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Forum : Cyrano de Bergerac

Sujet : Un film qui ringardise le théâtre


De Impétueux, le 6 octobre 2006 à 18:58
Note du film : 5/6

1960 : sur l'unique chaîne de télévision de l'époque, il y a Cyrano de Bergerac !

A l'époque, comme on le voit dans de vieux nanars (regardez donc Paris chante toujours!), les heureux possesseurs d'un poste (en noir et blanc, bien sûr) s'offrent une rasade de popularité en invitant, certains soirs, des voisins choisis à s'entasser devant le poste. Gamin de 13 ans ami des Lettres et des Arts, j'ai à peu près facilement obtenu de la férule paternelle de veiller un peu tard (car ces cinq actes en vers – 2h40 – vont allègrement nous conduire à près de 11 heures et demie !) ; déjà le théâtre m'enquiquine, mais la télévision varie les angles, permet les gros plans, recueille les soupirs… c'est moins faux que la scène…

Il paraît que personne, depuis Coquelin – le créateur de la pièce, en 1897 – n'a jamais joué aussi bien Cyrano que Daniel Sorano, interprète miraculeux de cette réalisation télévisée de 1960 que l'on doit à Claude Barma ; je ne suis pas loin de le croire, tant l'émotion et la résonance ont été fortes mais j'aurais bien aimé qu'une belle édition, en parallèle du film de Rappeneau nous donne, en un second disque, l'occasion de comparer…

Touché au front par le charme de Rostand, surtout par ses parties les plus niaises (les mots d'amour sous le balcon), j'apprends à peu près par cœur la pièce, dans les années qui suivent ; ça n'a rien d'extraordinaire, je ne suis pas le seul, et les vers sont si fluides, même quand ils sont mauvais que ça se grave facilement dans une jeune cervelle.

Tout cela pour dire que nous sommes un certain nombre, anciens petits garçons amoureux de Roxane et se croyant tous affligés d'un physique impossible, qui tordons un peu le nez (hihi!) lorsqu'à la fin du dernier siècle, on nous apprend que Jean-Paul Rappeneau va tourner un film, dans une adaptation de Jean-Claude Carrière qui proclame à qui veut l'entendre qu'il va modifier certains vers, en supprimer bon nombre, diminuer d'épaisseur certaines scènes ("J'inventai six moyens de violer l'azur vierge !") et on ne sait quoi encore…

Et puis il y a Depardieu qui n'est certes pas encore Obélix, mais qui n'a tout de même plus, s'il l'a jamais eue, la mine famélique que l'on prête au Gascon !

Bref, il y a du scepticisme dans l'air, même si l'on sait que Rappeneau est un réalisateur d'une grande honnêteté, rigoureux, expérimenté ; on s'étonne un peu de voir Jacques Weber, qui vient de jouer le rôle de Cyrano au théâtre, revêtir les habits du Comte de Guiche, mais enfin, à Dieu vat !

Et d'emblée, on est émerveillé ! On voit les comédiens de l'Hôtel de Bourgogne comme on ne les a jamais vus, on voit la foule qui se presse, les petits marquis qui se font mille afféteries, Ragueneau (Roland Bertin) et Le Bret (Philippe Morier-Genoud) qui s'inquiètent pour Cyrano…et Roxane prendre sa place… Ah ! Dès qu'on voit Anne Brochet on sait que le pari va être gagné, tant elle est à la fois coquette et grave.

Montfleury, grotesque, commence à déclamer ; et au "Gros homme, si tu joues, je vais être obligé de te fesser les joues !", Depardieu surgit et nous met dans sa poche…C'est la tirade des nez (où l'on regrette bien, tout de même un peu, quelques vers sacrifiés), la balade du duel ("Je jette avec grâce mon feutre…")…on est emporté.

Qui n'a pas vu la virtuosité de la caméra de Rappeneau dans la rôtisserie de Ragueneau, à la caserne des cadets, sur le champ de la bataille d'Arras, qui n'a pas saisi son sens de l'espace dans les perspectives admirables de l'abbaye de Fontenay, où se conclut l'histoire triste, qui se prive de ce bonheur magnifique et prétend encore qu'au théâtre, on sent la vie est bien à plaindre. J'ai vu un Cyrano – paraît-il honorable – avec Francis Huster, à Chaillot, quelques années plus tard ; le pauvre garçon courait en tous sens sur la scène pour donner l'illusion du mouvement, s'époumonait pour murmurer trois mots sous le balcon de Roxane ; les armes du siège d'Arras faisaient un bruit de pétards mouillés…Tout cela donnait une impression d'agitation assez ridicule…

Qui va encore au théâtre, à part les bobos des pièces subventionnées et les clubs du Troisième âge des pièces de boulevard…?

Mais Cyrano est immortel.


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De vincentp, le 6 octobre 2006 à 23:28
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Eh bien, Impétueux, toujours aussi en verve, à ce que je vois ! Qui va encore au théatre ? Mais cher ami, un grand nombre de citadins ! Tenez, je voulais voir "Les femmes savantes" et "l'école des femmes" il y a peu, au théatre de la comédie française. Il y avait une queue de quatre cent mètres pour avoir des places, et bien sûr je me suis fait avoir. Heureusement, en guise de repli, il y avait un certain "Georges Dandin", personnage que vous imitez à merveille. Formidable spectacle !

Quant à Cyrano de Bergerac au cinéma, ben oui, c'est une grande réussite ! Belle adaptation, qui est tout autre que du théatre filmé. Mais les décors, les costumes, avec les moyens que n'a pas toujours le théatre, contribuent aussi à sa belle réussite.

S'il y avait un conseil à donner au théatre, ça serait d'améliorer le confort des salles : les bancs en bois devraient être remplacés par de confortables fauteuils. Le spectateur d'aujourd'hui n'est plus le titi parisien de l'après-guerre, qui se nourrit de films en noir et blanc, basés sur des scénarios de Simenon, avec des tractions avant comme moyen de locomotion, et des "WC" sur son palier, si vous voyez ce que je veux dire, Impétueux. Et puis, il y a longtemps que la regrettée Pauline Carton ne fait plus partie du décor. Quant au Père Noël de Christian-Jaque, plus personne ne songe de nos jours à l'assassiner, car, faillite des idéologies oblige, plus personne n'y croit.

Aujourd'hui, je vous le confirme Impétueux, le cinéma est en couleur, et même bientôt en haute définition. Je peux vous prêter aimablement Collatéral qui vous mettra en phase avec les années 2000 et même Les chroniques de Riddick pour que vous puissiez converser avec vos futurs petits-enfants.


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De Impétueux, le 7 octobre 2006 à 15:54
Note du film : 5/6

Dites-moi, mon cher Vincentp, je trouve assez suspect que vous vous soyez retrouvé dans une queue de 400 mètres, au milieu des enfants des écoles ! Vous ne dites pas s'il s'agit d'éphèbes ou de pucelles, et je laisse à votre loyauté bien connue le soin de nous renseigner si vous le jugez utile…(et si vous n'êtes pas déjà dans le collimateur de la brigade des mineurs).

Car c'est ça, le théâtre, aujourd'hui ! Des classes mornes et ennuyées qu'on mène comme à l'abattoir écouter des textes à quoi ils n'entravent que couic ; apprécier les états d'âme et les scrupules de Bérénice, de Chimène, les provocations de Dom Juan, le sens du sacrifice de Polyeucte, les interrogations de Bajazet ne me semble pas extrêmement facile au siècle du rap.

Cela étant, ce que je jugeais totalement périmé, ringard, irregardable, c'est la fiction théâtrale : en donnant au metteur en scène le pouvoir d'orienter le regard du spectateur vers quoi la structure de l'intrigue ou la puissance du mot doit en retenir l'attention. Notre supérieur inconnu Dumbledore a écrit ceci, qui est très juste, à propos de Marius : "Ensuite, il y a cette mobilité qui n'appartient qu'au 7eme art qui permet d'être dans la scène et non simplement devant. La caméra "prend du champ" ou, au contraire, "resserre" le plan autour des protagonistes selon les besoins d'intensité dramatique du moment. La lumière, si difficile à maîtriser au théâtre, est ici une alliée "objective" dont la variation subtile est un langage en soi".

Tout est dit ; le théâtre ne vit plus, il survit ; comme, j'imagine, ont survécu durant des années les mystères du Moyen-Age, les épopées en douze chants comportant plusieurs milliers d'alexandrins ou les feuilletons radiophoniques (type Signé Furax ou La famille Duraton).

Toutes les formes artistiques sont mortelles. Le cinéma n'est d'ailleurs pas bien en point. A preuve, le succès croissant des "séries" télévisées.


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De sépia,, le 14 mai 2007 à 22:50
Note du film : 6/6

Pardon (ou pas d'ailleurs) de revenir un instant sur le fil de ce film , dont je ne vous parlerai pas…

Mais je viens d'une part, de lire votre engouement, à tous, pour le théatre en général et pour l'incandescent Cyrano en particulier. Je voudrais, aprés vous avoir dit 2 ou 3 petites choses, vous poser à vous, amateurs éclairés , une question que je pense essentielle pour l'avenir de cet art suprème.

Mais d'abord ceci : Cyrano, bien sur ! Cyrano toujours et à jamais. La grande, trés grande messe à été dite. Daniel Sorano, pour l'éternité, mais bien d'autres aussi…J'ai toujours pensé qu'un acteur aurait merveilleusement incarné l'homme au feutre : Charpin…LE Charpin. Dernièrement, évoquant avec une patiente les aventures du bretteur à la péninsule, elle me fit don d'un souvenir qui me ravit le coeur. Dans les années 40, à l'Opéra de Bordeaux, elle était présente, un soir magique ou notre Charpin accomplit une performance inoubliable…

Pour ma part j'ai vu combien de Cyrano ? je ne sais plus … Tant il vrai que lorsque on adore ,on ne compte pas. Une petite pensée trés émue , quand mème, pour Patrick Préjean qui osa, sous mes yeux comblés, "monter" le chef-d'oeuvre, dans un petit théatre de poche parisien. Le pléonasme est voulu, et souligné, car Cyrano est une piéce qui n'est pas destinée aux agoraphobes. Patrick Préjan à osé. Bien lui en a pris. Et maintenant j'en viens à ma question : Que pensez vous de cette manie ,parfois insultante , qu'ont les jeunes métteurs en scène à vouloir , systématiquement "dépoussierer", jusqu'à le dénaturer, le théatre ?? Je viens de voir la remise des Molières, et notre Cyrano fut récompensé trois fois. Mais dans quel état !!!……


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De Arca1943, le 14 mai 2007 à 23:58

''« Que pensez vous de cette manie ,parfois insultante , qu'ont les jeunes métteurs en scène à vouloir , systématiquement "dépoussierer", jusqu'à le dénaturer, le théatre ?? »''

La course en taxi revenant relativement cher, je vais rarement au théâtre en Europe. Cela dit, dame Sépia, voici un extrait d'un croustillant billet de Fruttero et Lucentini paru à l'origine dans le quotidien La Stampa et repris dans La Prédominance du crétin (Livre de Poche no. 6756). L'article s'intitule « Les Pillards » et je vous en conseille vivement la lecture complète !

« Ce sont des gens, il faut le dire, dotés d'un estomac d'acier. Encouragés au début par des exemples « illustres » ou considérés tels, ils se sont d'abord appliqués à triturer les textes traditionnels grecs, latins, anglais, allemands, russes, français, italiens, en transformant les tragédies en farces, les farces en monologues, les comédies en enterrements, les drames bourgeois en spectacles de cirque, les spectacles de cirque en tragédies, en répandant sur tout et sur tous ce « fausset » uniforme, ces accents stridules, ces voix de tête, ces immobilités plastiques, ces gesticulations accélérées, caricaturales, ces grimaces grotesques et « tellement expressives » qui sont la marque sirupeuse, impossible à confondre, du théâtre d'aujourd'hui.

Toutes les possibles « lectures » et « relectures », variations, distorsions, contaminations, expérimentations ont été à peu près mises en scène. Hamlet sans son monologue ; Hamlet uniquement avec son monologue ; Hamlet ouvrier de chez Fiat ; Hamlet amant de Polonius ; Hamlet abattu par la CIA ; Hamlet séduit par Ophélie ; et ainsi de suite, sous un « angle » tour à tour léniniste, néo-dandyste, néo-néoréaliste, maoiste, écologiste, féministe. (…) Il n'existe littéralement rien que ces dévoreurs formidables n'osent mordre, engloutir, digérer, réduire en bol alimentaire, en bouillie, en chyme; et jamais ne semble les effleurer l'idée de se mettre là, avec un stylo et du papier, et d'essayer d'inventer quelque chose de leur cru. »

Cet article date d'il y a presque trente ans, et pourtant, pourtant, mon petit doigt me dit qu'il est toujours d'actualité…


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De droudrou, le 15 mai 2007 à 11:20
Note du film : 6/6

Je crois que le cinéma et le théâtre sont deux visions bien particulières de "notre" monde. Ce n'est guère évident de pouvoir plaire à tout un chacun. J'apporterai une vision un peu simpliste, disant que, sauf votre respect à tous, au cours du cursus scolaire, on nous fait censuré à devoir apprendre par coeur des textes que nous considérons rébarbatifs et que selon la façon dont on les reçoit, on est plus ou moins ouvert au théâtre par la suite…

De voir gesticuler une troupe sur une scène n'est pas forcément évident et recevable par tous. Je me souviens, néanmoins, des vendredis soirs où nous regardions "Au théâtre ce soir" à la télé et ne pouvoir tenir jusque la fin du spectacle… finissant par m'endormir aux répliques échangées par madame et monsieur avec l'amant de madame tandis que, derrière la porte, la maîtresse de monsieur attendait de pouvoir se rhabiller…

Dernièrement, chose effarante, j'ai vu un spectacle auquel nombre de membres du corps enseignant assistaient et ressortaient ébahis disant : "c'est magnifique" alors que je ne voyais nullement en quoi ce pouvait être magnifique… mais enfin, ça me rassure, je sais qu'ils informeront correctement nos charmants bambins…

Néanmoins, je voudrais aussi rappeler que si nous nous plaignons parfois, et certainement à juste titre, de certains spectacles théâtraux, en voyant le Molière de madame Mnouchkine, elle nous sert un morceau de théâtre à la façon dont autrefois les répliques étaient dites… Et devant de tels phrasés, je crois que là, le glas du théâtre eût sonné.

Maintenant, c'est très vrai qu'un récit théâtral, transposé au cinéma, ne peut être repris tel quel parce que la part narrative du récit remplacée par des images nous permet d'accepter une élipse dans le texte. D'autre part, il faut aussi être réaliste, nous ne sommes plus au 17ème, au 18ème, au 19ème siècle et notre perception du langage et du texte a beaucoup évolué. Aujourd'hui, il est plus facile de voir et entendre "Boum" plutôt que : et il y eu une explosion violente qui dispersa à l'entours mille débris qui retombèrent lentement sur la foule qui se tenait à quelque distance du lieu, contenue par un cordon de policiers tandis que, déjà, les pompiers s'activaient à évaluer les dégâts et prodiguaient quelques soins…

J'en connais un de dégât : le rédacteur !


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De Impétueux, le 15 mai 2007 à 14:52
Note du film : 5/6

Comment ça, Sépia, pouvez-vous écrire je viens (…) de lire votre engouement, à tous, pour le théâtre ? Au moment où vous avez rédigé ces lignes provocantes, seuls Vincentp et moi avions déposé des messages sur ce fil, moi pour attaquer une forme d'expression que je juge historiquement dépassée et définitivement ringarde, lui pour la défendre, assez mollement, d'ailleurs…

Depuis lors Arca s'est attaché à répondre à votre question précise sur les triturations que font subir les metteurs en scène aux oeuvres les plus glorieuses ou les plus notoires, Droudrou pour aller, il me semble, tout à fait dans mon sens…


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De sépia,, le 15 mai 2007 à 18:58
Note du film : 6/6

Les joues érubescentes de la honte qui est mienne, je viens trés cher Impétueux, accuser réception de votre objection dirimante, parfaitement fondée, aprés vérification et relecture de vos versets que, tombant dans un immense paronyme, je pensais tous dévoués au théatre. Le seul nom de Cyrano de Bergerac provoque en moi un de ces transports extatiques que la passion bémolise en véritable psaume d'amour…( Voilà pour le language Impétueux, et pour lui faire plaisir…) Parlons un peu Sépia…D'ou la trés grande nécessité de ne pas faire mille choses à la fois…Un oeil sur "Les molières", un sur l'ordinateur, et un troisième (plus les oreilles!) sur mes deux amours qui ne se décidaient pas à dormir….Je vous lis et j'ai pensé lire. Cyrano, vincentp et les femmes savantes, les grands textes, etc, et trois yeux, c'est trop! MAIS, comparer le théatre et le cinéma, c'est comparer Gauguin et un peintre en batiment. De la peinture, des couleurs, et stop! Ca n'est pas L'immense Jouvet qui me contredira, qui disait: "Au théatre, on joue! Au cinéma, on a joué…" Knock, par exemple et entre mille autres, sous la caméra de Guy Lefranc, c'est bien. Mais Michel Serrault, role titre bien sur, sur la scène du théatre Femina de Bordeaux, ca n'est pas rien, Monsieur…Ringard le théatre? Ringard de se jeter dans le vide tous les soirs? Oh!…..


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De Impétueux, le 15 mai 2007 à 23:11
Note du film : 5/6

Ah ! mais je ne dis pas que pour un acteur le théâtre n'est pas mille fois plus exaltant, plus délicieux que le cinéma !

L'évidence est là : au théâtre, l'acteur est en prise directe avec le spectateur, il en ressent toutes les émotions, les frémissements, les enthousiasmes ! Au cinéma, il enregistre cinq, dix, vingt prises que le réalisateur choisira ou non de conserver, dont il choisira – tout simplement – l'une ou l'autre, et pas forcément celle que l'acteur ressentait le mieux ! Et en plus, l'angle de prise de vue, la couleur de la photo, la présence, ou non, de la musique, la focale… rien, ou si peu, sera de lui !

Mille fois d'accord : pour un acteur, le théâtre !

Mais, pour un spectateur, le cinéma !


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De sépia,, le 16 mai 2007 à 14:07
Note du film : 6/6

Mon cher Arca, je me rends compte que je ne vous ai pas remercié pour votre obligeance. Vous avez prit la peine de recopier ce long et fort intérréssant article nous confirmant qu'il y a donc trente ans, déja, que les hommes ont commencé à "renoncer"…Oui, déjà la critique facile, le dépoussièrage si commode et surtout la non création qui n'allait que s'accroitre au fil des années…Et ce qui était valable pour l'art, il y a trente ans, l'est aujourd'hui pour bien d'autres domaines qui augurent mal de l'avenir de cette société. Cette paresse qui s'étend dangereusement à l'humanité toute entière nous jouera un bien vilain tour, qui ouvrira de nouveau la porte à la barbarie, d'abord insidieuse, puis par trop éclatante… Merci encore à vous. Sépia.

 

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De desyeux-desoreilles, le 10 juillet 2007 à 08:22

bonsoir, puisque le ton est à la comparaison…: peu-t-on parler de la position du spectateur qui, dans une salle de cinéma, vient gouter une recette savamment préparée, certes, mais qui vient en bouche toute conditionnée, prévue et assaisonnée pour le plus grand nombre selon des critères de confort et de rentabilité bien rodés ? et comment ne pas parler de l'émotion partagée en "live" avec les acteurs qui osent vous entrainer avec eux dans la grande aventure de la scène ? on pourra dire : " j'y étais", en sachant que chaque fois est une expérience unique; l'instant, c'est un mot fort pour décrire ce que , probablement on revendique du haut de son strapontin rustique pour le bonheur de se voire offrir la magie d'un spectacle… Nous voilà le temps d'une représentation, bien loin des considérations de confort et de passivité…A chacun sa notion de plaisir !


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De droudrou, le 10 juillet 2007 à 08:45
Note du film : 6/6

Eh bien, sans vouloir faire le malin, je tire mon chapeau à un acteur sur scène qui, soir après soir, ou représentation après représentation, nous refait un personnage qui passe par toutes les émotions… Au cinéma, on lui a fait rejouer la même scène 10 fois avant de dire c'est la bonne ou de choisir celle qui parmi les 10 convient le plus à la vision du metteur en scène. Là, pas de problème, l'acteur est confronté à un spectacle qui peut même durer 3 heures et où tout lui est demandé, y compris la mémoire… Pour ma part, si mon niveau de connerie est constant, d'une telle prouesse j'en serais bien incapable car ce serait plus fort que moi de ne pas respecter et le texte et le cadre de l'action !

Et je révise ma note à la hausse maxi !


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De PM Jarriq, le 10 juillet 2007 à 09:00

Dans un récent coffret sur les films "underground" réalisés par Al Pacino, on trouve un documentaire fort intéressant (en fait une longue interview), où Pacino donne à un moment, une bien belle définition du jeu d'acteur au théâtre, et au cinéma.

Au théâtre, explique-t-il, en substance, l'acteur fait le funambule sur une corde, à dix mètres du sol. Au cinéma, cette même corde est posée par-terre… Joli, non ?


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De Impétueux, le 27 juillet 2007 à 23:57
Note du film : 5/6

Bon ! On y reviendra tant que le monde durera ! Mon aversion pour le théâtre , ancienne et avérée, ne signifie pas que je puisse ne pas admirer la performance de l'acteur et ne pas ressentir la volupté qu'il éprouve à, chaque soir, faire vibrer différemment sa salle.

Mais je suis spectateur, c'est-à-dire que c'est mon plaisir qui m'importe, bien davantage que celui de l'acteur. Au cinéma, grâce au talent, voire au génie du réalisateur, je suis dans l'action, je vois la larme qui perle, j'entends le murmure qui s'exhale, je cours avec le héros ; au théâtre – même bien placé ! – je suis totalement hors de l'action : je regarde…

Il y aurait des pages et des pages à écrire là-dessus…


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