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Forum : Maria Chapdelaine

Sujet : Où est passé le Canada ?


De Impétueux, le 21 novembre 2006 à 16:50
Note du film : 4/6

Avant même de découvrir ce nouveau Duvivier de ma collection*, ce Maria Chapdelaine que je n'ai jamais vu, je m'interroge sur une disparition.

Que Arca ne s'en formalise surtout pas, mais je me demande où est passée, en France, l'image du Canada. Je sais bien que certains Français y émigrent, mais je m'interroge s'ils ne sont pas séduits plutôt par la proximité avec le genre de vie, les conditions économiques, etc. étasuniens, conjuguée à la présence de la langue française, plutôt que par le pays lui-même.

Il me semble – mais j'appelle au secours les souvenirs des vieillards de mon espèce, Droudrou, Starlight, et tutti quanti – que dans notre imaginaire enfantin, le pays des Grands espaces bénéficiait d'une certaine individualité et d'une très forte dose de sympathie.

Ces sentiments étaient fondés sur des mythologies diverses, comme le succès du roman de Louis Hémon dont est tiré le film de Duvivier ou celui de l'opérette Rose-Marie, de Rudolf Friml, ou encore sur les uniformes rouges et les grands chapeaux de la Police montée… On faisait assez clairement la différence entre Etats-Unis et Canada…

Je ne sais pas si c'est toujours aussi vrai aujourd'hui…

Chic ! Dans la même journée, cette collection vient de s'enrichir, outre cette Maria Chapdelaine, de La bandera et de Boulevard. Mais il m'en manque encore tant !!!


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De droudrou, le 21 novembre 2006 à 22:36

Mon cher Impétueux, vous savez comme moi que le français est internationalement reconnu comme étant le champion toutes catégories en termes de linguistique. Quand il arrive dans un pays anglo-saxon, ses premières paroles ne sont pas "parlez-vous français ?". Non ! "Abedeble ! Abedeble ! Mi taillor ise ritche ! Mi sistère ise note e boille !". C'est pour cela qu'il s'est expatrié vers le Canada où les gens ont un drôle d'accent et emploient des mots bizarres mais qu'on arrive à comprendre. Là-bas, au Canada, ils disent une brassière quand nous on dit un soutien-gorge ou ils disent un châr quand nous on dit une tire ! C'est le pays qui nous a fait rêver. "Ô ma Rose-Marie… les fleurs de la prairie… – puis – l'oiseau qui se balance, vient pour toi chanter sa romance… – C'est pour toi Rose-Marie !" – "En ce chant si doux… je ne rêve que de vous…" – et j'en oublie – et, bien évidemment, la police montée. C'est vrai, ce sont les lacs canadiens, les grandes forêts de sapins, les caribous, les castors… tout cela participe d'une certaine image qui a été la nôtre. Le Canada a attiré des bûcherons et des menuisiers qui y ont bien gagné leur vie, jouissant certainement d'une aventure conforme à leurs rêves. Cà, de fait, à mon sens, c'est une vision un peu particulière qui a caractérisé les années qui ont suivi la seconde guerre mondiale. Aujourd'hui, malgré tout, ce n'est plus tout à fait la même image exotique qui attire, mais pour le moins,un pays dont on parle peu mais qui semble assez bien fonctionner. Quand je me souviens des échanges avec une tante de ma première femme qui avait suivi un soldat Canadien à la fin de la seconde guerre mondiale, elle décrivait un pays où certains aspects sociaux n'étaient pas du tout comparables à ceux de la France, un pays où le niveau de vie est quelque peu différent. Dire si elle regrettait d'être partie ? Pas du tout. Si son mari était décédé, il était décédé de la même façon qu'un français ou un autre habitant de la planète : il buvait. Elle avait trouvé un travail et puis sa vie s'était reconstruite de la même façon qu'elle aurait pu reconstruire sa vie en Europe. Ce que je crois très fort, en ce qui nous concerne, c'est que l'aura des horizons lointains nous est venue par les films de la série "Connaissance du Monde" parce que nous n'étions déjà plus tout à fait les mêmes que la génération qui nous avait enfantés. Les notions aventureuses allaient déjà ailleurs.

En ce qui me concerne, je rêvais de l'Amérique comme j'ai pu rêver un peu plus tard de l'Extrême Orient. Mais ce qui animait mes rêves, c'était l'évolution du monde économique. Connaître d'autres horizons quand eux-mêmes changeaient, être en fait aux premières loges pour observer ces évolutions.

Voilà pour le moins ma pensée. Que ce soit ma première femme ou Annick, ni l'une ni l'autre ne seraient parties à l'étranger pour y vivre. Annick serait beaucoup plus par rapport à une découverte mais en termes de recherche à un niveau que vous et moi, trop terre à terre, ne pouvons comprendre ! (Et paf !)


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De paul_mtl, le 21 novembre 2006 à 23:24

s'ils ne sont pas séduits plutôt par la proximité avec le genre de vie, les conditions économiques, etc. étasunien, conjuguée à la présence de la langue française *, plutôt que par le pays lui-même.

C'etait initialement plutôt mon cas car je savais avant d'immigrer qu'il y avait une meilleure protection sociale au Quebec qu'aux USA tout en étant inferieure à la France.

Disons un modele entre la France et les USA pour faire simple.

D'apres les chiffres officiels, la tres grande majorité des immigrants (+85%) reste au Canada tandis que parmi les immigrants français environ la moitié retourne.

Parmi mes connaissances d'immigrants francais au Quebec

Un graphiste avait une offre de travail interessante d'une compagnie française.

Un autre y a crée son entreprise.

Un couple ont été séduit par les paysages blanc enneigés.

Un autre y a étudié et s'est fait une petite amie sur place

Un autre, divorcé en France, a voulu casser sa routine apres un voyage au Quebec séduit par les paysages.

Chaque cas est different mais plusieurs veulent du changement, de l'aventure et immigrent souvent sur un coup de tête.

Pendant ce temps, bcp de quebecois revent d'aller voir Paris et gouter à la gastronomie et aux vins relativement bon marché par rapport à ici avec les taxes sur l'alcool.

Maintenant les conditions que vous citez détermine en partie un pays,

auquel il faut ajouter qq autres criteres supplementaires comme

les soins de santé, l'éducation, la culture, le climat et les paysages …

(*) la langue française est essentiellement utilisé dans la province du Quebec, ailleurs au Canada c'est presque exclusivement l'anglais.


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De droudrou, le 22 novembre 2006 à 07:23

Oui ! Mais où se trouve la concentration de Français immigrés ?

En ce qui concerne la tante de mon ex-femme, ce que j'appréciais chez elle, c'était une vision du monde beaucoup moins étriquée que celle de la famille et par extension de nombreuses familles françaises en général.

Le Canada, c'est très vrai, est, je pense, un pays à mi-chemin entre les Etats Unis et la France. Quand je dis "est" je m'avance peut-être dans la mesure où le temps passe et que tout un chacun évolue, dixit la mondialisation accrue.


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De Impétueux, le 22 novembre 2006 à 10:38
Note du film : 4/6

Je n'ai pas DU TOUT voulu parler de la situation du Canada d'aujourd'hui, de ses capacités d'intégration d'immigrés venant du monde entier, de la prévalence du français dans la seule province du Québec, etc. mais de la dégradation de L'IMAGE romanesque et fantasmatique du Canada dans les cervelles françaises, littérature et cinéma mêlés, depuis quarante ans (tiens…"Vive le Québec libre !" est de 1967 ; mais je doute qu'il y ait un rapport).

Comme le dit justement Droudrou, ce doit être un effet de la mondialisation, qui gomme les différences et qui fait que l'Amérique du Nord devient une bouillie étasunienne…(avec ça et là quelques différences en termes de lois sociales, d'éducation, de je ne sais quoi, qui ne suffisent pas à établir une individualité forte ; si ça se trouve, la prochaine victime sera le Mexique, même s'il y a encore du boulot !)


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De droudrou, le 22 novembre 2006 à 11:08

Le Mexique : pari de dupe ! Bush reconstruit la muraille de Chine !

Et vive le Quebec libre ! E la mano i la mano ! E viva Mexico ! Adalente !


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De paul_mtl, le 22 novembre 2006 à 12:51

de la dégradation de L'IMAGE romanesque et fantasmatique du Canada dans les cervelles française

Peut-être au niveau de la litterature canadienne que je ne lisais pas et que je ne lis tjs pas actuellement mais au niveau de l'IMAGE (video) il y a un effort, un investissement du gouvernement canadien (et Qc) dans la promotion pour attirer les immigrants.

Et ca marche bien au point qu'un certain nombre de francais (40%) sont déçu de la réalité qu'il découvre et reparte.

C'est bien la preuve qu'ils ont des fantasmes encouragés par des messages publi-informatifs.


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De Impétueux, le 22 novembre 2006 à 15:00
Note du film : 4/6

Vous n'avez pas compris ou je me suis mal exprimé : il ne s'agit ni de la littérature, ni du cinéma candiens !!!

Il s'agit de l'image que – dans la littérature et dans le cinéma français – avait (et, selon moi, n'a plus) le Canada.

Je vous rappelle que ce fil est celui de Maria Chapdelaine


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De paul_mtl, le 22 novembre 2006 à 15:50

Il s'agit de l'image que – dans la littérature et dans le cinéma français – avait (et, selon moi, n'a plus) le Canada.

ok d'accord j'avais mal compris.

Je ne sais pas …

mais ce que je constate c'est que des films canadiens/quebecois sont davantage diffusés en France que dans le passé me semble t'il.

Sinon j'ai vu assez récemment

2 comedies francaises qui se passe au Quebec.

Père et fils (2003) avec Philippe Noiret

C'est pas moi, c'est l'autre (2004) avec Anémone et Michel Muller

un magnifique documentaire francais sur le canada

Le Dernier trappeur 2004

un drame francais avec Daniel auteuil dont j'ai vu que des extraits

La Veuve de Saint-Pierre 2000

C'est pas si dégradé que ca, non ?


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De Impétueux, le 21 février 2007 à 18:01
Note du film : 4/6

Bon. J'avais indiqué, sur le fil de La horse – parue dans la même collection que Maria Chapdelaine – que la qualité esthétique de la présentation des livrets de ces agréables éditions allait malheureusement de pair avec une infinie médiocrité de leur rédaction. M. Jacques Viallon, concepteur global – et des livrets et des textes – m'a cherché noise là-dessus, contestant sinon mon droit, du moins ma capacité à critiquer sa façon d'écrire.

Je me suis donc engagé à présenter aux visiteurs et contributeurs réguliers de DVD Toile, dont l'objectivité ne doit pas être mise en doute, une collation des balourdises, impropriétés, erreurs, idioties, maladresses commises par M. Viallon.

Je pensais naïvement qu'en un week-end j'aurais fait le tour des trois livrets que je possède (Maria Chapdelaine et La horse, donc, mais aussi La bandera) ; hélas ! commençant par Maria Chapdelaine, j'ai noirci si vite deux pages entières – et encore en étant indulgent et en laissant tomber des peccadilles – que j'ai baissé – pour l'instant ! – les bras pour les deux autres films. Mais que M. Viallon se rassure (ou sente monter à son front le rouge de la confusion) : je ne lui ferai sans doute grâce de rien.

Je n'ai pas eu le courage, je l'avoue, de distinguer en rubriques diverses les différentes anomalies recensées : je vais donc les énoncer tout bêtement dans l'ordre de la lecture, alors qu'il eût été amusant de les regrouper en fautes de style, anomalies historiques, imprécisions de terme, redites ou contradictions, balourdises diverses. Tel quel mon inventaire a tout de même l'intérêt de montrer combien en quelques pages (28 en tout, dont 10 sont uniquement et 3 partiellement occupées par des photographies), on peut dire de sottises.

Commençons donc :

page 2 :Gabin s'investit dans ce film, car il sent (…) que le public risque de répondre présent: faute classique : on ne peut en aucun cas appliquer le verbe risquer à un évènement heureux qu'on désire.


Les pages 3 (presque entièrement), 4, 5 et 6 sont couvertes de photographies : M. Viallon ne commet donc aucune sottise.

pages 7 et 8 : Commence là un exposé sur la Nouvelle-France, dont le principe n'est pas sot, mais qui mixte de grandes lignes (la découverte, la mise en valeur, le malheureux sort de nos Quelques arpents de neige et des détails qui ne sont pas à la place dans une fresque vite brossée mais plutôt dans un ouvrage de plus vaste dimension (nombre exact des colons, noms intégraux des immigrants, dates données au jour près) : on sent que M. Viallon a recherché sur je ne sais quel Wikipédia une histoire du Canada et qu'il a pratiqué le copier/coller sans prendre grand soin des proportions : la synthèse, comme la guerre, est un art tout d'exécution !!

Relevons de surcroît les balourdises de style : village iroquois d'un certain Hochelaga ; les colons sont rattrapés par l'un de ces hivers rigoureux ; ils seront nombreux à décéder ; Cartier rapporte suffisamment d'informationS (au pluriel) et de richesse(S) (au singulier ; le S est de mon cru) ; y vivent seulement moins de 80 personnes ; Les Anglais refusent cette tentative de colonisation française ; cette occupation anglaise va retarder l'expansion française (comme de juste, non ?)

Et puis de grands trous : toujours page 8 : y vivent seulement moins de 80 personnes jusqu'en 1609. Puis la phrase suivante est : Il faudra attendre 1627 pour que les choses évoluent : on est en droit de se demander si entre 1609 et 1627 la Nouvelle France n'a pas disparu dans une faille spatio-temporelle !

De graves stupidités historiques : page 9 : La colonie se transforme en système seigneurial avec la nomination d'un Gouverneur chargé de représenter le Souverain : si le Gouverneur représente le Souverain, c'est précisément que le régime n'est pas seigneurial, mais régalien.

page 10 on atteint un sommet : C'est (en 1697) que les Français et les Canadiens (!) signent le Traité de Ryswick, qui met fin à plus de huit ans_ de guerre ; outre que le Traité de Ryswick n'a pu être signé avec un État qui n'existait pas, mais entre la France (avec pour seuls alliés le Danemark et l'Empire Ottoman) à presque toute l'Europe, notamment l'Angleterre et l'Espagne, le traité ne met pas fin à une guerre de plus de huit ans, comme le dit niaisement M. Viallon, mais à la Guerre de la Ligue d'Augsbourg, appelée aussi Guerre de Neuf ans. Evidemment, M. Viallon va dire qu'il n'a pas tort : plus de huit ans, c'est neuf ans !!! ; mais comme il est coutumier de ces scories de langage (voir l'hilarant Madeleine Renaud a créé plus de 127 rôles que j'ai cité sur le message précédent), je relève et me gausse !

Enfin, page 10 encore : ''Les immenses quantités d'or que (l'Espagne) ramène de ses colonies : mais non ! pas ramène ! c'est rapporte qu'il faut écrire. (ce qu'on porte n'est pas ce qu'on mène).

page 12 : on est passé à l'ère moderne : ''En 1995 se tient le deuxième référendum sur l'indépendance (du Québec) : il y en avait donc eu un premier ? Quand donc ?

page 13 : un jargonnant exploitation de la ressource fourrure !!

Passons à la présentation des acteurs ; Jean Gabin, d'abord :

page 14 : un bel exemple, avant d'autres, de style relâché Sa famille n'est pas bourgeoise pour un sou, mais il ne manque de rien.

page 17, des anomalies : le deuxième § commence ainsi : Nous sommes en 1934 et Jean Gabin fait une rencontre déterminante dans sa vie, le réalisateur Julien Duvivier. Soit. Mais trois lignes plus loin : Nous sommes au début de 1933 et Duvivier ; alors ? 34 ou 33 ? Au paragraphe suivant l'expression les deux hommes revient à deux lignes de distance ! Quel style !!

page19, encore du style relâché, pléonastique et niais : Un jeune premier, bien de sa personne (c'est Jean-Pierre Aumont). Et page 25, donc ! Duvivier convainc Gabin de porter la jupette de Ponce-Pilate (dans Golgotha) : mais non ! ce n'est pas la jupette, mais la tunique !!

J'ai relevé dans le message précédent les nouilleries concernant Madeleine Renaud ; j'en ai tout de même encore retrouvé une : Max Ophüls lui confie le rôle de la terrible Mme Tellier dans Le plaisir ; Viallon n'a pas dû voir le film…ou le comprendre…

Bon, j'aurais encore bien quelques pépites de fiel à jeter, mais je m'arrête là, pour cette fois : relevées dans les copies d'un élève de Seconde, ça vaudrait tout juste la moyenne (le niveau a tant baissé !) ; sous la plume d'un type qui publie et donne ça à lire à des milliers de lecteurs, c'est risible.

Si M. Viallon n'est pas content et ne souhaite pas que je me livre à la même recension pour La bandera et La Horse, il n'a qu'à demander mon identité à la rédaction de DVD Toile.


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