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Forum : Effroyables jardins

Sujet : le trou


De paul_mtl, le 20 septembre 2006 à 22:36
Note du film : 4/6

Une comédie-dramatique intense de Jean Becker (Un crime au paradis 2001) qui vous montre comment un acte d’héroïsme, de résistance peut vous amener dans un trou.

Les acteurs jouent tous très bien Jacques Villeret et André Dussollier les deux "résistants-héros", Thierry Lhermitte un responsable et Benoît Magimel un impulsif.

Une critique de télécineObs :

Mais si cette comédie ne distille pas autant de grâce que le récit de Michel Quint dont elle est tirée, elle en restitue fidèlement le propos : cultiver la dérision en toute circonstance.

Le traitement de la fin hautement émotionnel plaira a certains par sa force et en gênera d'autres par sa lourdeur au détriment de la subtilité du propos.


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De Gaulhenrix, le 20 juin 2007 à 13:12
Note du film : 5/6

Une fois de plus, Jean Becker se tourne vers la France rurale qu'il affectionne (Les Enfants du marais, 1998 et Un crime au paradis, 2000)et la saisit à travers deux périodes charnières : 1944 et la fin de l'occupation allemande ; 1958 et la fin de la France traditionnelle. Il s'appuie sur un court roman éponyme de Michel Quint. Le titre, énigmatique, fait référence à un poème de Guillaume Apollinaire (Les grenadines repentantes) :

                           « (…) et que la grenade est touchante / 
                              Dans nos effroyables jardins. »

Les mots de ces deux vers peuvent avoir pour l'écrivain un double sens : la grenade évoque le fruit dans le verger mais elle peut se comprendre comme l'arme offensive employé dans le pays (le jardin signifiant métaphoriquement la France), puisque c'est bien de l'occupation de la France par les armées allemandes en 1940 dont il s'agit ; ce qui permet au réalisateur de montrer des gens ordinaires d'une petite ville de province pris dans un engrenage infernal qui les dépasse.

Pourtant le film commence en 1958 (évocation nostalgique de la "Dyna Panhard" jaune vif, de la chanson "Brigitte Bardot" interprétée par Dario Moreno, etc.) dans un petit village du sud-ouest savoureusement mis en place. Mais un rapide retour en arrière en 1944 constitue l'essentiel du film. En effet, Jacques (Jacques Villeret) et André (André Dussolier), amis et complices, unis également par leur amour secret pour Louise (Isabelle Candelier) pour les beaux de laquelle ils décident d'accomplir un acte de bravoure – s'attaquer à l'occupant allemand. Le film passe sans cesse de la comédie au drame à travers la tragédie qui se noue et pousse les personnages à aller jusqu'au bout d'eux-mêmes. Pour résoudre le dilemme qui leur est posé, ils doivent choisir entre la vanité, la puérilité, la lâcheté, le courage et le sens du sacrifice. Le réalisateur, loin de tout manichéisme, sait nuancer son propos et n'oppose pas les bons Français aux méchants Allemands, mais, bien plutôt, l'humour, l'humanisme et la générosité à la bêtise et à la barbarie. C'est l'épreuve qui, au-delà des postures ostentatoires, révèlera le véritable caractère de chacun. Emprisonnés dans un trou (ô combien symbolique !), leur salut viendra aussi de l'inoubliable Bernt (l'excellent comédien Bernie Collins) dont le souvenir restera dans notre mémoire de spectateur.

Les acteurs confirmés interprètent – on le ressent – avec plaisir et conviction des personnages tous plus sympathiques les uns que les autres, avec leurs qualités et leurs défauts, au cours de cette plongée dans le passé de la France rurale, à peu près identique en 1944 et en 1958, finement et amoureusement observé par un cinéaste chaleureux.

Le film s'achève, après la fin du retour en arrière, sur le fils de Jacques réconcilié avec son père. Cette scène sert de conclusion au propos central du réalisateur : il est vital que « le devoir de mémoire et la dette d'humanité », soient honorés. Il va de soi que le message est clair : notre époque (l'an 2000) ne peut oublier – elle non plus – ce qu'elle doit au passé. Pour sa part, et malicieusement, Jean Becker a rendu un hommage émouvant à son père, Jacques Becker – auteur en 1959 peu avant sa mort – d'un chef-d'œuvre du cinéma français Le Trou, d'une part, en situant son film à cette époque ; d'autre part, en installant ses personnages dans un « trou », précisément.

Pour conclure, j'évoquerai la jaquette du DVD qui met en valeur l'aspect tragi-comique du film : le fond blanc fait ressortir un casque allemand vert bronze synonyme de guerre et de barbarie, alors que la boule rouge – nez de clown – évoque la fantaisie et la dérision. Une bonne composition d'affiche, fidèle au sens du film.


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De paul_mtl, le 23 juin 2007 à 15:38
Note du film : 4/6

Oui l'hommage au film Le Trou (du pere) est une judicieuse remarque.

Concernant le theme central du film, j'ai trouvé qu'il reposait sur la psychologie de l'humain dans une situation de stress intense comme "au pied du mur" … du trou je devrai dire. Il montre aussi l'absurdité et la barbarie de la guerre comme l'a fait Monicelli dans son dernier film Le Rose del deserto.


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De Gaulhenrix, le 23 juin 2007 à 23:09
Note du film : 5/6

Et le retour de Paul_mtl après un long interlude…


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De paul_mtl, le 7 juillet 2007 à 14:32
Note du film : 4/6

Pour faire un trait d'esprit, j'aurrai dit : Et le retour de Paul_mtl après un long trou…


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