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Sujet : J'en verrais beaucoup des comme ça...


De Arca1943, le 18 novembre 2006 à 18:24
Note du film : 4/6

Un vrai bon western italien, spectaculaire et enlevé, plein d'élan et d'humour. Franco Nero et Tomas Milian sont en général bien contrôlés, leur complicité évidente emporte l'adhésion. Et les comparses sont de haut niveau : Jack Palance est le tueur inquiétant lancé à leurs trousses – flanqué de Marshall, son faucon de chasse bien-aimé qui finira rôti à la broche – et l'excellent Fernando Rey est le professeur Xantos, révolutionnaire idéaliste et apôtre de la non-violence qui sera bien obligé de constater que les révolutions ne se font pas armé d'un plumeau.

Comme avec El Chuncho, autre belle réussite du genre, on est ici en plein dans la veine dite "Zapata" du western à l'italienne, qui se reconnaît notamment à l'irruption occasionnelle de véhicules motorisés et de mitrailleuses. Comme souvent, la motivation première du mercenaire et marchand d'armes incarné par Franco Nero est le fric, mais voilà, que voulez-vous, les circonstances vont l'amener à épouser quand même la cause de la Révolution, surtout si elle prend les traits d'une jeune et ardente pasionaria… Tomas Milian, que j'ai déjà vu cabotiner outrancièrement dans d'autres films (généralement plus tardifs) est ici plus retenu et même assez juste dans le rôle d'un cireur de chaussures illettré qu'un "général" soucieux d'éviter les balles perdues convertit in petto en lieutenant pour l'envoyer au casse-pipe à sa place…

Fertile en péripéties et retournements de situations, généreux en dynamite, agrémenté d'aperçus politiques de bonne venue – une affaire de pétrole se mêle aux nobles idéaux révolutionnaires; d'ailleurs, une partie des affrontements a lieu non entre révolutionnaires et gouvernementaux, mais plutôt entre deux factions révolutionnaires rivales – Companeros est un western picaresque mené à vive allure, parsemé de trouvailles originales, et qui trouve – le plus souvent – le bon équilibre entre l'humour et l'aventure. Quant à l'élan révolutionnaire, eh bien il s'y trouve aussi, notamment grâce à la grandiose musique pour choeurs mixtes d'Ennio Morricone, qui n'aurait pas déparé Queimada, tourné la même année.

Je pressens que pendant les longs mois d'hiver à venir, ma blonde va souvent m'entendre beugler sous la douche : «…Vamos a matar / Vamos a matar, coooompañeroooos… »


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De PM Jarriq, le 18 novembre 2006 à 19:45
Note du film : 5/6

Tu es décidément un homme de goût, Arca…


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De droudrou, le 19 novembre 2006 à 08:56

Moi ce qui m'inquiète c'est de savoir comment la douche va résister à une telle incursion…


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De Arca1943, le 30 mars 2011 à 20:54
Note du film : 4/6

Sublime B.O. Morricone s'est vraiment surpassé !

[http://www.youtube.com/watch?v=81Nbo0iVG(..)]


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De vincentp, le 9 juillet à 23:19
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Découvert ce soir sur grand écran. Rythme lent, vision désenchantée, dialogues abondants, moult péripéties situées très terre à terre, mais aussi changements de rythme, sens du spectacle, et une vision politique élaborée, subtile et cohérente. Companeros est un très grand film de Sergio Corbucci, oublié, méconnu, peut-être relativement difficile d'accès aujourd'hui. Très belle surprise, pour ma part.


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De Arca1943, le 10 juillet à 14:37
Note du film : 4/6

D'une part, moi qui adore Companeros que j'ai vu plusieurs fois, je trouve votre appréciation un tantinet exagérée, mais d'autre part, je constate avec plaisir que vous avez changé votre Winchester d'épaule s'agissant du western italien. Me permettrez-vous une suggestion ? Avec ce même état d'esprit, vous devriez maintenant tâter du Dernier face à face, un film de Sergio Sollima aussi ambitieux que réussi avec Gian-Maria Volontè et Tomas Milian.

Quant à savoir si Companeros est comme vous le dites «oublié, méconnu, peut-être relativement difficile d'accès aujourd'hui», non, pas du tout. Tous ceux qui connaissent et aiment le western italien savent que l'inégal Corbucci a cette fois tout à fait réussi son coup. Et le DVD – dont il y a eu plusieurs rééditions – est facile à trouver sur le site de la FNAC et autres lieux similaires.

J'en profite pour rappeler une de mes scènes préférées de ce truculent "western-zapata" : celle où Milian est terrifié par un appareil photographique, qu'il n'a jamais vu de sa sainte vie, et dégaine son arme contre le malheureux photographe !


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De vincentp, le 10 juillet à 14:43
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Il s'agit du premier d'une série de trente films de Corbucci, rediffusés en juillet, dont des inédits en France. Franco Nero est pour beaucoup dans la réussite de ce film. 4/6 c'est Big Jake (1971). Companeros (1970) mérite beaucoup plus, à mon avis. Reste que le style de Corbucci est très particulier et déroutant. Un cinéma d'auteur, clivant, à voir sur grand écran de préférence (cela change beaucoup de choses !). Ce film est rarement projeté sur grand écran, d'où ma remarque. A noter que Companeros a été très applaudi hier soir : le public a adhéré.

http://www.cinematheque.fr/cycle/sergio-(..)


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De vincentp, le 10 juillet à 22:39
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Je suis allé courir ce soir de 20h à 21h50, dans le parc de 180 hectares situé sur ma commune, détestant le foot : c'était Le grand silence. J'ai croisé quelques chiens et leurs maîtres.

Revenons à Companeros. Caractéristique principale, la mise en scène d'hommes du rang, peu inspirés. L'impression d'un road movie réalisé par des éboueurs. La talent de Corbucci et de Franco Nero font que l'exercice périlleux passe, et même très bien. La fin du film est exceptionnellement réussie, donnant un sens à tout ce qui précède. Beaucoup de talent, et de métier. Oui, un chef d'oeuvre !


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