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Forum : Marie-Octobre

Sujet : Le dernier grand film de Duvivier...


De Impétueux, le 19 mai 2006 à 11:53
Note du film : 5/6

Marie-Octobre est le chant du cygne, ou plutôt le dernier chef-d'œuvre de l'extraordinaire carrière de Julien Duvivier qui s'étend sur près de cinquante ans, qui a touché une variété de registres peu imaginable aujourd'hui, où les cinéastes s'enferment volontiers dans un genre, parce qu'ils craignent, ou négligent d'ouvrir leur palette (je ne vois guère, de nos jours, en France, que l'excellent mais très inégal Patrice Leconte qui ait le goût boulimique de toucher à tout, de la farce au drame, du film noir au conte de fée).

Dernier chef-d'œuvre, parce que les quelques films qui vont suivre, notamment Le Diable et les Dix commandements et surtout Diaboliquement vôtre laisseront aux admirateurs du réalisateur l'impression pénible d'une décadence, d'une dégénérescence absolue, comme peut laisser un aîné, un grand-père qu'on a beaucoup admiré, et qu'on voit s'enfoncer dans le gâtisme.

Dernier chef-d'œuvre, mais, donc, dernier des chefs-d'œuvre : si un cinéaste a concentré, dans ses plus belles années, une collection de merveilles, c'est bien Duvivier :

1935 : La Bandera, le romantisme de la Légion (espagnole) et la guerre du Rif ;

1936 : La belle équipe, miraculeuse captation de l'allégresse du Front Populaire (ça se termine, d'ailleurs, aussi mal !) ;

1937 : Pépé le Moko, mauvais garçons, exotisme et amours impossibles ;

et aussi Un carnet de bal, brillantissime film à sketches (qui n'a jamais entendu Jouvet dire du Verlaine (Dans le vieux parc solitaire et glacé…) est bien à plaindre !) ;

1939 : La fin du jour, film le plus sordide qui se puisse sur la vieillesse et le cabotinage…

Après la guerre, c'est un peu plus inégal, mais avec de merveilleux éclats :

1946 : Panique, adaptation de Simenon (Les fiançailles de M. Hire) ;

1951 : Sous le ciel de Paris, destins croisés, film tout autant cruel que tendre (et qui vient – quel bonheur ! – de sortir en DVD, hélas, chez René Château !) ;

1952 et 1953 : les deux premiers – et les meilleurs ! – Don Camillo, véritables mythes d'un cinéma à la fois comique et profondément enraciné dans la réalité ;

1956 : Voici le temps des assassins, la noirceur la plus absolue et la plus désespérante ;

1957 : Pot-Bouille, un des meilleurs rôles de Gérard Philipe – qui n'en eût pas tant que ça au cinéma ! – et une remarquable adaptation de Zola

et aussi L'homme à l'imperméable mélange très réussi entre le grotesque et le glaçant, déstabilisation cauchemardesque d'un brave type qui préfigure, avec trente ans d'avance, l'After hours de Martin Scorsese

Et donc, en 1959, cette Marie-Octobre, qui revient à une facture très classique, celle du huis clos, pour identifier, quinze ans après, un traître qui a donné aux Allemands le chef d'un réseau de Résistance, traître qui se trouve forcément parmi tous ceux qui sont là ce soir, grand bourgeois (Paul Meurisse), prêtre (Paul Guers), tenancier de boîte de nuit (Lino Ventura), avocat (Bernard Blier), serrurier (Robert Dalban), médecin (Daniel Ivernel), mandataire aux Halles (Paul Frankeur), contrôleur des impôts (Noël Roquevert), imprimeur (Serge Reggiani)… tout ce monde réuni autour de Marie-Octobre (Danielle Darrieux), lumineusement belle, égérie du groupe clandestin d'alors et alors maîtresse du chef trahi et assassiné.

Caricatural, outré, participant de la légende dorée de la Résistance ?

Possible… Mais quelle efficacité ! Huis clos étouffant, dialogues étincelants, sens du suspense… J'ai vu dix fois le film et connais donc évidemment le nom du traître… Et pourtant à chaque fois, je me laisse prendre !


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De CLOCHARD, le 19 mai 2006 à 13:44
Note du film : 5/6

Entièrement d'accord avec toi : un huis-clos servi par une brochette d'acteurs extraordinaires.

Un film dont on se lasse pas.


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De Arca1943, le 19 mai 2006 à 13:56

Je vote pour une édition Zone 1 ! Quelle brochette…


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De PM Jarriq, le 22 septembre 2007 à 18:18

Bon, allez… Un petit coup de sang, pour pimenter le week-end : Marie-Octobre, vous pensez tous que c'est un film de Duvivier, avec Danielle Darrieux ? Eh bien, pas du tout ! C'est un téléfilm avec Nathalie Baye, et réalisé par qui ? Par Josée Dayan !!!

C'est pour France 3, et ce n'est PAS un poisson d'avril.

Hélas…


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De s é p i a, le 22 septembre 2007 à 19:02

PM JARRIQ , que je salue (que dis-je, devant qui je me prosterne) pour avoir fait de moi une fan absolue de Monk , saviez vous que j'étais convalescente ? Surement pas, pour nous assener pareille horreur ! Vade rétro Satanas ! Je sais un admirateur de Danielle Darrieux qui ne dormira pas ce soir…Il va faire reluire sa Kalachnikov. Internautes Dvd toilistes qui connaissez l'adresse de Josée Dayan, ne lui donnez pas !!!


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De Impétueux, le 22 septembre 2007 à 19:22
Note du film : 5/6

La Kalachnikov va rester au râtelier, ce soir, écrit l'admirateur, saisi par la douceur du soir doré de Paris, mais aussi par une prise de conscience que tout cela n'a aucune importance.

La grosse dondon va réaliser sa profanation, avec une Nathalie Baye qu'on a connu mieux inspirée. Bon

Il y aura une brochette de demi-vedettes qui voudront nous faire croire que nous pourrions oublier Paul Meurisse, Lino Ventura, Bernard Blier, Paul Frankeur et toute la troupe. Bon.

Et ça passera sur FR3 un soir de semaine, et ça fera un audimat convenable. Bon.

Et le lendemain, on n'en parlera plus. Et ce sera très bien ainsi…

Et nous pourrons à nouveau admirer Danielle Darrieux éternelle, Noël Roquevert, Paul Guers, Daniel Ivernel, Serge Reggiani. Et même Jeanne Fusier-Gir.

Finalement, tout ça n'a aucune espèce d'importance.


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De PM Jarriq, le 22 septembre 2007 à 19:52

Impétueux : c'est vrai, ça n'a aucune importance. Par contre, ça peut agacer…

Sépia : Je savais, j'étais sûr qu'une fan de Columbo ne pouvait pas rester insensible aux charmes (étranges, je le concède) de l'excellentissime Adrian Monk. Content de vous avoir présentés… Et la prochaine fois que j'aurai des "scoops" aussi fétides que celui de Marie-Octobre relooké, je le ferai plus délicatement. Promis.


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De plam, le 9 avril 2008 à 02:36

Bonsoir,

pourquoi un avis aussi défavorable sur un remake, soit, mais qui n'est pas encore tourné ! Ne pensez vous pas qu'un téléfilm peut éventuellement, non seulement distraire des téléspectateurs n'allant pas spécialement au cinéma, mais également leur donner l'envie de découvrir l'original de duvivier ? ne crachons pas sur des projets interressant et laissons leur le temps d'exister, non ? Sincèrement. Plam


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De fernand, le 9 avril 2008 à 15:04

J'ai déjà dis en ces lieux que le ciné noir et blanc ne me "parlait" pas… Et ce film , pas plus que les autres. Mais quand je vois les légendes qui constituent le générique , je me dis qu'accepter un remake de ce film équivaudrait à accepter que le père Noel descende de la cheminée en bas-résilles et talons hauts ! Pourrait on encore l'appeller "Père Noel" ? Si cela leur chante et si cela s'avère vraiment necéssaire , qu'ils tournent donc une Marie Janvier avec Michelle Bernier ou une Marie Juillet avec Line Renaud dans le rôle titre. Mais que je sache , on a jamais fêté Nôel à la St Jean !


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De Lagardère, le 16 octobre 2008 à 15:35
Note du film : 1/6

Ce soir, sur FR3 :

Casting :

  • Réalisateur : Josée Dayan -
  • Musique : Arno Isaac -
  • Dialogue : Arno Isaac -
  • Scénariste : François-Olivier Rousseau
  • Avec : Nathalie Baye (Marie-Octobre), Xavier Beauvois (Marc Donizzi), Samuel Labarthe (Robert Cabris), Etienne Chicot (Lucien Issard), Jacques Spiesser (Roland Herbelin), Alain Fromager (Claude Thieville), Gisèle Casadesus (Clémence), Laurent Gamelon (Guillaume Ferronnier), Sam Karmann (Raoul de Saint-Maur), Stéphan Guérin-Tillié (Claude Duroy), Philippe Magnan (Jérôme Massenet)

A voir ?….

En réponse à EGO'': Ce qui veut dire qu'aujourd'hui, plus aucun cinéaste ne doit se risquer dans le domaine de la dernière guerre, de la résistance ou de la libération ? On nous a bien parlé , fort mal d'ailleurs, de vercingetorix….Et les effroyables jardins pour ne citer qu'eux , tenaient trés bien la route du souvenir…


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De droudrou, le 16 octobre 2008 à 15:46

De EGO, le 16 octobre à 11:00 " Marie – Octobre ", nouvelle mouture, ce soir sur France 3. Qui regarde ?

D'un côté, on ne peut toujours bouder. Les Yankees nous prennent nos films, les remakent et nous les renvoient et nous allons les voir ! Alors quand la reprise est de Français à Français ( et qu'elle n'oblige, en outre, à aucun déplacement ni aucun frais ), on peut faire l'effort, on doit même le faire. " le 7e juré" avec l'impeccable Daroussin n'était pas une injure au film initial de Lautner. Alors ?

Deux os avec le " Marie Octobre " de ce soir. D'abord il est réalisé par Josée Dayan, ce qui promet une platitude d'ensemble non exempte de redondances, un peu comme une chanson de Patrick Bruel. Le deuxième point est plus dramatique encore. Le plus doué de nos cinéastes ne parviendrait à faire oublier que, contrairement au film de Duvivier, l'action n'est plus du tout contemporaine. En 1960, les visionneurs de " Marie Octobre" n'avaient aucune peine à pénétrer dans cette intrigue de résistants se retrouvant 15 ans après la Libération. Mais, aujourd'hui, en 2008, cette Libération a désormais 65 ans d'âge. La contemporaneité ( mot barbare trés usité mais, si ça se trouve, non reconnu ) n'est plus, la crédibilité ne peut qu'en pâtir.

Enfin, pour ma part perso qui n'engage que moi tout en se limitant à mon strict avis, plutôt que Nathalie Baye, j'aurais mis Sandrine Bonnaire.

Bien à vous tous

Philippe


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De Arca1943, le 16 octobre 2008 à 16:38

« Les Yankees nous prennent nos films, les remakent et nous les renvoient et nous allons les voir ! »

Oh non, non, non : ils ne vous prennent pas vos films, ils vous les achètent. Ne les vendez pas !


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De PM Jarriq, le 16 octobre 2008 à 19:06

Marie-OctobreDayanBaye… Soyons raisonnables : boycottons.


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De EGO, le 16 octobre 2008 à 19:13

On ne le croit pas mais les Américains ont une passion pour la France et sa culture. Comme ils sont bien renseignés les bougres, ils orientent cette passion pour notre patrimoine et non pour ce que nous produisons actuellement.

Entre autres remakes curieux et admissibles, ceux – ci : " The Scarlett street " ( le Rue rouge ) remake, par Fritz Lang, de " la Chienne " de Renoir et, du même Lang au même Renoir, " Human desires ' ( Désirs humains ) d'après " la bête humaine ", Gabin cédant la place à Glenn Ford. " the Sorcerers " ( le Convoi de la peur ) de William Friedkin ( l'Exorciste )découlé du film de Clouzot : " le Salaire de la peur" avec, dans les rôles laissés vacants par Montand, Vanel, Lulli et Van Eyck, Bruno Cremer, Amidou, Roy Scheider et Francisco Rabal. "The Firtheen letter" ( la 13e lettre ) signé par Otto Preminger, rend hommage au chef d'oeuvre du même Clouzot :" Le Corbeau ", transposant l'action à Québec et amenant Michaël Rennie, Charles Boyer et Françoise Rosay à se donner la rélique. Enfin je crois que " Sommersby " était un honnête dmarquage de " le Retour de Martin Guerre".

Mais j'en passe quelques dizaines, n'hésitez pas à me rafraîchir la mémoire.

Bien à vous tous

Philippe


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De Lagardère, le 16 octobre 2008 à 22:30
Note du film : 1/6

22h30….Non ! Décidément NON ! On ne refait pas un Rembrandt….(air connu). C'est trés mal filmé . On se croirait dans un métro aux heures de pointe. C'est lourd, fastidieux, ça voudrait bien mais ça peut pas… Nathalie baye est mauvaise et moche ( le botox aux lèvres ! ) et le tout à l'avenant…..Et puis quoi ? Qui a dit : "-Tous les acteurs sont bons…a part quelques comédiens !- " NON ! Oublions ! Pour mieux porter au ciel le chef-d'oêuvre du grand, trés grand Monsieur Julien duvivier….


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De EGO, le 16 octobre 2008 à 22:38

Merci, Sophie75, pour le bisou du soir. Tu n'es pas une ignare, tu découvres, c'est pas la même chose. L'ignare méprise, ce n'est pas ton cas. Et si tu me donnes à ton tour de " bonnes adresses ", des titres que je ne connais pas ou n'ai jamais voulu connaître, j'irai voir et la découverte sera pour moi cette fois. L'échange. C'est ce qu'il y a de plus merveilleux avec ce foutu néo concept qu'on a baptisé le Net.

As – tu regardé " Marie – Octobre " ce soir ? Mo oui. Je déteste la Dayan et aussi la récupération toujours juchée sur les épaules de la facilité. Mais je ne pouvais critiquer sans avoir vu, ça, non je ne le pourrai jamais. Voir d'abord, juger ensuite, on est un peu plus à couvert. C'était passable mais admissible. Richement interprété. Gamelon imitait parfaitement Blier, Chicot était trés à son aise. Mais tout ça manquait de souffle même s'il y gagnait en amertume. Certaines scènes étaient carrément calquées sur l'original de Duvivier. Pas, cependant, comme " les Choristes " furent littéralement calquées sur "la Cage aux rossignols ", meveilleux film de Jean Dréville et Noël – Noël que je te recommande expressément, toi qui sembles aimer les enfants.

Bise à toi

Philippe.


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De gilou40, le 17 octobre 2008 à 07:41

On ne devient pas Danielle Darrieux comme ça, c'est exact ! Blier , Lino Ventura, Paul Guers, Robert Dalban, Noël Roquevert, Paul Meurisse et tous les autres ont tellement marqué de leurs talents cette histoire, que plus jamais personne après eux ne peut relever le défi. Et le cas n'est pas isolé dans l'histoire du cinéma français…


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De Lagardère, le 17 octobre 2008 à 15:46
Note du film : 1/6

A EGO :

Le 16 àctobre, à 19h : Deux os avec le " Marie Octobre " de ce soir. D'abord il est réalisé par Josée Dayan, ce qui promet une platitude d'ensemble non exempte de redondances, un peu comme une chanson de Patrick Bruel. Le deuxième point est plus dramatique encore. Le plus doué de nos cinéastes ne parviendrait à faire oublier que, contrairement au film de Duvivier, l'action n'est plus du tout contemporaine

le 16 octobre à 22h38 : Mais je ne pouvais critiquer sans avoir vu, ça, non je ne le pourrai jamais. Voir d'abord, juger ensuite….

On peut faire sa cour et être cohérent, quand même ! Non, je pinaille ! Cela etant, je vous avais posé une question: Aucun cinéaste ne peut plus prétendre à monter une oeuvre se déroulant dans les années cinquante ?? Entre deux bisous à sos amitiés, fendez vous d'une réponse! je peux être d'une écoute charmante…


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