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Forum : Hantise

Sujet : Avis


De jipi, le 9 novembre 2006 à 08:40
Note du film : 6/6

Oui et déjà un role de méchant pour un acteur non américain (Charles Boyer).


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De urspoller, le 14 octobre 2007 à 17:30
Note du film : 5/6

George Cukor était surtout considéré comme un metteur en scène de femmes, voué à dompter des monstres sacrés comme Greta Garbo ou Katharine Hepburn, son actrice fétiche. Son registre, finalement, se cantonnait surtout aux comédies sentimentales et sophistiquées comme Indiscrétions ou Madame porte la culotte et aux musicals tels My fair lady ou Les girls.

Avec Hantise, Cukor s'essaie au drame psychologique, très en vogue à cette époque (cf:Le portrait de Dorian Gray ou encore Soupçons), pour lequel il emploiera, à contre-emploi de ses rôles de séductrice, une actrice venant d'obtenir deux beaux succès avec Casablanca et Pour qui sonne le glas à savoir la sensuelle, délicieuse, envoûtante et fragile Ingrid Bergman. Mais le réalisateur, ici, révèlera grâce à ce métrage magistral un talent caché de la grande actrice suédoise au regard intense, c'est-à-dire, qu'il la dépeint en femme fragile, bouleversée, apeurée et victime d'un tiers. Cukor ouvre ainsi la voie à Hitchcock qui fera d'elle une victime de la passion, du vertige, du passé et de la frustration. Dès lors, le cinéaste brosse un thriller hitchcockien, comme le soulignait les précédents intervenants, explorant les méandres de la psychologie amoureuse, de la paranoïa et de la manipulation mentale. Comme Alfred Hitchcock dans Rebecca, George Cukor insiste sur la dimension claustrophobique via de magnifiques clairs-obscurs ajoutés à des décors de pièces fermées et sur l'emprise d'un proche, campé ici par l'inquiétant Charles Boyer.

J'insisterai, même si j'ai conscience de me répéter, sur l'interprétation tout en nuance d'Ingrid Bergman passant en quelques secondes d'un bonheur sans faille à l'angoisse la plus profonde. D'ailleurs, preuve de son professionnalisme, qui n'a dégal que son talent et sa beauté, la sylphide suédoise s'inspira, pour sa composition, de «patients» d'un hôpital psychatrique (rappelez-vous aussi son rôle de Constance Peterson dans Spellbound). Comme de bien entendu, la critique salua sa performance et la belle scandinave remporta, pour son rôle, l'Oscar mais aussi le Golden Globe, de la Meilleure actrice en 1945. En sus, Ingrid Bergman est sublimée (vous me diriez et vous auriez raison, qu'elle n'a pas besoin de ces effets pour irradier la caméra) par les clairs-obscurs de Joseph Ruttenberg.

Bref, si vous voulez vous offrir un délicieux moment avec Ingrid Bergman ou tout simplement découvrir un métrage brillant et méconnu, au scénario diabolique, courrez vite acquérir cette petite pépite !


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De PM Jarriq, le 14 octobre 2007 à 17:43
Note du film : 5/6

A noter qu'il n'est pas rare que lorsqu'on demande autour de soi, quel est le meilleur film de Hitchcock, on cite… Hantise.


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De urspoller, le 14 octobre 2007 à 18:07
Note du film : 5/6

Votre remarque ne m'étonne pas du tout. Mais, Hantise, malgré ses qualités et donc son atmosphère très hitchcockienne, ne peut néanmoins concurrencer les chefs-d'œuvre de suspense et les drames psychologiques du maître que sont Rebecca, Les enchaînés, L'inconnu du Nord-Express, Sueurs froides ou Psychose. Le vrai cinéaste du mental restera, sans contestation possible, sir Alfred Hitchcock.


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De silverfox, le 14 octobre 2007 à 18:46
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Cukor est aussi un réalisateur de drame comme Une étoile est née (1954)ou La croisée des destins (1956. Mais si Cukor est un metteur en scène de femmes, comme le disait pmjarriq , il est de notoriété publique que dans l'intimité de son foyer il appréciait peu le contact des femmes.


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De urspoller, le 14 octobre 2007 à 18:50
Note du film : 5/6

Cukor a même tourné un western (son seul et unique), La diablesse en collant rose, avec Sophia Loren et Anthony Quinn.


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De PM Jarriq, le 14 octobre 2007 à 18:55
Note du film : 5/6

Enfin, western… Il faut le dire vite ! Disons que ça se passe à la même époque que les westerns traditionnels.


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De urspoller, le 14 octobre 2007 à 19:24
Note du film : 5/6

Et si ce n'est un western? Qu'est-ce? Car l'ambiance initiale de la compagnie de théâtre ne peut occulter les grands espaces du far West, les attaques d'indiens,… archétypes, s'il en est, du western! De fait, on ne peut ignorer les différentes influences comme celles d'un drame sentimental… Certes, il me reste un souvenir assez vague de ce métrage, mais pas au point de le classer dans un autre genre cinématographique que le western!


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De jipi, le 21 juillet 2008 à 10:14
Note du film : 6/6

Une ombre menaçante passe d'une fenêtre à l'autre scrutée par une aide précieuse dans un brouillard pesant.

Paula simultanément rassurée et laminée en temps réel par un double regard tendre et fauve glisse irrémédiablement vers la folie.

L'environnement d'un cocon stable et bourgeois se transforme peu à peu en un gite menaçant constitué d'images vacillantes et de pas répétés que l'on est seule à voir et à entendre.

Tout un environnement néfaste s'appuie sur la puissance de l'auto persuasion. Des yeux flamboyants de pitié et de haine entrainent lentement un agneau vers la logistique de l'asile. Le conjoint est froid, mécanique, persuasif en se servant habilement d'éléments domestiques soumis devenus subitement de redoutables armes de déstabilisation.

Le syndrome du marteau martyrisant un métal soumis à l'enclume se déchaine dans des pièces ou la lumière croit et décroit en fonction de la pression.

L'œuvre tutoie les anges de l'angoisse et de l'oppression dans un chantier de démolition tournant à plein régime entre mobiliers et bibelots. Le contenu d'une maison ordonnée se déforme dans des images défiant une rationalité réduite en cendres par des coups de massues assénés sans états d'âmes sur une victime acceptant sans combattre ses fausses dérives.

Gaslight must du harcèlement moral en clair obscur applique les procédures d'un travail de sape palliatif, lent, démoniaque s'acharnant sur une proie piégée par les attraits d'une apparence masquant la rigidité d'un être presque inanimé.

Une œuvre d'atmosphère sans pareille, tenaillante, époustouflante, reconstituant dans les salons un des principes de l'univers. Une dominance planétaire envers un astre qu'il faut adorer et subir en parallèle.


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De vincentp, le 11 mars 2009 à 22:07
Note du film : 4/6

Le syndrome du marteau martyrisant un métal soumis à l'enclume se déchaine dans des pièces ou la lumière croit et décroit en fonction de la pression ; des yeux flamboyants de pitié et de haine entrainent lentement un agneau vers la logistique de l'asile gronde le poète Jipi, tel Moïse sur sa colline. Certes, certes…

Mais ce Cukor peut être considéré comme une œuvre mineure de son auteur, avec un scénario un peu limité (mais la mise en scène est de grande qualité). Gaslight a peut-être le mérite d'avoir défriché un genre en gestation (le drame psychologique à quasi huit-clos) illustré par Soupçons (le précurseur ?), Bunny Lake a disparu, Le château du dragon, House by the river, , La maison des otages, La Maison du diable, Un si doux visage,

Reste aussi que Charles Boyer y est impressionnant dans le rôle du faux-cul obséquieux et mielleux. Même un aveugle y verrait clair dans son jeu (et pourtant Ingrid Bergman n'y voit que du gaz). Boyer préfigure étonnamment les présentateurs de shows télévisés hexagonaux contemporains, ceux qui vous font croire que vous allez gagner des millions. Regardez sa photo et imaginez le animant un talk-show ou une loterie cathodique.


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