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Forum : Le Président

Sujet : Avis


De jipi, le 30 septembre 2006 à 09:51
Note du film : 3/6

"Georges Clemenceau voyage incognito dans le personnage d'Emile Beaufort (Jean Gabin) un jarret offert à un pays de prestige que cet homme déterminé adore comme une maîtresse au détriment de sa composante principale, le peuple ignoré et incorporé dans un seul terme, la France.

Les penseurs politiciens évoluent en interne entre alliances et trahisons. L'arrivisme de l'environnement est bien ancré. Les thèmes conducteurs sont éternels mais semblent ici datés dans des conflits offrant aux différentes têtes de série la possibilité d'effectuer des numéros d'acteurs proportionnés à leurs envergures.

Toutes les composantes de la société sont classifiées selon leurs éloquences verbales. Le schéma est cruel et sélectif.

En verve en partant du haut le relationnel se raréfie à fur et à mesure de la descente vers le bas, les serviteurs bien souvent en uniformes sont considérés comme de simples exécutants, les paroles ne sont que procédures.

Chalamon (Bernard Blier) politicien est arriviste et sournois, un adjectif de plus associé à un terme non péjoratif si son emploi est maîtrisé : Ambition.

Milleran (Renée Faure) secrétaire soumise est constamment sur le qui vive afin de conserver un semblant de personnalité en évitant un basculement définitif dans une tyrannie prête à éclore.

François (Alfred Adam) serviteur modèle est intéressé par le décès programmé de Beaufort.

La jeune petite bonne du domaine est montrée comme sommaire et catin.

Tous les personnages plus ou moins négatifs gravitent autour d'un Beaufort puissant, prédicateur et dénonciateur d'un monde politique corrompu.

La totalité lui semble subordonnée, la récupération du spectateur est visible. Il faut montrer la puissance d'un seul homme. Le nom Beaufort est un aveu du concept (Beau, Fort).

En 1961 année de tournage du film, le paysage politique obéit à une logique emblématique basée sur la personnalité d'un dominant dont la fonction est de capter l'intérêt général.

Ce courant vieillot unique de pensée englobant la masse dans une seule définition (Les français se nomment France) annonce une refonte embusquée : Mai 68 ou un éclatement va s'opérer, la pensée collective va broyer la pensée d'un seul homme.

Le style cinématographique de cette époque est évident, une dominance unique déversé par un homme sur de lui entouré de courtisans dont les avis demandés sont pris en compte dans une dépendance invisible.

Beaufort est une image socratique, un homme impose ses idées par l'intermédiaire de son environnement.

Le président est un bon divertissement à ne considérer que comme des images d'un temps de dépendance. "


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De jipi, le 30 septembre 2006 à 09:52
Note du film : 3/6

Messieurs les tireurs, visez le coeur et regardez moi bien dans les yeux.


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De droudrou, le 30 septembre 2006 à 10:35
Note du film : 4/6

Salut Jipi ! – A propos du Président, il y a des situations extrêmes que le personnage de Jean Gabin contribue quelque peu à rendre plus extrêmes encore – On sait qu'il s'est inspiré de personnages réels pour composer son propre personnage – On ne peut nier que le film est intéressant – J'ai mon filleul, 15 ans, assez précoce et bien ouvert sur l'extérieur, qui, actuellement, s'ouvre à un certain nombre de choses qui n'entrent pas forcément dans le cadre de sa vie scolaire – Pour son anniversaire, j'ai pensé que le choix du "Président" pouvait être intéressant accompagné, pour bien faire, de "Treize jours", l'affaire des missiles de Cuba, avec les Kennedy, et du film de Viscomti "Les Damnés". Qu'en penses-tu ?

Messieurs les tireurs, visez-moi bien ! : dis-donc, le père Gabin et sa troisième république ont laissé des traces dans ta réplique !…


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De jipi, le 30 septembre 2006 à 11:17
Note du film : 3/6

Salut Droudrou

Le président est un bon choix mais cet homme au dessus du troupeau qui cingle l'environnement à la réplique se doit d'être maîtrisé par une jeune esprit en quète de modèle. L'aura de Beaufort est trop important, ton filleul doit se "disoudre" dans une collectivité ou les comportements deviennent naturels en fonction des deux règles de notre planète, dominance et soumission. A chacun d'évoluer harmonieusement à sa place.

Curieusement, je n'ai jamais vu les damnés. Voici les films que je te conseille le tout naturellement en fonction de ma mécanique interne. Tu sais Droudrou ton filleul à 15 ans va se fabriquer et ceci pour la vie des modèles cinématographiques, donc allons y doucement.

Voici les films que je te conseille de lui montrer:

"Miracle à Milan" de Vittorio de Sica ou la bonté est au dela de toute définition, elle est naturelle.

"La vie est belle" de Franck Capra un peu pour les mêmes raisons.

"Les Révoltés du Bounty" de Franck Loyd avec un Bligh à deux visages, intraitable envers la cale est courage courageux et protecteur envers un groupe dans la survie.

"Cléo de 5 à 7" d'Agnès Varda ou il faut entretenir la spontanéité des rencontres dans un temps ou l'avenir n'est pas positionné.

"Lawrence d'Arabie" pour la cultissime scène du sauvetage de Kassim "Rien n'est écrit", tu sais Droudrou moi aussi j'aurais été le chercher.

"La prisonnière du désert" de John Ford" ou Ethan au bord du meurtre se liquifie soudainement en homme bon.

"Duel au soleil" de King Vidor ou la belle Pearl Chavez est terrassée par l'hérédité.

Que de moments merveilleux j'ai passé avec tous ces films.

     

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De jipi, le 30 septembre 2006 à 11:51
Note du film : 3/6

Il y a aussi et surtout "La nuit du chasseur"" de Charles Laughton avec cette magnifique complainte

chantée par Pearl à son frère harassé de fatigue dans cette barque de survie traqué par le démentiel Harry Powell.


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De droudrou, le 30 septembre 2006 à 12:18
Note du film : 4/6

Au niveau de ta liste, Jipi, sache bien qu'il a déjà été pourvu partiellement dans ce sens. Par contre, il faut savoir que le gamin ( ! ) quand il te dit quelque chose, il a déjà tout d'un politicien et qu'il a une réthorique qui ferait pâlir Impétueux…

A propos du film "Les Damnés" de Viscomti, pour toi et tous ceux que ça intéresse, il y a 2 semaines, ils ont été proposés par Le Nouvel Observateur au prix de 4,90 Euros (complets et avec les suppléments).

Donc :

Le Nouvel Observateur – du 21 au 27 septembre 2006 -

Les Damnés de Luchino Viscomti – au prix de 4,90 Euros, port compris

bon de commande à adresser à

Nouvel Observateur – Opération Viscomti

142 rue Montmartre – 75002 Paris

règlement par chèque ou par carte bancaire avec uniquement la date de validité de la carte et sans les numéros de complément qui se trouvent au verso de la carte – ou par téléphone au

01 40 26 86 16 (paiement par carte bancaire) -

j'ai pu offrir de cette façon "Jugement à Nuremberg" – "Soleil Trompeur" de Mikhalkov – "Jambon Jambon" de Migas Luna – et moi qui suis amateur d'opéra – "Don Giovanni" à la Scala -

A suivre !…

J'en profite Jipi : à propos d'Impétueux et de moi-même nous avons des coeurs de Pierre ! Hélas !


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De David-H, le 30 septembre 2006 à 12:57

Je m'éloigne de vos propos, mais concernant ce Président, j'ai juste le temps d'exprimer une chose : ce n'est certainement pas, dans ce rôle, Dupontel qui détrônera Gabin dans les esprits, avec le très brouillon dernier Président !

Rien qu'à repérer les anachronismes du début, j'avais presque décroché d'emblée…


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De droudrou, le 30 septembre 2006 à 20:49
Note du film : 4/6

David ! Je ne sais pas ! Une de nos amies est allée le voir. Elle est revenue enchantée. En ce qui me concerne, je suis allé voir quelques extraits sur Internet. Je pense que j'irai. Il convient néanmoins de concéder que nous allons vers un thriller politique où, c'est très vrai, nos amis d'outre Atlantique (j'allais marquer outre-manche…) sont très forts. Il y a une tentative. Par contre, c'est vrai qu'avec Dupontel on peut être surpris et je l'ai encore zété hier soir en regardant "Un long dimanche de fiançailles" puisqu'il figure au générique de ce film ! J'ai lu une critique dernièrement le concernant. Je pense que capable du meilleur comme du plus mauvais il pourrait néanmoins nous surprendre s'il trouve des sujets valables… Je dis "wait and see !".


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De Impétueux, le 30 septembre 2006 à 21:42
Note du film : 5/6

Dites, les amis ! Un peu d'ordre ! Allez donc déposer vos excellentes gloses sur le fil du nouveau Président, sinon personne ne se reconnaîtra !


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De Impétueux, le 30 septembre 2006 à 23:26
Note du film : 5/6

Bon. Revenons donc à présent à l'excellent Président de Verneuil, avec un Gabin admirablement gabinant, qui dit du Audiard en langue maternelle et endosse les habits de Georges Clémenceau sur une trame de Georges Simenon.

Lorsque JIPI écrit "Ce courant vieillot unique de pensée englobant la masse dans une seule définition (Les français se nomment France) annonce une refonte embusquée : Mai 68 ou un éclatement va s'opérer, la pensée collective va broyer la pensée d'un seul homme.", je lui rappelle tout d'abord que, lorsqu'ils sont substantivés (si j'ose écrire), les Français prennent une majuscule (comme, d'ailleurs, les Anglais, les Suisses, les Guatémaltèques, les Papous, etc.). Secondement, qu'il gagnerait à écrire des phrases plus clairement et immédiatement compréhensibles. Troisièmement, que voir, dans un film de 1961, encore tout plein de remugles des 3ème et 4ème Républiques une allusion au redressement difficilement entrepris par le Général De Gaulle, sous la forme d'un coup d’œil critique est, précisément, se rentrer le doigt dans le dit œil beaucoup plus que jusqu'au coude.

Encore bien vert à cette époque, je témoigne (et Droudrou n'aura pas de peine à me rejoindre là-dessus) que nos adolescences ont été empuanties par les crises ministérielles et par l'absence d'institutions permettant la constitution de majorités cohérentes.

En d'autres termes, que s'il y a allusion, dans ce Président-là, elle est évidemment nettement en faveur de l'Homme du 18 juin, présenté alors allusivement comme le continuateur du Père La Victoire.

Enfin, trouver une "Pensée" à ce tourbillon nauséabond et ridicule que l'on continue à appeler Mai 68 est une sorte d'exploit aux côtés duquel l'ingestion complète de la filmographie de Jean-Luc Godard apparaît comme une insignifiante gnognotte.

Bref, Le Président est un de ces excellents films de qualité française, injustement et ridiculement critiqués par la prétendue "Nouvelle vague", que Droudrou a bien raison de confier au regard acide et pénétrant de sa parentèle !


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De jipi, le 1er octobre 2006 à 09:20
Note du film : 3/6

Impétueux, seriez-vous un adepte de la serpe. Vous cassez systématiquement tous mes textes en m'incitant à rester dans une de vos réactions antérieures. Ce site semble vous appartenir de fond en comble, vous y régnez en despote. N'oubliez pas que vous ne maîtrisez qu'un microcosme. Pour ma part mon baluchon est fait, inutile de lutter contre une machine à broyer, le monde est vaste, avant hier vous n'existiez pas

retour à la case départ. Même si à la base tout ceci n'est un jeu, méfiez-vous de vos débordements.

Vous n'êtes qu'une avalanche nauséabonde de propos ne visant qu'à dominer. Je cherchais un forum afin d'éradiquer le pire des mots "Silence", par votre comportement vous me le faites regretter. Quand à vous membres du site si vous sentez une étreinte, n'hésitez pas à la desserrer, la culture n'appartient pas à un seul homme ou autre chose portant ce nom.

    
    
 

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De Impétueux, le 1er octobre 2006 à 09:47
Note du film : 5/6

Mon garçon, vous avez déposé une centaine de messages depuis quatre ou cinq jours ; j'ai réagi sur trois d'entre eux ; Emmanuelle, Le Président, La traversée de Paris ; et sur le fil d'Urga, je n'ai pas été le plus acharné à vous prier d'entrer dans l'esprit de ce site.

Je n'essaye pas de casser votre argumentation, qui a autant de valeur que la mienne : j'essaye d'ouvrir un libre débat et nous pouvons fort bien être d'accord ici, et ne l'être pas là. Si un peu de confrontation (à fleurets bien mouchetés, par ailleurs) vous impressionne, qu'y puis-je ?

Mais ne dirait-on pas que la culture du consensus l'a partout emporté ? Avec Vincentp, avec qui les sujets d'accord sont nombreux, nous nous sommes largement séparés sur Angel heart ou Le fleuve ; et la quasi-totalité des participants s'est librement gaussée de l'intérêt que j'avais pris à Caligula ; je n'en ai pas fait une crise d'identité !

J'aime ce que j'aime, vous aimez ce que vous aimez ; nul ne vous empêche d'aller vous ficher de mes partis-pris, de ma subjectivité, de mon grand âge et de mon goût pour les nanars. Et je ne me retiendrai pas dès que je jugerai une de vos chroniques mal venues.


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De droudrou, le 1er octobre 2006 à 10:02
Note du film : 4/6

Le Président : effectivement le personnage est inspiré du Père la Victoire. Personne ne s'en est jamais caché. C'est très vrai que les 3ème et 4ème républiques avant la 5ème ont été marquées par des instabilités politiques rares. Le Gaullisme a quelque peu calmé les mouvements. Je ne ferai aucun commentaire sur la situation actuelle qui risque fort de déboucher sur une 6ème république… Cà c'est une autre histoire. Nous ne sommes plus sur un site consacré au cinéma mais un site consacré à la politique.

Dans tout cela, le cinéma ? Eh bien oui, comme en 1981 nous nous sommes trouvés à un certain moment confrontés à des gens qui s'étaient sentis brimés et qui devaient absolument casser le moule dans lequel on les avait enfermés avant qu'eux mêmes ne virent dans un cinéma devenu bien conformiste. J'avoue n'avoir aucun respect pour eux. S'il faut provoquer pour obtenir la notoriété, je ne suis pas d'accord : il y a des gens très capables qui n'ont jamais provoqué mais qui ont su créer un courant sur lequel on a pu les classifier et les reconnaître. Que par contre, le cinéaste ne soit pas d'accord avec la politique, c'est une chose. Que la politique ne soit pas d'accord avec le cinéma, c'est encore autre chose. Et que l'un et l'autre font bon ménage, pourquoi pas. Ca ne me gène pas du moment qu'en tant que spectateur je ne me sente pas frustré. Quand on va voir unfilm avec Alain Delon ou Brigitte Bardot ou Isabelle Adjani ou Gérard Depardieu ou même Jamel Debbouze, c'est l'acteur que l'on va applaudir, pas le personnage et ses convictions propres.


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De Impétueux, le 1er octobre 2006 à 10:38
Note du film : 5/6

Exactement ! Les convictions intimes de l'un ou de l'autre ne devraient pas avoir d'impact sur l'estime – ou la détestation ! – que nous portons à l'un ou l'autre acteur ou réalisateur.


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De Arca1943, le 6 mai 2007 à 18:39
Note du film : 5/6

Je ne suis pas citoyen de la République française, mais ça ne m'empêchera pas de voter quand même pour Le Président.

Excusez-là, chers amis français, elle est un peu facile mais je n'ai pas pu résister!


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De droudrou, le 6 mai 2007 à 21:12
Note du film : 4/6

On ne vous en voudra pas du tout, cher ami ! Au contraire !


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De dumbledore, le 6 mai 2007 à 22:39

Dans le genre, The Candidate était pas mal.


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De Arca1943, le 7 mai 2007 à 02:41
Note du film : 5/6

The Candidate est un classique. Récemment, j'ai découvert True colors, de l'étonnant Herbert Ross, avec un très bon duo John Cusack – James Spader, qui n'est pas piqué des vers non plus.


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De Arca1943, le 7 mai 2007 à 02:55
Note du film : 5/6

Et j'allais oublier ! "Le Moustique", excellent film tourné pour la télé et mettant en VEDETTE (oui, vous avez bien lu) Jean Bouise dans le rôle du président de la République.


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De Xaintrailles, le 14 septembre 2007 à 12:07
Note du film : 4/6

Un tout petit détail, mais tout le monde semble l'ignorer : Georges Clemenceau s'écrit sans accent sur le e bien qu'il faille tout de même prononcer Clé. Si vous ne me croyez pas, allez demander son avis à la conservatrice du Musée Georges Clemenceau rue Franklin, elle vous confirmera mon assertion…


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De droudrou, le 14 septembre 2007 à 12:54
Note du film : 4/6

Simplement, le correcteur d'ortaugraffe de Word ne l'accepte pas avec l'accent sur le "e"…


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De PM Jarriq, le 8 mars 2009 à 10:31
Note du film : 5/6

A un politicard qui sollicite un passe-droit, Gabin refuse en disant : "Je peux tout. Et c'est pour cela que je ne peux pas tout me permettre".

Du bel et bon Audiard, à méditer par certains…

Rien à ajouter aux commentaires élogieux ci-dessus, si ce n'est que le face à face final entre Blier et Gabin, dans le bureau de celui-ci, compte parmi les plus belles performances des deux comédiens.


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De Romuald, le 8 mars 2009 à 16:09

…….et quand on revoit les grandes familles, réalisé trois ans auparavant, on peut se demander si Verneuil n'a pas été influencé par Denys de La Patelliere qui avait su tirer parti du talent de ces deux monstres, dans une scène d'anthologie. Quand Gabin fait avouer à Blier qu'il est le père de l'enfant de sa nièce….

                                                               pour Lagardère.

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De arman, le 29 mars 2009 à 23:26

on peut voir et revoir ce film souvent.ilreste toujours aussi beau le duel gabin blier est un sommet de l art dramatique dans le cinema francais


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De Arca1943, le 16 avril 2009 à 04:31
Note du film : 5/6

En effet, le face à face Gabin / Blier est du tonnerre. Bon film politique français, qui n'a pas peur de nous entraîner sur un terrain réputé aride pour construire son suspense (la dévaluation du franc, l'union douanière). Quoique brillants, les dialogues n'audiardisent que dans les limites du très raisonnable. D'ailleurs j'ai tout de suite vu que Beaumont était un bon président puisqu'il est anticlérical ! Non, mais blague à part, moi qui aime bien les films d'Henri Verneuil, j'aurais dû découvrir celui-ci bien plus tôt : c'est une de ses plus belles réussites. Les scènes de Parlement sont magnifiques.


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De fretyl, le 16 avril 2009 à 13:41
Note du film : 5/6

J'ai tout de suite vu que Beaumont était un bon président puisqu'il est anticlérical !

En effet. Et c'est aussi un président qui ne fâchera personne, vu que son engagement reste par certains cotés assez centriste. Je suis un mélange d'anarchiste et de conservateur, dans des proportions qui restent à déterminer.

Les scènes au parlement reflète parfaitement le souvenir que l'on peut avoir de la IVème république.
Et je n'ai pas été le seul à remarquer que lorsque Gabin (dont j'avais déjà constaté l'étrange ressemblance physique avec l'homme de Saint cloud) fustige l'Europe du capital, c'est presque le même discours nationaliste de Le Pen aujourd'hui. Un inconnu a même mis une vidéo sur Dailymotion pour marquer ce rapprochement. C'est en ça que Le président est passionnant, force est de constater que ce qui était un néologisme pro-Gaulliste dans les années 60 est devenu comme par enchantement un discours qualifié de haineux en 2009.
Bon je sais que je vais encore me faire flinguer, mais là en dehors de tous militantisme on peut trouver que c'est quand même flagrant !

Politiquement Le président n'a pas pris une ride…


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De Arca1943, le 16 avril 2009 à 13:59
Note du film : 5/6

« …lorsque Gabin (…) fustige l'Europe du capital, c'est presque le même discours nationaliste de Le Pen aujourd'hui. »

Ah, évidemment, pour une pensée syncrétique qui fonctionne à coups d'approximations et d'amalgames, tout est dans tout ! Votre prosélytisme, cher Frétyl, montre plus que le bout du nez. Alors, c'est à mon tour. « Le nationalisme n'est pas seulement la dégradation et la caricature du patriotisme : il en est à proprement parler l'antithèse même. » (Comte Carlo Sforza).


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De fretyl, le 16 avril 2009 à 14:17
Note du film : 5/6

Pas de prosélytisme chez moi, en tous cas pas ici.

Ne confondons pas Patriotisme et nationalisme. Le patriotisme ce sont des valeurs, des coutumes qui marque son attachement à un pays. Le nationalisme est la matérialisation politique du patriotisme. Un projet politique… Alors que le patriotisme n'est rien d'autre qu'un sentiment.

Mais n'oublions pas que le nationalisme est une idéologie venant de la gauche, une idéologie construite en même temps que les droits de l'homme. C'est la première idéologie qui a considéré le peuple comme étant un peuple, un homme comme étant un citoyen. Pour le reste c'est sûr, il n' y a pas de patriotisme possible sans nationalisme.

De Gaulle était philosophiquement nationaliste, Jaurès était nationaliste et Le président est nationaliste.
Et lorsque j'écoute le président Beaufort, je me demande ce qu'il dirait aujourd'hui face aux technocrates et financier du parlement Européen actuel.


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De Arca1943, le 16 avril 2009 à 14:53
Note du film : 5/6

« Ne confondons pas Patriotisme et nationalisme. » C'est bien en effet le sens de cette maxime du comte Sforza que je vous conseille de relire… Le patriotisme prend pour unité de base la citoyenneté et le nationalisme, la nationalité. Autrement dit, l'un est identitaire et l'autre ne l'est pas. « Le nationalisme est cette perversion de l'État en instrument de la nation et l'identification du citoyen comme membre de cette nation. » (Hannah Arendt)


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De CapitaineStark, le 13 octobre 2010 à 20:12
Note du film : 5/6

J'ai visionné il y a peu ce petit bijou de drame politique qui m'a, à bien des égards, fait penser à l'excellent Mr Smith au Sénat de Capra qui narre également le combat de la sincérité politique contre la corruption des représentants du peuple avec un verdict plus optimiste.

Comme cela a été dit, la scène du Parlement aux accents de Chant du cygne est éblouissant, portée par les dialogues incisifs de Michel Audiard et par le charisme irrésistible de Jean Gabin.

J'ai simplement regretté cette réplique de Gabin lorsqu'il assène : "Comment pouvez-vous concilier votre fonction de député catholique démocrate avec votre métier d'avocat d'une grosse banque israélite".

J'apprécie l'esprit subversif et provocateur d'Audiard mais le recours à ce vocable antisémite est assez lamentable.


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De fretyl, le 14 octobre 2010 à 17:45
Note du film : 5/6

"Comment pouvez-vous concilier votre fonction de député catholique démocrate avec votre métier d'avocat d'une grosse banque israélite"

Je ne vois pas ce que cette réplique a d'antisémite ?

J'avoue même être plutôt d'accord, avec cette pique lancé par Audiard, contre les sionistes et pro-sioniste de tout poil qui empuantissent le paysage politique français, depuis pas mal de temps déjà !


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De Arca1943, le 14 octobre 2010 à 18:15
Note du film : 5/6

Je ne vois pas ce que cette réplique a d'antisémite.

Mais non, voyons ! La notion de "banque israélite" n'est pas faisandée le moins du monde, le débagoulage sur les "banquiers juifs" n'est en rien une tarte à la crème de la propagande antisémite ! Quand même, on peut se permettre un soupir de soulagement pour les Juifs qui ne sont pas banquiers, pour les banquiers qui ne sont pas juifs…

Au fait, qui dont avait défini l'antisémitisme comme "le socialisme des imbéciles" ? Je croyais que c'était le comte Sforza , mais on m'a dit que ça datait d'avant lui. Peut-être Clémenceau ?


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De Gilou40, le 14 octobre 2010 à 19:23

Je croyais que c'était le comte Sforza , mais on m'a dit que ça datait d'avant lui. Peut-être Clémenceau ?

Non. LUI !

August Bebel, né à Deutz (près de Cologne) le 22 février 1840 et mort le 13 août 1913 dans un sanatorium près de Coire en Suisse, est un artisan allemand devenu homme politique socialiste.

(Wikipédia)


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De fretyl, le 14 octobre 2010 à 20:09
Note du film : 5/6

Nier que les juifs aient beaucoup de pouvoir dans les banques, serait à mon sens comme contester le pouvoir que les bretons ont dans la marine ou les Corses dans les douanes.

Audiard récidivera dans Un taxi pour Tobrouk avec cette formidable réplique :

Si t'as pas de grand-père banquier, veux-tu me dire à quoi ça sert d'être juif?

Le pire c'est qu'aujourd'hui il serait carrément mis au banc des accusés, serait invité dans l'émission de Ardisson pour se faire torcher la gueule, subirait un lynchage médiatique destructeur, serait comparé à Hitler et finirait au banc des scénaristes pour avoir écrit tout ça. Le tragique destin qu'a d'ailleurs connu un de mes copains humoriste…

Mais décidément, le président Beaufort m'est de plus en plus sympathique !


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De F, le 14 octobre 2010 à 20:49

Et toi fretyl tu l'es de moins en moins.


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De CapitaineStark, le 14 octobre 2010 à 20:52
Note du film : 5/6

Entre dire que des citoyens juifs aient eu une influence dans le secteur bancaire et imaginer une "haute banque juive" au service des intérêts sionistes, il y a tout de même une sacrée différence.

Quant à la boutade sur le grand-père banquier, elle m'a fait marrer parce qu'elle repose sur un cliché populaire (les juifs et l'argent) qui n'appartient pas nécessairement à la rhétorique antisémite. Et là, ta comparaison avec les Corses et les Bretons est opérante, mais dans le cas de la banque juive…


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De Arca1943, le 15 octobre 2010 à 04:58
Note du film : 5/6

« Nier que les juifs aient beaucoup de pouvoir dans les banques, serait à mon sens comme contester le pouvoir que les bretons ont dans la marine ou les Corses dans les douanes. »

Quand je suis allé en France, j'ai eu affaire aux douanes, aux banques et j'ai même – en bon touriste – visité une impressionnante fabrique de câbles de marine à l'ancienne. Et pendant tout ce temps-là, moi qui croyais avoir affaire à de simples Français, en réalité j'étais à la merci de types qui étaient aussi des Corses, des Juifs, des Bretons même ? Et personne ne me disait rien  !?

Un frisson rétrospectif m'envahit.


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De CapitaineStark, le 15 octobre 2010 à 11:35
Note du film : 5/6

En effet Arca, ça fait froid dans le dos.

PS : j'ai décidé d'effacer la suite de mon message qui m'apparaît maintenant parfaitement injuste et potentiellement infamante.


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De Arca1943, le 15 octobre 2010 à 13:51
Note du film : 5/6

« Michel Audiard – qu'on a dépeint comme un anarchiste un peu réac' – et j'en suis venu à demander si le réactionnaire ne l'emportait pas sur l'anarchiste. »

Pourquoi le "réactionnaire" l'emporterait-il soudain sur "l'anarchiste" à cause de cette malheureuse ligne de dialogue ? Des anarchistes antisémites, ça existe aussi : dans les parages de Sorel, par exemple. (Un anarchiste, de toute façon, ce n'est qu'un dictateur qui a échoué.)

Par ailleurs, vous m'avez un peu piégé, capitaine : je n'ai pas laissé mes derniers messages pour m'en prendre à Gabin ni même à Audiard, mais à un internaute d'ici et maintenant.


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De fretyl, le 15 octobre 2010 à 14:24
Note du film : 5/6

Quand je suis allé en France, j'ai eu affaire aux douanes, aux banques et j'ai même – en bon touriste – visité une impressionnante fabrique de câbles de marine à l'ancienne. Et pendant tout ce temps-là, moi qui croyais avoir affaire à de simples Français, en réalité j'étais à la merci de types qui étaient aussi des Corses, des Juifs, des Bretons même ? Et personne ne me disait rien !?

Eh ben oui ! Preuve d'ailleurs qu'on peut être Français, Juif, Corse et Banquier à la fois ! Ou Breton, Juif et Douanier !

Extraordinaire non ?

Entre dire que des citoyens juifs aient eu une influence dans le secteur bancaire et imaginer une "haute banque juive" au service des intérêts sionistes, il y a tout de même une sacrée différence.

Là c'est quand même vous qui me poussez à parler politique. Je pense en effet que la haute banque juive au service des intérêts sionistes existe depuis des lustres !

En 1899 est fondé la première banque sioniste à Londres portant le nom de Jewish Colonial Trust, l'appellation est forcément révélatrice.
L'organisation sioniste mondiale est depuis fort longtemps une organisation financière et politique de haut niveau, déjà en 1901 le fond national Juif travaillait à l'achat de terre en Palestine.
La banque Lehman Brothers a été crée en 1850 par trois fréres Juifs, je ne parlerai pas de la famille Rothschild, de Goldman, Sachs & Co, de Kuhn Loeb, etc…
L'internationale sioniste défend bien évidemment par préférence ses intérêts privés, il suffit de chercher les divers symboles pyramidal maçonnique sur les dollars, les devantures de banques, pour en avoir le coeur net !


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De CapitaineStark, le 15 octobre 2010 à 14:47
Note du film : 5/6

Je n'ai pas voulu vous piéger chez Arca, ni m'en prendre à Gabin que j'adore – et dont on connaît l'engagement auprès des FFL ou à Audiard. J'ai simplement voulu faire part de mon interrogation sans tirer aucune conclusion.

Je préfère considérer comme vous cette ligne de dialogue comme maladroite et non révélatrice d'une arrière-pensée nauséabonde.


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De F, le 15 octobre 2010 à 15:17

Là c'est quand même vous qui me poussez à parler politique. Je pense en effet que la haute banque juive au service des intérêts sionistes existe depuis des lustres !

ah bon? c'est de la politique, ça?


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