prend le fusil des mains de Marc et le remet au ratelier…

Cependant, je ne serai pas juste envers ce film si je n'évoquais, moi aussi et à ma manière, tout à la fois les premières et les dernières scènes qui marquent l'ouverture de ce film et sa conclusion.

Ouverture sur une vue panoramique splendide d'un homme qui abat un arbre puis se dirige vers un de ces villages où les pionniers à la recherche de l'or se retrouvaient, scènes de masse typiques aux films d'Otto Preminger qui vous situent un cadre, une ambiance. Contrastes violents entre un père qui vient à la recherche de son enfant, ouvrant le dialogue avec un prêtre tandis qu'en arrière-plan quelques scènes frivoles se déroulent puis, tandis que le prêtre cède la place à un tenancier de bistrot, une conversation banale où l'on apprend que l'homme vient chercher son fils.

Puis, nous nous retrouvons dans une de ces tentes converties (pas par le prêtre !) en saloon où se regroupent toutes sortes de populations en mal d'occupations, buvant ou jouant ou écoutant une chanteuse tandis que semblant indifférent à l'ambiance, au charme de la femme, l'homme effectue un tour rapide des lieux, guidé par son devoir de père…

Et à l'issue du film, dans un autre saloon, Marilyn qui n'a d'autre ressource pour vivre que son talent et sa voix, qui chante à tous sa nostalgie de cette "River of no return" et voit soudain apparaître cette espèce de rustre au grand coeur qui d'une chiquenaude la balance sur son épaule et l'emmène vers le chariot stationné dehors et où l'attend un gamin.

Instants rapides où la chanteuse se retrouve assise sur la banquette, couverte d'une veste quelconque, serrant le gamin dans ses bras tandis que le père dit "Nous rentrons chez nous !" ou quelque chose d'approchant, indiquant que le cadre de la famille est recomposé tandis que Cendrillon se débarrasse de ses escarpins…

Rien que pour ces scènes, la réalisation de Preminger mérite toute notre attention… C'est du grand Preminger. Si vous ne connaissez pas ce film, il vous faut le découvrir. Et si vous avez un préjugé contre les westerns, laissez votre préjugé de côté et coulez vous dans les eaux de cette River of no return.


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De starlight, le 18 octobre 2008 à 07:57
Note du film : 3/6

Mon ami Droudrou… En d'autres termes, je vais vous expliquer les raisons profondes qui font que nous aimons ce film.

Une grande bouffée d'air pur (et même très pur)… De l'eau limpide et fraîche à souhait (pas de pollution)… Un héros qui est un homme comme les autres (il n'a pas de gros biceps) mais qui est déterminé dans ses actions (travailler plus pour gagner plus)… Une Marilyn sexy, mais le sein lourd (mère adoptive)… moins pénible que "Super Nanny" et tellement proche du jeune garçon (on aimerait tous avoir eu une mère à son image… même si la nôtre fut exempt de toutes critiques)… Un gamin obeissant au doigt et à l'oeil (aide son père sans s'occuper de sa "game-boy")…

Voilà pourquoi ce n'est que du bonheur !…. et puis la voix suave de notre Marilyn avec sa guitare et ses bas à résille…


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De droudrou, le 18 octobre 2008 à 08:54
Note du film : 6/6

Oui ! En effet ! Il est vrai ! Le sein lourd de Marilyn ! Son sein doux ! Son Yukulele dans le réfrigérateur ! Ah ! Quelle adorable voisine ! (là ce n'est plus tout à fait la même !) Mais que ne ferait-on pour épouser un milliardaire ? Surtout si certains l'aiment chaude ! Sept ans de réflexion pour en arriver là ! Eh oui ! Starlight, vous êtes un philosophe ! Surtout pour une longue nuit d'amour… mais çà, c'est encore un autre sujet !…


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De Lagardère, le 18 octobre 2008 à 10:13

Encore, encore !..


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De droudrou, le 18 octobre 2008 à 10:55
Note du film : 6/6

C'est payant ! Et en bouteilles de Champagne ! Et du millésimé, encore ! Et tu as la chance, Lagardère, que je ne te demande pas de Dom Perignon 2-007 !


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De Impétueux, le 18 octobre 2008 à 11:04

Pourquoi 2007 ? Très piètre année….


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De droudrou, le 18 octobre 2008 à 11:24
Note du film : 6/6

2-007. Il fait des Bond !


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De Lagardère, le 18 octobre 2008 à 12:39

IMPOSSIBLE ! D'abord parce qu'il est vrai que c'est une trés mauvaise année, et puis j'ai envoyé ma dernière caisse à josée dayan, de la part dImpétueux, avec un mot doux….


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De urspoller, le 18 octobre 2008 à 15:47
Note du film : 5/6

Les œuvres de Preminger prêtèrent souvent à controverse, témoin la comédie grinçante La lune était bleue qui fit scandale dans cette Amérique puritaine où évoquer les « vierges professionnelles » – dixit Otto – confère au péché véniel ; ou témoin encore le provoquant L'Homme au bras d'or traitant de l'addiction à la drogue…

Ici, le réalisateur d'origine autrichienne évite le scabreux et les eaux turpides, si je puis dire, pour nous offrir une ode à la nature (et je ne parle point des appas de Marilyn), véritable sucrerie melliflue (je parle de l'ode et non des appas de Marilyn !) qui entraîne le spectateur dans une béate allégresse tout le long du parcours de ce trio qui deviendra au fil de l'eau une famille.

Ce western psychologique instille dans notre tréfonds une note de bonheur et dulcifie nos pensées. Le fleuve, à l'instar de l'interprétation sans faille notamment celle de Robert Mitchum en flegmatique nocher, joue un rôle majeur dans ce métrage ; il est à la fois une frontière entre un passé enténébré et un devenir plus sain – n'y voyez là aucune allusion, mais aucune, aux formes de miss Monroe, il est aussi un symbole de purification, absolvant les péchés des deux héros et un fil conducteur d'un bout à l'autre du film. Un peu comme dans La captive aux yeux clairs de Howard Hawks.


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De sophie75, le 18 octobre 2008 à 22:23

Un des rares westerns qui trouvent grâce à mes yeux, notamment en raison du thème central de la quête du bonheur. Sans oublier aussi un superbe Cinémascope.


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De DelaNuit, le 14 août 2010 à 18:16
Note du film : 5/6

Intéressant symbolisme que cette Rivière sans retour comme allégorie de la vie, qui comme chacun sait, n'est pas un long fleuve tranquille. Ici comme là, des chemins d'apparence facile séduisent, mais conduisent aux complications, rapides et autres remous dangereux.

Dès le début du film, et tout au long, un choeur féminin aérien s'élève dès que l'on voit la fameuse rivière. Il ne s'agit pas d'un simple effet de style, mais bien de la voix de symboliques sirènes, à la fois envoûtantes et dangereuses, comme la rivière elle même, et comme la femme fatale incarnée par Marilyn…

C'est donc tout à fait logiquement qu'à la fin du film, Marilyn, chanteuse de saloon enjôleuse, reprend à son compte cette mélodie ("River of no return"). Elle devient ainsi une incarnaton humaine de cette rivière, de son envoûtement et de ses dangers, figure païenne ambiguë dans ce monde chrétien où un père et un fils s'appellent Mathieu et Marc car ce sont les deux apôtres qui se suivent dans la Bible, et où des prêtres venus dans le "far west" évangéliser les indiens s'attardent dans les tripots pour sauver les âmes pêcheresses de pionniers bavant devant la sirène au banjo.

Ce symbolisme n'est certes pas nouveau pour Marilyn, qui déjà dans Les hommes préfèrent les blondes, portait le nom de Lorelei… la blonde sirène du Rhin…


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De vincentp, le 14 août 2010 à 19:54
Note du film : 5/6

Votre analyse théologique est fort intéressante, Delanuit (vous êtres diacre, dans le civil ?), mais ce film vu au cinéma à deux reprises m'a toujours laissé dubitatif. Ce n'est pas un des (tous) meilleurs western, ni un des meilleurs films de Preminger, à mon sens. Je ne comprends pas pourquoi Rivière sans retour bénéficie d'une côté aussi élevée (même s'il s'agit d'un excellent film). Un sentiment personnel provenant du fait que la copie en salles était passée, la rivière filmée de façon assez grotesque ? Une remasterisation permettrait peut-être de revoir cet avis.

On sait que des scènes ultérieures furent rajouter pour créer de l'émotion (Marylin nue). Mais là aussi, je n'ai pas trop accroché. On sait que cet aspect est lié à l'humeur du spectateur, aussi je demeure prudent. Mais il me semble que ce western est très loin d'égaler le quarteron filmé en pleine nature de Anthony Mann. Je pense aussi que les westerns de William Wellmann, Henry King, King Vidor, Samuel Fuller ou Nicholas Ray sont plus intéressants.

Quant à Marilyn, je placerais ses meilleurs réussites dans des seconds rôles (Chérie, je me sens rajeunir, par exemple).


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De starlight, le 14 août 2010 à 21:31
Note du film : 3/6

Je placerais volontiers ce film ainsi que "Comment épouser un millionnaire" à part dans la carrière de Marilyn… Tout a été fait pour que la 20th Century Fox mette prioritairement en valeur l'écran "cinémascope" et le son stéréo de type "perspecta" ou similaire… (nouvelles technologies obligent) ; cela évidemment au détriment des personnages, de leur jeu, minimisant ainsi le cadrage en "plan américain"… Nous sommes donc en présence de "paysages" (Rivière sans retour) même si l'action est présente… Il en est de même pour "Comment épouser un millionnaire" où on nous présente l'appartement new-yorkais sous toute les coutures…

Il est beaucoup plus intéressant de voir un an plus tôt une Marilyn flamboyante et fragile dans "Niagara", laissant présager une personnalité perturbée mise à jour beaucoup plus tard dans "Les Misfits"…

Pour en revenir à "Rivière sans retour" : les images transcrites sur le DVD ne sont pas d'une grande qualité… couleurs plus ou moins délavées en effet !…


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De DelaNuit, le 17 août 2010 à 19:32
Note du film : 5/6

J'avais oublié qu'en plus de son prénom d'ensorceleuse "Lorelei" dans Les hommes préfèrent les blondes, et de sirène envoûtante dans La rivière sans retour, Marilyn file la métaphore du fleuve dans ce Niagara, où son rôle de femme fatale se retourne contre elle, la chute d'eau devenant aussi la chute de la sirène !

Non, je ne suis pas diacre… Et je ne le pourrais car peu réceptif aux dogmes. Mais je trouve que l'angle du spirituel ou du mythologique est intéressant car l'homme y projette tellement de ses espoirs, craintes, valeurs, visions du monde et de lui même. Et le cinéma – notamment hollywoodien – s'est tellement inspiré des archétypes mythologiques…


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De vincentp, le 11 novembre 2012 à 23:03
Note du film : 5/6

Un bain de jouvence bienvenu pour la version blu-ray (son et image restaurés de façon convaincante), à ne pas manquer. La photo est splendide, comme la musique (le thème repris par Mitchum pour le générique final est une idée de génie). Le film, avec sa tonalité bucolique, plus nonchalante que dramatique, est très agréable à regarder. Des mouvements de caméras superbes. Une mise en scène de qualité (gérant notamment à la perfection les grand-angles), comme l'interprétation. La thématique déployée n'atteint pas les sommets de par exemple The searchers ou Unforgiven, mais est fort acceptable, et aborde de façon simple quelques grands sujets. Rivière sans retour n'est probablement pas un chef d'oeuvre, simplement un classique incontournable, qui a sa place parmi les 120 meilleures réussites du western…


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De Nadine Mouk, le 5 juillet 2016 à 18:52

Non, non, non ! Rassurez vous, je ne me permettrais pas la moindre critique de ce film après avoir lu les avis judicieux qui jonchent ce fil ! D'autant plus que je garde un souvenir très lointain de l’œuvre… Mais je parcourais nonchalamment les pages de ce site et je tombe sur cette Rivière sans retour, quand tout à coup, quelque chose me saute aux yeux : le titre ! Voilà qu'il m'apparait complètement ridicule… Rivière sans retour… Mais ça ne veut rien dire ! Voyage sans retour, oui. Un aller sans retour, oui. Mais une Rivière sans retour, ça veut dire quoi ? C'est assez dissonant me semble-t-il… Vous me direz que ça relève de l'anecdote la plus légère mais quand même : un film de cette envergure… En cas de sarcasmes, je précise que je ne bois que de l'eau et du thé…


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De DelaNuit, le 6 juillet 2016 à 15:28
Note du film : 5/6

La rivière est dite "sans retour" parce que son cours peut être calme à certains endroits mais devenir tumultueux et apporter la mort. D'où les paroles de la chanson : "I lost my love on the river and for ever my heart will yearn… lost, lost forever on the river of no return." La rivière (on devrait plutôt dire le fleuve, qui est la traduction exacte du mot anglais "river") devient ainsi un symbole de la vie, qui comme on le dit "n'est pas qu'un long fleuve tranquille".

Ambiguïté de la vie qui donc, qui comme la rivière, peut apporter du bonheur ou de la souffrance. Le film commence d'ailleurs par des choeurs féminins aériens qui annoncent le thème musical principal et rappellent les voix des sirènes, ces voix qui planent à la surface des eaux, séduisent les marins et peuvent les entrainer vers leur perte. Marilyn avait peu de temps auparavant interprété dans Les hommes préfèrent les blondes une ensorceleuse prénommée Lorelei, comme la fameuse sirène du Rhin dont la voix faisait sombrer les bateaux… Elle reprend ici toute l'ambiguïté de la femme "fatale"/sirène typique du cinéma des années 40-50, qui par son charisme, sa beauté et son chant, séduit les hommes et les mène vers leur destin ("fatum" en latin).


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De Nadine Mouk, le 6 juillet 2016 à 17:42

Evidemment, expliqué comme ça … Je vous remercie, Monsieur, pour cette pertinente exégèse .


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