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Sujet : Roger Moore relève le défi


De sartorius, le 27 août 2003 à 21:31
Note du film : 4/6

Premier James Bond avec Roger Moore qui avait déjà été sollicité pour le premier opus "James Bond contre Dr. No". La destinée de l'agent 007 était en 1972 préoccupante Sean Connery ne souhaitant plus continuer la série malgré l'insistance de la production. Roger Moore relève le défi avec brio en y apportant plus d'humour et de sympathie. Selon moi, ce n'est pas le meilleur James Bond, moins inventif que ceux qui vont suivre comme "L'Espion qui m'aimait" malgré quelques très bonnes séquences.


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De Impétueux, le 8 octobre 2013 à 16:56
Note du film : 3/6

Je pense avoir assez dit, écrit et proclamé que le seul James Bond concevable était Sean Connery pour ne pas avoir à y revenir beaucoup. Seul Connery possédait à la fois le charme, l'allure, la désinvolture mais aussi la cruauté et le cynisme nécessaires pour incarner le personnage créé par Ian Fleming. On ne peut pas dire que Roger Moore soit un mauvais acteur et qu'il n'emprunte pas les vêtements du plus célèbre des agents secrets avec un certain talent, mais ce n'est plus 007. 008, si vous voulez, ou 0014, ou 0059, un agent du même service confronté aux mêmes histoires compliquées et aux mêmes malfaisants épouvantables, mais en aucun cas 007 tel que nous le connaissions depuis 1962 et le Dr. No. (D'ailleurs, Moore fume de longs cigares Monte-Cristo, alors que Connery s'intoxique avec des Morlands special, à haute teneur en goudrons).

Cela posé, Vivre et laisser mourir pourrait être beaucoup mieux qu'il ne l'est, précisément, s'il était davantage féroce et s'il exploitait davantage ce qu'on pourrait appeler le filon vaudou, merveilleux marchepied vers des images qui pourraient être violentes et charnelles et qui ne sont qu'ébauchées.

On se demande toutefois – ce qui est un très bon point à l'heure du politiquement correct d'aujourd'hui – si l'on pourrait à l'heure actuelle tourner un film dont tous les criminels sont Noirs et où tous les Noirs sont soit des criminels sans scrupules, soit de pauvres êtres craintifs, idiots ou terrorisés (à l'exception de Quarrel Jr, qui aide Bond, fils du pêcheur qui intervenait dans Dr. No).

Tourné en 1973, le film intervenait à une croisée de chemins assez singulière : d'une part, aux États-Unis, c'était la mode de la blaxploitation, qui présentait des Noirs dans des rôles de première importance et non plus en arrière-plans des histoires de Blancs ; personnages positifs (Shaft) ou négatifs (Blacula) mais personnages principaux, en tout cas. Puis les sanglantes dictatures, depuis longtemps établies à Haïti, avec Duvalier père, faisaient un assez beau carton en Afrique, avec Idi Amin Dada en Ouganda, Mobutu au Zaïre, Bokassa en Centrafrique, Macias Nguéma en Guinée équatoriale et sûrement beaucoup d'autres que j'ai oubliés. Toujours est-il que le film est volontairement bicolore, si j'ose dire et que dès qu'on aperçoit Solitaire (Jane Seymour), la tireuse de cartes du méchant Kananga (Yaphet Kotto), on sait qu'elle va trahir son maître, retourner sa veste et finir dans les bras de Bond… puisqu'elle est blanche. Parallèlement, la jeune Rosie Carver (Gloria Hendry), agent de la CIA charmante et tout à fait gourde ne peut qu'être qu'une planche pourrie… puisqu'elle est noire.

À part ça, que dire ? Il y a des trucs très bien : la prothèse/crochet du tueur Tee-Hee (Julius Harris), originale et spectaculaire ; la hideur des crocodiles affamés à qui est promis Bond, qui s'échappe de leurs crocs empestés en utilisant leurs robustes échines comme des marchepieds ; la chanson du titre, écrite et chantée par Paul McCartney ; quelques tronches effrayantes et malsaines comme celle du Baron Samedi (Geoffrey Holder), l'esprit de mort du vaudou…

Mais il y a trop de gags douteux (l'explosion de Kananga, fourré d'une cartouche d'air comprimé), trop de poursuites, trop de matériels cassés, voitures, avions, canots automobiles. Et précisément la poursuite de Bond par les hommes de Kananga dans les eaux gluantes des Everglades, censée être le clou spectaculaire du film, est interminable et sans émotion.

Ça ne pouvait pas durer toujours…


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