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Sujet : L'oeil du générique


De PM Jarriq, le 14 août 2005 à 09:00

Une simple petite question pratique : je possède le zone 1 de Vertigo qui est (étonnamment) en 4/3. J'ai vu sur la jaquette du zone 2 que l'édition française était elle en 16/9. M'étant fait avoir récemment par une jaquette mensongère (Prizzi's honor), j'aimerais juste vérifier que c'est exact : le DVD zone 2 de "Sueurs froides" est vraiment en 16/9 ?


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De Montecristo, le 31 août 2005 à 15:15
Note du film : 6/6

Ce film restera pour moi une des plus belles exploitation du thème du double. Face au sosie on se demande toujours si on est face au réel, ou si on rêve. Jean-Paul Civeyrac dans son film "À travers la forêt" (sortie 12 octobre 2005) réutilise ce thème du double lié à la passion amoureuse. A-t-il été influencé par Vertigo d'Hitchcock? J'aimerais bien avoir les avis d'autres internautes à cette question… Est-ce que vous connaissez d'autres films où ce thème du double a pu être utilisé?


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De Arca1943, le 1er septembre 2005 à 04:16
Note du film : 4/6

Sur ce même "thème du double" on peut suggérer, par exemple, un chef-d'oeuvre de Joseph Losey, Monsieur Klein et aussi le très beau et mystérieux The Other de Robert Mulligan.

Ce n'est pas un reproche à Hitchcock, mais si vous lisez l'excellent roman à suspense de Boileau-Narcejac dont ce film a été tiré, vous constaterez que la fin est différente : le récit va jusqu'au bout de sa terrible logique, ce qui n'était pas possible à Hollywood à l'époque, d'où la bonne soeur ex machina. Et aujourd'hui? J'en mettrais ma main au feu : dans le remake actuellement en projet, ils n'oseront pas non plus.


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De starlight, le 8 octobre 2006 à 14:23
Note du film : 5/6

Mes collègues cinéphiles voudront bien me préciser à qui appartient cet "œil" où les spirales ou hélicoïdes viennent s'inscrire lors du générique…

A mon avis (et j'ai dû le lire quelque part) le visage pris en "plan rapproché" où le spectateur vient se noyer dans l'un des yeux, appartient à Pat Hichcock, la fille de Sir Alfred…

Bagarre avec un ami qui me dit que c'est Kim Novak !!!….. On est loin de sa morphologie !


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De droudrou, le 30 mars 2007 à 13:54
Note du film : 5/6

Pour faire patienter Starlight :

Dans le roman de Pierre Boileau et Thomas Narcejac, D'entre les morts, le personnage principal est impuissant. Les auteurs écrivent explicitement, dès le premier chapitre, qu'il n'a jamais connu de femme alors qu'il a plus de 30 ans. Dans l'adaptation cinématographique Hitchcock s'amuse à multiplier les clins d'œil ironiques sur la sexualité de Scottie, incarné par James Stewart. Ainsi dès la deuxième scène, un dialogue interminable dans l'appartement de Midge, il joue avec une canne pendant que Midge fait allusion à leurs courtes fiançailles rompues parce qu'il ne s'est rien passé. Il la pointe même vers un soutien-gorge car Midge travaille dans la fabrication de lingerie féminine, ce qui contribue à érotiser encore plus la scène. Cette canne est donc un substitut de son sexe dont il ne sait que faire en présence d'une femme qui veut l'aimer charnellement. Midge lui parle comme à un enfant "you are a big boy now !". À la fin de la séquence Scottie essaie de lutter contre le vertige en grimpant progressivement sur un escabeau. Hitchcock montre, dans un plan très bref, des dessins de femme au pied des marches. C'est une tentative d'érection qui est ainsi suggérée. Elle se termine par un fiasco dans les bras de Midge, éternelle insatisfaite.

L'ironie atteint son comble par l'utilisation de la tour Coit (un tel nom ne s'invente pas) bien connue par tous les habitants de San Francisco et dont l'érection (si! si!) a été financée par une dame qui s'appelait Lillie Hitchcock Coit (aucun lien de famille avec Sir Alfred!). La tour, évident symbole phallique, représente une lance d'incendie car Lillie voulait rendre hommage aux pompiers de la ville. La tour apparait constamment par la fenêtre de l'appartement de Scottie comme pour se moquer de son manque de vigueur sexuelle. Quand Madeleine, après sa tentative de suicide, vient le remercier de l'avoir sauvée, elle lui dit qu'elle a retrouvé son appartement grâce à elle. Scottie répond que c'est la première fois qu'elle lui est utile à quelque chose.

Quelque plans plus tard ils finissent par coucher ensemble, scène suggérée et non montrée. Scottie est alors persuadé qu'elle est une réincarnation et c'est avec un fantôme, avec une morte donc, qu'il a une relation. Dans l'interview qu'il a accordée à François Truffaut Hitchcock parle de nécrophilie du personnage. Scottie est convaincu de la réincarnation de Carlotta après la magnifique séquence dans la forêt de séquoias, arbres sempervirens comme il le souligne lui-même. Dans le plan suivant ils s'embrassent au pied d'un arbre tortueux (symbole de la sexualité vacillante de Scottie comparé à la vigueur insolente des arbres millénaires) et le déferlement des vagues ne laisse aucun doute sur le fait qu'ils se connaissent au sens biblique du terme.


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De droudrou, le 30 mars 2007 à 14:01
Note du film : 5/6

Pour le moins, l'analyse sur dvdclassik.com est intéressante pour les éléments de complément qu'elle apporte.

C'est très vrai que cette question de l'oeil est intéressante surtout après la question que notre ami Gaulhenrix, je crois, avait posée à propos de la voix du buisson ardent dans Les dix commandements, suite à une de mes remarques.

S'agissant des "oeillades" (avec jeu de mots) dont le père Alfred est un habitué, la question vaut d'être posée et approfondie. Je pense qu'au niveau des divers contributeurs nous pouvons trouver une sinon des pistes de recherches qui seront, de façon certaine, intéressantes…

mon beau-frère m'annonce que j'en tiens pour un mois de mon mal de dos…

Droudrou


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De starlight, le 30 mars 2007 à 14:07
Note du film : 5/6

Mais où va-t-il chercher tout ça ?… des symboles phalliques dans VERTIGO !… mes yeux n'ont rien vu et pourtant ce film est mon film-fétiche !… ce qui est sûr c'est que je vais m'acheter le roman de BOILEAU-NARCEJAC… Bizarrement j'ai pas mal de "policiers" de ces auteurs, mais pas "D'ENTRE LES MORTS"… Pour en revenir à l'impuissance de SCOTTIE… dans le film, on n'a pas trop de détails sur sa vie privée… Tu dis qu'il reste "froid" aux avances de MIDGE… mais je comprends !… As-tu vu la tête de Barbara BEL GEDDES ?… Un vrai remède contre l'Amour !… je n'ai pas suivi sa carrière, sauf à la retrouver des décennies plus tard dans la série télévisée "DALLAS"… le rôle de mère lui allait à ravir… mais pas en "amante" susceptible de redonner de la vigueur au héros !…


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De droudrou, le 30 mars 2007 à 14:47
Note du film : 5/6

Pour Starlight : information en provenance de Wikepia !… Le texte n'est pas de ma paume… ou de ma main, c'est comme tu veux ! Moi et les symboles phalliques…


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De Gaulhenrix, le 30 mars 2007 à 19:31
Note du film : 6/6

Quand on cite, on utilise des guillemets…

Pourquoi emprunter à Dvdclassik ou Wikipedia au lieu de proposer un point de vue personnel sur le film ?


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De Torgnole, le 31 janvier 2008 à 13:18

Mais pourquoi avoir traduit Vertigo par Sueurs Froides? C'est débile, ça ne veut pas du tout dire ça!


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De cabrissade, le 31 janvier 2008 à 16:04
Note du film : 3/6

Mais il n'a jamais été question de traduire Vertigo en Sueurs froides, Monsieur.
Si "mon beau navire, oh ma mémoire.." ne me trahit pas trop, je crois bien que Sueurs froides était le titre du prélude douloureux et magnifique que l'on entend au début du film. Bernard Herman en est l'auteur.Tout est dit, vous affirmerons beaucoup plus mélomanes que moi. Rappelons nous que Boileau et Narcejac, auteurs du livre dont Sir Alfred acheta les droits, ne furent pas heureux du tout de ce qu'en avait fait le grand cinéaste. Procès, interdiction de projection pendant plusieurs années, me semble t'il. Puis, la sanction levée, l'exploitation du film fut reprise sous le titre Sueurs froides , en hommage au prélude…

Voilà ce que ma mémoire de 74 hivers me raconte…Pardonnez là par avance si elle s'égare quelque peu..


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De vistavision, le 31 janvier 2008 à 16:42

74 ans ?… je vous bats !… j'en ai 78… et ma mémoire n'a pas besoin d'être entretenue artificiellement par des "génériques" mal remboursés…

C'est n'importe quoi ce que vous nous dites !… Il n'y a jamais eu d'interdiction d'exploitation de ce film… les droits ont été achetés par la Paramount et c'est tout ! Quant à l'intervention de Bernard Herrmann : sa musique est certes très belle, mais vous devez confondre de film… Il n'y a pas de "prélude mélodique douloureux" ici… loin de là !… Donc pas d'hommage non plus ! Et finalement un titre "français" choisi parmi tant d'autres… Il aurait pu s'appeler "Les rues de San Francisco"… quoique cela n'aurait pas été une bonne idée…


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De cabrissade, le 31 janvier 2008 à 17:46
Note du film : 3/6

Je confirme, après vérification , qu'àprès une plainte de Narcejac, le film fut bel et bien interdit de diffusion sur tout le territoire Français jusqu'au retrait de la plainte de Narcejac en 1988 !

En 1981, une rétrospective des films de Sir Alfred, organisée par l'université de Lille fut privée de Vertigo pour raisons judiciaires ! Les organisateurs passerent outre mais furent obligés de se procurer, EN BELGIQUE, une copie pas même sous-titrée en Français !

De plus je confirme, toujours après vérification, que le pré-générique de Vertigo s'intitule bien SUEURS FROIDES !

J'attends que d'autres contributeurs de ce site viennent confirmer ou infirmer mes dires !

Cela étant, vous pourriez, Monsieur, mettre un peu plus de formes quand vous répondez à un camarade de site ! Je ne vous salue pas !


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De Torgnole, le 31 janvier 2008 à 17:56

"Quant à l'intervention de Bernard Herrmann : sa musique est certes très belle"

Vistavision, c'est un peu limité pour qualifier la musique de Vertigo, "belle", je ne trouve pas, mais l'émotion insufflé à la musique tout au long du film est d'une profondeur inouie, infiltrant chaque passage. Les thèmes déployés sont pratiquement des séquences à part entière, tout y est, le vertige, le mystère, le suspense, la passion, le trouble, l'angoisse… Le film serait bien léger sans toutes ces ponctuations, je pense que la musique et le film ont été construit en symbiose, la musique n'est pas seulement une illustration accessoire, c'est un élément indispensable, Bernard Herrmann a saisi l'essence de Vertigo si bien que le film aurait pu être construit en s'inspirant de la musique et non forcément l'inverse. J'aurai trouvé plus logique quand même que le film s'appelle Vertige(s) ou tout simplement Vertigo, pas assez racoleur sans doute…


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De Arca1943, le 31 janvier 2008 à 18:23
Note du film : 4/6

Espérons en tout cas que les auteurs du remake de Vertigo, puisque remake il y a, iront chercher la "vraie" fin sans concession imaginée par Boileau et Narcejac dans leur implacable suspense, et non celle au fond plutôt rassurante du film de Hitchcock (peut-être pour des raisons de censure ?) Je présume que c'est à cause de cette hollywoodisation bonbonnière que B-N se sont retournés contre Hitch. Mais voilà un sujet difficile à argumenter, puisque je me refuse à révéler cette fin à ceux qui n'auraient pas lu le roman !


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De vistavision, le 31 janvier 2008 à 18:28

"Cabrissade" ?…. mais parce que je donnerais volontiers mon dentier en gage pour connaître ce contributeur !… Ca sent le coup fourré !… je n'ai jamais entendu parler d'interdiction et surtout d'aller se "ravitailler" en belgique !…. Si "interdiction" il y a, elle vaut pour l'exploitation du film quel que soit l'origine de la pellicule… La farce est trop grosse !…. Quant au "prélude" de Herrmann !… Ah non !… grosse rigolade !


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De Torgnole, le 31 janvier 2008 à 19:06

Pour mon cas Arca vous pouvez y aller, je ne lirais jamais ce roman, suis trop feignant, et puis vous révélez quand même que ça finit encore plus mal ce qui est déjà beaucoup. Ceux qui ne veulent pas connaître la fin n'auront qu'a pas lire, c'est tout… Et qu'est ce que c'est que cette histoire de remake? qui quand ?


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De sépia, le 31 janvier 2008 à 19:30

Vous devriez nous éviter le spectacle d'une grosse rigolade sans votre dentier, vistavision, ça ne doit pas être beau à voir ! Pourquoi "Coup fourré"" ? Pourquoi "Grosse farce" ? Pourquoi, de suite, cette méfiance, cette agressivité imbécile ??
Ce brave homme nous dit ce qu'il croit être vrai : Discutez avec lui correctement ( il a raison Roubi ! ) au lieu de rentrer dans le tas d'emblée ! C'est en 40 qu'il fallait faire ça: On aurait eu l'air moins cons !

Ca ne finira jamais cette ambiance de M…… ?!


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De droudrou, le 31 janvier 2008 à 20:40
Note du film : 5/6

D'abord, une petite chanson tirée du musical "Oklahoma" :

  • Aujourd'hui tout le village est réuni, pour se retrouver et chanter entre amis…"

Après ce petit préambule (amuse-gueule) et après avoir relu l'ensemble des messages, avoir assisté à une montée d'adrénaline et à un haussement de ton (le thon, c'est bon !) puisque nous sommes sur un site de cinéma, je ne peux m'empêcher de penser à un film de John Ford avec John Wayne et Maureen O'Hara : "L'homme tranquille" – Si le rôle titre de Maureen O'Hara (un nom bien Irlandais…) peut être attribué à notre amie Sépia (en se forçant) vu le manque de neutralité de VistaVision à propos de la Belgique, je ne lui attribuerai pas le rôle de John Wayne… Mais j'avoue qu'ici, tout cela n'est pas bien évident ! Ca va tourner à "La taverne de l'Irlandais" !


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De vistavision, le 1er février 2008 à 08:47

Tout cela est bien gentil !… mais accéder au lien que vous avez nommé ne permet pas de vérifier quoi que ce soit… Il s'agit du fournisseur d'accès "neuf"…

Pour en revenir à "Vertigo" : la seule chose que je sache est que le film (mais d'autres de Sir Alfred) n'ont pas fait l'objet d'exploitation jusqu'au milieu des années 80, à cause de Patricia Hitchcock (fille) qui en avait hérité les droits et par la même avait délaissé leur exploitation…

"Vertigo" a reçu un bain de jouvence car la matrice était inexploitable… Le "bonus" du DVD explique cela de façon très détaillée… Il a fallu chercher dans le Monde entier des bribes de pellicules intactes pour les retravailler informatiquement, en profitant du format d'origine (Vistavision)… idem pour la bande-son évidemment !

Alors l'histoire d'une pellicule sur Belgique bravant les interdits !… ce n'est pas crédible… Cela dit : que l'on m'apporte la preuve concrète et je ferai amende honorable auprès de tout un chacun et surtout auprès de ce Monsieur que j'ai pris pour un farceur !


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De sépia, le 1er février 2008 à 16:01

Kinopoivre, les films critiqués par Jean-Pierre Marquet – Les classiques – Vertigo

Extraits En dépit de cet enrichissement psychologique imposé par Hitchcock malgré les conseils de son entourage, les deux romanciers, insatisfaits, lui intentèrent un procès pour n'avoir pas respecté leur roman. Contre toute attente, ils le gagnèrent, et Vertigo, dont l'exploitation en France avait pourtant commencé, fut interdit par le tribunal sur tout le territoire français ! Je me souviens qu'en 1981, des étudiants de Lille, réunis en club, et qui avaient organisé un festival Hitchcock incluant Vertigo, avaient dû renoncer à mentionner le film sur les affiches, et s'étaient procuré en Belgique une copie en version originale non sous-titrée, qu'ils projetèrent illégalement, et merci à eux. C'était ça ou rien ! L'interdiction a fini par être levée, et le film, remis à neuf en 1996, est aujourd'hui libre pour l'exploitation (comme Narcejac est mort seulement en 1998, on peut supposer qu'il avait retiré sa plainte ; Boileau était mort en 1989). Il existe même un DVD, qui hélas mutile le format pour contenter les possesseurs d'écrans larges : manquent le haut et le bas de l'image, sacrifiés par ces marchands de soupe que sont les éditeurs de vidéos !

Voilà, Monsieur "cabrissade"….C'était la moindre des choses et tout le plaisir est pour moi ! Reste à Vistavision à se conduire en homme et vous présenter ses excuses ! J'y joindrai les miennes pour m'être emportée un peu grossièrement…Très respectueusement.

                           Sépia (la fouille merde! )

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De Arca1943, le 1er février 2008 à 16:36
Note du film : 4/6

Moi, je comprends Boileau et Narcejac, bien que l'effet de ce procès ait été déplorable. Imaginez Vertigo avec la vraie fin (bon, je la révèle car je n'en peux plus) : tout à la fois éperdu d'amour pour Madeleine et comprenant enfin la machination dont il a été victime, James Stewart étrangle Kim Novak. THE END !


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De nouvelle, le 1er février 2008 à 17:02
Note du film : 0/6

Comment ça il y'a deux fins à Sueurs froides ??


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De Arca1943, le 1er février 2008 à 17:40
Note du film : 4/6

Mais non : il y a d'une part le dénouement inexorable du roman à suspense de Boileau-Narcejac, et puis il y a d'autre part la (relativement) gentille fin dans l'adaptation hollywoodienne réalisée par Hitchcock. Je pars de l'hypothèse que le procès intenté par B-N contre Hitch fut motivé par cette fin manifestement plaquée, qui enlève beaucoup de sa force à l'histoire originale.


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De vistavision, le 1er février 2008 à 18:38

"Sépia"… vous êtes vraiment crédule et je ne vois pas quelles excuses je devrais faire, car pour moi cet "extrait" expurgé d'un commentaire, n'a pas de valeur à mes yeux ! Quid de ce site de cinéma « Kinopoivre » d'où est extrait cet article ?…. et d'ailleurs c'est simplement un article pondu par un membre dudit site (JP Marquet) !

Sincèrement je n'ai jamais entendu parler d'interdiction suite à un procès !…. Nous en aurions trace sur Internet…. Par contre, je le répète… après la mort de Sir Alfred, sa fille n'a pas exploité les droits de diffusion qu'elle avait eu par héritage… mais cela est valable pour « Qui a tué Harry » et « l'Homme qui en savait trop »… nous ne les avons pas revus pendant des années sur la grande toile…

Il me faut autre-chose que du "blabla" pour me satisfaire !… ne soyez pas aussi sûre de vous ! Je ne pense pas que vous ayez contribué à l'édification de "l'Encyclopédie Universalis" !…


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De Impétueux, le 1er février 2008 à 18:47
Note du film : 2/6

Je n'entre pas dans la querelle de fond, dont, d'ailleurs, je me contrefiche, mais je me demande quelle mouche vous pique, Vistavision d'envoyer à Sépia qui a entrepris une recherche (qui ne vous convient pas, mais c'est une autre affaire), d'envoyer donc un cinglant ne soyez pas aussi sûre de vous ! Je ne pense pas que vous ayez contribué à l'édification de l'Encyclopédie Universalis !

Qu'est-ce que c'est que ce suintement de mépris ? Qu'est-ce que vous en savez ? Vous y avez contribué, vous à l'Encyclopédia universalis ? Et quand bien même !


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De vistavision, le 1er février 2008 à 18:59

Excusez-moi "Impétueux", mais j'adopte le même mépris que celui révélé par "Sépia" dans son précédent commentaire… Je n'ai pas à recevoir de leçons de morale et de bienséance par une "inconnue" sur un site qui se veut ludique…

Que Dame "Sépia" balaye devant sa porte… et je reprendrai le calme qui sied à ce site !


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De Impétueux, le 1er février 2008 à 19:14
Note du film : 2/6

Sépia une inconnue sur ce site ? Sauf votre respect, il me semble qu'elle est bien plus ancienne (N°8492) que vous (N°11830) et plus connue…

Et ceci ne veut pas dire grand chose, qui plus est…


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De vistavision, le 1er février 2008 à 19:30

Ce que j'aime chez vous "Impétueux", c'est votre intervention sur des films pour lesquels vous n'avez rien à dire (vous ne les avez pas visionnés ou tout simplement ils ne vous inspirent aucun commentaire)… Mais vous ne pouvez pas vous empêcher de jouer les prédicateurs, les censeurs, les donneurs de leçons… j'en passe et des meilleurs !

Je pense que cela doit provenir d'une déformation professionnelle et c'est inguérissable !… Tenez ! à titre d'exemple : vous vous fondez sur l'ancienneté à l'appartenance de ce site pour qu'il y ait une sorte de préséance, de vérité authentique !…

je crains fort que d'ici quelques mois, vous restiez seul à analyser vos propres commentaires, "cent fois sur le métier remettez votre ouvrage"… C'est bien triste tout cela ! et le plus triste c'est que des petits "Jeunes" ne savent pas comment vous l'exprimer autrement que par des mots crus et condamnables…


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De cabrissade, le 1er février 2008 à 20:18
Note du film : 3/6

Messieurs!Messieurs! Madame!

Je vous supplie de cesser vos querelles autour de mon nom, fut il un surnom ! Tout cela est sans importance aucune et ne vaut pas ces déchirements que je n'ai certes pas voulu provoquer. Je ne pensais pas que donner un avis sur ce site entrainerait tant d'histoires. Peu importe que Monsieur Vistavision me prenne pour un voyou. Il veut avoir raison, qu'il garde sa raison. Oui, vous aviez raison, vous voilà satisfait! Je demande à Madame Sépia, dont je béni l'immense gentillesse, de ne plus intervenir, l'incident étant clos.

Je me retire aprés avoir , mon dieu , si peu envahi ce site. Que la paix revienne parmi vous. Il faut raison garder en tout.

salutations à tous! Et je signe André de Poitiers (86)


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De Impétueux, le 1er février 2008 à 21:23
Note du film : 2/6

A Vistavision:

Vous vous fondez sur l'ancienneté à l'appartenance de ce site pour qu'il y ait une sorte de préséance, de vérité authentique !… ! Mais où voyez-vous ça ? Qui a écrit, sinon vous Je n'ai pas à recevoir de leçons de morale et de bienséance par une "inconnue" sur un site qui se veut ludique… ?

Je disais simplement que Sépia était bien loin d'être une inconnue… moins inconnue que vous, en tout cas !

Le fait d'être un récent arrivant n'est en aucun cas une tare ou un poids, et l'amie nouvelle, voire l'exagéré Torgnole sont des (relatifs) novices qui ont leur place sur DVD Toile…mais alors pourquoi vous référez-vous à l'inconnue Sépia qui n'est pas, quoi que vous en ayez, une inconnue ?

Et me dire que j'interviens sur des films pour lesquels (je n'ai) rien à dire (que je ne les ai) pas visionnés ou tout simplement (qui ne) m'inspirent aucun commentaire) est tout de même assez gonflé : je ne suis intervenu que pour corriger l'imbécile usurpateur de mon pseudonyme, et pour défendre l'amie Sépia (qui est d'ailleurs assez grande pour se défendre toute seule).

J'ai par ailleurs déposé 2647 messages – à ce jour – sur des films, vus à 99% ; vous en êtes à 34 messages ; on peut se demander qui de nous deux a de la bouteille, ici…. D'autant que traiter, comme vous l'avez fait, l'immense Julien Duvivier comme si c'était un vague Claude Zidi donne de curieuses lumières sur vos goûts…


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De DelaNuit, le 1er février 2008 à 21:29
Note du film : 6/6

Je ne considère pas que la fin imaginée par Hitchcock soit moins intéressante que celle de Boileau / Narcejac. Dans le roman, l'histoire finit en fait divers comme tant d'autre : l'homme abusé tue la femme fatale qui l'a trompé.

Dans le film, Hitchcock fait tourner toute l'intrigue autour de l'idée de Vertige (et la musique elle même rend cette idée dans un incessant tournoiement) : au début, le personnage de James Stewart est frappé de vertige en laissant tomber son collègue. Il souffre de cette phobie pendant des années. Celle-ci motive la plan machiavélique du mari souhaitant se débarrasser de sa femme, laquelle tombera du clocher sans que son "ange gardien" ne puisse y monter pour la sauver… Finalement, pris dans le cauchemar de son amour pour la femme à double visage, et assistant à la mort réelle de celle-ci, tombant pour de bon du haut du clocher, ce nouveau choc lui fait perdre son vertige, et c'est du haut de la tour qu'il contemple le cadavre de celle qu'il aimait, définitivement guéri.

Le film commence avec l'apparition du vertige, il se termine avec sa guérison. Entre les deux, un long rêve éveillé, un long malaise tournoyant.

Les deux fins sont différentes car au delà de l'intrigue, le sujet traité par Hitchcock n'est pas le même que celui de B & N. Au delà du thème du double et de l'ambiguïté concernant la vie ou la mort de l'héroïne, c'est précisément du vertige qu'il entend traiter. En cela, son film n'est nullement une mauvaise adaptation : il va plus loin que le roman, ou tout au moins, explore une autre piste.


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De urspoller, le 16 février 2008 à 19:20
Note du film : Chef-d'Oeuvre

En premier lieu, je sais gré à Delanuit de s'intéresser à ce métrage -et à son contenu- et non pas à verser dans les billevesées fleurissant à droite et à gauche de la part de personnes pourtant vénérables du moins du point de vue des années. Néanmoins, il faut obvier à ces dérives vides de sens et qui confinent à la superfluité. Je confesse n'avoir de leçons à donner à quiconque au vu de mon caractère peu porté sur l'équanimité mais je ne comprends pas que l'ambiance soit toujours aussi enténébrée sur ce site alors que nombre de contributeurs méritent des éloges pour leurs propos passionnés et passionnants a contrario de ces quelques secoués de l'encéphale qui mordent et piquent comme des ammodytes.

Revenons à nos moutons et à ce métrage magistral, preuve supplémentaire du talent incommensurable d'Alfred Hitchcock. Boileau et Narcejac, malgré cet hourvari soulevé par certains, ne se montrèrent pas réellement offusqués par les libertés prises par sir Alfred vis-à-vis de leur roman puisque Pierre Boileau lui-même déclarait comprendre les ellipses, les modifications, les raccourcis… bien que de son avis cela nuisait à la vraisemblance du récit et à la psychologie des personnages, notamment en raison du changement de période historique et l'abandon pur et simple de toute évocation à l'Occupation et à la seconde guerre mondiale. Quant à la fin tant décriée, les auteurs n'en tinrent absolument pas rigueur à Hitchcock puisqu'ils décidèrent d'écrire une nouvelle œuvre à l'attention du maître du suspense, malheureusement l'adaptation ne vit jamais le jour.

Nonobstant, et pour être parfaitement honnête, il faut souligner que les deux écrivains ne reconnurent que partiellement leur œuvre puisque que le métrage de sir Alfred était expurgé d'une certaine noirceur et d'une ambiguïté erratique contraire à cet esthétisme hiératique propre au propos de Hitchcock. D'ailleurs, sans verser dans la dithyrambe ou les lazzi, Boileau évoqua ce film de façon nette et sans chercher querelle ou controverse : « ce n'est pas la même histoire, bien que le film, concentré, parfois un peu solennel, prodigue des moments d'une grande beauté… L'actrice n'est pas assez rongée par une hantise mortelle… »

En fait, dans Vertigo, le héros hitchcockien, tourmenté par son passé, est un équilibriste en transit vers l'inconnu aux confins du plaisir et de l'angoisse, des espoirs et des phobies, d'un gouffre aux profondeurs hadales et d'un olympe radieux… Pour ma part, le seul reproche que je puisse susurrer bien humblement se rapporte au choix de l'actrice principale. Combien une Ingrid Bergman, déesse parmi les déesses aurait donné à ce métrage une profondeur de jeu, une subtilité, une « volupté » (bien que sur ce plan-là Kim Novak ne soit pas dépourvu d'appas) qui n'appartiennent qu'à elle et à ses talents protéiformes. Car ma sylphide scandinave, synonyme de blandice, de vénusté et de grâce, restera à jamais l'incarnation de la passion sous-tendue par les notions de secrets, de tourments, d'amour et de quête d'identité.


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De pamina, le 17 février 2008 à 10:28
Note du film : 6/6

Effectivement ! que d'excitations autour de ce film !… Ce doit être le sujet qui en est la cause…

Tous les commentaires sont loin d'être inintéressants et je ne sais plus quel est le contributeur qui a cherché à connaître l'appartenance du visage du générique où la caméra se rapproche rapidement pour se fondre dans l'oeil (spirales de Saul bass)… Cela pourrait être amusant de le savoir, car je ne pense pas non plus qu'il s'agisse du visage de Kim Novak… oeil et visage beaucoup trop ronds !… et comme cette apparition fugasse n'est pas créditée dans le générique technique… nous restons sur notre faim !

je pencherais également pour le visage de Patricia Hitchcock… pas mal de ressemblance !


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De urspoller, le 17 février 2008 à 11:09
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Pour l'anecdote, ce métrage marque la première collaboration de Saul Bass et de sir Alfred. Le duo se reformera pour deux autres chefs-d'œuvre du maître à savoir La mort aux trousses et Psychose. Bass pour ce générique créa la spirale qui devint au fil du temps le véritable symbole du film, métaphore ésotérique, psychanalytique et métaphysique du vertige et de l'identité perdue. Ce maëlstrom demeure le sceau visuel de cet opus et attire le spectateur dans les profondeurs de la passion. A noter, que Bass fut l'instigateur des deux célèbres scènes de meurtres (douche et escalier) dans Psychose qu'il dessina plan par plan et qui fut le point d'orgue de la collaboration de ses deux génies du cinéma.


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De urspoller, le 22 mars 2008 à 18:41
Note du film : Chef-d'Oeuvre

La première image du générique, signé Saul Bass, correspond à un très gros plan d'un visage de femme accompagné d'une musique troublante de Bernard Herrmann qui instille une réelle impression d'obscure étrangeté et plonge le spectateur dans les profondeurs hadales du mystère.

Mais, chez sir Alfred, chaque plan est un foisonnement de détails riches en symboles pouvant engendrer diverses interprétations. Car, au contraire d'un Mankiewicz, Hitchcock privilégie l'image au détriment du dialogue. Ce cinéma visuel permet au réalisateur de scruter profondément dans l'abyme des âmes et dans le tréfonds des pensées de ses personnages.

Mais là n'est pas la question et je digresse encore. Puisque je voulais répondre à l'interrogation soulevée par la contributrice précédente quant à l'identité de la femme vue en très gros plan aux prémices du générique. D'aucuns penchaient pour Kim Novak et d'autres, comme Pamina, pour Patricia Hitchcock (en raison de l'ovale galbé du visage). Et bien, personnellement, sans jouer les négateurs, je dirais ni l'une, ni l'autre. Mais, sans pouvoir donner un nom à ce visage.

Je m'explique. Je viens de visionner tantôt cette séquence et il appert que le bas de la face de la demoiselle ne peut appartenir à aucune des deux actrices précédemment évoquées puisque j'ai remarqué un lentigo à proximité de la lèvre supérieure et deux petites taches sur la peau – peut-être des éphélides – sur la joue gauche. Or, ni Kim Novak, ni Patricia Hitchcock ne possédaient de tels signes distinctifs ! Donc, la question reste entière.


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De Kinopoivre, le 9 avril 2008 à 18:05

Petite rectification : je ne suis pas "membre" de Kinopoivre, mais propriétaire du site www.kinopoivre.eu, et j'en assure seul la rédaction. Le site est mis à jour quotidiennement, puisque je vais au cinéma tous les jours. Ledit site n'est pas vraiment confidentiel, il reçoit environ 200 visites par jour.

Sur la contestation du procès : il a bel et bien eu lieu. Je lis plus bas que la fille d'Hitchcock avait les droits… mais elle ne les a eus qu'après la mort de son père, le 29 avril 1980. Or le film a été interdit bien avant, du vivant d'Hitchcock. En fait, peu après sa sortie. Le fait qu'Internet n'en parle pas ne signifie rien.

Donc, on ne pouvait voir "Vertigo" qu'à la Cinémathèque, ou clandestinement, comme je l'ai relaté… ou à l'étranger, ex-colonies françaises comprises. Personnellement, avant 1976 et une projection à la Cinémathèque de Chaillot, je n'avais vu le film qu'en Algérie, en 1960 et 1962.

La "relaxation" du film a été signalée en son temps par "Le Canard Enchaîné", qui a publié une critique du film à ce moment-là. Je ne sais plus la date exacte, mais c'était après 1982.


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De Tietie007, le 4 janvier 2009 à 13:27
Note du film : 2/6

Revu dernièrement, comme beaucoup de films d'Hitchcock, et déçu … Le style hitchcockien a énormément vieilli, et j'ai du mal à supporter ces variations verbeuses assez ennuyeuses et ce côté freudien à 2 $, qui rend cette quête soporifique !


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De vincentp, le 24 décembre 2013 à 23:38
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Découvert il y a un certain temps, revu ce soir en blu-ray. Sur la jaquette, on lit ceci : "ce film a été élu en 2013 meilleur film de tous les temps par plus de mille professionnels du cinéma". Ceci pour les plus jeunes d'entre nous qui consultent la fiche de Vertigo sur ce forum. Aucun doute : c'est un chef d'oeuvre absolu et l'un des tous, tous, meilleurs films de l'histoire du cinéma. Film parfait dans toutes ses composantes (générique, lumière, décor, costume, photographie, musique, scénario, mise en scène, interprétation) pendant plus de deux heures. Réflexion inquiète et pessimiste d'un artiste (Hitchcock) au sommet de son art, ayant beaucoup vécu et appris, sur les relations humaines, les classes sociales, le temps et l'espace, le réel et l'imaginaire, l'univers tout simplement.

L'interprétation de Barbara bel Geddes, extrêmement bien dirigée, en introduction du film, à elle seule mérite le détour. James Stewart réalise une des meilleures performances de sa carrière, mais l'interprétation de Kim Novak est tout simplement époustouflante. La plus belle interprétation féminine de l'histoire du cinéma ? A la 91° minute 53° seconde, Hitchcock a la géniale idée de lui faire jeter un regard lointain vers James Stewart qu'elle s'attend à revoir en ville. Les mouvements les plus délicats des paupières et des yeux traduisent les pensées et émotions les plus secrètes des personnages. J'ai du arrêter la projection du film à vingt minutes de son terme, pour ne pas tomber en catalepsie, ou en arrêt cardiaque, face au déferlement d'émotions que Hitchcock m'a asséné.


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De Arca1943, le 26 décembre 2013 à 14:18
Note du film : 4/6

Bon film, mais je comprends très bien Boileau-Narcejac d'avoir été furieux du résultat, étant donné surtout le final édulcoré et consolateur. «Oh, but this is too dark !» ont dû s'exclamer nos puritains amis à la lecture du roman.

N'empêche, Jimmy Stewart étranglant Kim Novak quand il comprend enfin la vérité, c'eût été une sacrée fin, ô combien plus frappante !


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De Impétueux, le 10 février 2015 à 21:42
Note du film : 2/6

Je demeure stupéfait de l'aura dont peut bénéficier Alfred Hitchcock dans la mémoire des cinéphiles, tout ça parce que l'équipe dirigeante des Cahiers du cinéma s'est emparée un jour des films de ce gros bonhomme à la lippe boudeuse et l'a promu au sommet du 7ème art. Je suppose que c'était dans l'esprit de François Truffaut et de ses épigones quelque chose comme un gag, comme si on avait, en France, mis Georges Lautner, cinéaste estimable et limité, au dessus de Julien Duvivier ou d'Henri-Georges Clouzot. Car, Psychose mis à part, qui a vraiment de la chair et de la substance, qu'est-ce que c'est que ce cinéma volontiers décoratif mais bourré de tics et d'obsessions puritaines ?

Sueurs froides est généralement considéré comme un pic de la création d'Hitchcock, son meilleur film avec Psychose, déjà cité et avec La mort aux trousses. Comme je suis plutôt bon zigue et que je ne demande pas mieux que d'abjurer mes aversions, si elles me sont compensées par des découvertes, comme l'idée de regarder un film tiré d'une histoire des maîtres du suspense, Boileau et Narcejac me disait assez, comme je jugeais James Stewart plutôt bon acteur, je me suis engagé dans cette pénible pantalonnade et j'y suis demeuré jusqu'au bout de deux interminables et répétitives heures.

Disons d'abord ce qui est convenable, ce qui sera plus vite fait : la musique, de Bernard Herrmann, quoiqu'un peu emphatique, se laisse écouter ; il y a ici et là, de beaux effets de composition d'images, élégants et colorés ; Barbara Bel Geddes qui interprète Marjorie Wood, la soupirante frustrée de John Ferguson/James Stewart, a du charme et de l'abattage.

Et c'est à peu près tout. L'histoire est atterrante d'invraisemblances et de niaiseries (ce coup de foudre improbable qui statufie les protagonistes, sans que la moindre approche de leur psychologie ait été engagée), répétitive et ultra prévisible ; le rythme des séquences est d'un poussif épuisant ; les obsessions sexuelles du gros Alfred Hitchcock une fois de plus exposées avec une complaisance qui frôle l'exhibitionnisme (ainsi lors du premier baiser des amants, les vagues frangées d'écume qui se brisent en arrière-plan : vous voyez ce que je veux dire ? ça m'a fait re-songer à une séquence d'un autre film où le baiser est suivi d'une image de train qui pénètre dans un tunnel). Et que dire des représentations absolument ridicules du cauchemar subi par James Stewart ? Il y a des moments où on se dit que ce qui pourrait amuser dans un film du type Cinéma de quartier n'est pas convenable en étant présenté comme un des sommets de l'écran.

Et puis l'épouvantable Kim Novak, blondasse bovine qui m'a fait irrésistiblement penser à une barre de Milka Suchard, dont l’œil vide et le jeu dénué de tout mystère plombent d'entrée ce récit trop lent, trop compliqué, trop théâtral qui n'eut, d'ailleurs qu'un succès public très mitigé.

Je signale, sur ce même film de discussion, l'excellent message de Droudrou du 30 mars 2007, qui démonte ironiquement les faux-semblants de ce faiseur d'Alfred


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De DelaNuit, le 12 mars 2015 à 10:19
Note du film : 6/6

Chacun ses goûts, mais on ne saurait reprocher le rythme lent et les invraisemblances de ce film car elles n'en sont pas un défaut ou une faiblesse… mais contribuent à la volonté expresse de son auteur. En effet, Hitchcock ne se considérait pas du tout comme un cinéaste réaliste mais assumait complètement le fait de jouer sur l'imaginaire. Il disait d'ailleurs vomir la vraisemblance et ne pas la rechercher du tout. S'inspirant notamment de la peinture symboliste et surréaliste, il place ses personnages sur le fil du rasoir entre désir et angoisse, entre rêve et cauchemar, à partir d'éléments détournés du quotidien.

Ainsi la découverte de Madeleine par Scottie dans le film, avec ses images magnifiées et la lenteur des scènes, tient de l'envoûtement et conduit le spectateur dans une dimension onirique, qui trouve son sommet lors du baiser au bord de la mer où les vagues heurtent le rivage en accord avec la musique. Aucun réalisme là dedans bien sûr et c'est fait exprès. On est dans l'ensorcellement, le rêve éveillé, un rêve trop beau qui va virer au cauchemar. Les images t la musique expriment ainsi tout le mystère né de l'abracadabrante histoire de réincarnation, fausse piste sur laquelle nous entraine le réalisateur.

On raconte d'ailleurs que pour ce personnage de femme double et la manière de la filmer, Hitchcock s'est inspiré du double rôle de Silvana Mangano dans Ulysse de Camerini, où elle incarne à la fois l'épouse Pénélope attendant patiemment son mari dans le quotidien prosaïque de sa maisonnée, et Circé la magicienne, personnage fantasmatique au possible. Silvana / Pénélope est brune, mais lorsqu'elle apparait en Circé, ses cheveux blonds platine crantés et l'éclairage vert lui confèrent une aura irréelle, onirique… que l'on retrouve dans la coiffure de Kim Novak et la lumière verte (le même vert exactement) qui l'éclaire également d'une aura mystérieuse et irréelle dans la chambre du motel… Le cercle du vertige de Vertigo n'est d'ailleurs pas sans rapport avec le cercle tracé par les magiciennes pour envoûter (le mot cercle et le nom de Circé ayant d'ailleurs des origines étymologiques communes).

Il est d'ailleurs intéressant de constater que juste après Vertigo, la même année, les mêmes James Stewart et Kim Novak ont de nouveau partagé la vedette d'une comédie fantastique (L'adorable voisine / Bell, book and candle) où un simple mortel un peu pataud s'amourache d'une sorcière qui l'envoûte… encore une fois associée à la même lumière verte. Faire appel au couple de Vertigo pour cette histoire de sorcière moderne avait été une évidence.

Tout cela pour dire qu'il est vain de reprocher un manque de vraisemblance quand les cinéastes s'aventurent volontairement sur le terrain de l'onirisme.


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