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Forum : Le Dernier face à face

Sujet : Avis


De lucky, le 26 juin 2006 à 16:43

j[film=je veux que ça soit reediter en dvd les films suivants ,lucky luciano, un juge en danger, l'affaire mattei, merci.


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De Arca1943, le 27 juin 2006 à 12:47
Note du film : 6/6

La tradition exige dans ces cas-là qu'on se rende sur la fiche idoine pour y voter en bonne et due forme. Quoi qu'il en soit, vous énumérez trois films qui doivent absolument sortir, en effet ! Le seul film avec Volontè disponible en DVD qui ne soit pas un western est Sous le signe du scorpion, des Taviani (que j'attends d'ailleurs d'un jour à l'autre!). Il y avait aussi Viol en première page de Bellocchio, mais il a été supprimé à la vente… C'est vraiment trop peu. Et on attend toujours Le Christ s'est arrêté à Eboli, aussi. Et Le Suspect. Et La Classe ouvrière va au paradis. Et ainsi de suite. C'est pas croyable qu'il y en ait si peu.


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De verdun, le 6 mars 2007 à 21:22
Note du film : 5/6

SeLe dernier face-à-face est un des grands moments du western italien. Quels sont les grands moments du western italien ? Les films de Sergio Leone, de Sergio Sollima dont ce Dernier face-à-face et ceux de Sergio Corbucci dont Le Grand Silence. Aux films des trois Sergio, on rajoutera Mon nom est Personne, La mort était au rendez-vous, El chuncho, Tire encore si tu peux et quelque autre perle méconnue..

Le dernier face-a-face est un film d'excellente facture. Peu de zooms, un excellent sens du cadre et deux acteurs excellents, gian maria volonte surtout qui donne une excellente composition. Il parvient à transmettre toute la subtilité de l'évolution du personnage: un petit professeur faible et malade se retrouve embarqué dans une horde de bandits. Il prendra gout à la violence et deviendra un personnage d'autant plus redoutable que c'est un homme d'une intelligence supérieure. Sollima le gauchiste est à l'aise dans ce registre et cette analyse de la violence…

Le scénario est fascinant. Que manque t-il à ce très bon "spaghetti" pour atteindre le niveau des Leone ? Un sens du style peut-être, un sens du lyrisme et du baroque démesuré. Et peut-être une star américaine mythique comme Eastwood, et un Morricone aussi inspiré qu'avec l'autre Sergio. Et surtout peut-être, un peu plus de moyens.

Mais voici un grand film. Qui en effet fait regretter qu'il n'y ait pas plus de films de Volonte en dvd, même si les quatre westerns de sa carrière sont tous remarquables: Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus…, El chuncho et Le dernier face-à-face.


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De Arca1943, le 28 juillet 2008 à 17:33
Note du film : 6/6

« Que manque t-il à ce très bon "spaghetti" (…) ? Peut-être une star américaine mythique comme Eastwood… »

Non, je n'ai pas besoin du légendaire Clint Eastwood quand j'ai le légendaire Gian Maria Volontè, surtout pour un rôle difficile comme celui-ci.

La première fois que j'ai vu ce western, encore adolescent, il était tronqué d'une bonne demi-heure, et je n'en gardais pas un très bon souvenir : car la transformation morale et psychologique des deux principaux protagonistes était trop abrupte et manquait de vraisemblance. Dans sa version intégrale, le film est bien meilleur : car chaque petit détail compte, chaque échange et chaque silence, pour expliquer que ce scholar idéaliste venu de l'Est pour soigner sa maladie pulmonaire, bardé des principes de la Constitution américaine, va peu à peu se transformer en desperado amoral et homicide au contact du personnage de Tomas Milian, qui lui évolue en sens contraire à son contact et trouve ainsi sa rédemption. Un tel scénario est prometteur, mais aussi passablement casse-gueule; or, c'est pleinement réussi.

Un western vraiment ambitieux, où Sollima me semble avoir mis le meilleur de lui-même. Après quelques relatives déceptions avec des westerns italiens – comme Cinq gâchettes d'or, plutôt moyen malgré l'épatant Nakadai – là je dois dire que je suis très impressionné. Dans certaines scènes, le réalisateur prend son temps : ainsi, il fait durer un bon moment la très belle scène du bal des laissés-pour-compte. L'idée de cette espèce de zone neutre où les rejects de l'Ouest finissant ont peu ou prou trouvé refuge est très séduisante et joliment exploitée. Bien sûr, l'ignoble malfrat que devient Volontè va brutalement mettre fin à ce début de phalanstère. Les auteurs n'ont pas peur non plus d'introduire dans leur histoire déjà substantielle, et à bon escient – car il permet d'éviter le piège du manichéisme – un troisième larron joué par William Berger que j'ai rarement vu aussi convaincant (parce que convaincu, sans doute).

Il règne sur l'ensemble une réelle tension dramatique, c'est aussi du nouveau, à certains égards du jamais vu dans un western (jusqu'où ce chassé-croisé moral va-t-il nous mener ?), l'humour arrive à point nommé (l'intellectuel apprenant à tirer au revolver pour la première fois), l'adolescente Carole André est étonnante, les paysages sont variés, superbes et bien utilisés. Et surtout, alors qu'on peut avoir des réserves sur l'interprétation flamboyante mais appuyée de l'acteur dans les deux premiers Leone, et aussi aux antipodes du personnage expansif et truculent (mais pleinement réussi) de El Chuncho, Gian Maria Volontè nous sort ici son jeu des grands jours, convaincant et contrôlé : timide et un peu éteint à un bout – lorsqu'il est un simple professeur malade – charismatique et glaçant à l'autre bout, quand il est devenu un machiavélique pistolero, avec ce sens des nuances et des degrés dans l'expression propre à rendre crédible un "cas limite" de la psychologie de l'Ouest !

À noter aussi l'ambition historique de ce western : la bande de criminels que cherche à reconstituer Tomas Milian au début du film, et que traque l'ambigu homme de loi William Berger, n'est nulle autre que la Horde sauvage, deux ans avant le film de Peckinpah


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De Tietie007, le 4 janvier 2009 à 12:18
Note du film : 6/6

Une très belle surprise que ce dernier face à face ! Allégorie sur les ressorts de l'instrumentalisation de la violence à des fins idéologiques, pour Gian Maria Volonte, qui s'oppose à l'outlaw Tomas Milian pour qui la horde n'a que des objectifs crapuleux !


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De fretyl, le 20 avril 2010 à 16:40
Note du film : 5/6

En effet un bien beau western spaghetti, comme je les aime. Si je n'avais pas apprécié Tomas Milian tant il était détestable dans Tire encore si tu peux, j'avoue réviser mon jugement à l'heure actuelle, l'ayant un peu pris au départ, pour un espèce de spécialiste de la série z, dans le domaine du western spaghetti. Le dernier face à face m'a prouvé le contraire.
Sergio Sollima a réalisé plus qu'un simple film d'action. Le dernier face à face est aussi un film philosophique sur la manière dont un individu peut modifier sa propre personnalité en fonction des évènements. On est presque dans du cinéma intellectuel. Il n'est pas étonnant dans un sens que Gian Maria Volonté eut été choisit pour incarner ce professeur d'histoire intellectuel ; l'acteur a toujours été l'un des habitués dans le cinéma Italien aux rôles complexe. Dans Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon par exemple.
Clint Eastwood n'était à la sortie du Dernier face à face qu'un cow-boy macho… C'est plus tard avec Josey Wales hors-la-loi ou avec Pale Rider qu'il donnera à ses personnages de western une dimension plus humaine, plus philosophique. On peut même presque penser que Sergio Sollima ouvre là de nouvelle portes au western. Porte qui déboucheront sur un autre genre : le Western crépusculaire.

Un grand western en tout cas, qui m'a donné encore plus envie d'en découvrir d'autres et surtout de regarder les autres films de Sergio Sollima ; du moins ses westerns !


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De Steve Mcqueen, le 20 avril 2010 à 17:45
Note du film : 6/6

Note ajustée : 5.5/6. En adéquation avec Frétyl, je serais tout de même beaucoup moins sévère avec "Tire encore si tu peux !" : scénario bancal mais Milian impérial, mise en scène baroque, musique obsédante…

"Le dernier face à face" est l'un des fleurons du western italien, le chef d'oeuvre du troisième Sergio – avec Leone et Corbucci – rarement aussi inspiré. Le film est du niveau du "Grand Silence" voire de "Il buono, il brutto, il cattivo"…

Le film est une fable sur la fascination de la violence : Volonte, timide professeur d'histoire, est kidnappé par le hors-la-loi Milian ; choqué par sa brutalité il se laisse peu à peu phagocyter par sa personnalité, brutalise une jeune femme et tente de rationnaliser la Violence : " La violence d'un seul homme, c'est inutile , la violence de dix hommes est puissante, la violence de 100 hommes c'est le pouvoir…!"

Plus classique que Corbucci, plus Fordien que Leone, Sollima réalise un classique instantané, un western culte, sauvage et intellectuel, furieusement politisé.

Frétyl, du même réalisateur je vous conseille fortement "Revolver", avec le duo Reed/Testi, polar implacable comprenant un crash de voiture éblouissant !


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De Arca1943, le 28 janvier 2011 à 00:36
Note du film : 6/6

Après un nouveau visionnement en compagnie d'amis extatiques (car ce film est rarissime au Québec), je monte ma note à 6 (disons 5,6 arrondi). Au fond, il existe seulement deux westerns italiens capables de soutenir la comparaison avec ceux de Sergio Leone : Le Grand silence et Le Dernier face à face. Et ensuite il y a la courte liste de ceux qui valent aussi la peine. Mais ce Faccia a faccia est décidément magnifique et équilibré, brassant une riche matière morale, au service de laquelle il fallait impérativement de vrais bons comédiens.

C'est aussi un tour de force de scénarisation et de caractérisation, qui invente une brillante variation sur les codes du genre. Le contexte historique est bien nourri et mêle à ses personnage fictifs d'autres qui sont historiques : ainsi Charley Siringo joué par William Berger et Cattle Annie – toute jeune, avant sa rencontre avec Little Britches et le gang Doolin ? – jouée par Carole André. La vraie Cattle Annie, adolescente, s'amouracha à la folie du chef du gang Doolin ; et donc la façon dont elle s'enflamme pour le chef de gang fictif Bennett (Milian) garde quelque chose qui correspond à ce qu'on connaît du personnage réel. Par ailleurs, il est aussi bien connu que Charley Siringo fut assigné par la Pinkerton à traquer la Horde sauvage pendant des années, et qu'il travaillait seul, selon le mode de l'agent d'infiltration, en se fabriquant des fausses biographies de hors-la-loi, comme il le fait ici.

Il n'y manque même pas la rencontre entre le scholar du Nord (Volontè), héraut de la Constitution, et la "grande dame" du Sud (jouée avec beaucoup d'aplomb par Lidia Alfonsi) qui campe sur ses positions esclavagistes.

Les deux points tournants de la trajectoire morale des protagonistes – Fletcher, tirant sur un homme pour la première fois pour sauver la vie de Bennett ; Bennett, secoué par la mort de l'enfant porteur du message – sont amenés avec beaucoup de naturel et parfaitement "fondus" dans l'ensemble. Le grand finale dans le désert est grandiose, préparé par les images d'exode "biblique" du phalanstère démantelé (par la faute de l'ex-professeur), qui précèdent la confrontation avec l'armée des vigilantes.La BO de Morricone est magnifique, très autonome de l'univers de Leone.

Et en le revoyant, j'ai découvert que c'est un de ces films que je peux revoir à volonté, comme Le Grand silence et Il était une fois dans l'Ouest.


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De Nanouille, le 21 février 2011 à 15:43
Note du film : 4/6

L'évolution de ce professeur effacé et plein d'idéaux démocratiques en bandit mégalo et violent est fascinante. Mais je suis un poil déçue que la forme ne soit pas à la hauteur du fond. La réalisation parait être parfois faite à la hâche, donnant l'impression de passer du coq à l'âne. Sollima n'est pas Leone et le film aurait, je pense, gagné à être plus fluide. Un western à découvrir malgré tout pour son analyse philosophique des personnages et de la violence.


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De Steve Mcqueen, le 21 février 2011 à 17:42
Note du film : 6/6

Moi j'ai trouvé la mise en scène admirable, d'un clacissisme parfait, évitant de singer Leone, sans tomber dans les facilités à la Corbucci ( zooms intempestifs, gros plans insistants sur des visages barbus et ensanglantés, mouvements de caméra approximatifs…). Mais je suis d'accord avec vous : c'est un film fascinant, une mise en abyme remarquable sur la contamination de la violence sur un être fragile…


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