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Forum : Ils étaient neuf célibataires

Sujet : Les perles de la troisième République


De vincentp, le 16 décembre 2006 à 22:38
Note du film : 6/6

"Il a l'air d'un vieux chien"

Un classique parmi les classiques, à la fois comédie de moeurs loufoque et satire sociale grinçante, se situant à mi-chemin entre Ersnt Lubitsch et les Marx Brothers, soit une troisième voie empruntée par un génial excité du bocal, à savoir Sacha Guitry. L'idée lumineuse consiste à renverser les rôles traditionnellement dévolus à ce type de comédie, à savoir des monsieurs âgés courtisant des jeunes filles, en quête de revenus et de respectabilité sociale… Mais Sacha Guitry ne s'interdit pour autant aucune liberté d'écriture, brassant furieusement les thèmes, les milieux sociaux, différents types de comique, pour un résultat jubilatoire. Les répliques fusent, les institutions françaises en prennent pour leur grade, et voilà un film qui rentre de plein pied dans la légende du cinéma français…


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De paul_mtl, le 16 décembre 2006 à 23:32

à mi-chemin entre Ernst Lubitsch et les Marx Brothers

J'ai hate de voir cette comédie de Sacha Guitry dont je ne pense pas l'avoir deja vu.

C'est jamais facile de décrire un style original avec d'autres. Ce qui est dommage c'est notre habitude de prendre les artistes americain comme réference pour parler d'artiste europeen. Sur un forum francais de cinema, je parle de Totò ou Nino Manfredi et on me répond Charlot/Chaplin. Et sans arret. J'essaye de me défaire de cette habitude qui homogeneise tout et tjs vers les mêmes.

Merci Vincent du signalement.


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De vincentp, le 17 décembre 2006 à 09:11
Note du film : 6/6

Je compare Guitry avec des éléments de son époque (les années trente).


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De Impétueux, le 17 décembre 2006 à 14:39
Note du film : 4/6

J'étais absolument persuadé d'avoir déjà semé des petits cailloux – des diamants et des perles, plutôt ! – sur un des meilleurs films du grand, de l'immense Guitry, film plein d'esprit, de rosserie, et pourtant jamais dénué de gaieté et de gentillesse !

Et voilà que je découvre que je m'étais tu, moi qui voue au grand Sacha une dévotion similaire – mais vraisemblablement plus durable que celle qui unit ici sectateurs de Civeyrac ! Que s'est-il passé ?

Merci, en tout cas, Vincentp, d'avoir initié la curiosité de certains qui ne connaissaient pas cette comédie délicieuse ! Déjà vous avez appâté Paul mtl ! d'autres suivront !


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De Impétueux, le 23 octobre 2011 à 23:26
Note du film : 4/6

Le thuriféraire habituel du talent de Sacha Guitry que je m'enorgueillis d'être sur ce site est, à la re-vision légèrement déçu de Ils étaient neuf célibataires où il n'a pas tout à fait retrouvé la patte – ni la pâte – du Maître, en tout cas où il a constaté sans doute un peu trop de dilution du génie absolu de Sacha Guitry : lui-même.

Ce n'est évidemment pas que ce soit mauvais, loin de là, les mots rosses et drôles y sont légion, l'esprit y foisonne, le rythme y est enlevé, plaisant, virevoltant, les acteurs sont souvent délicieux, que ce soient les habitués (Pauline Carton, Georges Grey, Marguerite Pierry, Marguerite Moreno), les excentriques, si importants, du cinéma français (Saturnin Fabre, Raymond Aimos, André Lefaur, Sinoël) ou les frais minois des délicieuses Betty Stockfeld et Geneviève Guitry.

C'est d'ailleurs peut-être là que le bât blesse : trop, c'est trop, et la collection d'acteurs dont beaucoup venaient du théâtre et y retournaient souvent (Victor Boucher, Marguerite Deval), fatigue un peu par l'accumulation des tics de ceux qui ont l'habitude de faire un clin d'œil à la salle et d'en entendre monter les rires.

Comment dire ? Le scénario est ingénieux, mais s'essouffle vite : afin de ne pas subir les atteintes d'un texte qui les expulse hors de France, les étrangers qui y résident – en l'espèce les étrangères – se dépêchent de se marier et ainsi de devenir nos concitoyens. D'où le découpage du film : présentation successive des neuf français célibataires qui sont prêts à conclure, moyennant finances, ces unions blanches, puis présentation de cinq étrangères (et de deux françaises animées par d'autres impératifs) ; et enfin, mariages célébrés, les escapades des époux vers leurs épouses.

De ce fait, il y a une suite de scènes trop séquencées, trop indépendantes les unes des autres : chacun et chacune font leur numéro : certaines des retrouvailles sont épouvantablement mauvaises : par exemple celles d'Adhémar (Saturnin Fabre), vieil aristocrate emphatique tombé dans la misère noire avec Isabelle Patureau (Marguerite Pierry), qui dirige une maison close de luxe ; ou celles d'Adolphe (André Lefaur), qui vient jouer le sigisbée de Joan May (Geneviève Guitry), se prétendant son père afin qu'elle puisse répondre aux avances de son soupirant Michel Servais (Georges Grey, toujours aussi empesé). D'autres se laissent voir, bien qu'elles soient issues directement des trucs du boulevard, comme la fuite d'Athanase (Max Dearly) des bras empressés de Consuelo (Marguerite Moreno, dont on sait qu'elle fut grande consommatrice d'hommes)…

La seule vraie réussite est celle des pitreries d'Amédée (Sinoël) qui retrouve sur la piste d'un cirque sa femme et danseuse Mi-Ahou (Princesse Chio), parce que le burlesque l'emporte sur l'esprit et que le burlesque va mieux que l'esprit à cette histoire trop écrite.

Restent Sacha Guitry lui-même et Elvire Popesco ; lui est égal à toujours, c'est-à-dire éblouissant dès qu'il prend la parole, joue de sa voix, de ses mines, de ses gestes, de ses intonations, de son charme fou ; elle a sans doute trouvé son seul bon rôle important au cinéma, qui fut, paraît-il une actrice de théâtre exceptionnelle et qui, octogénaire, emplissait les salles. Son jeu outrancier n'est pas dénué de charme….

Toujours est-il que, pour qui voudrait mieux connaître l'immense Guitry, il y a mieux à faire que de regarder Ils étaient neuf célibataires


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De Gilou40, le 25 octobre 2011 à 02:52

elle a sans doute trouvé son seul bon rôle important au cinéma, qui fut, paraît-il une actrice de théâtre exceptionnelle et qui, octogénaire, emplissait les salles. Son jeu outrancier n'est pas dénué de charme….

Exceptionnelle ? Oh que oui ! Et bien plus encore ! Malgré une certaine aversion pour le théâtre, faites vous violence, voyez ça, Monsieur, et reparlons en !

Ou ça :

Ca s'appelle "de la bombe" !…


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