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Sujet : Enthousiasmé par Martha Vickers


De vl92, le 21 novembre 2003 à 11:06

Warner réédite ce titre en oubliant de proposer les deux versions du film (celle de 1944 et celle de 1946) Quelle oubli inacceptable pour une prétendue édition collector.


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De RdT, le 9 juillet 2006 à 17:26
Note du film : Chef-d'Oeuvre

The big sleep est un chef-d'oeuvre absolu. La première scène entre Martha Vickers et Humphrey Bogart ne cessera jamais de me réjouir : Carmen Sternwood (Martha Vickers) : You're not very tall are you? Marlowe (Humphrey Bogart): Well, I, uh, I try to be" (-"Vous n'êtes pas très grand" -"Heu… j'essaie de l'être") Cette entrée en matière met le spectateur en joie (d'autant plus si on se souvient que Bogart était contraint de mettre des talonnettes pour être à la hauteur de Bacall), on ne cesse de s'amuser tout le long du film. On ne comprend rien à l'intrigue, Howard Hawks avouait lui même se perdre dans le roman de Chandler, mais peu importe, les acteurs sont fantastiques, les dialogues font mouche, la sensualité y est torride en dépit (ou grâce aux) des impératifs imposés par les ligues de morales Hollywoodienne, l'humour y est ravageur. Un grand film à voir, à revoir, un DVD qu'il faut choyer, c'est un festival d'actrices toutes plus ravissantes les unes que les autres, et parmi elles les deux soeurs jouées par Lauren Bacall et Martha Vickers sont savoureusement réjouissantes, je ne me lasserai jamais de la manière dont Martha Vickers dit "You're so cute". Quant à Humphrey Bogart il tient sans doute là sont meilleur rôle.


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De PM Jarriq, le 9 juillet 2006 à 18:23

The big sleep est encore meilleur quand on a vu le remake de Winner avec Mitchum, qui ressemble à un épisode de vieille série anglaise, malgré un cast de seconds rôles incroyable (Sarah Miles, Richard Boone, Edward Fox, Oliver Reed et… James Stewart, pour ne citer qu'eux. Mais si Mitchum avait des chances de rivaliser avec Bogart, le pauvre Winner lui, n'arrivera jamais à la cheville de Hawks. Si on veut vraiment profiter du grand Bob dans le rôle de Marlowe, mieux vaut revoir Adieu ma jolie.


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De RdT, le 12 juillet 2006 à 23:57
Note du film : Chef-d'Oeuvre

«The big sleep est encore meilleur quand on a vu le remake de Winner avec Mitchum» Hmmm mouais… Peut être bien que The big sleep est génial sans qu'on en adultère le souvenir par la pâle imitation qu'en a faite Winner… Faut il, pour apprécier Victor Hugo comparer sa prose dans Notre Dame de Paris au hachis qu'en a tiré Gary Trousdale dans Le bossu de Notre-Dame?


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De PM Jarriq, le 13 juillet 2006 à 07:54

Ce n'est pas tout à fait la même chose… Le grand sommeil est l'adaptation d'une oeuvre et les deux films se veulent fidèles au livre, contrairement à l'exemple que vous citez. Comparer celle de Hawks à celle de Winner, n'est qu'un moyen simple de voir ce que peuvent faire deux cinéastes d'envergure bien différentes, du même matériau de base. Le support littéraire n'est de toute évidence pas suffisant pour réussir son coup : le talent et l'apport personnel de Hawks éclatent dans son film, alors que la médiocrité et la platitude de Winner n'en sont que plus évidentes. George C. Scott avait déclaré que pour que les Oscars signifient quelque chose, il faudrait pouvoir juger des acteurs jouant le même rôle dans des films différents. Comparer les deux "Grands sommeils" permet une vraie comparaison. Tout comme Planet of the apes, ou Getaway et Fog et tant d'autres…


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De RdT, le 14 juillet 2006 à 18:35
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Sur le Grand sommeil de Hawks je crois que nous sommes bien d'accord. Sur celui de Winner je n'ai simplement pas envie de le voir. Même pour faire une comparaison. Dans un cas comme celui là je suis hostile au remake. C'est un peu comme s'il venait à l'idée de quelqu'un de faire un remake de ce film génial qu'est Au hasard Balthazar… Ça serait une idée stupide, et une idée à laquelle je suis profondément hostile.


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De Florian Defontaine, le 27 mai 2011 à 21:54

"Le grand sommeil" . L'alchimie fracassante entre Bogie et Bacall . Gare aux yeux et aux oreilles, les répliques fusent et l'action ne nous laisse pas de répit . , Bogart retrouve un rôle de privé us à la langue bien pendue . Ici ,point de faucon maltais, mais une histoire de meurtre et de chantage dont deux soeurs sont les responsables . On rit, on observe, on déguste, on aime .

Un film légendaire et éternel, dans le top 5 des plus grands films du grand Humphrey .


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De Impétueux, le 28 février 2013 à 19:56
Note du film : 4/6

Après avoir lu plusieurs éminentes critiques et avoir parcouru de nombreux forums de cinéphages, je suis ravi de constater que personne n'a jamais rien compris à l'intrigue abracadabrante et invraisemblable du Grand sommeil et qu'à peu près tout le monde s'en contrefiche. C'est évidemment un peu embêtant pour un film à forte tonalité policière, la plupart des spectateurs appréciant de savoir qui a tué, pourquoi on a tué et comment le héros va démasquer le coupable.

Comme il y a beaucoup de victimes et (si j'ai bien remarqué) un bon nombre d'assassins, la frustration pourrait être entière si l'intérêt du film n'était dans bien d'autres choses, l'atmosphère d'un beau noir et blanc pluvieux, l'harmonie parfaite entre Humphrey Bogart et Lauren Bacall, les dialogues, étincelants d'esprit et d'humour (ainsi, lors de leur unique rencontre, le général Sternwood (Charles Waldron), qui ne peut plus ni boire, ni fumer à Philip Marlowe (Bogart) : Vous contemplez là le triste résultat d'une vie fastueuse ou, à propos des orchidées qu'il élève dans sa serre surchauffée : Elles sentent la douceur pourrie de la décomposition ; on gage que William Faulkner n'est pas pour rien dans ces bijoux).

On pourrait mettre sur la même ligne toutes les scènes de séduction, Marlowe attirant le regard des femmes comme les fleurs les abeilles : que ce soit la jeune libraire binoclarde, la conductrice de taxi (Appelez plutôt la nuit : le jour, je travaille !) ou, naturellement Vivian Sternwood (Lauren Bacall) avec qui s'engage un dialogue aux intenses sous-entendus érotiques, toutes sont attirées par ce type moqueur, désinvolte et subtil qui ne tombe pas, ou pas tout de suite dans la toile de ces araignées.

De là à dire que le film est un chef-d’œuvre, il y a un pas que je ne franchirai pas, parce qu'un patchwork de scènes brillantes, fussent-elles portées par une distribution éclatante (car les seconds rôles sont également remarquables) ne fait pas vraiment un film vibrant. On est enchanté, amusé, horrifié, selon le cas et le type des situations. Mais on demeure tout de même assez largement extérieur.


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De vincentp, le 1er mars 2013 à 20:35
Note du film : Chef-d'Oeuvre

J'ai revu The big sleep il y a un mois. Et pas de doute, c'est du lourd, du très lourd… L'intrigue est incompréhensible, mais cela sert le film. L'atmosphère des romans noirs de Raymond Chandler est parfaitement mise en scène. Nombre de décors extérieurs et intérieurs et de multiples personnages enrichissent l'intrigue. Le sujet du film : les mystères insondables liés à l'activité humaine, les zones d'ombre derrière les façades de respectabilité, la relativité des notions de bien et de mal. Il y a les vitrines des magasins, mais les portes de derrière voient s'échapper des criminels. Les notions de bien et de mal sont floutées (la police n'est pas très nette, les truands ont un volet respectable). Les personnages féminins sont exceptionnellement imaginés et filmés, loin des canons cinématographiques en vigueur au cours des années 1940. Philip Marlowe via Bogart acquiert le statut d'icône légendaire et indépassable. Cherchant à rétablir un sens au chaos ambiant, échappant progressivement au contrôle de ses donneurs d'ordre, et de leur matérialisme. Un peu comme plus tard, Harrison Ford le sera dans Blade Runner. Autre aspect à remarquer dans ce récit : une vérité qui émerge progressivement, en retournant à plusieurs reprises au même endroit, comme si cela permettait de soulever la couche d'un mille-feuille, et de découvrir une vérité différente sur un même sujet à des moments successifs, et d'approcher progressivement de la vérité peut-être définitive.

Il y a un côté démonstratif dans ce film, comme si Howard Hawks (bien aidé il est vrai par ses collaborateurs) avait tout compris du cinéma, mais aussi de l'activité humaine. The big sleep est porteur d'une vision exceptionnellement pertinente de la société contemporaine, abordée sous un angle métaphorique ou sous la forme d'une parabole. Il me semble que Hawks procède par suggestions, les images renvoyant à des idées (l'introduction du récit m'a fait penser à celle de Rio Lobo). Pas de lyrisme. Une grande sobriété formelle. Une force de conviction qui opère sur la durée, comme pour Rio Bravo par exemple. A mon avis, c'est le meilleur film noir jamais tourné… Comme l'excellent Rdt (qui développe ci-dessus un bon argumentaire), et bien d'autres chroniqueurs amateurs ou professionnels, j'estime qu'il s'agit-là d'un "chef d'oeuvre absolu". Et évidemment, Hawks a sa place au panthéon des plus grands auteurs d'oeuvres cinématographiques. Merci à lui et à ses collaborateurs de nous avoir réalisé cette pure merveille qu'est The big sleep !


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