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Forum : Le Rideau déchiré

Sujet : Plus de réflexion que d'intrigue


De boris, le 8 octobre 2003 à 13:37

Je considère ce film comme l'un des chefs-d'oeuvre du maître et nullement inférieur à VERTIGO ou LES OISEAUX. Malheureusement, pour des raisons difficilement explicables, il jouit d'une mauvaise réputation. Est-ce parce que la réflexion y est plus importante que l'intrigue ? Ce serait alors pathétique. En effet, les amateurs des films tels que VERTIGO ou FENETRE SUR COUR n'aimeraient donc que leur apparence anecdotique ? C'est par conséquent ces derniers films qui ne sont pas compris non plus.


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De sartorius, le 8 octobre 2003 à 20:51
Note du film : 5/6

Je suis tout à fait d'accord avec toi pour dire ce que c'est ici un excellent film d'Hitchcock sur fond de film d'espionnage un peu dans le style de "L'Etau" avec une intrigue captivante, des décors splendides et un suspense bien dans la tradition du Maître. Il est sans doute vrai qu'il est moins bien connu qu'un "Fenêtre sur cour", un "Sueurs Froides" ou même un "La Mort aux trousses" et pour cela il faut absolument le redécouvrir.


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De alfred, le 10 octobre 2004 à 18:15

du grand hitchcock à voir absolument ; un suspense tout au long d'un film plein de rebondissements. et newman-andrews font un couple magnifique…bcp de scenes fortes : l'assassinat, la danseuse, la fuite en bus, le secret de gamma 5,la tension generale tout le long du film, et j'en passe…..


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De paroscar, le 10 février 2006 à 00:07
Note du film : 6/6

Le Rideau déchiré est une perle du maitre Hitchcok au même titre que l'Etau. Le hasard des critiques a voulu qu'ils soient les deux quelque peu sous-estimés. Or, ils sont remarquablement construits, filmés et dotés d'un suspense glacial digne de la guerre froide alors en vigueur.

Les scènes sont très réalistes et sans effets spéciaux parasites, et font penser au remarquable 'Pas de lauriers pour les tueurs' ('The Prize' de Mark Robson), également avec Paul Newman dans le rôle principal. On peut toutefois reconnaitre que Frederic STAFFORD (héros de l'Etau) est plus pertinent et crédible dans son rôle que le 'fatigué' NEWMAN.

Ces 3 films sont de véritables chefs d'oeuvre du 7ème art et il est temps pour les vrais cinéphiles de leurattribuer leur vraie valeur.


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De starlight, le 10 juin 2007 à 10:16
Note du film : 3/6

Non ! pour moi ce "suspense glacial" ne peut se comparer à son aîné de 4 ans : "Trahison sur commande" de George Seaton… où la présence de William Holden et Lilli Palmer apporte une touche de vérité à l'histoire…

Pourtant les scénarios sont proches et les rebondissements aussi !… Mais (au risque de me faire tuer), Sir Alfred ne s'est pas beaucoup fatigué pour son 50 ème film et les inconditionnels du "Gros Homme" trouveront sublime la scène de l'assassinat de Gromek, la tête dans le four à gaz, ou celle interminable du bus qui s'échappe des lignes soviétiques…

Le scénario était suffisamment riche pour que l'on puisse "engager" des acteurs dont le carisme rendrait crédible l'ensemble… P. Newman n'est pas W. Holden et J. Andrews n'est pas L. Palmer !… (Horreur ! Julie Andrews dans un film pareil)… Reste la formidable prestation de Lila Kedrova, accompagnant nos "héros" à la poste de Friedrichstrasse dans sa quête d'un "répondant"…

Enfin la musique "banale" de John Addison qui a remplacé celle de Bernard Herrmann (pourtant composée spécialement pour le film)…

Alfred Hitchcok nous avait habitué à des réalisations plus fouillées… Il ne suffit pas de servir toujours les mêmes "grosses ficelles" pour croire au miracle cinématographique…


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De urspoller, le 29 février 2008 à 18:51
Note du film : 3/6

Marqué au fer rouge par l'insuccès immérité de Pas de printemps pour Marnie en 1964, Alfred Hitchcock entame une période difficile voyant son aura pâlir. Il appert de le crépuscule de la carrière de sir Alfred ne peut être comparé au commencement de sa période américaine débutée en 1940 avec le sublime Rebecca où les chefs-d'œuvre succèdent aux chefs-d'œuvre.

Pour ce métrage, après avoir abandonné nombre de projets, Hitchcock choisit de bâtir son intrigue à partir d'un fait divers mettant en scène deux espions britanniques. Mais, à partir de ce substrat, Hitch va comme dans son précédent opus s'intéressait particulièrement à la psychologie féminine négligeant véritablement de construire un scénario initial solide et achevé. Ainsi, lorsque le réalisateur d'origine anglaise présente son synopsis au studio, la production échaudée par les revers de fortune du dernier métrage du cinéaste lui impose derechef des acteurs dont le vedettariat aurait dû être synonyme de succès assuré. En fait, ce calcul s'avéra totalement inepte et le talent de sir Alfred Hitchcock fut bridé par les émoluments pharaoniques (grevant plus de 20% du budget) et les emplois du temps surchargés (d'où un tournage et un scénario bâclés) des deux stars à savoir Paul Newman et Julie Andrews.

Ainsi, en sus du départ de proches collaborateurs (Bernard Herrmann, George Tomasini ou Robert Burks) et de l'impéritie des acteurs principaux, l'absence flagrante de motivation du maître, en raison du diktat du studio, engendra ceux que d'aucuns nomment le point de déclin dans l'immarcescible (il n'y a pas que les listes qui le soient !) filmographie de sir Alfred.

Otés ses couleurs, une belle restauration, une maîtrise de la partie créative et quelques séquences magistrales comme les scènes de l'évasion en autocar et surtout celle du meurtre de Gromek dans la ferme, Le Rideau déchiré ne suscite guère d'émotions. Dommage, car on sent que l'appétence quitte peu à peu celui qui restera à mon avis comme le plus grand contributeur de l'art cinématographique. Une page se tourne, les lueurs vespérales décroissent au crépuscule et l'olympe s'enténèbre enveloppant d'un morne linceul un pan entier du septième art… Mais réjouissons-nous, car les DVD permettent à nous autres, humbles admirateurs de belles choses de revoir à l'envi les oeuvres de ce bon vieux sir Alfred.


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De Tietie007, le 4 janvier 2009 à 13:30
Note du film : 1/6

Un des plus mauvais d'Hitch, variation improbable sur les dessous scientifiques durant la guerre froide, avec une narration mal foutue et des effets filmiques un peu ridicule !


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De kfigaro, le 5 janvier 2009 à 09:31
Note du film : 3/6

Le film, mineur il est vrai, vaut surtout pour sa stupéfiante scène de meurtre (l'une des plus froides et les plus réalistes jamais filmée…) et son atmosphère qu'on jugerait tout droit sortie d'un album de Tintin (toute la dernière partie de "L'affaire Tournesol")…


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De Impétueux, le 1er juin 2016 à 17:45
Note du film : 1/6

Dieu sait si dans ma longue vie de cinéphage j'ai vu des films médiocres de réalisateurs notoires ! Même les plus grands, Huston, Duvivier, Clouzot, Risi, ont commis des bêtises ou des trucs très pâles (à mes yeux, il n'y a que Kubrick qui se soit toujours tenu au plus haut, mais il est vrai qu'il n'a réalisé que 13 films) et comme Hitchcock n'est pas de ce niveau supérieur, ça donne un Rideau déchiré qui est un véritable lambeau d'inanité.

Que je dise tout de suite que le 1 de commisération dont j'affuble le film n'est dû qu'à la présence en haut de l'affiche de Paul Newman (un peu) et de Julie Andrews (surtout). Quand au cours de mon visionnage je trouvais que le film devenait par trop rasoir ou risible (ou les deux), je regardais la physionomie avenante de l'un ou l'autre acteur, heureusement fort présents et j'attendais patiemment que ça avance. Et je dois dire que j'ai bien souvent été à deux doigts d'arrêter le DVD avant sa fin, tant le happy end était prévisible. Mais cette manœuvre de dernier secours ne m'aurait pas permis la franche rigolade sarcastique surgie lors du transbordement et du sauvetage final des deux héros signalés à la vindicte est-allemande par une danseuse étoile hystérique.

Ce n'est pas non plus la première fois que des acteurs de qualité se font piéger par le renom d'un cinéaste ; mais je suis ravi d'avoir appris que Paul Newman s'est sévèrement disputé avec son metteur en scène, jugeant à juste titre invraisemblable la scène de l'assassinat du VoPo Gromek (Wolfgang Kieling) où, assisté par une fermière, il tire la tête du policier dans le four béant d'une cuisinière à gaz. J'ai vu beaucoup de films d'horreur et d'épouvante dans ma vie et bon nombre d'entre eux présentent des meurtres souvent ingénieux mais quelquefois, et assez souvent, grotesques ; mais je ne me souviens pas d'avoir conservé, dans ma nomenclature mémorielle, quelque chose d'aussi tiré par les cheveux et, pour ainsi dire, d'aussi idiot..

D'ailleurs tout le film est idiot : le scénario est infantile de ce physicien étasunien qui fait mine de passer à l'Est pour, en fait, piquer des secrets à un de ses homologues, savant berlinois, cache ça à sa fiancée, bénéficie, en plein cœur de l'ancienne RDA de l'aide et du concours d'une puissante organisation d'exfiltration et s'enfuit de façon rocambolesque dans un pseudo car de voyageurs (séquence interminable où Hitchcock s'adonne à sa manie des transparences). Et puis, dans un État aussi totalitaire que le fut la RDA (regarder La vie des autres, si on n'est pas au courant), voir nos personnages se faufiler à peu près partout, prendre des escaliers dérobés, trouver partout des complicités n'a pas de sens.

Il me reste à voir de mon coffret, trois films d'Hitchcock : L’étau, Frenzy et Complot de famille : qu'est-ce qui va se passer ? Petit sursaut ou suite de la dégringolade ?


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De vincentp, le 2 juin 2016 à 13:21
Note du film : 4/6

Il me reste à voir de mon coffret, trois films d'Hitchcock : L’étau, Frenzy et Complot de famille : qu'est-ce qui va se passer ? Petit sursaut ou suite de la dégringolade ?

De nombreux films de Hitchcock sont beaucoup plus réussis : L'ombre d'un doute, Les enchaînés, Soupçons, Rebecca, par exemple. Ne perdez pas votre temps avec les œuvres de fin de carrière du cinéaste : elles ne vous plairont pas.


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De Impétueux, le 2 juin 2016 à 13:45
Note du film : 1/6

Certes, Vincentp, mais ces œuvres-là, je les ai dans un coffret et il n'est pas question que je ne regarde pas ce que j''ai en possession.

Et puis ça me donnera au moins le plaisir d'en dire du mal, ce qui est, à mon âge acariatre, une grande volupté.


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De vincentp, le 2 juin 2016 à 13:47
Note du film : 4/6

Vous allez vous faire lyncher par les nombreux supporteurs du Maître.


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De Impétueux, le 2 juin 2016 à 13:48
Note du film : 1/6

Je suis toujours heureux d'être seul devant la foule déchaînée.

Au fait, j'ai vu L'ombre d'un doute, honorable film à qui j'ai décerné un 4 bienveillant.


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De Hitchfreud, le 2 juin 2016 à 15:27
Note du film : 4/6

Ah mon cher IMPETUEUX ! …. "seul devant la foule déchaînée" !… Certes !…. c'est le destin des Grands Hommes qui croient "dur comme fer" que leurs propos, leur jugement, sont "paroles d'Evangile… Tu écris bien… trop bien même… tant est si bien que les "Jeunes" qui essaient de te lire, ne comprennent rien !…. Moi, ça passe… je suis un universitaire qui s'est quand même enfilé tout Marcel Proust sans cachet d'aspirine… Pour en revenir à tes "analyses hitchcockiennes" : tu as faux… et je vais te dire pourquoi. D'abord tu avoues avoir sous ton oreiller un coffret des oeuvres de Sir Alfred et tu visionnes galette après galette comme un gamin qui s'enfile 1 Kg de bonbons dans la journée… Il faut digérer lentement, intercaler les DVD de différents réalisateurs et non pas te jeter sur ce pauvre "gros" pour lequel tu as mis du temps avant de vouloir découvrir sa filmographie… Ensuite, le tort que tu as, c'est de voir ces films déconnectés de leur époque et en plus avec l'âge que tu as ! Certes Hitchcock a usé jusqu'à la corde les prises de vues en "contre-plongée"… les transparents pour les décors lointains, etc… Refaire l'histoire sans se placer à l'époque des "faits", ne sert à rien !… Par ailleurs tes analyses auraient sûrement été plus élogieuses il y a 40 ans, en fonction de ce qui précède et surtout sans tes aigreurs d'estomacs dus au fait que tu dois sûrement mettre des patins pour marcher dans ton salon… Tant que tu n'auras pas fait une analyse objective de la filmographie du "Maître", il me semble inutile d'aller plus loin… D'ailleurs, comment comprendre que ce réalisateur ait attiré autant de cinéphiles ?… par snobisme ?… je ne pense pas… Il avait tout simplement du talent…. du talent de son époque.


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De Impétueux, le 2 juin 2016 à 15:37
Note du film : 1/6

Je vais essayer, Hitchfreud de répondre posément à votre tissu de propos fielleux. Sans doute ensuite, dans deux ou trois jours (ou peut-être plus tard, ou peut-être jamais) effacerai-je notre échange qui n'a d'intérêt (s'il en a !) que pour nous deux.

L'universitaire que vous dites être (professeur de sciences de l'éducation dans une université prestigieuse, du type Chambéry ou Saint Quentin en Yvelines ?) aura, je pense, la courtoisie de cesser de me tutoyer s'il m'écrit encore. Ça ne se fait pas dans le monde que j'ai connu et où je tiens à rester le plus longtemps possible.

Vous avez lu tout Marcel Proust, comme ça ? Y compris Jean Santeuil, Contre Sainte-Beuve, Pastiches et mélanges ? Et votre lecture de La recherche, dans quelle édition ? Celle de Pierre Clarac ou celle, plus récente de Jean-Yves Tadié, en Pléiade (naturellement) ou encore celle d'André Morello en Bouquins (un peu moins chic) ? Ou simplement dans la Collection blanche ? Vous m'obligeriez en me le précisant…

Il se trouve que je lis La recherche régulièrement, tous les dix ans, depuis ma 18ème année et que j'ai donc terminé l'an dernier ma sixième lecture. Aussi si vous voulez que nous devisions gaiement, vous et moi, sur la fantasmatique particulière attachée par le Narrateur à la femme de chambre de la baronne Putbus, je suis votre homme !

Mais je crains que vous ne fassiez pas le poids.

Revenons à Hitchcock, si vous me suivez encore.

D'abord je n'ai pas reçu UN coffret, mais DEUX coffrets, édités l'un et l'autre par Universal qui présentent chacun 7 films du réalisateur ; cela va de La cinquième colonne (1942) à Complot de famille (1976) ; ça ne couvre pas tout le spectre, mais une bonne partie ; et par ailleurs j'ai, de bien longue date, vu des Hitchcock, quand les films sortaient sur les écrans, même s'il m'est arrivé de jouer ici l'ignorance…

Mais naturellement, je n'ai pas visionné les films des deux coffrets à la suite des uns des autres : l'épreuve m'en aurait été trop dure ; j'ai chaque fois laissé passé un peu, ou beaucoup de temps : l'étagement de mes avis le montre clairement… (Pour donner un exemple, depuis le début de 2016, trois semaines entre Saboteur et L'ombre d'un doute, huit jours pour La corde, trois semaines encore pour Mais qui a tué Harry ?, etc. Et mon visionnage de Le crime était presque parfait date de 2008, celui de L'inconnu du Nord Express de 2009, celui de Psychose de 2010, celui de Fenêtre sur cour de 2013, ainsi de suite…Je regarderai L'étau dans dix jours au moins…

Votre objection est donc absurde et d'une rare sottise.

Comme les autres, d'ailleurs. Voir ces films déconnectés de leur époque ? Est-ce que, lorsque j'écris ici sur les films de Sacha Guitry, d'Henri Decoin, de Jean Renoir, de Julien Duvivier, vous pensez que je me déconnecte ainsi ? Vous qui, sans doute, avez découvert le cinéma avec Star wars, vous ne devez pas très bien vous rendre compte…

Mes aigreurs d'estomac – ô malheureux poids de l'âge ! – sont très convenablement traitées par des médicaments épatants et mon salon suffisamment cossu pour que je n'y laisse pas traîner les patins qui faisaient peut-être le charme de l'intérieur de Madame votre grand-mère.

Et aux années qui passent (tiens ! Une de plus demain, le 4 juin ! 69 ans), je ne peux rien, pas plus que vous qui serez sans doute un vieillard qui aura bien oublié, pour ne pas l'avoir relu, le propos sur le petit pavé disjoint dans la cour de l'Hôtel de Guermantes (je vous aide : ce n'est pas l'Hôtel du Duc, mais celui du Prince de Guermantes et c'est à la fin du Temps retrouvé)


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De tietie007, le 2 juin 2016 à 16:02
Note du film : 1/6

Je trouve qu'il y a pas mal de films d'Hitchcock qui ont beaucoup vieilli. C'est surtout la Nouvelle Vague qui a consacré Hitch comme un auteur, alors qu'il était juste considéré comme un bon film-maker aux USA.


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De tietie007, le 2 juin 2016 à 16:37
Note du film : 1/6

Je n'ai pas encore lu "A la Recherche …", le regretté Omar Sharif disait qu'il fallait lire ce pavé après 50 ans …donc je vais peut-être commencer ! Quant à Hichcock, ce qui me gêne, c'est son côté "agathachristien", psycholigisant, avec des films, souvent, qui se passent dans la "haute", totalement dépourvus de substrat social et urbain. Ses huis-clos comme La corde ou le Meurtre était presque parfait des exercices de style qui portaient au zénith cette logique.


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De Impétueux, le 2 juin 2016 à 17:12
Note du film : 1/6

Titie07, ce n'est pas à vous que je parlais de La Recherche, mais à un type qui me cherche noise et qui s'intitule Hitchfreud

Mais vous auriez raison de lire Proust (et n'avez pas tort de ne pas apprécier Hitchcock qui, comme vous l'avez écrit, a été créé par la Nouvelle vague


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De tietie007, le 2 juin 2016 à 17:31
Note du film : 1/6

Oui, je sais que votre missive ne m'était pas destinée. Curieusement, un jour, dans la Librairie Goulard, à Aix-en-provence, je feuilletai "Les 50 ans du Masque et la Plume" et comme par miracle, je tombai sur un passage où Jean-Louis Bory exprimait ce que je pressentais déjà. Il disait qu'Hitchcoock avait été consacré, du jour au lendemain, comme auteur génial par les critiques de la Nouvelle Vague, au milieu des années 60, alors que par le passé il avait juste un statut de bon "film-maker". Il faut dire que comme vous, je m'étais retapé quasiment tous ses films et que j'avais été fortement déçu en les revoyant, trouvant qu'ils avaient énormément vieilli ! Or, autant je trouve que Chaplin reste encore d'une modernité étonnante, preuve de son génie atemporel, autant je constate, avec d'autres d'ailleurs, que certains Hitchcock, aujourd'hui, sont à la limite du regardable !


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De poet75, le 2 juin 2016 à 17:38
Note du film : 5/6

Je ne vois pas en quoi il est dévalorisant d'avoir été créé par la Nouvelle Vague, comme vous dites! C'est plutôt bon signe, me semble-t-il. Quoi qu'il en soit, en l'occurrence, c'est la Nouvelle Vague qui a eu mille fois raison de se choisir un maître en la personne d'Alfred Hitchcock. Se faire un malin plaisir de le dégommer n'enlève rien au génie évident de ce dernier. En ce qui me concerne, en tout cas, je revois la plupart de ses films avec un bonheur qui ne faiblit pas. Et vos critiques acerbes n'y changeront rien!


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De tietie007, le 2 juin 2016 à 17:48
Note du film : 1/6

Ce n'est ni valorisant ni dévalorisant, c'est un fait. Avant les critiques de la Nouvelle Vague, Hitchcock est un bon réalisateur, après, c'est un génie …Or je ne vois pas sur quels critères on est passé de l'un à l'autre. Je trouve que d'autres réalisateurs d'après-guerre sont tout aussi bons voire meilleurs qu'Hitchcock, comme Robert Siodmak ou Henry Hattaway et j'en oublie beaucoup. Ce qui est surtout curieux à cette époque de profonds changements, notamment au niveau de la narration cinématographique, que ce soit chez la Nouvelle Vague, dans le western léonien, mais aussi dans les thématiques plus sociales et politiques, c'est qu'il n'y a rien de tout cela chez Hitchcock, qui reste un cinéaste classique dans sa narration, avec une oeuvre dépourvue de questionnements socio-politiques. Je ne comprends pas pourquoi la Nouvelle Vague va cracher sur Duvivier, qui réalisa le merveilleux "Chair de Poule", dans les années 60, tout en portant Hitchcock au pinacle !


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De Impétueux, le 2 juin 2016 à 18:12
Note du film : 1/6

La Nouvelle vague – et singulièrement François Truffaut – avait besoin pour se faire une place au soleil de dévaluer les cinéastes qui étaient en place (en vrac Delannoy, Autant-Lara, Duvivier et plein d'autres) et de se choisir un modèle qui jusqu'alors n'était pas apparu comme un phénix.

Ce fut Hitchcock ; ce qui est curieux c'est que la sainte horreur du gros réalisateur de tourner hors du studio aurait dû orienter les chantres du tournage en extérieur vers d'autres noms…


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De tietie007, le 2 juin 2016 à 18:22
Note du film : 1/6

Tout à fait …d'ailleurs c'est ce côté "studio", chez Hitchcock, qui fait bizarre aujourd'hui …ça fait un peu carton-pâte. Truffaut qui peut-être le chantre du cinéma-vérité, avec La nuit américaine, par exemple, s'est mis à adorer un cinéaste qui tournait exclusivement en studio alors qu'à l'époque, la caméra sortait de l'espace confiné et superficiel des studios pour tourner en extérieur. Les grandes innovations cinématographiques à l'époque se passaient en Europe, en France et en Italie, avec Fellini et Antonioni, notamment. Et par rapport à ce cinéma d'avant-garde, Hitchcock apparaissait très désuet.


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