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Forum : Les Aventures de Rabbi Jacob

Sujet : Avis


De jipi, le 6 décembre 2006 à 10:47
Note du film : 5/6

Victor Pivert chef d'entreprise raciste fliqué par une mégère hystérique donne sa fille Antoinette en mariage au fils d'un militaire de carrière. Apprenant que son chauffeur est juif il le garde à son service pour plus tard le licencier en lui offrant des Sabbats en soldes. Le fond d'un effarement est touché quand il se retrouve projeté sur la route d'un mariage mixte en adoptant instantanément suite à une réflexion de trop la couleur de la mariée

Non loin de la des arabes se contorsionnent dans des conflits internes, c'est beaucoup pour une journée surtout dans une logique « vieille France » ou la couleur blanche se doit d'être protégée de toutes ces soudaines nouveautés.

Un arabe subjugué par les rousses bénit un jeune juif voyant à travers un habit mal porté une chaleur humaine. Un faux Rabbin donne des bénédictions Papales rue des Rosiers, un ministre essaie de refourguer du matériel militaire à un nouveau président, Germaine Pivert fait du mélo à Orly sous les regards d'un Farès médusé sans parades devant de tels débordements féminins, c'est un message attention la femme a du potentiel en reserve et le montre bruyamment.

Une danse improvisée rapproche Juifs et Chrétiens dans de mêmes pas exécutés instantanément, c'est la communion solennelle spontanée de tous les composants de la terre embrigadés dans une aventure ou chacun est l'autre en restant lui-même. Un récit unitaire se construit par les différences, chacun apporte par sa compréhension l'immense espoir d'une implication commune de plus en plus importante rythmée par le mouvement.

Slimane s'émerveille devant la belle chevelure d'Antoinette, Victor Pivert défend sa tribu les Smolls, Rabbi Jacob rêve de revoir sa Normandie, des policiers confondent port du chapeau obligatoire et fausses coutumes de saluts. Chacun inconsciemment communique avec son opposé par le paradoxe et l'acquis d'une éducation distribuée par des pairs dont les approches sont révolues.

les mentalités s'offrent, s'entrecroisent, dans un récit volontairement ouvert à toutes les configurations. C'est la nouvelle terre ou les mains de cousins éloignés se serrent en amorçant un existentiel peut-être un jour commun.

Le cinéma de Gérard Oury nous manque atrocement, il offre bien souvent la saveur finale d'un bouillon d'idées de tous bords construit, structuré par la comédie.

Personne n'est à bannir, tout le monde se discipline dans un monde responsable. Le créateur ne porte qu'un seul nom : Tolérance, cet état se devant d'être universel.

         
  

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De paul_mtl, le 6 décembre 2006 à 12:12
Note du film : 4/6

Le cinéma de Gérard Oury nous manque atrocement

Oui et non. J'ai peu apprecié ces films d'apres 1980. La Soif de l'or malgré l'acteur comique Clavier que j'adore a été ,passé le début du film, une déception. Ca fait ainsi une transition avant sa disparition qui me laisse moins de regret. Disons que c'est surtout le couple Bourvil,De Funes dirigé par Oury qui me manque.

Sa fille Danièle Thompson qui participait à l'ecriture de plusieurs de ses scenario prolonge d'une certaine façon son oeuvre avec 3 long-métrages jusqu'à present.


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De jipi, le 6 décembre 2006 à 15:01
Note du film : 5/6

Bonjour Paul.

Bien sur je pensais au tandem de Funes Bourvil même si celui-ci n'apparait pas dans Rabbi Jacob, on ne peut pas en effet considérer la soif de l'or et le Spountz comme porteur.

Gérard Oury aurait mérité pour certains de ses films un prix nobel qu'il a reçu d'ailleurs, te souviens-tu dans quel film? Je te donnerai la réponse si tu ne trouves pas


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De jipi, le 6 décembre 2006 à 15:30
Note du film : 5/6

Il y a une scène plus ou moins insignifiante dans Rabbi Jacob qui personnellement me fais rouler sous la table de rire, c'est quand le ministre essaie de refourguer un concorde à Slimane devenu président n'y arrivant pas il a ces mots "Je vais lui glisser une allusion, nous venons vous chercher dans notre alouette dernier modèle".

    

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De paul_mtl, le 6 décembre 2006 à 15:32
Note du film : 4/6

Désolé Jipi, ma memoire s'arrête aux scientifiques primés comme Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de physique 1991, pour ses contributions en particulier sur les cristaux liquides qui sont presents dans nos ecrans LCD.

Je donne autant de crédit aux prix Nobel de Littérature (voir de la Paix) que les autres prix litteraires ;)


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De PM Jarriq, le 6 décembre 2006 à 15:50

Oui… Oury sans De Funès, c'est un peu Edwards sans Sellers, Herzog sans Kinski, Ford sans Wayne, Pagnol sans Raimu, etc. L'un valorisait l'autre, et vice-versa.


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De jipi, le 7 décembre 2006 à 08:56
Note du film : 5/6

Bonjour Paul Je te donne la réponse, il le reçoit dans un role du film "Pas de lauriers pour les tueurs" avec Paul Newman et la belle Elke Sommer.


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De Frydman Charles, le 16 novembre 2007 à 09:43

Rabbi Jacob quitte les Yankees pour rejoindre sa famille française…Pendant ce temps,Salomon son neveu a un bon Job en France. C'est le chauffeur de Pivert. Pivert qui va se retrouver englué dans du chewing-gum vert « Le yankee ».Salomon,lui ,a perdu son Job, et ce n'est pas la lecture du « livre de Job » qui va le lui rendre…Un livre certes poétique bien qu'écrit en prose et non en vers…et dot les vers ne sont pas tous poétiques. Mais lorsque « la Piverte » devient le faux Rabbi Jacob et est démasqué par Salomon,il s'engage à redonner un Job à Salomon. Au final, le « bon Samaritain » déguisé en rabbin avec son bedeau se retrouvent sur une moto .Ils longent la rue de Rivoli et passent devant le magasin deux de la Samaritaine. En résumé des aventures amusantes pour faire passer un message de tolérance.Un melting-pot à la française dans une curieuse cuve de chewing-gum vert "le Yankee".Loin du billet vert…


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De EGO, le 8 octobre 2008 à 17:09

Belle analyse et tellement peu barbante… barbichante?

Oury a donné son meilleur avec " Rabbi". Il fait partir trois intrigues en même temps. Deux de ces trois se croisent, s'emplafonnent même, au premier carrefour, il faudra une bonne heure ( de film ) pour que la troisième les rejoigne et donne le bouquet que l'on connait. C'est très habile. Le prologue – générique, dans le quartier juif de New-York, est une réussite picturale.

De Funès, quant à lui, touche sans doute ici son sommet. Son personnage est une nouvelle fois haïssable au possible et tout compte fait, adorable ! Adorable parce que l'on sait que tout ça est du cinéma, que De Funès est un artiste et le personnage, un personnage ! Haïssable parce qu'il incarne tout ce qui nous fait grincer… de rage et d'envie.

De Funès, dans tous ses films, est un battant ! Un homme qui grimpe et réussit ! Là, sans doute, se fait l'aiguillage qui le sépare de Groucho Marx. Celui-ci n'est qu'un sempiternel raté satisfait de ces miettes et qui préfère ses rêves dorés à leur concrétisation ! De Funès est un patron, un chef d'empire, un roi qui a de la fortune mais ne l'a pas volée. Il tyrannise à tout va car il a la direction dans le sang et sait d'expérience qu'il faut un peu secouer son petit monde pour le voir se bouger les miches… Voici bien pourquoi il agace: il incarne la réussite légitime, fille de l'ambition honorée et de la sueur versée. Combien sommes – nous à rester sur nos starting-blocks tout grande gueule que nous sommes ?

De Funès n'était pas juste un roquet qui jappe et montre les dents, c'était un lion déguisé en roquet.


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