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Sujet : Merveille de perversion


De Jarriq, le 11 août 2003 à 09:13
Note du film : 4/6

Ce n'est pas un film rare, ou maudit, il a souvent été rediffusé à la TV et pourtant bizarrement, il n'a pas livré tous ses mystères et continue de fasciner. "La piscine" fait partie de ce genre d'oeuvre qui échappe à ses créateurs. Il semble clair au vu du reste de la filmo du réalisateur, que quelque chose s'est passé sur le tournage, une alchimie qui n'a rien à voir avec le scénario ou la manière de tourner. Retrouvailles entre les ex Delon et Romy, le huis-clos ensoleillé, les peaux bronzées, l'ambiance sixties et surtout le face à face Maurice Ronet-Delon.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit dans "La piscine". Intimement relié à "Plein soleil" tourné huit ans plus tôt, le film en reprend les éléments : les acteurs principaux (plus Romy Schneider qui apparaissait brièvement dans le film de Clément), la présence de l'eau, la mort de Ronet, l'été, etc.

Intéressante d'ailleurs la relation cinématographique de ces deux comédiens. Réputé pour sa personnalité de prédateur, de dominant, Delon a toujours été en situation d'infériorité par rapport à Ronet : il l'imite et prend sa place dans "Plein soleil", se fait constamment humilier par lui dans "La piscine" où Ronet l'accuse de "bouffer ses restes", il joue l'officier gentillet dans "Les centurions" alors que Ronet y est un tortionnaire sans état d'âme, dans "Mort d'un pourri", Delon est le bras-droit de Ronet qui l'utilise et lui ment. Il est assez unique de voir une relation entre deux acteurs se poursuivre avec une telle logique sur des films aussi différents et apparemment sans rapport les uns avec les autres…

Pour revenir à "La piscine", le fim s'effondre avec la mort de Ronet mais le reste est une merveille de perversion, de sadisme, de cruauté, n'excluant jamais le dérisoire (ce ne sont jamais que les problèmes ridicules de nantis mal dans leur peau) et le passé réel des acteurs intervient constamment dans la fiction pour brouiller les pistes.


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De Gaulhenrix, le 11 août 2003 à 16:17
Note du film : 5/6

Merci à Jarriq de nous proposer, de plus en plus souvent, des analyses et non de simples points de vue. Effectivement, la confusion entre l'actualité et les personnages du film ont joué en sa faveur. Jacques Deray tourne ce film en 1968 en pleine « affaire Markovic » pour laquelle Delon est entendu par la justice. D'autre part, il réunit ce dernier et Romy Schneider qui ont entretenu une longue liaison avant de se séparer. C'est dire si le tournage du film a entretenu la curiosité de la presse à scandale en jouant – sans que cela soit bien sûr voulu – sur une évidente confusion entre les acteurs et les personnages qu'ils incarnaient.

Au final, pourtant, « La Piscine » est le meilleur Deray et a connu un grand succès populaire. Il faut dire que le film multiplie, a priori, les atouts. En premier lieu, le monde dépeint est celui de la faune tropézienne alors à son plus haut degré de célébrité, mélange hétéroclite de vedettes, de gens fortunés et de parasites. S'ajoute également un cadre géographique propre à faire rêver : une luxueuse villa avec piscine dominant le golfe de Saint-Tropez. Ce décor enviable est, d'autre part, habité par des acteurs choisis pour leur beauté ou leur séduction (Romy Schneider, Jane Birkin à ses débuts, Maurice Ronet et Alain Delon). Enfin, le drame se déroule dans un temps resserré. Bref, Deray associe fort habilement huis clos étouffant (l'essentiel du film se déroule autour de la piscine et de la villa sous une chaleur accablante) et tension dramatique en contractant l'action sur quelques jours et nuits et en mettant en scène un quatuor de personnages complexes liés – ou séparés – par le sexe et l'argent et agités de pulsions contradictoires (amour ou amitié, estime ou jalousie) nées d'un passé commun mal assumé, en porte-à-faux avec le présent.

L'intrusion de Harry (Maurice Ronet) et de sa fille Pénélope (Jane Birkin) dans l'intimité du couple formé par Marianne (Romy Schneider) et Jean-Paul (Alain Delon) va troubler la surface paisible des apparences et faire surgir les rancoeurs.

Tout l'art du réalisateur est d'installer le malaise et, dans un premier temps, de mettre en place les signes parallèles – mais factices et illusoires – d'un univers luxueux et d'un bonheur amoureux et complice à deux entre Marianne et Jean-Paul. Puis d'organiser une savante montée de la tension dramatique par un double face-à-face psychologique (Harry et Jean-Paul, d'un côté ; adultes et adolescente, de l'autre) renforcé par le jeu subtil des sentiments croisés du trio (Marianne prise au piège entre son passé avec Harry et son présent avec Jean-Paul). Enfin, de faire éclater brusquement, au paroxysme de la tension, la cruauté implacable du drame d'une façon tout à fait inattendue (même si le long baiser "à bout de souffle" entre Delon et Schneider au bord de la piscine annonce l'essoufflement de Ronet).

Le film, me semble-t-il, ne "s'effondre" pas vraiment, car, le long dénouement qui s'ensuit – en forme d'enquête policière soupçonneuse et inquiétante – sert à fouiller encore davantage, comme tu le mentionnes Jarriq, la dimension psychologique des personnages et à mesurer toute l'ambiguïté humaine. La réalisation précise de Jacques Deray excelle à traquer les signes extérieurs des sentiments au travers de regards saisis au plus près, de gestes simplement ébauchés, de non-dits révélateurs ou de silences éloquents.

Delon trouve là l'un de ses meilleurs rôles : personnage qui vit dans un monde où l'argent est tout alors qu'il n'est riche que d'ambitions déçues, il se montre excellent en être fragile et vulnérable, humilié et jaloux. Les autres acteurs sont au diapason : beauté épanouie d'une Romy Schneider, cynisme séducteur d'un Maurice Ronet, naturel rafraîchissant d'une Jane Birkin.

Ton comparatif des rapports entre Delon et Ronet – qui étaient, selon Delon, des "frères" dans la vie – est une belle synthèse. Il faut savoir que Ronet ironisait sur le fait qu'on le tuait très souvent dans les films qu'on lui proposait ("Le Feu follet" de Louis Malle, "Raphaël ou le Débauché" de Deville, à ajouter aux "Plein soleil" et "La Piscine").

Jacques Deray méritait bien qu'on lui rende hommage…


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De Impétueux, le 8 juillet 2006 à 23:26
Note du film : 5/6

Les analyses de Jarriq et de Gaulhenrix sont d'une rare acuité, d'une telle pertinence que moi qui venais jeter un petit caillou pour marquer La piscine au rang honorable d'un des "films préférés" de mon immarcescible liste, je me trouve bien décontenancé, après les avoir lus et fort gêné d'avoir l'impertinence d'ajouter quoi que ce soit ; j'ai particulièrement apprécié l'analyse très fine de la difficulté que pouvait avoir Delon de se poser en face d'un Ronet plus âgé, plus expérimenté et – certainement – plus séduisant, mais aussi le démontage du cruel marivaudage qui aboutit inéluctablement au drame. Et puis cette photo clinique du monde dérisoire tropézien est d'une force admirable ; il n'est que de comparer avec la médiocre Année des méduses entraperçue l'autre soir sur M6, qu'on croirait avoir été produite pour les lecteurs de "Gala" (le magazine).

Puisque je ne peux compléter qu'épiphénoménalement les excellentes chroniques ci-dessus célébrées, juste un mot, donc, sur l'extraordinaire qualité érotique du film : c'est peu dire que deux maillots de bain ont fait rêver les nuits de ma jeunesse studieuse : celui – blanc – d'Ursula Andress dans James Bond contre Dr. No et celui – noir – de Romy Schneider dans cette Piscine, Romy qui enterrait là définitivement, aux yeux de ses naïfs et tendres admirateurs les falbalas de Sissi et autres Katia dans une histoire vénéneuse qu'elle jouait avec son amoureux d'alors…


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De gaulhenrix, le 20 novembre 2006 à 00:21
Note du film : 5/6

"Fort gêné d'avoir l'impertinence d'ajouter quoi que ce soit."

Allons, Impétueux, vous savez bien que tout avis sur un film est toujours intéressant à lire, d'une part lorsqu'il émane de vous (non ! non ! je ne fayote pas !) ; d'autre part, en ce que certains films favorisent les points de vue multiples de par leur richesse.

Par exemple, pour en revenir à celui qui nous réunit présentement, on pourrait ajouter que le décor (en l'occurrence la piscine, titre justifié du film dont elle est l'élément-clé), reflète – si j'ose dire ! – l'ambiguïté des personnages. Elle est, en effet, montrée, d'abord, comme le symbole de la vie facile et du bonheur : en pleine journée, inondée de soleil, elle rafraîchit les deux amants, Marianne et Jean-Paul, et les fait s'étreindre érotiquement au cours d'un long baiser qui les laisse essoufflés. Mais elle est, ensuite, de nuit, celle qui pousse au crime et laisse Harry, privé du souffle de la vie, être cruellement noyé. Cette double dimension (sic) de la piscine – symbole à la fois solaire et nocturne – au-delà du simple signe social de la vie facile, enrichit, à l'évidence, un film qui gagne ainsi en profondeur (re-sic.

A suivre…


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De Romuald, le 13 février 2009 à 12:11
Note du film : 2/6

la piscine ? Une pub hautement soporifique pour les clopes et le Scotch, ou se meuvent péniblement Jane Birkin et sa démarche de gorille , l'ex-sissi qui franchement ne casse rien (mais tous les gouts sont dans la nature !) et ou Delon est beau, point barre. Seul Maurice Ronet y est excellent à son habitude. Mais je ne connais pas un de ses films ou il soit mauvais. Pas un ! D'accord pour la peinture de la vie Tropéziene . Mais il faudra quand même un jour que quelqu'un m'explique pourquoi Delon, son forfait accompli, a tenu à cet épisode d'habillage, déshabillage. Il l'aurait laissé tel quel dans la piscine, il n'aurait jamais été inquiété…Et si j'avais été à sa place, moi j'aurais noyé l'inssurportable Romy Schneider….

2/6 et c'est bien payé.


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De kfigaro, le 13 février 2009 à 14:07
Note du film : 5/6

C'est pourtant l'un des films les plus ambigus de Jacques Deray et le scénario de J.C.Carrière est particulièrement soigné.

Seul bémol (qui m'empêche de mettre la note la plus haute) : la musique ! (éditée relativement récemment sur CD avec d'autres scores de Legrand pour le même cinéaste).

Legrand a pondu un délire à base de chœurs sirupeux et de jazz guilleret qui n'ont absolument rien à faire dans un tel drame psychologique, même "ensoleillé". Contrairement à des films comme "Le messager", "Peau d'âne" ou "La vie de château" (où la musique épousait à merveille le propos du film), ici ça tombe vraiment à côté. De toute façon le meilleur musicien de Deray a toujours été Claude Bolling (cf les excellents "Le papillon sur l'épaule" ou "On ne meurt que deux fois") et ce depuis "Borsalino".


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De Impétueux, le 13 février 2009 à 17:06
Note du film : 5/6

Jane Birkin simiesque, Romy Schneider insupportable ? Ben dites donc, Romuald, vous allez vous faire des amis !

Remarquez, j'aime autant cette fraîche agressivité et cette roborative mauvaise foi que les lamentos du consensus mou ! Continuez à ferrailler de cette façon : il y a longtemps qu'on ne s'est pas fichu des peignées, sur le site, avec des contributeurs de qualité !

Taïaut ! taïaut !


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De Romuald, le 13 février 2009 à 17:30
Note du film : 2/6

Fils de Lagardére, indisponible en ce moment, mais qui vous envoie ses amitiés à tous ! A votre service !


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De PM Jarriq, le 13 février 2009 à 18:06

Hélas ! Ce n'est pas moi qui irai ferrailler pour défendre l'honneur de Birkin qui m'a toujours horripilé, ni même de Romy, si excellente chez Sautet, et si tête à claques parfois, dirigée par d'autres.

Néanmoins, Romuald n'y va pas avec le dos de la cuiller, sur le film lui-même !


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De WilliamR, le 10 septembre 2010 à 11:56

Les avis ci-dessus m'appellent immanquablement à rappeler à certains de leurs aimables auteurs l'existence du mot "fascinante" dans le titre de ce docte topic. La fascination exercée par une oeuvre ou par une personnalité est une donnée qui échappe quelque peu à l'analyse, quoique si elle s'avère collective, on peut en tirer quelque hypothétique vecteur commun. La fascination, terme aujourd'hui banalement répertorié sur le ouèbe comme la traduction en version française de la série Twilight (!), s'apparente à la cristallisation amoureuse. C'est une sorte de force mystérieuse exerçant sur le fasciné une – délicieuse – capitulation de son sens critique devant l'objet de cette mystérieuse fascination.

"La Piscine" figure indéniablement dans la liste des films qui me fascinent. Et cela depuis toujours, alors qu'aucun des faits susmentionnés (affaire Markovic, couple Delon-Shneider reconstitué pour le film, similitudes entre scénarios antérieurs reprenant les mêmes protagonistes, relation fraternelle à la ville Delon-Ronet, etc.), ne m'étaient nullement connus avant de les lire ici (avec intérêt toutefois), donc moins encore avant mes premiers visionnements de l'oeuvre dans ma folle jeunesse.

Dans la liste de mes films fascinants figurent Lawrence d'Arabie, le Patient Anglais, l'Affaire Thomas Crown (1963), A Single man, Le Mans… pour ne citer que quelques-uns. Fascination subjective s'il en est, elle n'est imputable en ce qui me concerne ni au making of, ni à la vie privée des acteurs, ni aux oeuvres connexes. Je considère donc que la fascination exercée trouve son origine dans l'oeuvre elle-même, le scénario, le sujet, le climat, le choix et le talent des acteurs et de ceux qui les dirigent, l'image, la lumière, la musique…

Le cas de La Piscine est particulier: un huis clos de personnages énigmatiques qui se dorent au soleil glamour de la French Riviera. Jusque là, rien de très extraordinaire, mais c'est sans doute ce qui permet l'identification aisée du spectateur. L'auteur distille des informations au compte-goutte tout au long du scénario. On apprend d'abord que ce n'est pas leur maison, on la leur prête. Ils ne sont donc pas riches, lui roule en Renault 8. Ensuite, il y a une incommensurable suite de non-dits admirablement orchestrée et faite de regards, de manifestations d'humeur, des joies injustifées (Marianne aux anges à l'annonce de la venue de Harry) dont le caractère implicite n'échappe à personne, mais dont la teneur n'est finalement jamais révélée.

Le bénéfice du doute plane tout au long du film sur le couple Jean-Paul / Marianne. Est-elle séduite à nouveau par Harry (l'ami qui vous veut du mal), et si oui, se rend-elle compte de son attitude blessante à l'égard de Jean-Paul ? Ou pense-t-elle de bonne foi n'avoir eu avec Harry qu'un comportement amical, au point de charger Jean-Paul de toute la responsabilité de leur malaise en pointant son attraction pour la fille d'Harry, Pénélope ? Voire d'avoir couché avec elle, ce que rien n'indique… Jacques Deray joue à merveille de tous les présupposés du langage, verbal et corporel, pour amener le spectateur dans ce doute fascinant et tellement semblable à la vie, où l'on ne sait parfois de soi que ce que les autres en disent.

Comment ne pas fondre devant l'animalité quasi infantile de Jean-Paul, pour qui Delon prête sa démarche féline au regard lumineux, et à qui tout le monde veut prêter les pires défauts de caractère. Jean-Paul a-t-il couché avec la fille d'Harry comme ce dernier l'en accuse également ? ou bien a-t-il seulement trouvé dans cette enfant de dix-huit ans l'authenticité qui manque tant au monde d'adultes dont il se sent étranger et exclu. Le silence à double sens qu'il observe face aux accusations de Harry, ivre de mépris et de whisky, laisse le spectateur dans un trouble profond. Ne se défend-il pas car c'est vrai ? Ou bien ne répond-il rien tant il est abasourdi par tant de haine, de mépris et de condescendance. "Pourquoi tu me dis tout ça ?" Harry, le fort, le businessman, le séducteur, le talentueux, le riche… est pris au piège. Car malgré sa toute puissance, il ne parvient pas à percer ce mystère: pourquoi Marianne le préfère t-elle à lui ? Pourquoi sa fille accorde-t-elle sa confiance à Jean-Paul plutôt qu'à son propre père ? Cette double jalousie lui est insupportable, et fatale. Le félin sort ses griffes, c'est une question d'instinct. Aucune préméditation.

Ce combat est tellement humain, tellement proche, si finement observé, sans jugement, un peu à la manière de Simenon… Je crois que c'est cela qui a fait le succès du film, au delà de la fascination artificielle pour les acteurs de légende, le milieux Tropézien fortuné et festif que le couple Jean-Paul / Marianne est le premier à rejeter ("Nous on ne descend jamais, on est bien ici…"), couple en crise, couple à fêlures multiples, couple passionné, qui s'autoprotège jusque dans le crime.

Je me demande s'il se trouverait encore un producteur en 2010 pour se lancer dans une aventure aussi peu manichéenne.


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De Impétueux, le 10 septembre 2010 à 17:36
Note du film : 5/6

Congratulations à WilliamR pour sa très intéressante contribution ! Ma prochaine vision de La piscine en sera éclairée.

Revenez quand vous voulez !

(Et Bonjour chez vous !)


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De vincentp, le 12 septembre 2010 à 00:18
Note du film : 4/6

7 notes, et une moyenne de 4/6. C'est un bon film, mais si je respecte les points de vue précédents, cette piscine ne mérite pas de mon point de vue autant de vagues ! Aucune sensualité ne se dégage de Romy Schneider ni de Alain Delon, à mon sens. Ce film, qui repose sur ses acteurs, est loin d'égaler Plein soleil, et son scénario beaucoup plus élaboré. Ce n'est qu'un avis…


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De fretyl, le 12 septembre 2010 à 00:35
Note du film : 4/6

Aucune sensualité ne se dégage de Romy Schneider ni de Alain Delon, à mon sens.

Là vous exagérez ! Au contraire La piscine est peut-être un des films les plus érotique du cinéma Français des années 60/70, si l'on y enlève Les valseuses.
C'est une sensualité assez suffocante qui ressort de chaque scène, surtout au début. Lorsqu'on voit Alain Delon embrasser et caresser Romy de cette façon là dans plusieurs scènes, il apparait comme une évidence que les deux acteurs ont due s'aimer charnellement pour en arriver à faire ressentir avec perfection les sentiments physique de leurs personnages.

La sensualité est même le clou du film.


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De vincentp, le 12 septembre 2010 à 08:06
Note du film : 4/6

A replacer sans doute dans le contexte de l'époque. Romy Schneider ne m'a jamais séduit, à vrai dire. Non, je n'exagère pas. Soit vous adhérez, soit vous n'adhérez pas (comme moi et Romuald) et trouvez ce film ennuyeux. Je peux vous trouver au passage une dizaine d'actrices plus séduisantes (Jeanne Crain, ou Jean Peters de Niagara, ex miss-Ohio…).


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De Impétueux, le 12 septembre 2010 à 13:27
Note du film : 5/6

Comment s'étonner que Vincentp ne soit pas séduit par la beauté grave de Romy Schneider (ah, ce maillot noir !), lorsqu'on sait que l'actrice qu'il trouve la plus érogène est Ilona Staller, dite La Cicciolina ?

Non, non, je déconne…

Mais être réservé sur Schneider m'étonne toujours…


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De vincentp, le 12 septembre 2010 à 14:05
Note du film : 4/6

Mes actrices préférées sont nombreuses, mon cher Impétueux. Natalie Wood en premier, Setsuko Hara (grâce féminine incarnée, selon le bon mot d'un célèbre critique), Jennifer Jones, Eleanor Parker, Deborah Kerr, Jeanne Crain, Jean Simmons, Dominique Sanda, Teresa Wright, Virginia Mayo, Ann Blyth, Olivia de Havilland (des films de Walsh), Joan Fontaine (de Hitchkock), Kim Novak, Jean Arthur, Miriam Hopkins, Ely Galleani de Au nom du peuple italien. Et même Laurence de Monaghan que j'aurais pu épouser si elle avait eu trente ans de moins (certes, elle n'a tourné qu'un véritable film, mais important). Et plus contemporaine Jodhi May.

Mais n'y figurent pas ni Marilyn Monroe, ni Romy Schneider, ni la vilaine Cicciolina.

Eleanor Parker : voilà une actrice de talent et magnifique ! Une ballade en calèche dans Paris s'impose !


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De fretyl, le 12 septembre 2010 à 14:20
Note du film : 4/6

Et vous n'avez rien contre Jackie Sardou ?

Elle aurait été remarquable dans La piscine


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De Gilou40, le 12 septembre 2010 à 14:37

Vous avez, en la personne de Vincentp, un garçon raffiné, délicat, que je suppose élégant, au goût sûr en matière de femmes,(Je n'encaisse pas le chèque tout de suite ) et vous le charriez parce qu'il n'aime pas romy schneider…Mais, si j'étais un mec, comme le suppute l'autre andouille , je ne suis pas certaine que je fondrai devant l'Autrichienne. Elle est bien loin d'être vilaine, nous sommes d'accord, mais elle n'est pas non plus des plus canon qui soient. Je la trouve assez mielleuse, un peu enrobée (très peu), et son maillot noir , d'une grande banalité, devant lequel Impêtueux se pâme n'a rien qui la mette en valeur. Elle est beaucoup plus belle dans Max et les férrailleurs ! Dans la scène de la baignoire, faisant des photos pour Piccoli, là, elle est radieuse !

Mais ce n'est quand même pas Sophia Loren


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De vincentp, le 12 septembre 2010 à 19:17
Note du film : 4/6

Reconnaissons à Romy de solides qualités de composition dramatique, mises en évidence avec de multiples cinéastes.

J'ai oublié parmi mes actrices préférées une actrice "atypique" : Nikki Randall, pour sa plastique irréprochable.

Toutefois, Impétueux : n'invitez pas Nikki dans votre salon. Vos délicats ventricules d'homme de Lettres ne résisteraient pas au choc thermique.


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De Impétueux, le 13 septembre 2010 à 22:47
Note du film : 5/6

Personne n'a jamais dit que Romy Schneider était la plus belle fille du monde, titre dont on se tape complètement le coquillard, sauf à être assujetti aux fariboles des jurys qui jaugent les choses à l'aune des mensurations d'animaux de concours.

Romy Schneider était tout autre chose ; ceux qui n'ont pas connu un parcours commencé dans le caramel mou des Sissi et qui s'est achevé dans le fiel et le venin mortifère de Garde à vue ne peuvent pas savoir ce qu'elle a été dans l'imaginaire…


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De vincentp, le 5 octobre 2010 à 15:27
Note du film : 4/6

En conclusion, je dirais que ce film est un bon film, sans être un grand film. Il mérite le détour tout de même car ses comédiens y sont au meilleur de leur forme physique et d'interprétation.


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De Pianiste, le 1er février 2014 à 11:08

La piscine est un film qui a marqué son époque. Rien que le décor fait rêver. Il y a aussi le jeu des acteurs comme Alain Delon et Romy Schneider qui est une réussite. Maurice Ronet est légèrement moins convaincant et Jane Birkin fait bien pâle figure, mais cependant chacun trouve la place qui lui convient. Quoiqu'il en soit, ce moment de cinéma restera gravé à jamais dans nos mémoires.


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De Dojuvi, le 3 février 2014 à 11:23
Note du film : 4/6

rien à ajouter à vos analyses pertinentes, si ce n'est le nombre d'entrées en France (février 1969) : 2 341 721 tout de même ! sources "ciné-passions, dixit"


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De Impétueux, le 30 juin 2014 à 22:51
Note du film : 5/6

Les trois premiers quarts du film méritent une note maximale, tant ils sont incandescents. D'abord par l'érotisme brûlant, presque cru, des images des deux amants autour de la piscine ; à voir Alain Delon et Romy Schneider mêler leurs chairs bronzées dorées, on comprend que les magazines à scandale aient cru, ou voulu faire croire que l'histoire amoureuse des deux acteurs renaissait de ces cendres, quatre ou cinq ans après leur séparation, tant ils semblaient s'y être redonné. (Et curieusement, d'ailleurs, on peut se demander si ce n'est pas ce qui survient entre Marianne (Schneider, donc) et Harry (Maurice Ronet) : une sorte de poussée de désir, une reviviscence, un coup de sang, une nostalgie d'histoire qu'on pourrait recréer pour une soirée ou pour une semaine, sans illusion et sans conséquence).

Puis par la montée des tensions entre les deux hommes ; après la fausse connivence, la camaraderie presque ostentatoire du début, qu'on devine graduellement frelatée, presque malsaine, apparaissent, par petites touches instillées très habilement par Jacques Deray, les premières nuances de condescendance de l'un, d'agacement de l'autre. Les personnages sont posés peu à peu, sans qu'on sache d'emblée qui ils sont, d'où ils viennent : on ne l'apprend que scène après scène et par touches assez discrètes et claires tout à la fois pour que le spectateur puisse se faire une idée assez juste – mais jamais tout à fait complète – des passés, des caractères et des situations respectives.

Excellente idée d'avoir, dans la parfaite artificialité des relations d'été à Saint-Tropez, greffé la parfaite artificialité des copinages superficiels qu'on devine de Saint Germain des Prés. L'un a réussi, riche, séduisant papillon de nuit, séducteur sans merci, qui sent toutefois, très imperceptiblement, l'âge venir et qui s'affuble désormais de la compagnie de sa fille pour créer, entretenir, susciter une ambiguïté dont il se glorifie. L'autre qui est passé à côté de sa vie, subsiste sans plus écrire (Et tu as eu raison, lui souffle Harry dans un grand moment de perversité, sachant parfaitement qu'il frappe là où c'est le plus douloureux), qui a tenté de se suicider, s'est désintoxiqué de l'alcool, mais demeure si fragile qu'il sait bien que s'il bouge de la villa, isolée de tout, il sera tout de suite abattu en plein vol par les démons de sa nuit).

Au milieu de ces deux coqs, l'un qui se croit fort, l'autre qui se sait faible, Marianne est un personnage un peu transparent, qui donne l'impression d'être solide, mais, finalement, est un peu hésitante, un peu démunie de la clairvoyance qui lui ferait vite écarter de la thébaïde le père et la fille corrupteurs de l'équilibre instable qu'elle vit. Le personnage de Pénélope, en revanche, me semble une des faiblesses du film, insignifiant, à peine dessiné, sans rien de l'innocence indifférente qu'on pourrait envisager…

Cela dit, le sommet du film atteint, qui est la scène morbide de la noyade d'Harry, merveille de cruauté et de violence intériorisée, le dernier quart de La piscine change trop de nature et de qualité pour ne pas décevoir. Une enquête policière bien banale (malgré l'excellent Paul Crauchet), qui tire un peu à la ligne (j'ai l'impression du même déficit d'importance, dans Les diaboliques, malgré le non moins excellent Charles Vanel).

Je n'ai pas beaucoup de goût pour l'actrice Jane Birkin, la trouvant bien plus intéressante chanteuse ; mais les personnages principaux du film de Jacques Deray sont exceptionnels ; où trouvera-t-on jamais des acteurs aussi séduisants que Delon et Ronet, une femme aussi solaire (et blessée ; cela n'a pas de rapport) que Romy Schneider ? Ce cinéma du milieu du dernier demi-siècle donnait des feux vénéneux, magnifiques, incandescents. C'est cela même : incandescents.


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