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Forum : Le Salaire de la peur

Sujet : L'efficacité faite film !


De Impétueux, le 7 juillet 2006 à 17:34
Note du film : 6/6

Quand une œuvre est aussi solidement structurée, avec un suspense qui monte crescendo, parfaitement joué par des interprètes qui semblent avoir été conçus pour le rôle et qui sont impeccablement filmés avec un sens de l'atmosphère tel qu'on ressent sur soi la poussière poisseuse de la petite ville où un groupe de parasites, de demi-sels, d'immigrants paumés attend un improbable miracle, comment s'étonner que, plus d'un demi siècle après sa sortie sur les écrans, Le salaire de la peur continue à être un de ces films mythiques et indépassables dont on ne se lasse pas de voir et de revoir les morceaux de bravoure ?

Et Dieu sait s'il y en a, des scènes réussies, de la rencontre de Mario (Yves Montand) et de M. Jo (Charles Vanel) autour de "Valentine", la rengaine sifflotée par l'un et reprise par l'autre jusqu'au passage dans la mare de pétrôle échappé de l'oléoduc, sans oublier le passage sur la "tôle ondulée" et l'angoisse à la perspective d'un choc des camions bourrés de dynamite…

Un estomac délicat pourrait juger trop typés les personnages, le petit voyou finalement bien courageux que joue Montand, la lavette orgueilleuse interprétée par Vanel (parfait, comme d'habitude), l'Italien (Folco Lulli) et l'Allemand (Peter van Eyck) un peu caricaturaux, mais cette schématisation fonctionne d'autant mieux que c'est vraiment un film de mecs.

Et ce n'est pas la présence de l'exaspérante Vera Clouzot qui me fera écrire le contraire (on sait tout le mal que je pense de cette manie de grands réalisateurs de faire jouer dans leurs films leurs petites camarades de lit, Pagnol avec Orane Demazis, Guitry avec Jacqueline Delubac, et, donc, Clouzot).


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De Freddie D., le 7 juillet 2006 à 17:55

D'accord, mais Orane Demazis au moins, elle est drôle. Au second degré, d'accord, mais drôle quand même…


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De Impétueux, le 7 juillet 2006 à 18:03
Note du film : 6/6

Nous avons beaucoup glosé sur elle sur les fils de Regain et du Schpountz !


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De jipi, le 20 décembre 2006 à 09:51
Note du film : 6/6

Une réussite captant parfaitement le contenu médiocre et crasseux d'un site misérable pourvu d'une poubelle humaine en fin de parcours attendant sous une chaleur accablante l'apparition d'une opportunité.

Une condamnation éternelle à tuer le temps dans un espace gigantesque, sans barreaux complètement démuni avec la faim, la lèpre, et les fièvres comme relationnel quotidien.

Constat alarmant sur un état dont l'occasion de l'anéantir s'avère encore plus négatif.

On quitte la perversité et l'oisiveté pour la lâcheté et la terreur sans espoir de découvrir la fin des tourments.

Un film exemplaire sur la misère intellectuelle et les incontournables transformations caractérielles d'esprits déchus de toute luminosité se débattant furieusement dans des évasions impossibles.


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De o.welles, le 31 août 2007 à 22:16

Non,Vera Clouzot n' est pas exaspérante dans le Salaire de la peur,elle est bouleversante! Elle restera à jamais associée à ce chef d'oeuvre en tant qu' actrice d'une part,son rôle étant extrèmement difficile à tenir,et elle le tient avec une grâce admirable,et en tant que femme,muse et inspiratrice du réalisateur.Autant dire que sans Véra Clouzot,il n' y aurait jamais eu de Salaire de la peur.


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De droudrou, le 31 août 2007 à 23:41
Note du film : 4/6

Désolé, mais si le film existe en tant que film, donc en tant que récit, ce n'est pas son personnage qui en fait l'essentiel – J'avouerai même que je l'avais oubliée… ce qui n'est pas peu dire… Même si on relève une certaine présence féminine, cette histoire est avant tout une histoire d'hommes…


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De jipi, le 1er septembre 2007 à 08:37
Note du film : 6/6

La femme réduite à la serpillère au passe cigarettes et à la sortie du Dimanche est refoulée au rôle de faire valoir ceci malgré sa belle robe blanche.

Le personnage de Véra Clouzot me fait penser à l'émouvante Gelsomina de La Strada, pelote de laine martyre plus ou moins consentante par manque de lucidité de vilains matous ne portant dans leurs relationnels qu'un intérêt que pour leurs propres virilités entretenues par la dominante misérable de ce trou du cul du monde.


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De droudrou, le 1er septembre 2007 à 09:44
Note du film : 4/6

Attends, Jipi : Gelsamina est utilisée comme faire-valoir par Zampano, certes, mais la caméra est beaucoup braquée vers elle – leur confrontation, si le mot est bon, est permanente – ici, madame Clouzot sert ou dessert je ne sais trop quel dessein – si elle était absente du film, ça ne changerait pas grand chose au dénouement !


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De Impétueux, le 1er septembre 2007 à 10:13
Note du film : 6/6

Vous avez parfaitement raison, Droudrou, l'exaspérante Véra Clouzot fait une pige dans Le salaire de la peur,où elle n'a aucune utilité et aucune épaisseur. Lorsque l'on connaît, d'ailleurs, la fantasmatique particulière, très particulière de son mari, Henri-Georges Clouzot (voir La Prisonnière) on n'en est pas étonné plus que ça.

Victime Véra Clouzot est, victime elle reste ! Et c'est pourquoi le seul rôle où cette très médiocre actrice offre quelque intérêt, c'est, dans Les Diaboliques, celui de la malheureuse Christina, le souffre-douleur de son mari (Paul Meurisse), la proie de Nicole Horner (Simone Signoret), la cardiaque dupée par tout le monde…

Alors que Gelsomina, si crispante avec sa face-de-nouille, c'est un personnage majeur de La Strada


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De o.welles, le 4 septembre 2007 à 22:11

Bonjour ! Pour en revenir à l' importance capitale du personnage joué par l'extraordinaire Véra Clouzot dans le salaire de la peur : dans la première partie du film,sa relation avec Mario sert à mettre en relief l'ascendant que va prendre Jo sur celui-ci. A la fin de la première partie, elle devine déjà la fin, car quoi qu'il arrive ,elle perd son amour: soit Mario réussit sa mission,et il part définitivement sans elle,soit il décède dans l'aventure.Dans tous les cas,aucun espoir.

Le début de la dernière scène ressemble à un miracle, et c'est d'ailleurs la seule scène musicale et enjouée du film,mais ce miracle est irréel à tel point que la réaction de Véra Clouzot est révélatrice de l'horrible fin qui se prépare,comme si c'était impossible que cela se termine bien.

A supposer que son rôle soit inutile, comment essayer d'imaginer une autre scène finale sans elle?


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De droudrou, le 5 septembre 2007 à 09:14
Note du film : 4/6

En réunissant la version française et la version américaine… L'explication pourra nous apparaître alors beaucoup plus nette !


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De Impétueux, le 5 septembre 2007 à 10:10
Note du film : 6/6

J'ignorais que le salaire de la peur avait connu un avatar américain ! Sous quel titre ? Et avec qui ?


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De jipi, le 5 septembre 2007 à 10:13
Note du film : 6/6

Bonjour à tous

C'est vrai que le personnage de Véra Clouzot et visionnaire (Verra). Toute la thématique tragique de l'aventure est prévisible par l'intermédiaire de Linda s'accrochant désespérément à la portière du camion de Mario au son d'une sirène prémisse des pires malheurs. Linda tout en tortillant du croupion domine un territoire prémonitoire, elle prévient les males qu'ils vont mourir, malgré ses pulsions et faiblesses physiques, c'est elle l'image de l'absolu, une force tentant de comprimer en vain une tangente dramatique.


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De PM Jarriq, le 5 septembre 2007 à 11:40

A Impétueux :

C'est le remarquable Convoi de la peur, de William Friedkin, avec Roy Scheider, Bruno Cremer et Francisco Rabal. Peu à voir avec le film de Clouzot (à part les camions et la nitro, bien sûr), mais un film foisonnant, incroyablement bien filmé, et truffé de morceaux de bravoure réalisés "live" (à l'époque, pas d'effets numériques !), comme la traversée d'un pont de lianes en camion, sous la pluie battante.

Il paraît qu'un DVD remastérisé va bientôt voir le jour. Et je le conseille vivement !


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