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Forum : Tombés du ciel

Sujet : Version originale française


De paul_mtl, le 1er décembre 2006 à 18:53
Note du film : 5/6

The Terminal (2004) est une sorte de remake de cette comedie française qui relatait 10 ans plus tôt cette histoire réelle interpretée par Jean Rochefort.

Si le remake vous a ennuyé, cette version devrait vous amuser avec une galerie de portraits touchant et drôle dont celui interpreté par Ticky Holgado.

Un film à editer en DVD sans l'ombre d'un doute.


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De gilou40, le 9 mars 2010 à 17:05
Note du film : 5/6

Ce film est un gâteau. Une douce sucrerie. Un baume pour le coeur… On aurait pu craindre la mièvrerie, mais par la grâce de ses acteurs elle est absente de cette recette magique.

Autrefois diffusé sous le titre Transit, ce Tombés du ciel est une heureuse incursion dans le monde chamarré et désespéré des sans-papiers. Philippe Lioret, le très heureux réalisateur de l'excellent Welcome et du plus réservé L'équipier, nous offre là une étrange équation. Des êtres aussi différents les uns que les autres, en attente d'un paradis dont, tous ensemble, ils sont l'esquisse…

De quoi s'agit il ? Un homme d'affaire, Arturo, l'éternellement talentueux Jean Rochefort, se fait piquer son passeport au beau milieu de l'aéroport de Montréal, et s'en aperçoit, arrivé à Roissy. Les douaniers ne voulant rien savoir, Arturo va se retrouver "sans papiers", en attendant de pouvoir justifier de son identité. Et de ce fait, il va rejoindre pour une nuit, la "zone internationale" dite de "transit", c'est à dire… nulle part. Et dans cette zone de nulle part, il va rencontrer des habitués de ce lieu bizarre ou personne n'existe socialement et où tout le monde échappe à tout contrôle.

Aparté : Comme dirait Françoise Rosay dans La métamorphose des cloportes : "- Vous me filez le train ??-"…

Arturo, n'ayant pour tout bagage qu'un paquet cadeau, contenant un canard en céramique qu'il rapporte à sa femme, sera donc conduit dans une sorte de grand réduit ou il est prié de rester jusqu'à réception de ses nouveaux papiers. Et là, il fait connaissance d'une "famille". Pas une famille au sens strict du terme, mais la tendresse qui unit ces gens sans territoire et sans illusions, fait que des liens bien comparables les unissent.

Notre homme d'affaires, à la vie bien jalonnée, aux certitudes bien ancrées, se trouve non pas confronté, mais se pose en intrus devant ces gens qui vivent dans la peur en permanence. Et si demain, on découvrait qu'ils n'attendaient rien et que cette situation, après tout, était un oasis au milieu d'une société qui leurs interdisait d'exister socialement ? Car de cette zone de transit, de ce no man's land absurde, ils en ont fait leurs chez soi… Ils sont là depuis des mois et des mois. Et ce film va nous conter la vie des ces "sans terre" au milieu de cet immense aéroport. Aéroport qui va devenir, pour eux, une ville dans la ville. Et Arturo et son canard vont suivre, histoire de survivre ou peut être de comprendre…

Dans ce grand réduit, qui sert de cuisine/salle de séjour/chambre à coucher, il y a d'abord la très douce mais très volontaire Angéla, Laura del sol, la Colombienne. C'est la maman en titre de ce petit groupe apatride. Elle veille avec un amour contenu sur les sujets de sa tendresse. Sur Zola, par exemple. Petit Gabonais de dix ans dont le père prit un jour l'avion sans lui, lui promettant de revenir, un jour, le récupérer. Il reviendra, car il est "technicien", affirme le bambin. Personne ne lui dira (ou si vite !) qu'un technicien peut être "de surface"… Angéla veille aussi sur le vieux Knak, Sotigui Kouyaté. Il ne parle pas un mot de français, et personne ne sait quelle langue il parle ! Sauf peut être notre Arturo, passionné de langues mortes. Et il n'aura de cesse de savoir… Angéla prépare également, avec la même patience le café de Serge, Ticky Holgado. Lui se cache ici, ayant eu maille à partir avec la justice. Mais "il écrit", Serge ! D'ailleurs, le buraliste de l'aéroport ne lui a-t-il pas promis de l'éditer ? Arturo l'aidera dans son travail "d’écrivain". Ne serait ce que pour corriger quelques fâcheuses fautes d’orthographe. Et il faut bien, tout doucement, lui faire admettre que le fait de vouloir écrire ses mémoires ne fera jamais de lui un écrivain…

L'attachement d'Arturo pour ses êtres sensibles et tellement demandeurs d'amour se fera très vite. Il fera partie de cette famille, la seule, peut être, qu'il se reconnaisse vraiment. A leur contact, il sent bien, et c'est là toute la force du film, qu'il est seul au monde, dans son tourment de vie. Et son tourment de vie va bientôt se manifester sous la forme de sa femme, Marisa Paredes, collante, capricieuse, égoïste, en un mot "tâche" dans ce bain d'amour. Elle se "hargne" pour récupérer son apatride de Mari. En a-t-il encore envie ?… Lui qui a pris l'habitude de courir avec ses petits copains derrière les lapins qui jonchent les alentours de l'aéroport, et qui se chausse dans des bottes qui ne sont pas les siennes…

Et les scènes les plus belles vont se succéder pour notre plus grand bonheur… Oserai-je avouer que les larmes furent difficiles à contenir ? Quand Arturo, à la demande du petit Zola, va se servir de différents légumes et instruments de cuisine pour dessiner sur la table le plan de Paris, Notre-Dame et la Seine…."- C'est ça, Paris ? -" Tous ouvrent des yeux d'enfants de Noël… Lorsque, le soir du réveillon, ils quitteront en catimini l'aéroport pour rejoindre les bateaux mouche. Et, sur l'un d'eux, immobile, ils diront tous ce qu'ils espèrent de la vie à venir. Angéla regardera le ciel en se demandant si un jour, elle reverra la Colombie… Arturo prélèvera sur ses yeux, une larme : "- Un jour, je viendrai vous la rendre… -" Serge, "L'écrivain" qui ne sera jamais publié, comprend sous ce ciel plein d'étoiles, qu'il n'en sera jamais une… Knak, lui, se tait dans sa langue morte. Et Zola ouvre grands ses yeux d'enfant… Ils sont des âmes palpables, magnifiques !

Mais un jour, un de ces jours qui ne devrait peut être jamais venir, un fonctionnaire vient délivrer à Arturo, son nouveau passeport… Il partira donc ! Une dernière fois, il tentera de comprendre le langage de Knak. Et d'expliquer à Serge qu'il a quand même, malgré tout, du talent. Il ne manquera pas de laisser, sur la table, un numéro de téléphone pour qu'Angéla puisse le joindre….Et, ému par la demande du petit Zola, il l’emmènera avec lui, pour retrouver son "technicien" de père….

C'est un film d'amour. Pas de cet amour égoïste dont se nourrissent les grands films d'amour. Mais de cet amour que l'on partage, que l'on multiplie. De cet amour dont on garde le goût quand on a tout donné… Un très grand film. Pour le cœur, s'il ne l'est pour le cinéma…


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De droudrou, le 10 mars 2010 à 17:16

Merci Gilou40 ! Après vous avoir lue j'ai commandé le DVD !


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De Pianiste, le 4 décembre 2013 à 22:49

Après avoir lu ce topic concernant Tombés du ciel, le fan assidu de Jean Rochefort que je suis ne peut que remercier Gilou40 pour son commentaire fascinant. Je n'ai jamais vu ce film, mais saperlipopette, j'en ai une envie folle!


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