Forum - Mystic River - Critique
Accueil
Forum : Mystic River

Sujet : Critique


De Christopher Brandon, le 15 octobre 2003 à 02:06
Note du film : 5/6

Mystic River

« Et si ce n’est toi, c’est donc ton frère… » Trois enfants traumatisés par l’enlèvement puis le viol de l’un d’entre eux qui deviennent trois adultes aux ambitions différentes dont le destin va, avec une certaine cruauté, raviver les plus terribles souvenirs à la suite du meurtre sordide de la fille de l’un d’entre eux… Telle est la base de l’histoire du dernier, et meilleur depuis longtemps, film de Clint Eastwood. On attend chaque année la nouvelle cuvée de cette immense personnalité dont on doit tout de même reconnaître la capacité à s’entourer des meilleurs comédiens que compte Hollywood aujourd’hui. Ici, c’est pas moins de trois acteurs incroyables qui nous déroulent ce drame classique et superbe. D’abord Sean Penn, dont la quarantaine est éclatante et la puissance rentrée vibre de menace tout en étant attirante. Ensuite Tim Robbins le géant, qui en plus d’avoir des positions politiques en général estimables, prouve si besoin était qu’il sait décidément tout jouer. Enfin le félin Kevin Bacon, qui à la manière d’un excellent vin, traverse les années tel un John Cusack, avec un sens similaire du bon goût et de la classe. Ils sont intelligemment accompagnés par la subtile Laura Linney, qui avait déjà impressionné récemment l’auteur de cette critique dans l’ambiguë Vie de David Gale de sir Alan Parker. Pour ceux qui aiment les livres d’Armistead Maupin, la saga des Chroniques de San Francisco, peut être apprendront-ils avec plaisir que Laura Linney prêtait son visage, dans l’adaptation télévisuelle réussie des Chroniques, au personnage de Mary Ann Singleton. Actrice spécialisée dans les seconds rôles difficiles, elle est la plupart du temps parfaite. Parfaite, tout comme la comédienne Marcia Gay Harden, oscarisée pour son rôle dans Pollock d’Ed Harris. Marcia est d’une justesse admirable dans la détresse de son personnage. A coté, la présence de Laurence « Morpheus » Fishburne est plus anecdotique mais le plaisir de le voir excuse la petitesse de son rôle.

Les critiques sont plutôt positives sur ce film, et elles ne sont guère forcées tant Eastwood tient son film avec la même force tranquille qu’on peut constater depuis près de trente ans qu’il est derrière la caméra. Si on peut juger Mystic River comme un film relativement académique, reconnaissons que sa force tient précisément au fait qu’il pourrait avoir été réalisé il y a dix ou vingt ans et que pour autant il est moderne, comme un très bon Scorsese. A l’inverse, on peut penser que dans dix ans il apparaîtra comme l’une des pièces maîtresses de la filmo du grand Clint, au même titre qu’Impitoyable ou Bird. Eastwood semble tellement à l’aise dans tous ses films. Au regard du décalé Minuit dans le jardin du Bien et du Mal, du mélo magnifique Sur la route de Madison (ah, Meryl Streep, tu es la meilleure actrice de tous les temps !), du western crépusculaire Impitoyable, jusqu’au gérontophile Space cowboys, Eastwood prend son pied et nous fait partager son plaisir.
Devant un tel éclectisme, dont le fil rouge est sans conteste le jazz qui ponctue chacune de ses BO, on ne peut que s’étonner des critiques faites sur son coté républicain bon teint ou sur son travail de réalisateur à la « papa ». Qui, dans les réalisateurs qui ont débuté dans les années 70, a eu une carrière aussi stable que papy Eastwood ? Quelle personnalité d’Hollywood peut se targuer d’avoir eu autant de ses films plébiscités par le public sur une aussi longue durée ? Robert Altman peut être ? Sans doute pas. Personne à Hollywood, et osons le dire dans le cinéma mondial, n’a la stature d’Eastwood. Il ne s’agit pas de dire qu’il est le meilleur, ce qui n’est pas le cas, ni qu’il est le plus indépendant, ce qui serait là aussi faux, mais il est indiscutablement l’un des plus résistants aux modes et aux courants, aux illusions de tous bords (à commencer par celle récente des effets spéciaux qui cachent désormais les maigres propos des superproductions) et aux mirages du box-office. Ce qui fait la solidité d’Eastwood, ce sont trois valeurs constitutives de ses films : la fidélité (à ses comédiens, à ses techniciens, à ses convictions de raconteur d’histoires simples), le respect (des œuvres adaptées, de ses confrères et du public) et enfin l’honneur (celui, bafoué, trahi, ou réhabilité de ses personnages). Mystic River n’échappe pas à ce tryptique, et le fait d’avoir choisi les sieurs Robbins, Penn et Bacon, dont les carrières et les positions politiques fait écho, et ce n’est sans aucun doute pas un hasard, à ces trois valeurs. De là à dire que la boucle est bouclée, espérons pas le moins du monde. Si Eastwood n’est ni le meilleur ni le plus doué, il est sans doute, à l’instar de Woody Allen, l’un des plus irremplaçables.


Répondre

De dumbledore, le 16 octobre 2003 à 22:04
Note du film : 6/6

Très grand film de Clint qui fait partie – à mon goût – des plus grands réalisateurs ! Un petit chef d'oeuvre d'intelligence. A ne pas rater.


Répondre

De Bastien, le 17 octobre 2003 à 12:16
Note du film : 5/6

On peut dire qu'en changeant de chef opérateur pour "Blood Work", Eastwood a commencé une nouvelle phase de sa carrière de cinéaste, sans doute la dernière, et pas la plus facile à aborder… Tom Stern, qui bossait comme assistant à Jack.N.Green sur les précédents film, a une vision beaucoup moins lumineuse que son prédécesseur, et ça se fond dans les dernières ambitions de Clint. Si dans son œuvre précédente, le réalisateur mettait son image mythique en jeu, ici il reprend un canevas plus proche de celui de deux de ses bijoux, "Un Monde Parfait" et "Minuit dans le jardin du Bien et du Mal"…

"Mystic River" raconte donc le récit de trois amis d'enfances marqué dés le départ par une triste fatalité (un enlèvement/viol) qui va au fil des années tisser une toile opaque, secrète mais irrémédiablement tragique… La violence originelle est vue au travers de la métaphore du vampirisme (au passage Clint lance un extrait du film de Carpenter, qui est sans doute là pour confirmer les connexions qu'on a pu faire entre les deux cinéastes)… Par ces aspects, on pense très souvent pendant la projection au "Nos Funérailles" d'Abel Ferrara, avec lequel il partage la tache de la violence originelle, le motif du deuil ainsi que les personnages féminins qui tiennent dans l'ombre une partie des fils des marionnettes. Mais contrairement à "Nos Funérailles", "Mystic River" nous privera toujours d'un Catharsis à la tragédie. Encrée définitivement elle n'a pas finis son mal… Le motif des flash backs n'existent que subrepticement, puisque le trauma est là dés le départ, et l'ensemble est d'une limpidité mortuaire qui fait froid dans le dos.

La dernière séquence, pendant la parade, nous présente un nouvel état des lieux des personnages qui n'a rien d'une résolution, plutôt de nouvelles bases/conséquences à la tragédie. Cet acheminement original montre toute les qualités de scénariste de Brian Helgeland pour gérer avec simplicité une histoire complexe, dans toute ses ramifications. Eastwood a sans douté été frappés par ces qualités dans "L.A Confidential".

Il reste à savoir maintenant comment chaque spectateur acceptera une œuvre à ce point remplit de tristesse… Déjà dans "Blood Work", l'idée de l'abolition temporelle était mise en avant, ici elle est prégnante définitivement à tout les niveaux. Une des idées formelles d'Eastwood a souvent été par exemple d'ouvrir et de fermer ses films par une image globalisante: un plan éloigné ("Impitoyable"), des travelings aériens("Minuit…" avec en plus sa fameuse image statufiée de la justice, "Un monde Parfait", "Jugé Coupable"… )… Une mise à distance qui prend une forme incroyable dans "Mystic River". Clint survole Boston à de mainte reprise dans une quiétude effrayante . On aura rarement rendu compte à ce point d'une force irrépressible. Le dernier plan magnifique sur la Mystic nous donne le sentiment de plonger dans un bouillon, tandis que la forêt, lieu de l'enfance, devient le tombeau des deux grandes victimes du film (comme cette verdure le fut pour Costner dans "a Perfect World")

Alors cette force, est-elle religieuse ou seulement destinée? Le surnaturel de "Minuit…" laisse place à quelque chose de plus inquiétant.Si Clint a souvent composé lui-même dernièrement des thèmes de ces films, ici il prend seul en charge une mélodie dépouillée qui semble là aussi emporter avec la même force ces personnages. Ces derniers sont campés solidement… Si les performances de Penn et Robbins sont les plus voyantes et celles sur lesquelles on se sent le plus en méfiance, à l'instar du film, elle travaillent pas mal après la vision. Mais le chapeau revient à Marcia Gay Harden, formidable et dont le personnage porte au final le plus le poids et l'horreur cachée du film… Après avoir passé tout le long métrage en retrait, Laura Linney a une scène finale étonnante… Quand à Bacon, son rôle est plutôt ingrat, mais il campe ce rôle "au milieu" avec beaucoup de justesse. On attend encore un grand rôle comme celui qu'on lui a offert avec "Hypnose".

5/6, film et note en gestation.


Répondre

De Cristobal, le 18 octobre 2003 à 16:51

ABYSS RIVER : Sous la surface lisse et étale de la rivière du temps, grondent les tourbillons sourds des traumatismes qui défigurent l'enfance et abîment l'innocence dans le cercle infernal et inexorable de la névrose, de la psychose et de l'appétit pour la fureur. Meurtres et vengeances.

Une rue, quelques pâtés de maisons, une communauté fermée, un huis-clos tragique en cinq actes qui écrase et oppresse ses habitants, emportés par la roue implacable de la répétition. Comme marqués du sceau de la plus épaisse et sordide matérialité, les enfants n'ont pas appris à lever les yeux vers la lumière et le ciel.

Jeté et abandonné dans un recoin obscur, seul et broyé, corps et âme, pendant quatre jours. Eternité et chute d'un esprit brisé et qui sombre, cassé, dans les tourments obsessionnels d'une psychose qui étouffe peu à peu. Une conscience bourrelée de remords. Dissociation de la personnalité. Et voilà que l'essor vital est comme arrêté net, comme s'il ne pouvait plus y avoir d'évolution vers plus de compréhension. Comme si le monde ne pouvait plus s'ouvrir et grandir. Comme une machine enrayée, un mécanisme grippé qui n'offre plus qu'une descente aux enfers. Et cette roue folle du destin traverse les générations comme une peste balayant tout sur son passage.

Un grand film de Clint Eastwood, noir, trè noir, qui met en scène des êtres humains-marionnettes, brisés à l'aube de leurs existences, et qui déplacent leurs corps et leurs esprits dans le clair-obscur crépusculaire de la négation, du déni, du refoulement, de la répétition, de l'emportement aveugle. Déchaînement de la violence et des rancoeurs, labyrinthe tortueux et épuisant de la vengeance. Des vies dévastées et défigurées par le brouillard opaque et gluant de l'ignorance où le Verbe lui-même est détourné de sa fonction originelle d'éclaircissement et d'explicitation.

Avec ce personnage final qui surgit et justifie les meurtres en usant d'un discours sur l'amour et la force du coeur : une Lady Macbeth d'apparence sage et lisse qui contribue et continue de tirer les ficelles, pour que grandissent et croissent le pouvoir et le règne de son mari et de sa famille sur le quartier.

Mystic River ? Une tragédie qui tourbillonne et s'enfonce toujours plus avant dans le sol, loin de la lumière et de l'espoir d'une vie meilleure, avec des personnages aux accents shakespeariens, comme cette Lady Macbeth in Boston Kingdom.


Répondre

De PM Jarriq, le 30 mai 2004 à 11:58
Note du film : 5/6

Après des films tièdes ou bâclés ("Créance de sang" et ses coups de théâtre embarrassants), Eastwood retrouve la veine de "Impitoyable", sa noirceur, sa vision du monde sans rédemption. Tant mieux ! Comme John Huston (qu'il incarna, d'ailleurs), il risque de donner sur ses vieux jours, ses oeuvres les plus étonnantes. Ce qui frappe dans "Mystic river", c'est cette chronique d'une mort annoncée. En fait, le poids du passé ne pourra être levé qu'avec la mort de Dave. Une fois le geste accompli, Jimmy deviendra vraiment ce qu'il a toujours été : un caïd impitoyable et Sean pourra assumer son rôle de flic sans état d'âme. Les enfants qu'ils furent sont définitivement noyés dans la rivière.

Les thèmes sont nombreux et le film nécessite plusieurs visions. C'est en tout cas le meilleur rôle de Robbins, acteur généralement moyen, ici complètement habité et Sean Penn crée une tension parfois insupportable (la scène du café avec Dave, où il est littéralement prêt à exploser à chaque seconde).

Alors qu'on voyait Eastwood sombrer peu à peu dans la routine et la déception, comme Woody Allen, ce sursaut magnifique est un vrai cadeau.


Répondre

De beuss, le 7 septembre 2004 à 23:42
Note du film : 4/6

comparez l'affiche de Mystic river et celle de Sans retour. A vous de juger.


Répondre

De droudrou, le 3 septembre 2007 à 22:56
Note du film : 5/6

Excellent ! Il serait difficile de mieux dire que les uns et les autres au fil de ce forum. Néanmoins une question se pose : celle du titre, celle qui justifie ce titre de "Mystic river" quand une critique évoque "Abyss River" qui me paraîtrait déjà beaucoup plus juste…

Pour le moins, c'est très vrai que ce film demeurera parmi les meilleurs au niveau de la filmographie de Clint Eastwood.


Répondre

De Arca1943, le 3 septembre 2007 à 23:53
Note du film : 5/6

La rivière Mystic traverse Boston.


Répondre

De Impétueux, le 4 septembre 2007 à 00:17
Note du film : 4/6

Est-ce que ce Clint Eastwood est le même acteur que celui qui jouait dans les westerns de Sergio Leone ?


Répondre

De droudrou, le 4 septembre 2007 à 07:45
Note du film : 5/6

Eh bien oui ! C'est surprenant ! Une foultitude de talents ! Et il écrit la musique de ses films ! Une collection éditée par Warner Bros et lui consacrée permet de mesurer la taille (au propre comme au figuré) de ce grand bonhomme du cinéma…


Répondre

De PM Jarriq, le 4 septembre 2007 à 09:43
Note du film : 5/6

Le contraste est encore plus stupéfiant, quand on le voit dans ses petits rôles de benêts (La revanche de la créature) ou de militaires falots (Lafayette escadrille), sans parler du jeune vacher impulsif de la série Rawhide. Le raccourci entre ce Rowdy Yates, et le vieux manager spectral de Million dollar baby est à peine croyable.


Répondre

De Steve Mcqueen, le 19 octobre 2010 à 20:09
Note du film : 6/6

L'enfance meurtrie au coeur de la nouvelle merveille de Clint Eastwood

Dans Mystic River, le grand Clint, réalisateur à l'oeuvre emblématique des contradictions de l'Amérique, héritier d'un cinéma classique dont il est sans doute le dernier représentant, offre à nos yeux émerveillés un magnifique requiem, celui d'une enfance bafouée, foulée aux pieds par des adultes qui détruisent ce moment de grâce et d'innocence…

Une banlieue de Boston. Trois gamins s'entraînent au hockey dans la rue. Leur balle tombe dans un égout. Les gamins sont désoeuvrés. Jimmy, le plus effronté des trois, a l'idée de graver leurs noms sur le ciment encore mouillé du trottoir. Une voiture s'arrête devant eux. Un homme, portant à la ceinture un badge de policier, descend et les regarde d'un air menaçant. Sans autre forme de procès, il oblige Dave à monter dans la voiture. Ses deux amis le regardent partir, interdits…

Clé de voûte du film, la scène d'ouverture fait éternellement retour, par le cauchemar qu'elle annonce ; point de départ d'un secret qui lie à jamais les trois témoins et acteurs du drame. Les trois garçons, devenus adultes, garderont en eux les séquelles, les métastases de ce drame originel. Dave (Tim Robbins) semble absent, comme si ce traumatisme avait imprimé dans son âme brisée en mille morceaux des stigmates indélébiles… Jimmy (Sean Penn), devenu un chef de clan respecté, d'une brutalité atavique, perd sa fille et fait tout pour découvrir le coupable, piétinant ses anciennes amitiés, soutenu par femme qui se révélera être une figure quasi-shakespearienne lors de la dernière séquence. Enfin Sean (Kevin Bacon), le dernier, adopte une attitude froide et rationnelle…

Eastwood transcende la structure d'un film policier classique (meurtre, enquête, suspects) pour plonger le spectateur dans la peur et les secrets inavouables de l'enfance. Dans la grisaille des jours et la lueur bleutée des nuits, les personnages de ce drame crépusculaire, irrémédiablement prisonniers de leur passé, ne peuvent échapper à leur destin.

Drame psychologique troublant, enquête policière intense, drame intime aux accents tragiques, Mystic River est la démonstration éclatante du talent d'Eastwood, qui continue de construire, film après film, année après année, l'une des oeuvre les plus cohérentes et fortes du cinéma américain contemporain…


Répondre

De Impétueux, le 30 avril 2015 à 19:44
Note du film : 4/6

Je suis assez surpris du concert de louanges élevé pour Mystic river, dans quoi beaucoup d'amateurs de qualité voient une œuvre majeure et qui m'a semblé bien touffu et torturé, tout nourri des complexités romanesques des auteurs de polars étasuniens (pour ce que j'en connais qui, je l'admets volontiers, n'est pas grand chose). Un puzzle qui s'assemble graduellement, des tensions qui se font jour, la révélation de caractères, de situations, de secrets, de non-dits : vous passez au shaker et hop ! passez muscade…

J'ai conscience d'exagérer un peu. J'ai pris de l'intérêt aux aventures à la fois parallèles et divergentes (nouvelle notion mathématique dont je ne suis pas peu fier) de ces trois gamins de Brooklyn qui, vingt ans après le rapt et le viol immonde de l'un d'entre eux, se retrouvent miraculeusement assemblés par l'assassinat de la fille d'un autre. C'est bien fichu, les acteurs sont parfaits, les sites urbains (Boston, je crois) absolument sans caractère, les policiers ont la bouche amère qui sied à leur rude métier (et arrivent, le revolver en main, exactement au moment où il faut qu'ils arrivent), les femmes sont utilitaires et dévastées et les remugles du passé sont atrocement puants.

Même si la révélation finale de l'identité des assassins de la jolie Katie (Emmy Rossum) arrive comme un cheveu sur la soupe et apparaît bien plate, au contraire de ce qu'on espérait de troublantes surprises, c'est bien mené, sur un rythme un peu plon-plon, sans beaucoup de souffle, mais sans ennui.

Ça va de soi, tout le monde est malheureux, tout le monde porte de lourdes saletés, des frustrations majuscules, des désolations accablantes : aucun des trois garçons qui jouaient au hockey avec insouciance au tout début du film n'a une vie légère. Dave Boyle (Tim Robbins) parce que, violé, esquinté, abîmé dès l'origine, il est déjà mort dans la cave où ses profanateurs l'ont confiné. Jimmy Markum (Sean Penn) parce que la seule femme de sa vie est morte d'un cancer alors même qu'il était emprisonné et que, depuis lors, il ne fait que survivre avec son substitut, Annabeth (Laura Linney). Sean (Kevin Bacon) parce que sa femme l'a quitté sans qu'il comprenne pourquoi et qu'il erre depuis lors comme un mouton lourd dans un monde cruel (rapprochement à faire avec L'Œil (Michel Serrault) de Mortelle randonnée). Tout le monde est malheureux, mais tout va s'arranger à la fin (comme l'a noté opportunément le disparu et regrétté PMJarriq) : Dave est mort et désormais tranquille, Jimmy va redevenir le gangster qu'il aurait pu ne pas être et Sean l'agent du FBI qu'il rêvait de devenir.

Voilà qui se laisse regarder, mais qui passera comme un zéphyr…


Répondre

De Arca1943, le 30 avril 2015 à 22:43
Note du film : 5/6

«J'ai pris de l'intérêt aux aventures à la fois parallèles et divergentes (nouvelle notion mathématique dont je ne suis pas peu fier)… »

Sans vouloir entamer votre orgueil, un autre grand catholique, Aldo Moro, vous a précédé sur ce terrain avec ses convergences parallèles (ne cherchez pas à comprendre, c'est le langage du "Compromis historique").

Et j'en profite pour mettre un beau gros 5 tirant sur le 6 à ce film magnifique !


Répondre

De Impétueux, le 1er mai 2015 à 12:59
Note du film : 4/6

Ah là là, ils sont forts, ces Italiens !!!


Répondre

De droudrou, le 1er mai 2015 à 18:10
Note du film : 5/6

Revu ! les eaux de la Mystic River sont vraiment glauques… plus qu'à un film Mystic River me fait penser à une pièce de théâtre… Comme il y avait longtemps que je n'avais vu le film le redécouvrant, moi qui n'aime guère Sean Penn j'étais à la fête…


Répondre

Installez Firefox
Accueil - Version bas débit

Page générée en 0.059 s. - 5 requêtes effectuées

Si vous souhaitez compléter ou corriger cette page, vous pouvez nous contacter