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Forum : Si Versailles m'était conté

Sujet : La gloire de la France


De Azurlys, le 11 mai 2006 à 17:46

A propos de Si Versailles m'était conté, les années qui se sont écoulées – plus d'un demi-siècle – n'ont n'ont pas totalement apaisé les avis parfois défavorables qui concernent ce film. Les critiques de l'époque avaient été souvent féroces. Un exemple ? Pour un tout autre film, en l'occurrence Madame du Barry, de Christian-Jaque (1954), Simone Dubreuil, qui était pourtant connue pour son impartialité, avait eu ce mot ravageur "Il est cent fois supérieur à ce dégradant Si Versailles m'était conté, qui sent tour à tour le carton-pâte et la chaise perçée" (sic). L'excès de cette formule en brise l'intérêt, mais reflète assez bien le climat qui accueilli le film en 1953.

On est aujourd'hui plus mesuré, mais si l'adhésion s'est faite autout des films de Guitry reconnu enfin comme un auteur, des réserves subtistent à propos de "Versailles".

Que l'on veuille considérer cependant qu'il est contruit de manière éclatée – comme le sera plus deux ans plus tard Si Paris nous était conté – où les scènes qui semblent se bousculer aboutissent pourtant à un ensemble très cohérent.

De curieuses séquences construites en montage parallèle, débouchent sur des idées au symbolisme éclatant. Je veux parler de la scène de la vente des meubles royaux, dans la Cour de Marbre. Les gens du peuple semblent rejeter tout d'abord ce qu'ils estiment être symbole de tyrannie, puis un bourgeois enchérit, brocardé par les autres personnes, jusqu'à l'intervention d'un Anglais qui exprime son souhait d'acheter, et le peuple de pousser alors le bourgeois à surenchérir pour que les meubles ne quittent pas la France.

Pendant ce temps, en montage alterné, apparaissent des scènes d'une guinguette installée à Trianon. L'idée est lumineuse : la monarchie quitte Versailles pendant que le Peuple s'y installe, puisque le château deviendra un musée dédié A toutes les Gloires de la France dont Louis-Philippe décidera l'instauration.

Un autre exemple : au moment des Etats généraux de Mai 1789, Louis XVI reçoit dans sa bibliothèque la Princesse de Lamballe, la Reine, André Chénier, Lavoisier et même… Robespiere. A l'époque, certains historiens réunis en conclave hurlèrent, suivis par la critique, en criant au charron, que la scène n'était pas "historique". Où avait-on pris que Guitry se voulait historien ? La séquence se veut évidemment métaphorique. Louis XVI y présente un projet de démolition de la Bastille (historique) remplacée par une place dessinée par Corbet. Robespierre laisser tomber avec malice "Sire, laissez-en l'initiative au Peuple". Et tous parlent alors de la sinistre machine du Dr. Guillotin, en ajoutant, les uns après les autres Je ne me vois pas mourant sur l'échafaud, ni moi, ni moi non plus… Et la voix (of) de Guitry de trancher – si j'ose dire – Et pourtant, tous les six, ils devaient y passer !. L'image était une éclatante ellipse de ce que fut la dramatique période révolutionnaire.

Signalons enfin une jolie astuce contenue dans le tout début du générique, qui n'a pas été remarquée lors de la sortie du film en février 53 et ni depuis, je crois, depuis lors, mais dont je ne suis pas sûr qu'il serait de bon aloi d'en faire état aujourd'hui… Mais je vous laisse chercher…


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De neferalda, le 14 mai 2006 à 12:15
Note du film : 6/6

Eh bien j'avoue que je n'ai pas trouvé ! Et je suis curieuse donc une réponse ou un indice peut être ? Merci d'avance.


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De paul_mtl, le 14 mai 2006 à 17:07
Note du film : 3/6

Film tres moyen, le rythme est mou et on s'ennuie.

Si vous connaissez l'histoire de cet periode aucun interet particulier a part de retrouver tous ces acteurs francais.

Et si vous ne connaissez pas cette periode, lisez un bon livre d'histoire. :D


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De Impétueux, le 16 mai 2006 à 19:53
Note du film : 5/6

La trilogie Si Versailles m'était conté, Si Paris nous était conté et Napoléon n'est pas tout à fait du même niveau que les deux bijoux de promenades historiques (ou pseudo-historiques, si l'on veut) genre que Sacha Guitry avait créé, avant-guerre, avec Les perles de la Couronne et Remontons les Champs-Elysées, miracles de légèreté, d'esprit et d'allure.

Pour autant ces trois films – et singulièrement Versailles – sont des films superbes qu'un amateur de Guitry ne peut pas ne pas avoir vu.

Je conçois parfaitement que le ton à la fois narquois et péremptoire du Maître puisse agacer, que puisse irriter aussi son parti-pris de regarder l'Histoire par le biais de l'historiette, de privilégier mots d'auteur et trognes d'acteurs, d'accorder à la galanterie toutes ses faveurs, de s'éblouir lui-même de sa faconde et de sa séduction.

Mais ce n'est pas là forcément un mauvais moyen de comprendre les choses, surtout, en l'occurrence, de comprendre Versailles, chef d'œuvre absolu du Patrimoine et si forte incarnation de la grandeur française : j'ai lu récemment une anecdote délicieuse : au général de Gaulle dont il était Ministre d'État en 45-46 et qui le questionnait sur la localisation de la future ENA, Maurice Thorez (*) aurait très sérieusement répondu : "Mettez la à Versailles : ça donnera aux futurs hauts fonctionnaires le sens de l'Etat !"

Et quand, donc, Guitry conclut son film par un quatrain magnifique (une rime est fausse, mais ne chipotons pas !), il est tout à fait dans l'esprit du Palais inimitable voulu par Louis XIV ; qui prétendrait que les gens d'esprit sont des gens légers après cela ?

On nous dit que nos Rois dépensaient sans compter,
Qu'ils prenaient notre argent sans prendre nos conseils,
Mais quand ils construisaient de semblables merveilles,
Ne nous mettaient-ils pas notre argent de côté ?

\------------------------------------------

(*) La jeunesse ignorantine devrait savoir que Maurice Thorez fut Secrétaire général, puis Président du Parti Communiste Français de 1930 à sa mort, en 1964 à une époque où le PCF (28% des voix aux Législatives de 1946) n'avait rien à voir avec le micro-groupement dirigé aujourd'hui par Mme Buffet.


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De azurlys, le 3 septembre 2007 à 13:23

Divine surprise ! Je retrouve un message de 2006, que je croyais passé aux oubliettes par suite d'une fausse manoeuvre. Le temps, l'absence de courage aussi, ne m'avaient amené à écrire à nouveau ce que je croyais perdu et… que je viens de retrouver Il y était question de "Si Versailles m'était conté" de et avec Sacha Guitry (mort il a cinquante ans, le 23 (ou 27) Juillet 1957). La cinémathèque va consacrer un hommage au cinéma du maître, pour saluer cet anniversaire.

Une question était posée relativement à ce que j'avais signalé comme une astuce dans le générique. Un lecteur (ou trice) a bien voulu s'y intéresser. Pendant longtemps, je m'étais étonné de la présence du compositeur, Jean Francaix, mort en 97, placé, si l'on peut dire, en presque début de générique. L'usage veut que le musicien soit cité à la fin, sans doute pour souligner le fait qu'il travaille sur le montage déjà effectué et terminé, à la seconde près. Pour "Versailles…", le générique se déploie en deux partie essentielles. L'une cite les producteurs et distributeur, souligne – en grand – l'auteur, et la seconde montre Guitry devant un bureau Louis XV, en train de feuilleter un imposant album avec les photographies de ses interprètes en costumes.

La première partie fait la part belles à quelques saluts vers ses techniciens selon la méthode qui lui était familière, en citant, par exemple, "Les couleurs sont en Eastman-color…. Que le directeur de la photographie Pierre Montazel en soit glorifié" "Les sons ont été enregistrés par Jean de Bretagne, bien entendu " (Notons que son nom exact est Jo de Bretagne, mais des erreurs surviennent parfois), "Enfin le montage est de Raymond Lamy, et c'est tout dire". Les associations de mots et d'expressions n'auront échappé à personne. Si l'on reprend le début du générique on peut lire sur des "cartons" successifs, (le mot date du cinéma muet) les mentions: "Un film de Sacha Guitry", "Réalisé par l'Auteur", "Au Château de Versailles", puis, "Ainsi donc", "les décors sont de Mansart", "les Jardins sont de Le Nôtre" "et la Musique est de Jean Françaix". Si l'on veut éclairer cette lecture à la lumière des jeux de mots et de phrases cités en préambule, on peut lire successivement "Château de Versailles", "Mansart", "Le Nôtre", "Francaix" ? Il est-il possible de n'y voir QUE le hasard. J'en doute.

Il faut se souvenir que Guitry, loin de faire une surenchère monarchique, saluait, comme avant lui Louis-Philippe, toutes les gloires de la France, à une époque ou les souvenirs encore frais de l'Occupation allemande ressoudaient les Français autour des gloires passées. Il a dit à cet égard "J'ai offert un bouquet de fleurs à la France". Mais on peut citer un autre mot : "Ce n'est pas à nous de le dire, mais ce n'est pas non plus à nous de l'oublier !" Celà n'a rien à voir avec son "Versailles", mais cela s'y marie si bien…

Voilà, un peu trop longuement développé, l'astuce que j'ai cru voir (très tardivement) dans le générique de ce film (voir à cet égard l'opinion de Noël Simsolo, sur le cinéma de Guitry, collection Cinéastes de notre temps, aux "Cahiers du Cinéma". Celà date de 1987, mais avec un peu de chance, il est possible de le trouver d'occase) où m'est apparu possible de voir un clin d'oeil de Sacha ! Mais…


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De Impétueux, le 3 septembre 2007 à 15:00
Note du film : 5/6

Ma foi ! Bravo et merci d'être si savamment passionnant !


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De Azurlys, le 4 septembre 2007 à 14:53

Merci du message, court mais agréable. A moins qu'il ne fut émaillé par une ombre d'ironie. Je préfère n'en rien savoir !

Je profite de cette circonstance pour vous adresser "impétueusement" des éloges mérités pour votre message de l'an passé, à la fin duquel figurait le célèbre quatrain : On nous dit que nos rois, dépensaient sans compter…. Vous y parlez fort justement de l'élégance savoureuse des deux classiques d'avant-guerre, "Les Perles de la couronne" et "Remontons les Champs-Elysées" (je le préfère à l'autre). Le coté pétillant de joie et de bonheur qui s'en dégageait ne se retrouve pas dans "Versailles…". Mais les années étaient passées, avec la triste aventure qui était arrivée à Sacha Guitry à la Libération. De là peut-être l'amertume qui pointe parfois son nez. Celà dit, Îl ne s'agissait plus ici d'une fantaisie totale, comme les deux films indiqués plus haut, mais d'une construction historique à préserver, même si l'esprit et la fantaisie de Guitry avaient toutes raisons de s'y méler. Huit semaines de tournage avaient été accordées à l'équipe, et pas une heure ne fut depassée. Les visites du château, moins courues qu'aujourd'hui, il est vrai, avec les tour-opérators et leurs marées de Japonais ou d'Américains, ne devaient en aucun cas être interrompues. Sur le DVD, hélàs sans bonus ni chapîtrage, on entend parfois des bruits lointains de "visites" entre deux répliques ! Sacha Guitry commençait à souffrir du mal qui devait l'emporter en 1957 et que les journalistes présentaient à l'époque comme une polynévrite généralisée qui devait conduire à l'administration importante de morphine pendant les prises de vues de "Si Paris nous était conté", qui sont peut-être à l'origine d'un ton plus relaché et un tantinet fou-fou dans lequel on retrouve un peu le Guitry d'avant-gerre.

Vous avez, en tous cas, dans un court paragraphe central (trois lignes et demi !) resumé l'esprit de son "Versailles" avec élégance et pertinence. J'ajoute un point qui ne vous surprendra pas, relatif au quatrain. Je l'ai découvert, pour ma part en 1954 (et non 53, comme indiqué dans un message précédent), mais en accroissant ma connaissance du cinéma de Guitry, je me suis aperçu qu'il figurait déjà dans "Remontons les Champs-Elysées", sous la forme d'un insert, probablement ajouté en dernier sur les contretypes du négatif que l'on utilise pour le tirage des copies. Alors qu'elle est hors sujet, cette séquence montre Versailles par quelques plans fixes, sans vraiment de motifs apparents, et l'on y entend le fameux quatrain. Le style des images est différent et la voix du narrateur – Sacha, bien sûr – n'a pas le même ton. L'idée d'un ajout tardif, juste avant l'exploitation, semble plausible, même si la vérification semble impossible. Celà dit, à cette époque déjà, l'idée d'un film sur Versailles était dans l'air, et dans l'esprit de Sacha Guitry, mais elle fut abandonnée au motif, nous explique Sacha Guitry lui-même dans les textes qui précèdent le livre du film de 53 publié chez Raoul Solar, que le producteur "confondait Louise de La Vallière et Eve Lavallière… J'ai du renoncer !". Celà nous aura ainsi permis d'avoir un "Si Versailles m'était conté" en couleurs, et à une époque a laquelle les réalisateurs se cassaient les dents sur Gevacolor, ou Roux-Color ("La Belle Meunière", Pagnol) ou Thompson color-Quéler-Dorian ("Jour de Fête", J.Tati) Guitry a eu le privilège de tourner sur de toutes récentes pellicules soustractives Easmancolor aux couleurs éblouissantes, dont il fut, je crois, le premier utilisateur.


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De Impétueux, le 4 septembre 2007 à 16:49
Note du film : 5/6

Diable ! Pourquoi voudriez-vous que mon message soit émaillé par une ombre d'ironie ? Si je suis quelquefois railleur et peu supportable (j'en conviens !) je sais admirer avec sincérité les vraies connaissances, mises au service des films et réalisateurs que j'aime.

Et chez vous, c'est davantage encore que des connaissances : c'est de l'érudition ! Bravo et encore bravo ! Vous nous apprenez là une foule de choses, qui peuvent paraître superflues à qui n'aime pas Guitry (je pense au vieux complice RdeT, avec qui je ne suis pratiquement d'accord sur rien, ni personne), mais qui sont absolument passionnantes pour qui adore ! Lorsque nous aurons retrouvé Sépia (dont la longueur des vacances confine à l'indécence !), vous verrez combien, elle aussi, vous tressera des couronnes !

Et naturellement – vous avez raison – depuis les manigances absurdes et révoltantes qui ont abouti à ses Soixante jours de prison, le Maître a perdu de sa légèreté ironique et grince plus souvent des dents ; voir aussi Le Diable boiteux. Curieusement, la même mésaventure, aussi scandaleuse, a transformé aussi, et de manière plus radicale encore, la manière et le génie d'un écrivain pour qui j'ai une passion : Jean Giono

C'est drôle de retrouver là des talents si différents et si semblables…


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De azurlys, le 15 décembre 2007 à 15:33

A mes messages du 11 Mai (curieusement annoncé "Versailles", en l'absence de mon pseudo, mais j'ai du faire erreur de manip) et 3 Sept.(celui-ci de 06, je crois) j'ajoute que ce cinquantenaire de la mort de Sacha Guitry ne fut salué, à la TV, que par un téléfilm intéressant sur "L'affaire Guitry", joué par Jean-François Balmer, diffusé le 23 Juillet, date anniversaire du décès du Maître, et dont F.3 a annoncé une prochaine rediffusion. Je ne vous cacherai pas l'agacement qui m'a saisi, lorsque j'ai cru y voir sur les programmes, à cette date précisemment, un acharnement dont je craignais la virulence. Il n'en fut rien, et il s'agissait d'une très honnête réhabilitation, dans laquelle le réalisateur(?) démontrait assez bien la perfidie des accusateurs de Guitry, la délation mensongère dont il avait été la victime, dont il fut lavé par des non-lieux, mais qui laissèrent sur lui des cicatrices ineffaçables. Si ce film vous a échappé la fois dernière, en période de vacances, surveillez-en la rediffusion, voyez-le malgré ses maladresses, et vous y découvrirez quelques vérités utiles sur le maître.

En dehors de celà, dans les chaines "courantes", hors cable ou satellite, ce fut, hélàs, le silence complêt, hormis un douteux téléfilm où Sacha Guitry – évidemment collaborateur – était interpreté par Jean-Claude Dreyfus qui faisait, comme d'habitude, assaut du cabotinage dont il a le secrêt. Mais DE Sacha Guitry cinéaste, rien ! La diffusion en direct de "Faison un Rêve", avec un Pierre Arditi très en verve, était tout de même une aubaine, il faut le souligner.

Pour les Parisiens – "Etre de Paris, ce n'est pas y naître, c'est d'y renaître. On ne devient pas Parisien, on le mérite ! ". C'est tiré des "Mémoires d'un Tricheur", de… devinez ! – on peut indiquer la (très) bonne exposition que lui consacre la Cinémathèque jusqu'en Février (je n'ai plus la date en tête). Je crois que l'ensemble de son cinéma y est également proposé, y compris ce qui est invisible depuis soixante ans.

Coté lecture, j'avais signalé le très bon livre de Noël Simsolo, édité en 1987 par Les Cahiers du Cinéma, les mêmes qui massaraient ses films, ce qui ne manquait pas de sel, avant que François Truffaut ne fut touché par la grâce et ne prenne ouvertement la défence du CINEASTE Guitry, alors même que la rédaction, sidérée, en avait les bras ballants ! Cet ouvrage de Noël Simsolo vient d'être réédité sous la même forme. Mais j'ignore s'il est strictement le même ou s'il contient des ajouts. Les Editions "Omnibus" ont (re)éditié les textes de ses films, "La Poison", "La vie d'un honnête homme", le "Trésor de Cantenac", etc… et les oeuvres "historiques", les deux joyaux des années trente signalés par Impétueux, "Les perles de la couronne" et "Remontons les Champs-Elysées", évidemment "Si Versailles m'était conté", bien entendu "Napoléon" et "Paris" – on me pardonnera le racourcis -, mais aussi "La Malibran" et "Le destin fabuleux de Désirée Clary". Les uns et les autres des textes sont étoffés de textes annexes de présentation de Sacha lui-même. Bref, une mine d'or, pour qui veut le mieux découvrir. D'autres textes – relatifs, notamment à ses ennuis de la Libération, "Soixante jours de Prison", aux Editions de l'Elan -, sont repris par Omnibus.

Mon message va paraitre bien long, sans doute, et qui sait, peut-être semblera-t-il inutile si tous les les passionnés de Guitry que vous êtes, sont déjà informés. Mais en resterait-il que quelques uns sans ces informations, que ces lignes n'auraient pas été sans objet. Merci de les avoir lues.


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De Impétueux, le 15 décembre 2007 à 16:55
Note du film : 5/6

Et ce que vous ne dites pas, ami, c'est que – enfin ! – la quasi totalité de l'œuvre cinématographique de Guitry est désormais éditée ! Je viens de recevoir le gros coffret qui contient toutes les merveilles d'avant-guerre, Les perles de la Couronne, Remontons les Champs-Élysées, Faisons un rêve et tant d'autres !

Je poursuis ma découverte de l'intégrale de Twin Peaks et je me jette dans Guitry ! Que c'est beau, le cinéma !!!


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De Gaulhenrix, le 15 décembre 2007 à 18:35

En effet ! Guitry et Twin peaks deux mets savoureux, de sel et de sucre, à déguster lentement et voluptueusement, bouchée après bouchée…


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De droudrou, le 15 décembre 2007 à 22:11
Note du film : 4/6

Pour épicer les fêtes, on nous annonce un coffret Frétyl !… 27 DVD ! Il paraît que Daniel Craig a fait une véritable déprime à cette annonce… Il aurait d'abord fait des Bonds avant de tomber dans une apathie assez rarissime…


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De Sépia, le 15 décembre 2007 à 22:51
Note du film : 5/6

Il a d'ailleurs rejoint dans son asile, le rédacteur en chef de L'Almanach Vermot qui avait lu un recueil de vos jeux de mots, mon cher Droudrou…


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De nouvelle, le 15 décembre 2007 à 23:48

Un vrai grand film comme l\'on en fait plus! Tous les grands acteurs de l\'époque se sont réunis pour offrir aux cinéphiles et amateurs d\'histoire (d\'histoire et de belles histoires) les péripéties s\'étant déroulées à Versailles et ayant façonnées notre pays. Si Versailles m\'était conté, j\'aurais voulu que ce soit par la voix de Sacha Guitry qui, avec charisme comme dans Napoléon fait le narrateur idéal . A voir, ne serait-ce que pour la culture. A revoir, ne serait-ce que pour tout le reste …


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De Sépia, le 15 décembre 2007 à 23:57
Note du film : 5/6

Un trés grand film, oui. Une référence historique, non !

Sacha Guitry narre, de sa voix inimitable, l'Histoire de ce Château que le monde entier nous envie. Mais affirmer qu'un collège d'historiens y retrouverait ses petits me semblerait quelque peu osé. Il est notoire que le maître aimait à en rajouter et tant mieux pour le cinéma mais aussi en omettre et ce, au grand dam de L'HISTOIRE, vue à ce moment là, par le petit bout de la lorgnette. Mais Guitry était homme à chausser, par sa grâce, sa prestance, les jumelles de théatre, pas la longue vue du marin…L'immense artiste nous lit la gazette de Versailles. Il n'est pas Saint-Simon, et, sans hargne, il pisse de l'eau de rose sur ce qui deviendra un des plus beaux fleuron de notre Patrimoine.

Mais ne boudons pas notre pléthorique plaisir ! Versailles nous est conté par un immense acteur, un trés grand bonhomme, un Prince, le dernier gentlemen du cinéma. Enorme ! Mirifique !

Pas par un historien. Et peut-être tant mieux….Et surement tant mieux, d'ailleurs.


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De Impétueux, le 16 décembre 2007 à 10:48
Note du film : 5/6

Une petite nuance au message très juste de Sépia : si effectivement Guitry ne prétend pas à l\'exactitude historique (ce n\'est pas le genre à se poser des questions sur le nombre exact des paires de boutons sur l\'habit des Gardes françaises à Fontenoy ou sur l\'heure précise du déclenchement de telle attaque), s\'il mêle, en un gracieux désordre, des éléments disparates, s\'il est le maître des raccourcis et des ellipses, il atteint tout de même, grâce à son génie et à son profond amour de son pays une autre forme, plus haute et plus substantielle de vérité : l\'essence même de la réalité des événements et, finalement, le code mental de la France.

Si Versailles n\'est pas, et d\'assez loin, son meilleur film pseudo-historique (vous allez pouvoir découvrir, Nouvelle, Les perles de la Couronne ou Remontons les Champs-Elysées), aucun travail sévère n\'a mieux dit combien le palais était vraiment la quintessence de l\'identité française…

Et cela vaut bien deux ou trois petites libertés prises avec une date..


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De nouvelle, le 16 décembre 2007 à 18:10

Je crois que je suis bien partie pour manger toute crue la filmographie de Guitry , allez ce soir je me fait un petit Poison !


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De Sépia, le 16 décembre 2007 à 19:12
Note du film : 5/6

Manger toute crue la filmographie de Guitry

Mais vous confondez amie Nouvelle, nouvelle amie : La filmographie de Sacha Guitry, c'est pas un Mac do ! C'est un dîner chez Maxim's….Bruits feutrés, couverts d'argent, verres en cristal d'Arques, mets savoureux et vins fins. Parfums légers comme rires de femmes et hommes galants bien cravatés, charmants en oripeaux de leurs âges, ne lisant pas Montherlant, sottement romanesques, un peu gauches mais tellement Sympas, musique douce et propos intelligents en fond sonore…

Maintenant, vous pouvez déguster, savourer la filmographie du Maitre….Bon appétit, amie Nouvelle


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De Impétueux, le 16 décembre 2007 à 23:26
Note du film : 5/6

Sépia, Sépia ! Si vous saviez ce qu\'est devenu Maxim\'s, depuis que l\'ignoble Pierre Cardin a mis la main dessus !

Au début de cette prise de possession, c\'était devenu mauvais et c\'était resté cher (ce qui demeurait cohérent avec la politique merchandisiaque qui a fait le fond de commerce de l\'alors amant de Jeanne Moreau…)

Mais depuis dix ans, c\'est resté mauvais et c\'est devenu bon marché… Quelle bonne âme aura le courage d\'achever ce qui fut la scène de parade de Polaire, de Liane de Pougy, de Caroline Otéro (et des filets de sole Albert, du nom du directeur de salle qui en fut l\'inspirateur ?

Si notre Maître Guitry revenait, il n\'irait assurément pas dîner là !


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De Sépia, le 17 décembre 2007 à 01:12
Note du film : 5/6

Allons bon ! Les légendes meurent avec les génies, alors ?…
Décidement, je ne quitte plus assez souvent mon océan de vignes… Et mes rêves de midinette…

Et bien alors, ma chère Nouvelle, va pour un plateau télé ! Mais essayez, au moins, d'avoir du pain frais…


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De Arca1943, le 17 décembre 2007 à 01:44

C'est une bien triste info que vous nous passez là, Impétueux. Certes, je n'ai jamais eu les moyens pour fréquenter Maxim's du temps où c'était onéreux et bon, ni du temps où c'était onéreux et infect. Mais aujourd'hui que c'est bon marché et infect, je vous promets de ne pas y mettre les pieds !


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De azurlys, le 17 décembre 2007 à 15:51

Merci de l'info, mais en dépît de mes recherches, je n'ai trouvé qu'un seul coffret contenant des oeuvres méconnues (avec quelques uns dont j'ignorais l'existence, honte sur moi…) mais les oeuvres d'avant-guerre que vous indiquez, que nenni !

Pouvez-vous me dire – après examen – si ces films ont fait l'objet d'une restauration ? Je parle d'une restauration complète, les images stabilisées (sans le flottement de la bande-image à l'intérieur du cadre) les noirs et blancs ravivés au modelé généreux et la bande sonore décrassée, aigus et basses améliorés ?

Je possède en VHS, à la technique moins affinée que le DVD, la plupart de ces films que m'enregistrait un ami passionné, aujourd'hui disparu, à partir des chaines satellite, mais les oeuvres souffraient souvent d'images grisâtres, plates, aux contours impréçis, et à la bande-son lamentable. En revanche, jamais de rayures. Pourquoi ? Parce qu'on partait d'un contretype correct du négatif pour tirer une copie de diffusion, sans restaurer le négatif lui-même. "Le Comédien", par exemple, est truffé d'images de densité différentes qui varient d'un plan à l'autre, du blanc blafard à l'"image-tunnel", et contraignent à corriger les réglages du télévisieur sans jamais avoir satisfaction. On me dira que c'est véniel, et que voir du Guitry sur DVD est une aubaine suffisante. Peut-être. Mais j'ai pour ma part un avis plus nuancé, et les trois films historiques de la dernière partie de la vie du maître, "Versailles", "Napoléon" et "Paris", sur DVD R.Château, s'ils sont présentés "avec son et images d'origine", bénéficient de copies excellentes qui ne trahissent en rien la qualité technique, son, images, couleurs Eastman – hormis "Paris", un peu plus faible sans doute. Merci de me tenir informé, si celà vous est possible. Au fait, y trouve-t-on des "bonus" séduisants ?


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De Impétueux, le 17 décembre 2007 à 16:28
Note du film : 5/6

Ami Azurlys, vivriez-vous à Comodoro-Rivadavia (République argentine) ou à Bobo-Dioulasso (Burkina-Faso) ou, plus simplement à Raddon-et-Chappendu (Haute-Saône) ??

Trois coffrets Guitry viennent de sortir et, en dernier lieu, celui intitulé L\'âge d\'or avec – excusez du peu ! – Faisons un rêve, Mon père avait raison, Le roman d'un tricheur, Quadrille ; Désiré, Le mot de Cambronne, Remontons les Champs-Elysées, Les perles de la couronne

Je viens de me l\'offrir et – gamin comme pas deux et doux avec moi-même autant que je puis être dur avec les autres – j\'ai fourré le Trésor dans un beau paquet-cadeau orné d\'une faveur mordorée que j'ouvrirai avec des yeux émerveillés le soir de Noël.

Autant dire que je ne puis vous donner de précisions très techniques, d\'autant qu\'il faut que je finisse de visionner l\'intégrale de Twin Peaks.

Cela dit, il est bien mentionné : Films entièrement remastérisés


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De azurlys, le 18 décembre 2007 à 14:01

Merci des informations, soutenues par le ton ironico-grinçant dont vous avez le secrêt, toujours savoureux !

Bien entendu, merci de jeter un oeil sur les films en question pour me rassurer à propos de leur qualité technique ? A vrai dire, en venant au cyber, je suis entré chez un commerçant du Bd. St. Michel – je préçise pour les Parisiens – et j'y ai trouvé une pile des films de "l'Age d'Or", avec la liste que vous mentionnez. J'ai bien examiné le coffret qui indique, en effet, que l'ensemble a été "remasterisé". Mais vous n'ignorez pas que cette mention, en dehors d'être un néologisme vasouillard, est générique et ses contours techniques sont fort impréçis et imprévisibles. Je me souviens des "remasterisations" chez "Bac", qui débouchent sur des résultats désolants ("Becky Sharp", de R.Mamoulian (1934/35) premier Téchnicolor trichrome, pour ne citer que celui-là). D'où ma question – em… peut-être, pardon ! – et qui sollicite vos lumières.

Vous mentionnez TROIS coffrets. Hormis "L'Age d'Or" (Faisons un Rêve, Quadrille, Remontons… et Les Perles…, etc…) dont il est question ci-dessus, et celui que j'indiquais dans mon message précédent, avec des films méconnus, ou muets – dont plusieurs m'étaient inconnus -, de quoi est fait le troisième coffret, et que contient-il ?

Enfin, quelques indications sur les bonus possibles, serait une précieuse indication. Merci pour tout.


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De Impétueux, le 18 décembre 2007 à 14:41
Note du film : 5/6

Le coffret que vous connaissez est celui, il me semble, qui contient notamment De Jeanne d\'Arc à Philippe Pétain et Ceux de chez nous ; outre celui qui est appelé \'\'L\'âge d\'or\'\', il y a un troisième coffret qui comprend : Ils étaient neuf célibataires, Donne-moi tes yeux et Toâ…. Il restera tout de même à éditer Tu m'as sauvé la vie et surtout La Poison et quelques autres œuvres de moindre importance.

Je vous promets de vous donner dès que possible des indications sur les suppléments qui, dans le coffret que j\'ai acquis sont, je crois substantiels (voyez en la liste sur le site DVDrama) ; quant à la qualité des images, dites \'\'remastérisées haute définition\'\', j\'essayerai de vous faire un rapport objectif ; mais je ne suis pas certain d\'être le meilleur des critiques en ce sens…


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De azurlys, le 21 décembre 2007 à 17:02

Merci de l'information ! Je vais en faire mon profit. A bientot. (clavier british…)


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De Sacha, le 26 décembre 2007 à 12:31

Bonjour Quelqu'un a-t-il acheté le récent coffret avec les deux DVD du film Si Versailles m'était conté (S. Guitry) ? Qu'en est-il de la qualité du DVD ? Merci à vous.


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De Impétueux, le 26 décembre 2007 à 12:58
Note du film : 5/6

Etes-vous bien certain que le coffret dont vous parlez soit récent ? Je n\'ai vu nulle mention d\'un nouvel arrivage… et je suppose donc que le roublard René Château, profitant de tout le tintouin justifié actuel autour de Sacha Guitry a simplement remis sur le marché ses anciennes éditions, au demeurant convenables techniquement, malgré l\'absence de tout supplément…


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De Sacha, le 29 décembre 2007 à 17:41

Bonsoir Je pensais qu'il s'agissait d'une nouvelle édition en lisant une critique (plutôt négative) sur le site de la FNAC :

http://www4.fnac.com/Shelf/article.aspx?PRID=1525313 &OrderInSession=0&Mn=1&SID=491f1793-e55b-7965-777a- 9a1e11c44208&TTL=301220071739&Origin=fnac_google_home&Ra=- 3&To=0&Nu=1&UID=0BD002725-0692-14C9-57B1-489BE24BF686&Fr=0

Merci pour votre réponse. Bien cordialement,


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De azurlys, le 4 janvier 2008 à 15:15

En trois mots, Impétueux brosse l\'affaire : le coffret de Si Versailles m'était conté contient deux DVD d\'excellente qualité, netteté, couleurs (Eastmancolor, impeccable) qualité sonore très satisfaisante. Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais tout laisse à penser que la version proposée pour le cinquantenaire de la disparition du Maître – et accessoirement à l\'occasion de la fièvre acheteuse de la période des Fêtes – est la même, mais un miracle est possible. Si oui après vérification, précipitez-vous, la sagesse populaire affirme qu\'ils n\'ont lieu qu\'une fois… Cependant, ne rêvons pas trop. Au reste, chez René Château, les films en deux DVD sous coffret sont présentés de telle sorte que la quatre de couverture, comme on dit d\'un livre, ou si vous préférez, le dos de l\'étui, n\'est pas apparent(e). Les deux DVD, si l\'on peut dire, se tournent le dos (fâchés ?). Mais toute possibilité d\'être informé d\'un ajout de bonus et de l\'apparition miraculeuse d\'un chapitrage qui nous serait bien utile, devient impossible. C\'est également vrai pour Napoléon (1955), et aussi – hélas – pour la version de 1942 du Comte de Monte Cristo, de Robert Vernay, avec Pierre Richard-Willm. Mais ceci est une autre histoire.

J\'ai l\'impression que si ces éléments complémentaires avaient été ajoutés aux éditions antérieures de Versailles la pub, et les emballages cartonnés de René Château en auraient fait mention. Je crains qu\'il s\'agisse du même coffret.

Et pourtant, si on cherchait sur les fonds d\'étagères, dans les rebuts du labo chargé du développement et du tirage des copies, on trouverait peut-être des trésors. Guitry, qui le rappelle dans Et Versailles vous sera conté (Raoul Solar à l\'origine, mais repris – avec le texte film – chez Omnibus) fut contraint de couper le film pour des raisons d\'exploitation. Si j\'ai bonne mémoire (tiens, un titre du Maître… mais que l\'on se rassure, la comparaison s\'arrête là !) le montage terminé aboutissait à trois heures et cinq minutes. Or, les exigences des exploitants auraient été, si j\'ai bien compris, inflexibles. Le films fut ramené à deux heures cinquante pour permettre d\'y caser un entracte. Au reste une manière d\'indication nous en est fournie. La seconde partie à son début, qui aurait gagné à un carton de présentation sur fond de marbre, se limite à une main anonyme qui écrit au fusain, en lettre bâton, la seule mention Scènes de la vie de Louis XV. IL est vrai que Guitry avait usé du même principe avec le Roman d'un tricheur. Versailles supposait un second et court générique qui se fût marié aisément avec la pompe versaillaise, et sans être pompeux. Et là… Faut-il y voir une ultime remise en place après l\'amputation de scènes que nul spectateur n\'aura jamais vues ? C\'est possible.

Mais cela ouvre sur des plans tournés, développés, tirés et montés, et brusquement écartés en dernier ressort. Ces plans existent bien… Sous quelle couche de poussière de cachent-ils ? Dans quelle boîte métallique rouillée sont-ils précieusement conservés ? Quels doigts crochus d\'un collectionneur ou d\'un autre les arrachent-ils encore à notre passion ? En bref, qui faudrait-il torturer pour le savoir ? Forte question, sans doute (enfin, je crois), mais sans réponse.

Et pourtant, je sais que des essais avaient été fait, puis tournés, avec Martine Carol, super star de l\'époque – dont la gloire à son faîte ne dépassa pas huit ou neuf ans – et qui devait faire une apparition dans Versailles, sous les traits de la Duchesse de Bouillon, lointaine descendante, sans doute, du mieux connu Godefroy. La presse s\'en était fait l\'écho à l\'époque, mais des éléments redécouverts depuis semblent indiquer que Sacha Guitry écarta la chère Martine, pourtant jolie, charmante, piquante, un brin parigote, comme on disait alors, par ce qu\'il l\'a trouvait trop ordinaire ! Faut-il lire – et entendre – trop vulgaire pour ce qu\'il entendait célébrer dans son film à la gloire de la France ? Dans ses texte annexes, il disait avoir voulu cueillir des fleurs pour en couvrir la France. Martine Carol était pourtant une bien jolie fleur elle-même. Mais cela ne colla pas avec le Maître. Elle tira mieux son épingle du jeu l\'année suivante avec Madame du Barry, charmant bonbon acidulé, un presque vaudeville à la cour de Louis XV, aidé par les dialogues vachards d\'Henri Jeanson. Soit dit en passant, Madame du Barry, ne figure pas – et n\'était pas prévue, je crois – dans le Versailles, qui nous passionne ! Curieux prolongement… le hasard, si c\'est le hasard, fait si bien les choses…

Et restent encore les scènes coupées – et montées -, celle de Martine Carol ayant été écartées. Doit-on compter sur René Château ? A vrai dire, j\'en doute. Que l\'on me permette un insert sur Madame du Barry. Il est diffusé par René Château avec un très bonne copie – quoiqu\'un peu flottante dans le cadre, par moment – et un peu de bonus, mais peu, et de peu d\'intérêt. Mais il est chapitré.

Puisque l\'on parle cuisine de cinéma, Impétueux a-t-il jeté un coup d\'œil sur les DVD Sacha Guitry pour avoir une information plus juste de la remasterisation ? Les images sont-elles, bonnes, contrastes moelleux, images stables dans le cadre et son (affreux sur les diffusions TV) convenablement restauré, avec aigus et basses ?

Je n\'avance pas plus loin car je sens que je vais devenir envahissant. Bonne Année à tous, et à bientôt.


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De Impétueux, le 4 janvier 2008 à 18:33
Note du film : 5/6

Envahissant ? Que nenni ! Tout ce qui est complet et passionné n\'est jamais envahissant ! Et à tout le moins, cela m\'a permis de découvrir la malencontreuse amputation de Versailles et la raison de la troublante absence au générique de Martine Carol, alors étoile de grande magnitude au firmament du cinéma français ! Grâces donc vous soient rendues de votre passionnante érudition !

Et pour répondre à votre question sur le coffret de L\'âge d\'or, je suis fort gêné : d\'abord parce que, ainsi que je l\'ai dit, je me suis créé une délicieuse overdose télévisuelle en absorbant tout Twin Peaks et qu\'il me faut reprendre souffle (j\'ai détendu un peu les muscles en regardant Casino Royale, La mariée était en noir et en revoyant La femme infidèle) ; puis parce que je ne peux gager que les huit films du coffret seront tous de la même qualité technique ; enfin parce que je ne suis pas là-dessus un bien fort intégriste : que l\'image ne soit pas tremblée et que le son soit audible me suffit…

Mais c\'est promis, je ferai un effort ! Sépia qui a aussi reçu le coffret vous en dira peut-être plus vite et davantage !


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De azurlys, le 7 janvier 2008 à 14:46

Je conçois volontiers ce que mes questions sur la rondeur et le modelé des contrastes peuvent avoir d'agaçant. Mais on ne dira jamais assez ce que la mention de remasterisation peut avoir d'impréçis. Quand je pense que j'attendais avec impatience l'édition des "Trois Mousquetaires" de Georges Sidney (1948) en DVD, pour bénéficier de l'éclat et du confort de sa technique mise au service du superbe Technicolor de l'époque, ma déconvenue fut grande devant ce laborieux travail de tâcherons qui ont cru devoir le passer au laminoir de leur inculture, au point de supprimer les contrastes et l'éclat des coloris, qui avaient été pensés comme l'eût fait un peintre, dans une bouillie sans relief, contrastes aplatis et couleurs d'origines perdues dans des limbes brumeuses et métalisées. Proposer au client (je parle du producteur, évidemment) cette déconfiture a quelque chose de tellement consternant que l'on pense à une sorte de contre sens commercial, finalement incompréhensible.

D'où mes inquiétudes sur le cas "Guitry", avec des inédits en DVD, mais dont les bandes professionnelles Bétécam étaient elles-mêmes très insuffisantes, sans netteté, avec le visage des comédiens, pour certains, impossibles à distinguer du fond blanchâtre du décor. Je m'en suis encore rendu compte en revoyant avant hier – en VHS – "Le Comédien". Les plans y varient tellement, de lumière blafarde, à d'autres, qui flottent dans l'obscurité, que le simple report sur DVD ne justifie peut-être pas l'achat. D'où mes inquiétudes. Mais, que l'on se rassure, je ne fais pas d'insomnies pour celà.

J'ai profité de ma dernière intervention pour terminer la(re)lecture du texte de "Si Versailles…" édité chez Omnibus. J'ai pu y constater deux scènes prévues avec Martine Carol, sous la défroque de la Duchesse de Bouillon, l'une avec La Voisin (inénarrable et excellente Pauline Carton, alors que la Voisin était décrite comme une fort jolie femme…) l'autre avec le roi, étrangement silencieux, ou la duchesse en question, interrogée par Colbert (Jacques Varennes) semblait ne pas percevoir la gravité d'avoir commercé avec cette faiseuse d'anges, doublée d'une empoisonneuse. Quelques essais seulement auraient été fait avec la piquante Martine chérie, sans plus, puis mis au rebut en raison des griefs que le Maître semblait éprouver envers la comédienne.

En dehors des scènes coupées en dernière minutes devant la positions des exploitants, il restait des trésors sur le tournage, sur son illustre auteur, et il existe encore un certain nombre de comédiens parmis nous, qui n'auraient peut-être pas refusé d'apporter leur témoignage. Mais les films édités et diffusés par René Château n'ont pas toujours droits à ces ajouts. Un miracle, un jour, peut-être…

Je reviendrai à "Si Versailles…" un peu plus tard, si l'on veut bien.


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De Impétueux, le 7 janvier 2008 à 18:33
Note du film : 5/6

Vos questions ne sont nullement agaçantes, ami…mais je ne me crois pas très qualifié pour vous donner une réponse susceptible de vous satisfaire pleinement, c\'est tout !

Continuez de nous régaler de votre vraie connaissance du sujet ! (de celui-ci et de plein d\'autres sûrement).

Je note avec amusement que nous avions bavardé de L\'affaire des poisons sur le fil du film éponyme ; et que nous étions convenus que la belle Viviane Romance était une parfaite interprète de La Voisin, beaucoup plus conforme que la par ailleurs excellente Pauline Carton !


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De azurlys, le 8 janvier 2008 à 14:10

Merci du message ! Pour les DVD-Guitry, attendons d'autres informations.

La remarque faite sur Pauline Carton, que je crois avoir vue en costumes d'époque – et quelle époque, le Grand Siècle ! – qu'une seule fois, dans le "Si Versailles m'était conté" du grand Sacha Guitry, vaut aussi pour l'un des personnages de l'Affaire du Collier, qui se superpose à la période Louis XVI, puisque telle était la méthode de l'auteur, traiter l'anecdote en surface pour mieux faire ressortir, en creux, les bouleversements qui s'annonçaient et que la cour et les souverains eux-mêmes semblaient vouloir ignorer. Tout le monde s'accorde a dire que la comtesse de La Motte, jouée dans "Versailles…" par la sautillante et délicieuse Gaby Morlay, était d'une redoutable séduction. Etre une aventurière de haut-vol – c'est le cas de le dire – ne peut s'envisager qu'ainsi. Et le choix de l'interprète par l'auteur pour jouer ce personnage, reste une énigme. Cela dit, Gaby Morlay avait assez de finesse et d'humour pour échapper à l'achoppement.

Dommage aussi que Sacha Guitry n'ait pas cru, ne fut-ce que par fines allusions, suggérer les arrières-plans troubles de cette affaire "du collier" – un complôt, en fait – et qui ne devrait pas être mentionné "de la Reine", puisque celle-ci ne l'a jamais possédé, et qu'il avait été conçu initialement pour la Du Barry, virée par Choiseul à la mort de louis XV et reléguée pour un ou deux ans à… Pont-aux-Dames, dans un petit château – façon "maison de maître", comme disent les agents immobiliers – qui existe toujours et borde la route. A coté, et dans le fond de la propriété, se trouvent les bâtiments de la… Maison de Retraite des Vieux Comédiens ! La Cour, avec l'étiquette rigide de Louis XIV, assouplie par Louis XV, mais toujours présente et pressante, pouvait faire penser à un vaste théâtre. En évoquant Pont-aux-Dame, on a le sentiment de ne pas sortir du sujet… Les âmes pieuses ont cru, et croient encore, que l'exil de Mme Du Barry à Pont-au-Dame relevait d'une disposition morale. Morale… au XVIIIème siècle ! Allons donc ! On était loin de l'amour courtois du XIIème !! Simplement, la favorite ayant partagé la couche du Roi, il convenait qu'elle demeurât silencieuse si, d'aventure, des informations relevant de la diplomatie française étaient venues à ses oreilles – on emprunte le chemin que l'on peut -, dans l'exquis du plaisir, comme le dit joliment Jeanson. ("Madame du Barry", 1954)

Par la suite, les deux joaillers, Böhmer et Bassange, embarqués dans cette folie ruineuse, n'ont jamais pu caser le collier, ni à Marie-Antoinette (Nous avons plus besoin d'un vaisseau que d'un collier, a-t-elle dit, ou du moins, l'Histoire a cru devoir retenir son refus sous cette forme), ni en sollicitant son royal époux, ni même le Comte d'Artois, appelé à la même tâche, et le collier leur est resté sur les bras, si l'on dire. Ajoutons que cette pièce de joaillerie exceptionnelle, était lourde, inélégante et la Reine l'avait comparée à la décoration d'un cheval de corbillard ! Celà semblait annoncer la ruine des joaillers, qui se confirma, tout comme celle de la monarchie ! A titre d'information, je crois qu'il en existe deux copies, une à Versailles, réalisée en cristal de roche dans les années vingt, et une autre au château de Breteuil, puisque l'actuel Marquis de Breteuil est le descendant direct de celui qui avait la charge du château de Versailles, et à qui Louis XVI le recommanda quand la famille royale quitta définitivement le palais, en octobre 89, pour n'y jamais revenir.

Cette parenthèse – imposante – refermée, la Comtesse de La Motte était jouée par Viviane Romance, dont le coté canaille et la gouaille s'accommodait si bien d'un physique fort séduisant et qui a fait d'elle une des plus garces du cinéma français, dans "L'Affaire du Collier de la Reine", de Marcel l'Herbier, en 1947. Elle était aussi, à nouveau, beaucoup plus proche du modèle. Mais Gaby Morlay n'était pas en reste de finesse !


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De azurlys, le 18 février 2008 à 14:19

J'ai vainement recherché ce jour un message antérieur sur le forum pour m'y référer, et qui faisait état d'un CD comprenant différentes musiques de film, et notamment "Scaramouche" (de1952), musique de Victor Young, "Capitaine Blood"(année ?), de Korngold, "Les Trois mousquetaires" (1935) musique de Max Steiner, et une ou deux autres.

Je souligne à toutes fins utiles, qu'il existe un enregistrement de la musique de Jean Françaix pour "Si Versailles m'était conté" à partir d'un enregistrement des années cinquante, mono, et vinyl, évidemment. La bande d'origine, convenablement restaurée, est supérieure à la qualité du 33trs, que je possède toujours. Ce disque comporte aussi, ce qui n'est pas rien, les deux suites de "Mermoz", d'Arthur Honneger, extraites d'un film tourné pendant l'Occupation, je crois, et un peu oublié. De fait, les deux suites sont encore jouées et en sont le seul souvenir. On y trouve également une charmante musique d'Henri Sauguet pour "Clochemerle" de Pierre Chenal (I948) et la suite symphonique des "Visiteurs du Soir", de Marcel Carné (1942), écrite par Maurice Thiriet, avec des ajouts de Joseph Kosma. Celui-ci, on le sait, devait travailler dans la clandestinité, et l'on présente la musique du film comme une oeuvre commune, avec M. Thiriet. Mais plus vraisemblablement, il semble que Kosma ne fut chargé que des trois ou quatre chansons ("Démons et Merveilles", "Le Tendre et dangereux visage de l'Amour", les plus connues), qui figurent aussi dans la partition.

Pour "Versailles", de J.Français, et "Les Visiteurs", de Thiriet, il s'agit de suites réorchestrées et réaménagées ultérieurement, la notion de bande originale étant plus récente. Pour Jean Français, celà nous prive de quelques thèmes que l'on rencontre dans le film de S.Guitry, comme le Bal en Noir et Blanc (époque Louis XV) et la scène de séparation, à coté du Temple de l'Amour, entre Marie-Antoinette et Axel de Fersen (Lana Marconi et Jean-Claude Pascal). Les deux thèmes musicaux y sont de grande séduction, mais n'ont pas été retenus par le compositeur. Jean Français a émaillées par ailleurs d'un titre différents les séquences musicales séparées, à partir de quelques références versaillaises, "Naissance du Château", "La Cour de Marbre", l'Allée des Marmousets", "Le Hameau", etc…

Je donne plus bas les références de ce disque, un peu difficile à trouver desormais puisque retiré du catalogue EMI (il n'y est resté que deux ans, au plus!), mais avec de la patience on peut se le procurer. Voici les coordonnées, et la caverne d'Ali Baba qui vous aideraient, si la chose vous tente :

Honneger "Mermoz", Français "Si Versailles m'était conté", Sauguet "Clochemerle", Thiriet "Les Visiteurs du Soir" : EMI Classics, CMD 7 64688 2

On peut le demander à CINE MUSIQUE, 5O, rue de l'Arbre Sec, 75001 PARIS

                     Tél. : 01 42 6O 30 30

Publicité strictement désintéressée, mais on y trouve une quantité impressionnante de musiques de films, récents ou anciens, des remasterisations depuis des vinyls, et surtout la possibilité de faire venir des disques de l'étranger sur demande, ou de province – ce fut le cas pour le mien. On y trouve les musiques de Miklos Rosza, de Korngold, de Max Steiner, de Frank Waxman,(et tout ce qui est récent, évidemment, mais celà est vrai aussi ailleurs), parfois des comédies musicales – Henry Warren, Georges Gershwing, Irvin Berlin, Cole Porter, sous réserve qu'elles appartiennent aussi au cinéma. J'ai pu m'y procurer, il y un an et demi, une remasterisation de la musique de (peut-être d'Alfred Newman, mais je n'ai pas le disque sous les yeux et j'ai des doutes) de "Capitaine de Castille", d'Henry King,(1947/48), métamorphosée, avec une qualité d'écoute excellente et, si j'ose, dire en "presque" stérophonie ! Pour une bande originale de cette époque, c'est un exploit. Si la musique de film vous intéresse, en dehors des tubes d'aujourd'hui qui font l'objet d'une promo agressive au titre des "droits dérivés" et que l'on trouve partout, c'est vers cine-musique qu'il faut glaner (pub gracieuse, je repète).


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De urspoller, le 18 février 2008 à 18:19

Mon cher azurlys, je vous remercie de vos épanchements sur l'oeuvre de Sacha Guitry pour éveiller chez des béjaunes, tel que votre serviteur, des velléités réelles de connaître plus en profondeur cette filmographique hétérogène et, ma foi, assez alléchante. Comme de bien entendu, mes préférences iront toujours vers Alfred Hitchcock, Fritz Lang, John Ford, Jean Renoir ou encore Joseph L. Mankiewicz. Mais, peut-être découvrirai-je un cinéaste au talent égal à ses coreligionnaires précédemment cités.


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De azurlys, le 19 février 2008 à 13:49

Pour Urspoller (!) : Merci de la réponse et rassurez-vous sur mes goûts, ils ne sont pas limités à Sacha Guitry, mais comme nous sommes dans le secteur concerné, je m'en suis tenu à la musique du film sur "Versailles", pour lequel je partage sur bien des points l'opinion d'Impétueux. C'est un film moins réussi que les œuvres de ton semblable d'avant-guerre, mais qui porte en lui (je cite) le "code mental" français (dixit Impétueux), formule insolite mais très juste. J'y ai ajouté, au fil des jours et des sursauts de mémoire, les impressions qui étaient les miennes, d'autant qu'elles étaient étoffées par les souvenirs des critiques sévères, parfois ignobles (Simone Dubreuil, notamment, de "Libération", celui de l'immédiate après-guerre, fondé par Emmanuel d'Astier, sans rapport avec le canard d'aujourd'hui). Les vacheries et les insultes dont il faisait l'objet nous étaient, sur tous les tons, assénées "ad nauseum", alors que le public lui était resté fidèle. A la sortie de ce film, en Février 1954, une coterie d'historiens s'était même réunie pour jeter l'opprobre sur les erreurs historiques qui lui étaient reprochées, sans prendre en compte le droits de l' artiste, et surtout sans voir que derrière une construction un peu fouilli – peut-être même un peu bâclée, par instants – s'y trouvaient aussi des réserves d'idées et de trouvailles qui (je cite de mémoire) "…finissent par être plus éloquentes qu'un seul exposé de nos universitaires." (Noël Simsolo, éditions des Cahiers du Cinéma, réimprimé à l'occasion du cinquantenaire de la mort de Guitry). Il ajoutait aussi, en 87, lors de la première édition, "si l'on n'aime pas "Si Versailles m'était conté", c'est que l'on se trompe sur tous les autres films (de l'auteur)". Je renvoie les spectateurs intéressés vers cette courte et passionnante étude.

On peut ajouter deux choses assez drôles sur S.Guitry. Pendant le tournage de Napoléon, Guitry fut contraint d'adjoindre bien malgré lui des scènes de batailles pour lesquelles il ne se sentait pas très attiré. Le tournage avait lieu sur le plateau de Caussole, au Nord de Grasse (là où Fanfan – G.Philippe – courrait après Adeline en 51, et d'où s'élevèrent plus tard les planeurs de "La Grande Vadrouille", lors de la scène finale). Sacha Guitry, déjà malade, ne pouvait pas monter en altitude sur le plateau, et dirigeait de la plaine par un système-radio aménagé pour les besoins de la cause. Entre deux prises un journaliste lui alors demandé avec finesse "Y aura-t-il autant d'erreurs historiques que dans Versailles ?". Guitry répondit alors :"Je n'en sais encore rien, mais une chose m'inquiète. C'est que les hussards qui se trouvent au dix huitième rang portent des uniformes sur lesquels les boutons de vareuse sont marqués SNCF…". L'esprit, là encore, était au rendez-vous !

Mais je reprends brièvement votre liste, et vous rassure. J'ai une tendresse infinie pour Hitchcock, longtemps considéré comme un aimable et habile réalisateur, mais dont la maturation – un peu comme le Gevrey-Chambertin – améliore encore les parfums et les saveurs, a apporté la certitude que l'on était face à un grand maître. Les allusions, les signes psychanalytiques, le clin d'œil du "Mac Muffin" auquel il tenait beaucoup, ne permettent plus la confusion avec un quelconque praticien du cinéma. Fritz Lang… je suis plus réservé, et je comprends mal l'extase devant des films qui me semblent parfois un peu surestimés, mais je ne m'entends pas ici développer, faute, peut-être, de compétences – pour autant que j'en possède ailleurs -, mais aussi parce qu'on est dans le tiroir "Guitry", et qu'il eût été navrant que je reçusse quelque anathème du Webmaster, pour avoir emprunté des chemins de traverse. Mes excuses lui sont dores et déjà acquises ! Renoir (et j'en termine là), pour des raisons que je suis incapable d'expliquer, me fatigue un peu en noir et blanc – mais évidemment l'absence de couleurs n'y est pour rien -, et me fascine en couleurs. J'aime beaucoup "French-Cancan", et suis passionné par "Le Carrosse d'Or". De plus j'ai redécouvert récemment, lors d'une nouvelle sortie en salles "Le fleuve", magnifique méditation sur la fin d'un monde, dont l'effondrement se dissout et meurt dans la langueur du fleuve. "Le Fleuve" existe en DVD depuis peu.

Mes excuses pour ce développement, agrémenté un imparfait du subjonctif clin d'œil, qui fait (volontairement) m'as-tu-vu, et vous rassurer sur mes goûts hors Guitry, qui, finalement, croisent un peu les vôtres.

P.S. à mon message sur la musique de "Si Versailles m'était conté", j'ai cru possible d'y glisser les coordonnées d'un commerçant spécialisé dans la musique de film, à Paris.

Réflexion faite, je me demande si la déontologie de DVDTOILE pouvait s'en accommoder. Ma démarche était de pure information, mais elle pouvait heurter le(s) Responsable(s).

Je vous laisse donc la décision de supprimer cette mention, pour n'en retenir que les coordonnées du disque. Je m'incline à l'avance devant les choix qui seront faits.


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De Clint Eastwood, le 19 février 2008 à 16:06
Note du film : 0/6

Un film quasi documentaire sur l'histoire du château de Versailles, éducatif certes, mais très peu réaliste, et encore moins artistique selon moi, tellement la lourdeur et le côté consensuel de Sacha Guitry immergent le film. Le casting est hétérogène, mais les choix sont discutables. La musique est pompeuse et vous suit tout au long de ces trois heures interminables. Et plus on avance plus c'est chiant .


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De urspoller, le 19 février 2008 à 18:21

Azurlys, ne vous excusez d'être passionné !

Lorsque le sus-nommé ClintEastwood évoque la lourdeur des œuvres de Guitry, je pense plutôt que les substantifs appropriés seraient infatuation ou fatuité. Ceci n'engage que moi et découle de la vision de deux ou trois métrages de votre cinéaste préféré. Peut-être, que le fossé générationnel (je vis le jour 20 ans après la sortie de son ultime film) explique un tant soit peu cette distance voire cette réticence envers le cinéma de Guitry. Néanmoins, il appert que les propos acides, impertinents et provocateurs, par le truchement d'un style souvent (pour autant que mes maigres connaissances du sujet m'autorisent à utiliser ce terme) apprêté, affecté et compassé, du-dit réalisateur tranchent avec les films peu hardis de l'époque. Mais, pour en parler davantage, il faudrait que j'eusse visionné beaucoup plus de métrages du grand Sacha.

Azurlys, je vous sais gré d'éployer de tels efforts de mémoire, de rédaction et de documentation pour honorer ce cinéaste qui ne laisse personne indifférent. En outre, la parution récente d'un coffret contenant un essaim d'œuvres représentatives de son auteur va permettre de faire connaître au plus grand nombre (je m'inclus évidemment dans cette cohorte de béjaunes) ce réalisateur insigne.


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De Impétueux, le 19 février 2008 à 22:59
Note du film : 5/6

Tant que Guitry n'aura comme ennemi que des paralysés du bulbe comme ClintEastwood, nous n'aurons rien à craindre : l'œuvre fascinante du maître de l'avenue Elysée Reclus demeurera, exceptionnelle et magnifique !

Ce qui ne signifie pas que les goûts d'Urspoller soient parcellaires : si j'ignore Hitchcock (mais suis tout prêt à m'y laisser prendre), si je n'ai rien contre John Ford (bien que les histoires de vachers me semblent assez loin de la civilisation de la vieille Europe), son goût pour le grand Renoir m'en rend sympathique les paris-pris…!


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De urspoller, le 20 février 2008 à 12:48

Impétueux, vous êtes trop indulgent à mon endroit, car mes lacunes cinématographiques sont criantes, notamment en ce qui concerne tout un pan du septième art hexagonal et leurs dignes représentants : Marcel L'Herbier, René Clair, Jean Cocteau, Julien Duvivier, Jean Grémillon, Abel Gance ou encore les Allégret… Tous ces cinéastes loués ici ou là et qui ne sont que des noms, des ectoplasmes, des lémures, bref des quasi-inconnus pour le nicodème que je suis.

Je ne m'explique, en fait, pas cette préférence que je donne aux réalisateurs d'outre-atlantique couvrant cette époque dorée que d'aucuns nomment l'âge d'or du cinéma hollywoodien. Pourtant, je ne saurais dire combien j'estime des œuvres comme Les Disparus de Saint-Agil ou L'Assassinat du Père Noel de Christian-Jaque, La Grande illusion de Jean Renoir, Quai des brumes ou l' Hôtel du Nord de Marcel Carné, la quasi-totalité des métrages de Marcel Pagnol.

Je crois que cela doit faire partie du personnage que je qualifierai pour bien le connaître d'amphigourique avec une certaine propension à l'irascibilité et qui ne dédaigne pas les joutes verbales comme vous avez pu vous en apercevoir à vos dépends. Enfin, je n'ai jamais affirmé être parfait !


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De azurlys, le 20 février 2008 à 14:43

Je prends, au vol, l'opinion d'une star hollywoodienne pour y ajouter quelques précisions.

Passons sur la dernière phrase, expéditive, et qui a eu le bon goût de procéder par allusion…

On peut détester et "Versailles" et Guitry. Chacun voit midi à sa porte et si les opinions de chacun peuvent ne pas être partagées, on a le droit de les exprimer. Cependant, plusieurs choses gagneraient à être corrigées et clarifiées. Vous parlez d'un film "quasi documentaire" (sic). Je crois que Guitry et son cinéma sont à l'opposé du « documentaire » (Sauf « Ceux de chez Nous »). Son film est tout, sauf cela. Ou alors on se trompe sur le(s) mot(s). Educatif ? Fichtre ! quand on pense que les historiens réunis en conclave à la sortie du film y comptaient scrupuleusement l'alignement des "erreurs"! Très peu réaliste, rien à dire, c'est exact, mais du coup cela ruine l'association que vous en faites dans les éléments précédents où voyez un (je cite) "quasi documentaire (…)éducatif, certes" (sic).

Qu'entendez-vous par "la lourdeur et le coté consensuel(?) de Sacha Guitry" ? Par ailleurs, le choix des comédiens est certes curieux par moment, mais si l'on comprend que l'auteur y créait son univers personnel, les choses deviennent, sur ce point, moins étonnantes. On avait souligné ici les distorsions apparentes pour quelques personnages (Pauline Carton-La Voisin, Gaby Morlay-Comtesse de La Motte), nous en sommes tous d'accord.

Manifestement, vous n'aimez pas, c'est votre droit, et il n'y a rien à dire là dessus. En se qui me concerne, je vous prie de m'excuser d'en avoir dit beaucoup plus !


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De azurlys, le 1er mars 2008 à 15:08

A propos de propos échangés dernièrement avec "urspoller", je le remercie de l'intérêt qu'il a bien voulu prendre à ma prose – que j'aimerais plus ramassée et plus éliptique – mais qui viens "comme ça", au fil de la plume (webienne), et je crains avoir oublié de parler, ne fut-ce qu'en deux mots, puisqu'hors sujet, de Mankiewicks, pour lequel je nourris une admiration très vive, au moins sur quelques films, "L'aventure de Meme Muir", "L'affaire Cicéron" et le fabuleux "Eve", tous d'une extraordinaire intelligence doublée d'une ironie mordante, ou tendre (Meme Muir). Mais le lieu ne s'y prète guère et les vagabondages hors sujets sont à éviter ici. Je souhaitais simplement souligner ma passion imprégnée de nostalgie dès que j'aborde le cinéma américain de la grande époque, celle des majors compagnies.

Evidemment, l'invention, la surprise, n'étaient souvent au rendez-vous, et l'on ne sortait guère des routes balisées, mais le ton, l'esprit, les partitions symphoniques qui assuraient le soutien du film, participaient d'un goût du spectacle, d'une habileté du découpage, d'un sens du récit, qui permettaient d'entrer dans le film et d'en préserver la trace dans l'esprit. Je ne suis pas sûr de trouver la même chose aujourd'hui. Et puis, il faudrait ajouter au rêve oublié, les extraordinaires vertus du Technicolor (le vrai), dont la trace, et les regrêts de la disparition qu'il suscite encore, témoignent assez que cela ne procède pas que d'une nostalgie élémentaire mais peut-être bien d'un regard objectif, au point qu'il est question de revenir à ses méthodes de matriçage des copies, voire de la sélection additive trichrome à la prise de vues… Je voudrais bien en parler, mais dans quel tiroir caser des lignes sur ce sujet ? Et il reste possible que cette cuisine n'aurait peut-être d'intérêt pour personne.

En tous cas, je partage votre avis sur les richesses du cinéma américain, aujourd'hui encombré de scories techniques – les effets spéciaux qui paraissent vouloir remplacer le scénario, et les idéologies incontournables, dont on pense ce qu'on veut, mais que je trouve, pour ma part, un tantinet envahissantes… Tout celà n'engage que moi, évidemment…

A bientôt, avec Sacha Guitry, ou "Versailles", ou les deux…


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De urspoller, le 1er mars 2008 à 19:47

Azurlys,

Votre prose soignée n'a d'égal que le contenu intéressant de vos propos. On lit ici ou là tellement de textes orduriers ou dénués de sens que s'attarder sur une glose argumentée apporte un réel plaisir de lecture. En sus, ne rudoyez pas votre style littéral car certains de nos coreligionnaires cinéphiles m'ont morigéné vertement en raison d'une prose soit-disant pompeuse, mignarde, apprêtée voire hiératique (je traduis pour une meilleure compréhension car les termes n'étaient pas vraiment les mêmes). Alors, continuez derechef vos contributions enrichissantes pour les béjaunes comme votre serviteur, car sachez le, j'ai demandé à mon frangin de m'offrir le coffret Guitry pour mon prochain anniversaire. Vos épîtres, ainsi que celles d'impétueux, et ce malgré nos algarades passées, m'ont poussé à vouloir découvrir plus en profondeur l'œuvre de Guitry.

En outre, je me joins à vos louanges vis-à-vis de l'œuvre de Mankiewicz chez qui le dialogue est souvent le moteur de l'action. Parfois, certains de ses métrages peuvent paraître verbeux mais lorsque l'on visionne une œuvre de Mankiewicz, on éprouve le même plaisir que lorsque l'on feuillette un roman d'Alexandre Dumas, regarde un tableau de Raphaël, observe une sculpture de Cellini, écoute une mélopée de Brassens ou simplement contemple une création de dame Nature. Le beau s'apprécie tout simplement. Il me reste tellement de chefs-d'œuvre à découvrir que je dois faire figure de béotien parmi cet aréopage de cinéphiles…


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De azurlys, le 27 mars 2008 à 14:45

Je reviens sur le site "Versailles…", même si mes intentions sont hors cinéma – me pardonnera-t-on ? -, pour indiquer ici quelques "mots" de l'auteur, dont il me semblait qu'ils étaient peu ou pas mentionnés. Je l'avais annoncé il y a quelque temps.

QUELQUES "MOTS" DE GUITRY

       ( Paroles de Sacha ! )

Nous savons que Sacha Guitry avait fait onze institutions différentes lors de ses études, tout en restant de manière permanente en 6eme ! Il aurait donc fait onze fois sa sixième !!

Il disait :

" Suivre mes études ? Je les fuyais plutôt…"

" Pourquoi apprendre ce qui est dans les livres, puisque celà y est déjà ?

" Ce que je sais, c'est à mon ignorance que je le dois…"

Sacha guitry dans un restaurant. Un homme l'aborde sans l'avoir reconnu :

" Monsieur, pourriez-vous m'indiquer les chiottes (sic)

et Sacha de répondre :

" Oui. Au fond du couloir, à droite, il y a une porte sur laquelle il est marqué "gentlemen". Eh ! bien vous n'entrez pas !

Tout le monde connait les déboires qu'il avait avec sa deuxième épouse Yvonne Printemps, dotée d'un tempérament… insistant. Sacha Guitry, en montant "Franz Halls" avait eu l'imprudence d'en confier l'un des rôles essentiel à un jeune premier sémillant, Pierre Fresnay. Celui-ci n'avait pas manqué d'attirer les regards et… les espoirs de la comédienne/chanteuse, et Sacha les voyait malgré lui, et impuissant – si l'on ose dire – se livrer en coulisses, le long des portants, à des activités qui faisaient sourire toute la troupe ! Guitry en tira ce propos amer :

" A un homme qui vous prend votre femme, il n'est pire vengeance que de la lui laisser !"

Quelques semaines plus tard, de bonnes âmes lui rapportèrent des propos fielleux que Fresnay tenait sur son compte. Il eût alors ce mot croutillant, beaucoup moins connu que le précédent :

" Tiens, il se venge déjà…"

Encore dans un restaurant, un voisin pense l'avoir reconnu et dit "Vous me remettez ?",

"Oui, répond Sacha, à votre place !"

Et sur les femmes et l'amour, on a l'embarras du choix :

" Si vous voulez faire tourner la tête à une femme, dites-lui qu'elle a un beau profil…"

" Je suis pour que se développe la coutume qui veut qu'un homme baise la main d'une femme quand il l'a voit pour la première fois. Il faut bien commencer par un endroit quelconque !"

" Ce qu'elle avait de plus profond, c'était son sommeil… "

" Je la voyais bailler. Je lui dis "baille, baille". Elle n'a pas compris et elle est partie !

" Je suis prêt à admettre qu'elles nous sont supérieures, si celà pouvait les dissuader d'être nos égales. "

" Deux personnes mariées peuvent très bien s'aimer. A condition de ne pas être mariées ensembles ! "

" Enfin seul… Et déjà je me demande avec qui ! "

" Une histoire d'amour celà se commence à deux. Le temps de compter jusqu'à trois ! "

" Le mariage, c'est comme au restaurant. A peine est-on servi que l'on regarde dans l'assiette du voisin… "

" Mesdames, Mesdames, si vous saviez à quel point vous nous manquez quand vous n'êtes plus là… Vous partiriez plus vite encore ! "

" Il faut mentir aux femmes. On a l'impression de se rembourser… "

Il avait élevé dans le serail, et son père Lucien était entouré en permanence d'hommes d'esprit comme Alphonse Allais, Jules Renard, Tristan Bernard, Octave Mirbeau. Cette liberté de ton, cette faculté du brio, de la réplique, c'est à l'entourage de son père qu'il le doit en grande partie.

J'ajoute un mot sur le coffret des films d'avant guerre. Très bonne adaptation technique me semble-t-il, à partir de matériels divers, et la joie de le voir sous une jolie présentation. Quant à l'écran… il rayonne ! Je vous reparlerai.

J'espère que cette énumération de "mots" n'aura mis personne mal à l'aise. Mais je déplore un peu le silence alentour. Comme disait encore le grand Sacha – et j'en termine – "…on entendait voler un imprésario !"

          

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De Impétueux, le 27 mars 2008 à 17:33
Note du film : 5/6

Merci, Azurlys pour ce florilège ! Je ne connaissais pas tous les mots que vous citez, et vous nous donnez là un choix royal !

Cela dit, la question de la position de votre message sur le fil de Si Versailles m'était conté fait, il est vrai, un peu question ; nous avons très souvent regretté que DVD Toile ne comporte pas, dans le forum, un espace où nous pourrions échanger sur des auteurs, des réalisateurs, ou des genres (western, épouvante, etc.) ; tel qu'il est conçu, le site ne le permet pas, ce qui ouvre à la porte à toutes les digressions ; en soit, ce n'est pas vraiment blâmable ou gênant, mais enfin… il serait mieux qu'il en soit autrement, n'est-ce pas ?

Enfin, je m'interroge sur ce que vous avez écrit à la fin de votre message : Mais je déplore un peu le silence alentour. Que voulez-vous dire ? Estimez-vous qu'on doit forcément ajouter aux remarques érudites que vous avez faites ? La réaction aux messages n'est pas une obligation, vous savez… Avez-vous, vous-même, réagi aux messages que j'ai déposés sur les films du coffret L'âge d'or, dont je loue, comme vous, la parfaite présentation ? Je ne crois pas vous avoir lu, sur Le nouveau testament, Mon père avait raison, Le roman d'un tricheur, Faisons un rêve, Le mot de Cambronne, Les perles de la Couronne… Et je ne vous en veux pas pour autant !!!


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De fernand, le 27 mars 2008 à 18:08

N'est ce pas à lui que l'on attribue cette anecdote ?

Dansant un soir avec une mondaine dans un diner qui ne l'était pas moins , la grosse dame lacha un pêt qu'elle aurait voulu discret. Mais l'odeur….S'adressant , rouge de confusion , à Guitry : "-Maitre…j'espère que tout celà restera entre nous..-"

"-Pour ma part , Madame , je préfèrerais que ça circule…-"


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De azurlys, le 28 mars 2008 à 14:51

Excellente anecdote, et très amusante ! Celà dit, comme je crois l'avoir vue ici grâce à vous pour la première fois, j'ignore s'il faut ou non l'attribuer à Guitry. Le ton un peu… leste de la réponse me laisse un peu perplexe venant de sa part, mais tout est possible, même s'il faut admettre que l'on ne prête qu'aux riches. J'ai très longtemps cru que la phrase "Etre traité d'idiot par un imbécile est une volupté de fin gourmet" était de Courteline. Il semble bien que non. Quant à vous dire de qui… Mes neurones sollicités pourtant avec insistance devant l'écran du cyber, un doigt en l'air, en attendant la réponse, me refusent sur l'heure toute assistance, et ne m'offrent que leur trahison !

Sacha Guitry, dans l'un des enregistrements "vinyls", raconte une histoire analogue : après l'amputation de la jambe, quand il fut question que Sarah Bernard remonte sur un théâtre, la question n'est aussîtôt posée de savoir comment elle s'y prendrait. Aurait-elle une jambe articulée, jouera-t-elle avec un pilon, ou assise, pour simplifier le problème… Personne ne savait et seule se chuchotait l'hypothèse d'une jambe de bois. Lorsqu'elle repris "L'Aiglon" de Rostand (dont Flambeau – …nous les petits, les sans grade… – avait été créé, je crois bien, par Lucien Guitry) chacun attendait de voir la comédienne se débattre avec ce problème. Un spectateur particulier se trouvait dans la salle, entouré de quelques amis, tous très attentifs. On frappa les "appels", (coups redoublés du début), puis des "trois coups" qui annoncent le lever du "torchon" – le rideau ! – : boum, boum, et juste avant le troisième, il eût ce mot terrible : "Tiens ! La voilà !

Selon les uns ou les autres c'est alternativement Alphonse Allais qui prononça ce mot à la fois brillant et cruel, ou Jules Renard, ou d'autres encore. En fait, ce "mot" abominable, éclatant, et éclatant parce qu'abominable, fut prononcé par un poète aujourd'hui oublié, détesté de son vivant, et qui portait le nom d'Ernest Lajeunesse. Il a, depuis longtemps, déserté les mémoires, et n'est plus qu'une ombre à l'arrière de ce mot !

N'oublions pas que notre grand Sacha Guitry disait lui-même : " Un mot d'esprit est une chose sacrée ! Tu dois le faire contre ta femme, contre ta soeur s'il le faut, pourvu que le mot soit drôle. On n'a pas le droit de garder pour soi un "mot" drôle ! Il y a des mots mortels. Tans pis. Les mots mortels font vivre du moins ceux qui les font…" (Sacha Guitry, "Les Mémoires d'un tricheur", seul roman qu'il ait écrit, et porté au cinéma sous le titre "Le Roman d'un tricheur").

Je profite de mon propre culot pour ajouter un mot à l'adresse d'Impétueux, que je remerçie de l'attention qu'il accorde à mes intervention – et à tous, en fait, remerçiements et attention… – pour dire que j'ai beaucoup hésité pour étaler ces "mots" de Sacha après "Versailles…". A vrai dire "Paris…" me semblait plus approprié. Mais comme ce film sur la capitale, ou plus exactement son esprit, car c'est bien de celà qu'il s'agit, semble avoir sensiblement moins de visiteurs, de lecteurs et de participants, nous nous sommes concertés ma vanité et moi, pour conclure que les mots de Guitry devaient avoir un plus vaste lectorat, et j'ai opté pour "Versailles…" .

Bien entendu, j'ai profité de l'aubaine pour ajouter ce qui précède. Je me rends compte de mon abus, et pour ma pénitence je m'octroierai dix pages du Code civil ce soir avant de dormir – ce qui m'aidera à entrer dans le sommeil. Mais ne le répétez pas…

Je reviendrai sur les films cités par Impétueux, puisque je viens de revoir avec délices "le Roman d'un tricheur" et "Les Perles de la Couronne". On comprends pourquoi les ennemis de Guitry lui accordaient que le "Roman…" comme seul film réellement cinématographique. Je ne l'avais pas revu de longtemps, et j'ai découvert à nouveau une oeuvre extraodinaire, qui joue avec une aisance de libellule sur les compressions du temps et de l'espace !

En ce qui concerne le silence "ou l'on entendrait voler un impressario", que l'on ne s'y trompe pas. Je conçois très bien que l'on puisse ou non écrire. Mais il m'a semblé que les interventions des uns et des autres, souvent pertinentes, s'étaient raréfiées. Il ne s'agissait que de l'expression d'un regret.

Enfin je termine (je vous imagine disant ouf !) en remerçiant Impétueux de s'être coltiné la remise en place de ce qui débordait du cadre sans mon autorisation. J'étais près à sévir et me mesurer avec l'informatique lorsque j'ai constaté sa précieuse intervention. Encore merci !

NB : l'assistance cérébrale que j'attendais – voir plus haut, à propos de Couteline – arrive enfin. Le "mot" indiqué est d'Ernest Renan !


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De droudrou, le 28 mars 2008 à 17:56
Note du film : 4/6

Cher ami – ce ne fut pas Impétueux qui rectifia votre message, ce fut l'abominable Droudrou qui, voyant les débordements de page et vous sachant bien contrit de ce qui s'offrait à votre vue (tu parles – n'en jetez plus la cour est pleine !) se dit : "je vais me rendre utile…" – j'avais d'ailleurs rédigé une petite note sur ce sujet puisque ce menu incident semblait beaucoup vous contrarier mais, dans sa fougue, son impétuosité, notre ami Impétueux l'a délitée (lui et moi pouvons intervenir sur les messages des uns et des autres…) – amicalement – Droudrou


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De droudrou, le 28 mars 2008 à 18:03
Note du film : 4/6

Fernand :

Dansant un soir avec une mondaine dans un diner qui ne l'était pas moins , la grosse dame lacha un pêt qu'elle aurait voulu discret. Mais l'odeur….S'adressant , rouge de confusion , à Guitry : "-Maitre…j'espère que tout celà restera entre nous..-"

"-Pour ma part , Madame , je préfèrerais que ça circule…-"

si ça n'est pas du vent, ça gaze !

C'est ce que souhaite tout chirurgien à la suite d'une intervention…


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De Impétueux, le 28 mars 2008 à 18:46
Note du film : 5/6

Un peu comme Azurlys, je doute légèrement de la réalité de l'anecdote ; pour être spirituelle, la réponse me semble trop triviale de la part de Guitry.

Cela dit, puisque tous vous êtes amateurs, voilà un autre mot, ou plutôt un échange intervenu entre le Maître et sa deuxième femme, Yvonne Printemps dont Azurlys a dit l'ampleur des besoins voluptueux (ce qui désespéra si fort l'homme avec qui elle finit sa vie, Pierre Fresnay).

Donc, alors que le couple était dans un cimetière, Guitry dit avec une certaine aigreur à sa femme :

Quand vous serez ici, vous serez enfin froide !

Ce à quoi Printemps répondit avec un cruel à-propos :

Et vous, quand vous y serez, vous serez enfin raide !

Amour des mots !


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De droudrou, le 28 mars 2008 à 20:22
Note du film : 4/6

Mais, Impétueux, c'est comme si vous preniez une bouteille de picrâte et que vous en changiez l'étiquette ! C'est cela le plaisir de la dégustation haut de gamme !… C'est l'étiquette ! Et dans le cas présent, l'étiquette, c'est vous !

Allez ! Vous bombez le torse ! Vous respirez très fort afin de vous remettre de vos émotions ! Et, en plus, de mon côté, je lève mon verre à votre santé ! Pensez à tous ces mecs qui ont le cul bas et qui se sentent assis sur 2 chaises…


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De Azurlys, le 1er avril 2008 à 16:38

Bravo ! Tout le monde – enfin presque – s'y met ! La citation d'Impétueux est voyageuse, certains la situent dans un cimetière, d'autres lors du procès de divorce ou les deux répliques vachardes l'une et l'autre semblent presque trop polissées, mais quoi qu'il en soit, même si le bon ton n'y trouve pas vraiment sa place, c'est "envoyé" avec brio des deux cotés ! Je vous narrerai une situation qui a débouché sur un mot éblouissant de Guitry, mais celà semble coinçer un peu sur les dates et demande, de toutes façons, quelques lignes d'explication. La personne dont je le tenais l'anecdote est hélàs disparue début Octobre 2006, et à moins de faire tourner les tables… en attendant, voici deux autres mots de Sacha, décidemment inépuisable !

" Le théâtre est né de l'Eglise. Elle ne le lui a jamais pardonné ! Jalousie de métier, sans doute !! "

" Dieu a créé la femme en second. On sent la fatigue ! "

Impétueux a évidemment raison quant au mélange des genres qu'il vaudrait mieux éviter, pour s'en tenir au cinéma. Oui mais… car il y a un mais ! Pour le Maître, comment dissocier l'un de l'autre ? Il peut y avoir du cinéma intelligent, encore qu'aujourd'hui les interventions directes des milieux banquaires dans la contruction des scénarios (exact…) ne peuvent laisser que peu de place à l'esprit. Hélàs pour eux, le public semble se foutre de tout celà et si ses goûts sont parfois discutables, ô combien, il laisse à l'imprévu et à l'échec commercial une large plage d'erreurs qui s'oppose aux calculs des cénacles financiers. Témoin les deux films récents mis en raisonnance, le dernier "Astérix" – budget important, semi-échec, et les "Chti-mi", moyens financiers beaucoup limités et réussite publique indiscutable présentée comme un record face à l'autre, et même à la "Grand Vadrouille". Pour l'un comme pour l'autre, encore sur les écrans, échec ou réussite ne change malheureusement rien à la médiocrité de leur réalisation. Pour "Astérix", cet avis semblait partagé par critique et public, pour les "Chtis", en revanche, que j'ai vu hier, le coté qui se veux "bon-enfant" est mal fait, lourd, avec des gags interminables, un montage baclé, et sorti de quelques jolies idées – le carillon emporté dans une partition musicale d'orchestre qui prend le relais, alors que la caméra découvre le plat-pays depuis de beffroi – le reste se traine, avec des comédiens mal dirigés, même si leur talent n'est pour rien dans ce constat. Quant à la présentation des Gens du Nord, dont on connait le sens de l'amitié et de l'accueil, elle est plombée par une lecture douteuse qui en fait des débiles mentaux. De la part d'un réalisateur (si l'on peut hasarder ce mot ici) du serail, faut-il y voir quelque purge à la manière freudienne ?

Trop long tout celà. Oui, mais n'est pas réalisateur qui veut.

Il est évident que Guitry a une richesse et un brio que devrait méditer les cinéastes amateurs. Le rapport entre les deux ? Aucun, mais il fallait bien terminer !


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De droudrou, le 1er avril 2008 à 23:49
Note du film : 4/6

Mon cher Azurlys : aujourd'hui, le problème est double ! D'un côté, le public ! De l'autre, les réalisateurs ! Prendre les réalisateurs que vous nous citez pour modèle est maintenant le risque vers lequel nous courons tout droit ! Et ce n'est pas fini car, parallèlement, il y a des gens qui se disent être des artistes de grand talent (et là, le mot artiste est pris dans son sens le plus large) quand, de fait, on leur fournit aujourd'hui les moyens de matérialiser tous les niveaux (du meilleur au plus bas) de leur connerie pour ne pas dire de leur méchanceté !

Il y aurait aujourd'hui de sacré débats de réflexion à mener mais qu'ils ne soient pas stériles en se bâtissant dans un coin…


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De azurlys, le 14 avril 2008 à 13:31

Relativement aux bons mots de notre cher Guitry, à la suite de la liste déjà développée ici (coté Versailles, mais Cour, ou jardin ? Grave question pour une auteur de théâtre !), je souhaitais rapporter une anecdocte peu connue, et s'il se trouvait que l'un des correspondants de ce très honorable site voulait en éclairer les parties d'ombres, j'y verrais mon avantage. Elle fut racontée sur une radio privée, par un journaliste disparu en Octobre 06, et dont les précisions eussent été pourtant bien utiles.

A la suite des graves problèmes qui sont tombés sur Sacha Guitry à la Libération, il lui fut interdit de travailler pendant plusieurs années. Ce fut, semble-t-il, une période difficile qui devait le conduire à vendre quelques oeuvres pieusement réunies dans l'hôtel particulier de l'Ave. Elisée Reclus. Un projet de scénario sur Talleyran fut proposé à la censure, qui le refusa. Plus tard, adapté sous forme de pièce pour le théâtre, le sujet fut accepté, puis monté. Les choses s'apaisant, l'autorisation de tourner le film lui fut acquise et il repartit des deux oeuvres, semble-t-il, pour préparer ce que l'on connait depuis sous le titre du "Diable Boiteux".

Cela se passait en 1947. Lana Marconi, qui fut sa dernière épouse, jouait Meme Grand qui épousa effectivement de Prince de Talleyran. Or, dans la période noire, il semble qu'une menace de séquestre sur ses biens avait été évoquée à l'endroit de Guitry, tant il est vrai que ses ennemis ne désarmaient pas. Emprisonné fin 44 à Drancy, puis à Fresnes, il reçu la visite de quelques amis dont un qui lui exposa la nécessité d'avoir une épouse, ou pour le moins une concubine, pour palier le problème du séquestre. Toutes choses restant égales, l'idée de rencontrer une femme ne pouvait être, pour lui, qu'une perspective séduisante.

On lui présenta une grande et belle jeune femme, qui se disait fille du roi Carol de Roumanie, mais dont les origines sont restées partiellement obscures. Elle vint le voir au parloir à Fresnes – c'est toujours, je le rappelle, le récit du journaliste – sans doute avec l'aide d'un témoin qui les a présentés et put ainsi rapporter les propos échangés. On pense à Albert Willemetz, mais celà reste une hypothèse. C'était un ami très cher de Guitry, et, je crois, le seul à le tutoyer, avec Pauline Carton. Il y eu quelques échanges : " Monsieur, vous avait-on parlé de moi ? " " Oui, Madame, et je vous attendais". " Ne vous avait-on rien dit de particulier ? " " On m'avait parlé d'une très jolie femme, et vous confirmez cette prédiction." " Rien d'autre ?" " Eh ! Bien non qui me vienne à l'instant à l'esprit." " (après une hésitation) Vous a-t-on dit aussi que… j'aimais les femmes ?

Et Sacha aurait eu cette réponse fabuleuse : " Ah ! Celà c'est merveilleux ! Nous avons les mêmes goûts !!

C'est presque trop beau pour être vrai ! Bien entendu, cette anecdote ayant été entendu une fois, elle est ici restituée de mémoire. Sauf la dernière et éblouissante réplique, rigoureusement rapportée ici. Il y a, évidemment, des choses qui coinçent un peu. L'affaire du séquestre est plausible, mais ne peut s'expliquer qu'à la sortie de la guerre. Le mariage avec Lana Marconi, car c'était elle, bien entendu, eut lieu en 1949. Il y a donc des vides, et si l'érudition de quelqu'uns de nos correspondants pouvaient éclairer de propos, je leur en serais reconnaissant.

Et puisqu'ici je suis heureux de rendre un hommage à cet esprit de Paris dont il était le Maître et qui nous manquent (les deux…), un mot encore, rapporté il y a quelques années par Raymond Pellegrin – qui fut son Napoléon en 1955. Pour faire des prises de vues au Parc de Sceaux, à sept ou huit kilomètres au Sud de Paris sur la N.20 – précision pour les non parisiens – pour sa deuxième fresque historique, il avait eu l'amabilité de venir chercher le comédien à son domicile, avec sa voiture et son chauffeur. Mais, en route, passée la "Croix de Berny", ils cherchaient leur chemin et ne trouvaient pas. Sacha fit arrêter la voiture au bord du trottoir, baissa la vitre, et appela une dame qui passait. Celle-ci s'approcha, sans reconnaitre l'auteur. " Pardon, Madame, nous sommes égarés. Pour aller au Parc de Sceaux, par l'entrée de la Grenouillère, m'a-t-on dit, que doit-on faire ?" " Eh ! bien, Monsieur, voyons (elle hésita, regarda à droite, puis à sa gauche et ajouta) de là, vous sortez de Fresnes… Elle n'eût pas le temps d'aller plus loin. Guitry répondit aussitôt "Oui, Madame, vous avez parfaitement raison !". Raymond Pellegrin s'en pourléchait encore en racontant ce trait d'esprit qui était si courant chez Sacha Guitry, et en toutes circonstances.

Et j'ai encore débordé, et hors "Versailles…".


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De la lectrice, le 14 avril 2008 à 22:05

Veuillez m'excuser d'intervenir, mais il est vrai que les films autour desquels se placent les conversations sont souvent les memes depuis plusieurs mois ; à savoir SI VERSAILLES M'ETAIT CONTE, SUEURS FROIDES ou LA REVOLUTION FRANCAISE pour les utilisateurs c'est sans doutes très interessant mais pour les lecteurs c'est parfois un peu repetitifs .


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De Impétueux, le 14 avril 2008 à 22:49
Note du film : 5/6

Mais qui vous empêche, la lectrice, d'apporter vous-même votre pierre à l'édifice ? Je n'ai pas le sentiment que vous l'ayez beaucoup fait jusqu'à présent !

Or ici chacun peut contribuer, donner son point de vue, argumenter, polémiquer, controverser, attaquer et défendre…

Qu'est-ce que vous aimez ? Quels acteurs ? Quels réalisateurs ? Quel genre de films ? Avez-vous des passions, des aversions, des envies…? C'est un peu facile de se contenter de venir voir sans payer votre écot, non ?


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De Azurlys, le 28 avril 2008 à 14:35

Un court passage sur "La Révolution Française", de Robert Enrico et Richard Ephron, m'a permis d'y voir également des souhaits de pouvoir disposer du DVD qui reprendraient ce film en deux parties, et dont je n'ai qu'un souvenir vague. A vrai dire, il n'a été diffusé en salle que lors du bi-centenaire et sans doute à la TV dans les mois qui suivaient. On sait que ce fut un bide commercial retentissant, tant il est vrai que quelque soit l'intérêt du sujet, le public était saturé des extases révolutionnaires officielles qui n'avaient conservé et célébré de ce grand chambardement que les parties glorieuses en faisant l'impasse sur ses excès et sur ses origines réelles et brumeuses. Il est toujours de bon ton de s'en abstenir. Mais il est vrai que c'était dans l'air – du temps ? – que l'organisation monarchique était grippée, figée, et refusait de voir les nuages monter derrière les collines de Ville-d'Avray.

Une fois de plus, dans son "Versailles" Sacha Guitry avait saisi l'intérêt d'y jeter le regard d'un poète, de jouer sur les métaphores, de jongler avec le temps, en laissant de coté ce qui aurait pu devenir une morne description entre les mains d'un autre. J'y reviendrai. Il est, en principe, hors de question de comparer la Révolution traitée de manière allégorique par Guitry, et le travail plus qu'honnête fait par Enrico et Ephron, les styles de l'un et des deux autres étant diamétralement opposés. Mais toutes réflexions faites, je me demande si le style "Guitry" ne finit pas pa être plus efficace.

A l'époque déjà, certains avaient remarqué l'influence indirecte que le film de Sacha Guitry "Si Versailles" avait eu sur quelques autres films. Plus récemment, Noël Simsolo, dont j'ai déjà parlé – et dont je suggère a nouveau la lecture de son livre réédité aux "Cahiers du Cinéma" – notait cette influence sur "le sympathique "La Fayette" de Jean Dréville, l'inutile "Marie-Antoinette" de Jean Delannoy ", et je crois qu'il soulignait également – à moins que l'information ne vienne d'une autre source – que lors du tournage d' "Austerlitz", d'Abel Gance, pour la première partie, certains ce ses collaborateurs lui avait glissé cette possible paternité dans l'oreille, alors que Gance s'en défendait avec ardeur !

"La Fayette" que j'ai revu dernièrement (VHS, provenance TV), a beaucoup vieillit, et son interprète principal, Michel Le Royer, qui fut un temps politicien, avant de revenir un peu au théâtre et au doublage – en somme, il ne changeait pas de métier – proposait une interprétation maladroite, appuyée, qui passe très mal aujourd'hui et laisse entendre que sa carrière sur les écrans a sans doute été racourcie par ce constat. "La Fayette" a été l'un des quatre films français tournés en vue de tirages 7Om/m. Celà ne lui ôte pas sa poussière.

Mais puisque j'ai commencée cette intervention sur "La Révolution Française", je vous suggère de jeter un oeil sur le DVD de "Si Versailles…", au chapître – non chapîtré – de l'Affaire des Poisons. Celà se situe dans la seconde partie de la première partie, si j'ose dire. Sacha Guitry a remplacé, sur l'écran, Georges Marchal, et donne un portrait très fort d'un Louis XIV sur le retour. Une scène nous montre Meme de Montespan (Claudette Colbert – dont le nom semblait tout indiqué pour jouer à Versailles !) recevoir La Voisin (Pauline Carton) et la Duchesse de… (le nom m'échappe) soeur de Marie Mancini, et jouée par Claude Nollier. Toutes les trois s'installent autour d'une petite table ronde couverte d'une nappe juponnée qui descend jusqu'au sol. La robe portée par Claude Nollier, à gauche du cadre, est d'un bleu brillant – de roi, dirait-on -, à droite de l'image, celle portée par la Montespan (C.Colbert) est rouge vif, et la nappe, au centre de ce trio inquiétant, qui parle de poudre de succession, et même de messes noires, est d'un blanc éclatant ! Un court travelling avant semble vouloir en souligner la signature ! On retrouve ici, avec les trois couleurs de la France actuelle, le même thème que dans "Remontons les Champs-Elysées", comme s'il convenait de montrer, là encore, que ce que nous sommes nous le devons à ces deux courants qui se complètent sans trop se méler, mais constituent l'un et l'autre la synthèse de notre culture. Quant au fait que cette rencontre colorée, que chacun peut voir dans le film, soit présente lors d'une étrange réunion entre trois femmes aux troubles desseins – messes noires, poudres pour l'amour… ou la mort – je laisse à chacun le soin d'en extraire les significations – peut-être un peu trop psychanalytiques – bien entendu symboliques. Quant au hasard que l'on invoque si souvent, je pense n'y a pas grand place…

Guitry… du theâtre filmé ! Allons donc ! En quand on pense qu'on nous a seriné ce bobard pendant des décennies. On en est revenu, Dieu merci !

 

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De Impétueux, le 28 avril 2008 à 19:03
Note du film : 5/6

Azurlys, votre excellent message vous vaut, de ma part, trois remarques très amicales, d'ordre bien divers :

  • Pourquoi qualifier d'inutile le film de Jean Delannoy, Marie Antoinette reine de France ? Ce n'est assurément pas (comme tout Delannoy, d'ailleurs) du grand cinéma, mais l'extrême fin est vraiment émouvante, le sang de la Reine assassinée inondant l'étole et le surplis du prêtre réfractaire qui s'est glissé sous l'échafaud de la honte…
  • Dire de Michel Le Royer qu'il fut un temps politicien est un peu abusif ; il a été, adjoint au Maire de Levallois-Perret (qui, il est vrai, était déjà Patrick Balkany).
  • La sœur de Marie Mancini à qui vous faites allusion est Olympe, comtesse de Soissons (et, en plus, je suis un des très rares fans suer ce site, de la superbe Claude Nollier).

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De Ta race , le 28 avril 2008 à 23:03

- L'inutile Marie-Antoinette de Jean Delannoy ?

Mais qui es tu donc , pauvre petit homme , pour JUGER de la sorte ? L'inutile Marie Antoinette !! Toi qui ne sais que ressasser sur le même film depuis des semaines ! On est en plein délire !!!


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De Azurlys, le 29 avril 2008 à 12:15

Merci des deux messages à la sévérité calculée.

Je vous éclaire. l'"inutile "Marie-Antoinette" était une citation telle que relatée dans le livre de Noël Simsolo sur Guitry, au même titre, du reste que le "sympathique "La Fayette". Aucune de ces deux expressions n'était de votre serviteur. Ces deux citations voulaient souligner les influences certainement involontaires du film de Sacha Guitry sur Versailles et qui semblaient, déjà à l'époque, intriguer quelques observateurs. Dans son ouvrage, N.Simsolo appuyait à nouveau sur ce point encore plus apparent aujourd'hui. S'il est vrai que "La Fayette", dans la première partie du moins, et "Marie-Antoinette" paraissent n'avoir échappé ni l'un ni l'autre à cette influence, force est de constater que leur narration chronologique, leur construction classique, quelque soient leur qualités respectives, ne sortent pas d'une construction linéaire et font ainsi l'économie des trouvailles de "Si Versailles m'était conté". Noël Simsolo termine son paragraphe en disant "…Guitry, du moins, était un auteur". Ce n'est pas très aimable pour les autres, mais à y bien regarder, ce n'est pas inexact, même avec des films très estimables.

C'est vrai que je reviens souvent à "Si Versailles…" – pardon, mais quand on aime on compte pas… – mais c'est également qu'il y a beaucoup à dire. Mon opinion sur "La Fayette" a été mentionnée, et n'engage, bien sûr, que moi. En revanche, mon opinion sur "Marie-Antoinette est très favorable, je le regarde de temps à autre (VHS du commerce, en attente d'un DVD pour l'instant inexistant), mais on se trouve là devant un film lisse, bien fait, très soigné, avec une Michèle Morgan exceptionnelle, l'une des meilleure interprète du personnage, souvent représenté à l'écran. On a presque envie de dire " 'manque pas un bouton de guêtre !". Le film, en somme, manque de trouvailles et n'offre aucun éclairage nouveau à ce que l'on connait sur la Reine. Les cotés positifs ? Soin, élégance, qualité des costumes et décors étaient au rendez-vous. Outre l'interprétation de Michèle Morgan – excellente – qui double la remarquable incarnation que Jacques Morel, qui vient de nous quitter, fait de Louis XVI, l'ensemble correspond bien à ce qui fut appelé souvent "qualité française". De la jeune archiduchesse qui s'étourdit au bal de l'Opéra de ses déceptions conjugales, sous la houlette du Comte d'Artois, jusqu'à la femme brisée qui monte, très digne, vers son martyre, on a là un portrait fascinant pratiquement sans artifice ni abus de maquillage, dont l'intérêt repose pour l'essentiel sur l'interprétation de la comédienne. Jacques Morel, avait repris de rôle à la TV quelques années après dans "L'Affaire du Collier", pour "La Caméra explore le temps" (les DVD existent), de A. Castelot, A. Decaux et S. Lorenzi, aux coté d'une Marie-Antoinette jouée avec élégance par Giselle Pascal, disparue il y a un peu plus d'un an. Ce personnage de Louis XVI avait failli lui valoir le Prix d'interpétration masculine à Cannes, où "Marie-Antoinette" fut présenté. Mais, le prix d'interprétation féminine ayant été attribué à Maria Schell, pour "Gervaise", il devenait impossible de les deux prix concernés reviennent à la France. Et ce fut la tête de Jacques Morel qui tomba, si j'ose dire.

Je me suis écarté de Guitry, c'est vrai. Mais avec "Marie-antoinette", je suis resté à Versailles, rendez-moi cette justice.


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De Azurlys, le 29 avril 2008 à 13:28

Oui, c'est encore moi ! J'ai relu avec d'avantage d'attention la note d'Impétueux et j'y ajoute ici que la fin de "Marie-Antoinette", et le sang de la Reine qui tombe sur le Livre saint, alors qu'un prêtre réfractaire (M.Piccoli) célèbre la messe clandestinement, est une trouvaille extrèmement intéressante, même si elle n'est pas confirmée historiquement. On est là dans la fiction et la symbolique. C'est précisemment cette particularité qui fait la grandeur de cette scène.

Pour Michel Le Royer, le ton adopté pour "politicien" se voulait plus clin d'oeil que polémique, car je voulais caser "… en somme, il ne changeait pas de métier". J'ai péché par vanité. Mais je crois bien, il me semble, qu'il a été militant dans un parti aujourd'hui dissout, pour être remplacé, en gros par… le même, sous une autre appellation, plus ou moins contrôlée…

Enfin, quant à la contesse de Soisson, vous aviez vu juste, mais au moment taper le texte, une fois encore mes neurones ont déclaré forfait ! On est toujours trahi par les siens ! La comtesse de Soisson, qui s'est faite virer avec pertes et fracas de la cour à la suite de ses démélés avec la triste Meme Catherine Monvoisin, dite La Voisin, était bien la soeur de Marie Mancini. A deux doigts près, et avec l'approbation de Mazarin, elle serait devenu la belle-soeur du Roi Soleil !


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De Impétueux, le 29 avril 2008 à 17:13
Note du film : 5/6

Vous avez parfaitement raison, Azurlys, pour Michel Le Royer : il militait assez vigoureusement ; et il est vrai, qu'à part Line Renaud, Philippe Clay et quelques autres, le parti à quoi vous faites allusion (allez, va, on le dit : le R.P.R., héritier de l'U.D.R. et donc de l'U.N.R., et donc papa de l'U.M.P) il y avait peu d'artistes qui penchaient de ce côté-là…

Puis-je aussi vous suggérer deux choses :

  • lorsque vous citez un point de vue qui n'est pas forcément le vôtre (et donc que vous écrivez l'inutile Marie Antoinette ), utilisez l'italique, ou la couleur jaune, pour faire ressortir la chose ; cette commodité, offerte par DVD Toile, est des plus pratiques.
  • j'apprécierais beaucoup que vous alliez placer le double de la partie de votre message qui concerne, précisément, Marie Antoinette reine de France sur le fil de ce film ; un nouveau visiteur de ce forum, ou quiconque voudra lire ce que nous avons écrit sur le film de Delannoy sera intéressé de trouver votre contribution ! D'avance, merci !

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De azurlys, le 30 avril 2008 à 13:10

Merci, Cher Impétueux, de votre indulgence face à mes erreurs, errances, et autres tartines qui dépassent bien souvent des tailles raisonnables.

Pour les citations, il est vrai que l'italique conviendrait, voire la couleur du caractère. Mais comme déjà stipulé, je me perds dans ce fourbit informatique. Toutefois, il faut souligner que la citation complête de N.Simsolo sur "Marie-Antoinette, Reine de France" et "Lafayette" était précédée et close par des guillemets. Peut-être étaient-ils trop discrêts ? Il m'est arrivé, ailleurs, dans mon courrier, par exemple, de faire précéder la partie prévue et mise entre guillemets, de la mention (je cite), entre parenthèses, comme ici. Celà avait au moins le mérite de la clareté. Celà n'a pas été fait dans le message concerné, et du coup la voie était ouverte aux malentendus. Mille excuses !

Sortir la Reine de France du tiroir Versailles pour la placer dans celui du film "Marie-Antoinette, Reine de France", oui, je veux bien, mais… la même perplexité devant les arcanes de l'informatique justifie mon hésitation. Je suis dans un cyber, avec un personnel le plus souvent sympathique, mais dont les fonctions se limitent à l'accueil. On ne refuse pas un renseignement, bien entendu, mais façon TGV ! Alors pour que celà s'imprime dans la matière grise… Je vais faire un effort, et tenter le coup. Dans le cas d'impossibilité, j'écrirai à nouveau un texte, non pas identique – ce qui serait inutile et stupide – mais de même ton, dans le casier correspondant.

En tous cas, merci de l'intérêt que vous portez à mes interventions (ceci vaut aussi pour tous ceux qui ont l'indulgence de me lire). Quant à "Si Versailles m'était conté", j'y reviendrai encore, pour éclairer l'affaire "Révolution Française" – pour autant que celà soit une révélation, et ce n'est pas sûr. Mais il en est ainsi des oeuvres riches qui offrent l'avantages de pouvoir être vues encore et encore sans lassitude, simplement parce chaque vision apporte de nouveaux éléments de reflexion, indépendemment du plaisir esthétique que l'on peut y trouver. Si le cas de "Versailles" par Sacha Guitry n'atteint par à l'éclat et au pétillant de "Remontons les Champs-Elysées" – là c'était AVANT la guerre et que seule la fantaisie débridée de Guitry pouvait s'y déployer sans déchoir – l'Histoire n'en était aussi que le prétexte. Pour "Si Versailles…", (passons sur quelques éléments hâtivement réalisés), le carcan de l'Histoire réelle, et parfois officielle, impliquait la fermeté d'un cadre relativement rigide dans lequel n'importe qui, sans doute à l'étroit, en aurait été réduit à un récit linéaire qui pouvait aussi être fastidieux. Sacha s'en est sorti autrement. Les bousculades des plans, les téléscopages entre séquences, et parfois l'utilisation d'une bande-son décalée parvenaient à un sens général qui s'éloignait du réel, mais devenait ainsi ô combien efficace.

Et voilà, encore un étalage, alors que quelques lignes devaient suffire pour la réponse… Je suis incorrigible, et vais essayer de me corriger, mais…


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De Azurlys, le 17 juin 2008 à 15:56

A propos de "Si Versailles m'était conté" – auquel je reviens un court moment, faute de tranquilité dans un cyber de province, trop bruyant pour se concentrer – juste quelques mots pour vous poser une énigme, et vous apporter une – toute petite – information.

Dans un livre déjà ancien qui est à Paris, que je ne peux donc pas consulter plus avant pour le moment, Sacha Guitry répondait à une interview. Le journaliste lui pose alors la question suivante : "Votre film sera-t-il en couleurs ?" " Oui, répond l'auteur, il sera tourné en Gévacolor". Nous savons que ce fut l'Eastmanancolor qui fut employé, pellicule toute nouvelle sortie de chez Kodak-Rochester. Pour être un peu plus précis, les Alliés venue à la rescousse nous aider à "inviter" les occupants à repartir chez eux, profitèrent dit-on de leur incursion germanique pour subtiliser les brevets "Agfacolor", pellicule monopack sur laquelle les différentes couches sensibles à la couleur étaient couchées l'une sur l'autre, sur le même support (étrange formule qui semble s'égarer vers des replis de vie privée !). A l'époque, les Allemands étaient parvenus à cette synthèse qui intéressait moins les Américains, en raison du Technicolor qui utilisait alors trois bandes négatives "noir et blanc", chacune filtrée au travers un dispositif optique situé derrière l'objectif avec trois filtres rouge, vert et bleu. L'ensemble était complexe, cinquante trois opérations étaient nécessaires pour tirer une copie. Celles-ci étaient obtenues par un matricage à partir des contretype du négatif – sur lequel on veillait comme sur les joyaux de la couronne -, et les trois colorants se superposaient pour former une image unique en couleurs. Mais nous étions là dans le système de la lithogravure, l'absence de grain et l'éclat des colorants offraient les merveilles dont on se souvient encore. La splendeur en était telle que personne ne songeait à y changer quoi que ce soit. Il faudra la Loi anti-trust pour permettre aux studios de travailler avec les toutes premières émulsions négatives. Kodak produisit la sienne, qui portait le nom du fondateur de la firme, Georges Eastman. Guitry eût ainsi le privilège de tourner avec une pellicule splendide, aux couleurs nuancées, mais assez saturées pour éviter de tomber dans la fadeur.

A l'origine, c'était le Gévacolor, très instable (j'en ai parlé à propos de "Violettes Impériales" et "La Tour de Nesles") qui devait "colorier" "Si Versailles…". Si celà avait été le cas, nous aurions aujourd'hui un "Si Versailles m'était conté" en… noir et blanc. C'est ce qu'il advint de "Violettes…" et "Le Comte de Monte-Cristo", version 1953, avec Jean Marais !

Reste la dernière chose, annoncée ci-dessus. Dans l'interview, Sacha Guitry révèle le titre de son film. Ce n'était pas celui que vous connaissez. Qui de vous le saura ? Celui qui nous le dira gagnera mon estime éternelle ! Sachez simplement que le titre finalement retenu, celui que nous connaissons, est bien meilleur que le tout premier choisi. Alors ?…

A la prochaine (au calme, j'espère) !


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De Azurlys, le 7 juillet 2008 à 14:46

A Propos de "Si Versailles m'était Conté".

Dans un message envoyé de mes séjours provencaux proche de Nîmes, au Sud de la Vallée du Rhône (à droite en sortant), j'avais posée une colle – dont il se pourrait que vous l'ayiez trouvée collante – qui m'a valu un silence assourdissant. L'arroseur arrosé, sans doute !

J'y parlais d'un premier titre de ce film à la gloire de Versailles et de la France (aujourd'hui il faut s'y cramponner). Avant le désormais classique "Si Versailles…", Sacha Guitry répondit au journaliste qui le lui demandait que le film porterait le titre d' "Un soir à Versailles". Evidemment, à ce moment le film était en projet et le titre définitif fut choisi plus tard, sans doute de façon collégiale, entre les différents protagonistes. S'inspirant de Charles Perrault ("…Si Peau d'Ane m'était contée l'y prendrais un plaisir extrème"), il adopta "Si Versailles m'était conté", qui a sans aucun doute beaucoup plus d'allure, de panache, tout en préservant la part de fantaisie sur laquelle est bâti l'ensemble, et qui a tant déconcerté les intellectuels, les critiques et les… historiens, comme s'il convenait que l'histoire de Versailles fut strictement conforme à son déroulement, sans que la part de l'artiste ait eu le droit d'y trouver place.

Un mot encore. Aux Etats-Unis, le film fut présenté sous le titre "Les Amours royales de Versailles", la même année qu'en France, 1954. Il n'eut qu'un succès très limité, et sortit à nouveau – avec un autre titre, me semble-t-il – en 1957. J'ignore ce que fut son accueil auprès du public américain lors de cette reprise. En revanche, dès 1954, les Français firent un triomphe au film et offrirent à Sacha Guitry un regain de notoriété, une presque renaissance et… son "troisième non-lieu", comme il le dira lui-même.

J'y reviendrai – peut-être une ultime fois – pour jeter un oeil vers les astuces de construction, notamment sur la Révolution.


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De droudrou, le 7 juillet 2008 à 15:36
Note du film : 4/6

Le titre américain était : "Once Upon a Time in Versailles" et la musique était d'Ennio Moriconne… Dans son story book, Guitry avait prévu toute une série de plans, plans d'ensemble, plans rapprochés, très gros plans où la caméra détaillait successivement les regards de Louis XVI et de Robespierre tandis que Marie-Antoinette apportait à l'ensemble sa note de fraîcheur. Mais tout cela, c'est, heu… pour rire !…


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De Azurlys, le 12 juillet 2008 à 14:47

Cette version nouvelle de "Versailles…" revue et corrigée est fichtrement attirante ! Oui, mais z'où la trouver ? J'en rêve, mais je n'en dors plus…


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De droudrou, le 12 juillet 2008 à 15:05
Note du film : 4/6

Mon cher Azurlys, c'est cauchemardesque ! Je vous comprends !


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De Azurlys, le 29 juillet 2008 à 13:36

Si Versailles m'était conté… Et si l'on y ajoutait quelques anecdotes ?

Alors qu'il y déjà un an – et quelques jours – que l'on célébrait le cinquantenaire de la mort du Maître, je reviens pour ajouter encore un peu d'eau au moulin, et apporter quelques anecdotes découvertes dans le livre de Jacques Lorcey, relu en partie. Je n'avais conservé à la mémoire que le premier titre du film "Versailles…", dont j'ai parlé il y a quelque temps. Quelques anecdotes viendront toutefois d'autres sources. Sacha Guitry avait envisagé, et même écrit, des parties de son film consacrées à Pierre le Grand. Il semble avoir jeté cela sur le papier, un peu comme un défi, alors que ce renouveau lui donnait des ailes, après l'amertume des trahisons et des injures dont il fut l'objet à la Libération. Pierre le Grand à Versailles ? Pourquoi pas ? Il est notoire que les façades sur la Néva, alors que le l'Empereur voulait un port sur la Baltique, qui devint Saint-Pétersbourg (ville de naissance de Guitry, joli retour aux sources !) s'inspirèrent de l'équilibre versaillais. Copie ? Sûrement pas, et la différence entre Versailles et le Palais d'Hiver – entre autres – est flagrante. Mais l'ordonnancement des façades, l'élégance et l'élan des perspectives, ne démentent en rien les emprunts versaillais.

Il y voulait Voltaire, et il y fut. Dans une courte séquence durant laquelle Fragonard fait le portrait de la Pompadour. Louis XV (Jean Marais) y exprime une phrase, reprise d'un film précédent, Remontons les Champs-Elysées, sans doute. La phrase, hélas aujourd'hui sans objet, s'adresse aux autres protagonistes, Fragonard (Roland Bourdin), Mme de Pompadour (Micheline Presle), et Voltaire lui-même, le visage et le regard narquois, qui s'en prend à la politique du roi : Voltaire et Fragonard, l'ironie et la grâce. Donc, je dis bien, Voltaire et Fragonard ? En un mot, la France !

Jacques Lorcey ajoute aussi que L'Aurore du 22 Juin 1953 – "Versailles…" allait (ou avait) commercer son tournage -, indique que Sacha Guitryavait engagé (je dis bien, engagé) Laurence Olivier pour jouer Malborough. Le comédien britannique est-il venu ? Y a-t-il eu réellement contrat, a-t-il tourné des séquences évacuées au montage (que l'on se rappelle l'histoire des coupes imposées en dernier ressort par la réduction du métrage déjà terminé, devant les exigences des exploitants ?) Toutes questions sans réponse.

Orson Welles avait été pressenti dès le début. Passionné par Guitry, son théâtre, son cinéma, on sait qu'il est arrivé à Versailles déjà tout maquillé pour le personnage de Benjamin Franklin. A l'issue du tournage, Sacha Guitry, grand prince, lui offrit gracieusement les droits du Roman d'un tricheur, pour lequel Welles avait une admiration absolue (Les Mémoires d'un Tricheur ? L'histoire ne le dit pas), il semble bien qu'il était dans les projets d'Orson Welles d'en tourner une nouvelle version. Mais continuellement désargenté, saltimbanque en diable, il effrayait les producteurs, au point que le tournage de son Othello fut chaotique, interrompu, puis repris sur d'autres lieux de tournage – le Maroc ! – rapiécé à plusieurs reprises, si l'on peut hasarder ce vocable, tourné aux quatre coins de l'Europe, au fur et mesure des crédits qui lui étaient accordés, ce qui servit largement les intérêts esthétiques du film, dont l'allure élève le sujet au niveau universel (bien aidé par Shakespeare, évidemment).

Mais il lui fut impossible de faire les Mémoires d'un Tricheur. Un jour, à sec, il vendit les droits à… Yul Brynner, lui aussi grand admirateur de Guitry. Après la mort de l'acteur, ses enfants héritèrent les droits, et il semble plausible de supposer – mais cela n'engage que moi – que les diffusions publiques ou télévisées du film de Sacha Guitry ne pouvaient avoir lieu sans leur accord. Peut-être faut-il y voir une explication de la longue période de près de vingt ans pendant laquelle personne ne vit Le Roman d'un tricheur. Mais les droits se négocient comme n'importe qu'elle autre marchandise – j'emploie à dessein cette trivialité – et l'on a accès désormais à ce chef d'œuvre en DVD.

J'ajoute que cette anecdote ne figure pas dans le livre de Lorcey, mais elle m'avait été contée par un participant au film, fils d'un des techniciens du Son et Lumière (de 1954 à 1965, texte Jean Cocteau et André Maurois, musique de Jacques Ibert), qui s'est vu, pendant le tournage, lui-même sollicité pour descendre le cercueil de Louis XIV, à la toute dernière partie de la première partie (non, ce n'est pas une erreur, c'est un clin d'œil), et ce doit être l'avant-dernier plan, avant celui de Massillon qui proclame, vibrant, devant la dépouille du roi, Et voici le moment, mes frères, ou l'Homme n'est plus rien de ce qu'il croyait être….

Puisqu'on en est là, comme avec une table de montage, revenons un tantinet en arrière : la scène représente le roi mourant, qui fait ses adieux à Mme de Maintenon. Dans ses jupes (on est tenté de dire déjà), le futur Louis XV recule prestement. Mme de Maintenon explique : Sire, vous l'effrayez!. C'est qu'il me fait tellement peur, répond le roi (Sacha, royal !). La dame s'éloigne – vers Saint-Cyr, sans doute -, et un contre-champ montre les trois médecins qui entrent à leur tour dans la chambre du moribond : Messieurs mes Médecins, ne m'en veuillez pas si je pense à Molière en vous voyant paraître !.

Puis on revoit les médecins côte à côte. Or brusquement, si on a l'œil vif, on aperçoit à l'arrière-plan un employé, un garde, si l'on préfère, qui surgit de l'embrasure de l'une des fenêtres du salon voisin (le Salon de l'Œil de Bœuf, sans doute) à l'arrière des trois comédiens. Il tourne la tête dans la direction de la caméra, s'aperçoit que l'on tourne, et soudain, conscient de sa bévue, recule brusquement dans l'embrasure d'où il était sorti comme un diable de sa boîte ! Précipitez-vous sur l'extrême fin de cette première partie. Je vous suggère de passer "en pause" sur la télécommande de votre lecteur, puis d'avancer par petites touches. Grâce à ce passage image par image, vous verrez sur quelques rares photogrammes comment étaient vêtus les gardiens de l'époque 1953, et qui présentaient de vives ressemblances avec ceux de la SNCF ou du Gaz de France !

Comment a-t-on pu laisser passer ce document qui aurait dû finir à la corbeille ? Ne l'avait-on pas remarqué dans le viseur de la caméra ? La script piquait-elle un petit roupillon ? Le tournage allait parfois jusqu'à deux ou trois heures du matin, tout est donc possible. Mais le gardien est fixé à jamais sur la pellicule ! Vous le verrez, si l'on peut dire, entre le médecin du milieu, et celui à droite du cadre. Mais rassurez-vous, il m'a fallu quarante ans pour le voir… Tous les espoirs vous sont permis !

A bientôt sans doute !


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De Azurlys, le 29 juillet 2008 à 13:38

PS : Conscient de quelques erreurs, j'ai fait une nouvelle version (ci-dessus).

Dans le cyber, il semble difficile de jongler, et en suivant (à taton) mes indications de "l'acceuil" je me suis retrouvé face à un texte compact, sans séparation des paragraphes de la version précédente. Pas de quoi fouetter un chat, mais…

Ou bien le Maitre de Maison aura l'amabilité de re-séparer les paragraphes comme dans leur version initale, ou l'on jette aux panier cette "version corrigée", pour conserver la précédente, dans l'attente de quelques explications. Mais en dehors de la technique du copié-coller, après avoir sorti le texte initial, l'avoir corrigé, puis intégré dans la fenêtre du forum (entourage noir, fenêtre blanche), on "valide" en bas, l'ensemble entre à nouveau dans le forum-fond rouge… paragraphes collés l'un à l'autre !

Mais, par ailleurs, et autant que je sache, le Web Master (pardon pour le Franglais), est bien le SEUL à pouvoir évacuer la version précédente, pour ne conserver alors que celle "corrigée". Je me trompe ?

Si j'ai la chance que les paragraphes soient à nouveau séparés par une âme charitable, il conviendra de virer le présent message, évidemment technique, avec l'ancienne version de mon texte d'hier.

Mais depuis les explications rapides d'Impétueux, nous avons (les jeunes gens de l'acceuil tour à tour et votre serviteur) débouché sur l'idée que ce qui pouvait se faire avec un ordi privé aisemment, est plus difficile ou impossible dans un système ouvert au public. Est-on, ici, les uns et les autres, dans le vrai ?

Merci de vos lumières, et de votre – louable – serviabilité. Merci également de l'intérêt que vous avez l'amabilité de porter à mes interventions.


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De Impétueux, le 29 juillet 2008 à 14:22
Note du film : 5/6

Azurlys, tout contributeur dûment enregistré peut à tout moment modifier, corriger, amender, compléter, enluminer (par des photos, par exemple), hypertexter (je ne suis pas en reste en matière de jargon !) SES propres messages, mais nous ne sommes que quelques uns à pouvoir aller sur les messages des autres, voire à les supprimer.

Votre contribution est trop excellente pour que je vous gourmande longtemps et ne vous rende pas les services attendus, mais, je vous en conjure !, faites un effort ! Le site permet les italiques, le souligné, le gras et bien d'autres merveilles ; il permet de créer un lien hypertexte avec les artistes et les films : essayez de vous servir de tout cet arsenal !


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De Azurlys, le 29 juillet 2008 à 15:00

Bien reçu ! Merci !

Aussi vrai que j'écris à nouveau, personne ici ne peut comprendre !! Serions-nous des débiles mentaux, sans que nous n'en sussions rien ? Possible.

Mais l'étrange impression que NOUS avons, c'est que vous z'et nous, sommes, les uns, les autres, sur des planètes différentes…

Mais, entre temps, une autre difficulté a surgit : les fois précédentes au cours desquelles j'ai eu recours à ce stratagème (sortir le texte, puis le corriger, puis le réintroduire) aboutissait dans le forum/fond rouge aux deux versions l'une après l'autre, la seconde corrigée. Vous aviez l'amabilité d'éliminer la première, désormais inutile, pour ne conserver que la seconde.

Or, en réouvrant le site, je suis tombé sur LES DEUX MEMES versions du texte d'hier (les anecdotes de "Versailles…"), paragraphes éliminés, texte tassé et sans doute indigeste (pour autant qu'on pouvait l'avaler avant…). La première version, ne comporte plus les quelques lignes de la fin, et la seconde, corrigée, lui fait suite, après un interligne d'espace.

Comme il me semble que vous être aimable pour restituer les paragraphes de la première version, vous n'avez plus désormais le modèle précédent, puisqu'ils sont identiques !

Voudriez vous que je vous envoie le tirage à l'imprimante que j'avais fait hier Lundi, et qui respecte la présentaion initiale ? Il vous serait adressé en "pièces jointes", le cas échéant avec les deux ou trois correctifs ajoutés ? Je ne le ferai pas aujourd'hui, faute de temps, mais c'est peut-être la seule manière que vous ayiez d'en retrouver la structure paragraphée.

Merci de votre aide et merci de votre information (question paragraphe), pour le reste, je n'ose y penser….


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De Azurlys, le 29 juillet 2008 à 15:22

Miracle, Miracle ! Je suis encore votre obligé, je ne dirai jamais assez !

A peine avais-je le temps d'avouer mon incurie, tête basse, pimentée d'une ombre d'hypocrisie en y associant les personnes de l'acceuil (en fait, c'est vrai, tous pataugent, et moi avec), que je retrouvais dans le forum votre intervention précieuse et indulgente !

Non seulement vous avez recasez les paragraphes, mais ceux qui ont été ajoutés (pas de vanité d'auteur, rassurez-vous), fonctionnent bien et aèrent le tout ! Mille merci !

Me faudra-t-il prendre des cours du soir ? J'y songe.

Bien entendu, après lecture, ce poulet peut aller à la corbeille… Encore merci !


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De Impétueux, le 29 juillet 2008 à 15:36
Note du film : 5/6

Azurlys, je pense que la version Anecdotes que j'ai corrigée et complété (liens, italiques et tout le toutim) devrait maintenant vous satisfaire… !

Et pourquoi voulez-vous sortir le texte, puis le corriger, puis le réintroduire ? Vous n'avez pas besoin de ça : vous utilisez l'onglet éditer ce message, faites vos corrections, et ça roule !

Et je précise que je n'ai pas ajouté quoi que ce soit à vos propos : j'ai aéré le texte, rectifié quelques fautes de frappe, introduit des liens hypertexte : vous auriez pu tout aussi bien en faire autant !!


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De Azurlys, le 29 juillet 2008 à 16:02

C'est encore moi !

Vous avez raison. J'ai vu que vous aviez aéré le texte (intervention pertinente) et ajoutés les éléments plus ou moins techniques annexes que vous appelez Hypertextes, si j'ai bien compris.

Mais en relisant mon dernier message une tournure pouvait prêter à confusion : "vous avez recasez les paragraphes, mais ceux qui ont été ajoutés… ". C'était une erreur. Celà aurait du être écrit, et se lire " mais CE que vous avez ajouté…". la chose, alors passait comme une lettre à la Poste. A nouveau, mes remerciements les plus vifs.


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De azurlys, le 2 août 2008 à 14:26

Un mot de "service", rapidement.

Je viens de recevoir sur mon mail trois clichés (noir et blanc). L'un comporte une vue de la première de "Si Paris nous était conté" à l'Opéra de Paris, avec Sacha Guitry, malade, porté sur un fauteuil soulevé pour franchir un escalier. A coté de lui, Lana Marconi, à l'arrière, l'un des producteurs, Gilbert Bokanovski (Gilbert BOKA, Louis XVI, dans "Versailles…" et "Paris…", et… laquais dans "Napoléon").

Les deux autres comportent des vues de tournage de "Marie-Antoinette" (Delannoy, 1955), avec Michèle Morgan, dans la charrette qui la conduit à l'exécution, puis sur les marches de l'échafaud. Dans ce second cliché, elle est suivie par ce que je crois être l'acteur Amédée (si je ne fait pas de confusion), et que je reconnais à chaque vision du film. Si c'est cela, il a toute une histoire croquignolesque le concernant, en rapport avec l'affaire de l'Abbé Béranger Saunière et Rennes-le-Château, haut lieu, dans l'Aude, d'un incroyable fourbit simili-ésotérique sur lequel furent délayés un nombre extraordinaire d'âneries, mais il se pourrait bien qu'elles cachent sans le savoir une affaire très étrange. Je ne peux pas aller plus, nous sommes hors sujet.

Pour situer toutefois le comédien Amédée, peut-être certains d'entre vous se souviendront-ils d'une émissions quotidienne sur… France-Inter ? RTL, à l'époque de Radio Luxembourg ? Je ne sais. Il y animait une courte émission de fantaisie sur l'actualité, juste avant le journal. Elle était présentée ainsi : " Grégoire et Amédé, vous présentent Grégoire et Amédée, dans Grégoire et Amédée". Mais ce n'est pas d'hier…

Je suis d'accord pour vous envoyer en "pièces jointes", ou tenter encore, si je peux me faire aider au cyber pour vous les repasser directement depuis mon expéditeur. Moi, je l'avoue humblement, j'en suis incapable. Il me faut vérifier l'origine et les droits, car cela parait sortir d'une expo, avec des textes hâtivement tapés à la machine et placés sans grand soin, sous les clichés.

la question vous intéresse-t-elle, et avez-vous des suggestions techniques ?


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De azurlys, le 2 août 2008 à 16:09

PS : bien entendu, celà sous-entend de pouvoir cliquer sur le nom ("Si Paris…" ou "Marie-Antoinette…"), de façon à faire apparaitre les clichés en lieux et places des photos d'acteurs ou des affiches. Il se s'agit que de celà, sans autre utilisation. En y regardant de plus près, le troisième cliché (la reine dans la charette, n'est sans doute pas utilisable, cadrage maladroit, la tête baissée de Michèle Morgan rend le visage difficilement discernable sur le fond). Quant aux deux autres, ils sont techniquement très corrects, et peuvent être recadrés, en éliminant le texte du bas.

Ce sera comme vous l'entendrez.


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De droudrou, le 2 août 2008 à 18:06
Note du film : 4/6

Si c'est celà, il a toute une histoire croquignolesque le concernant, en rapport avec l'affaire de l'Abbé Béranger Saunière et Rennes-le-Château, haut lieu, dans l'Aude, d'un incroyable fourbit simili-ésotérique sur lequel furent delayées un nombre extraordinaire d'anneries, mais il se pourrait bien qu'elles cachent sans le savoir une affaire très étrange. Je ne peux pas aller plus, nous sommes hors sujet.

S'il ne tient qu'à cela, Azurlys, vous savez que sur DVD Toile, nous sommes les champions des déviances y compris les gens les plus sérieux du site ! Ici, vous en avez trop dit ! Allez ! Disez le nous !…


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De Azurlys, le 5 août 2008 à 13:57

Photos de Tournage,

Merci à Drou-Drou pour son message séduisant, même s'il fait un peu penser à une blague de potache.

L'affaire de Rennes-le-Château, à la suite de l'exécution de Marie-Antoinette ? La relation entre les deux sujets est d'une audace devant laquelle il faut s'incliner.

Je n'y vois aucun inconvénient, mais encore faudrait-il savoir ce qu'on peut désirer, coté "webmaster". L'acteur Amédée ? la certitude que c'est lui sur le cliché – et dans la scène correspondante du film de Delannoy ? les rapports – gratinés – avec Rennes-le-Château… Bref, qu'eût-il convenu que je vous racontasse ?

Pour l'heure, essayez d'aller voir à l'extrême fin de "Marie-Antoinette, Reine de France", de Jean Delannoy, lors de l'exécution de la reine, si vous ne souhaitez pas, bien entendu, revoir le film entier. On y voit un plan américain de Michèle Morgan, de face, qui monte les marches qui la conduisent à la mort. A gauche du cadre, un peu en retrait, je crois, elle bouscule involontairement l'homme qui la suit – le bourreau lui-même peut-être – et lui dit : "Je vous demande excuses, Monsieur, je ne l'ai pas fait exprès" (historique).

Si vous pouvez identifier ce personnage comme étant le comédiens Amédée, celui qui faisait une émission à la radio dont le titre semblait jongler sur le nom des deux participants (j'en ai parlé dans un précédent message), alors je développerai un peu de ce coté. "Amédée" était évidemment un pseudo. Plus étrange et un peu inquiétant, il en changeait parfois dans le cadre professionnel pour adopter Asmodée. Je vous laisse apprécier !

Je compte prochainement ouvrir (à moins que ce ne soit déjà fait) un tiroir "Madame du Barry" de Christian-Jaque. Il me semble que ce film n'existe dans ce forum que par son titre, son affiche, et puis… plus rien. J'avais deux petites anecdotes à vous (pluriel) soumettre relatives au tournage, et que je dois à l'un des assistants qui étaient sur le plateau. J'y alignerai sans doute aussi quelques unes des répliques cinglantes et croustillantes dont Henri Jeanson avait le secret.

Pour Amédée, c'est un peu itou. Je veux bien étoffer, mais encore faut-il avoir du grain à moudre. Tous à vos cassettes – en l'absence du DVD attendu !

Enfin, sur la question des deux clichés techniquement utilisables, il proviennent de l'AFP, datent de 1955, et le correspondant qui m'a remis les originaux il y a deux jours, ignore le possesseur des droits – s'il y a droits – ou si c'est du domaine public. Si la question intéresse les Maîtres de Maison, je reste à l'écoute.

A bientôt.


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De azurlys, le 17 novembre 2008 à 15:21

…Je reviens de Versailles. C'est un enchantement ! Tout est grand, tout est merveilleux ! Mais ce qui plait souverainement, c'est de vivre avec le souverain, lui dans ses plaisirs et nous dans les nôtres, c'est assez pour contenter un royaume !

Oui, peut-être, mais des nuances s'imposeraient… Il n'empêche que le message est remarquablement écrit. Il est de Mme de Sévigné, dans une lettre à sa fille, Mme de Grignan.

Je ne reviens pas de Versailles, mais j'y retourne à nouveau, car il me semblait intéressant de souligner certaines astuces de construction qui montreraient, s'il le fallait, que Sacha était bien un cinéaste et un créateur de cinéma. On l'a dit, et on l'a enfin admis. Mais on peut aussi le développer, simplement pour le plaisir.

Guitry, une fois encore a su échapper aux règles habituelles de ce genre de récit en usant d'un style et d'un montage éclatés qu'il semble seul à avoir employés. Qu'on se souvienne : Henri IV, (Gaston Rey), Louis XIII (Louis Arbessier, qui fut également Le Juste dans "Les Trois Mourquetaires" d'André Hunnebelle), expédiés l'un et l'autre avec une rapidité sans nuances mais compréhensible, Louis XIV jeune entre alors en scène – ce sera bientôt vrai – joué par Georges Marchal dans un embryon de récit réduit à quelques notes sur la construction du château, la découverte des premières "Grandes Eaux" sous la conduite d'un Le Nôtre (André Vina) sur le retour, et sur le point de partir (définitivement), la "Petite Venise" fête somptueuse, moins connue que Les Plaisirs de l'Isle Enchantée, mais déjà donnée pour Louise de La Vallière. Habilement, les éclairages du Son et Lumière de l'époque furent alors sollicités pour faire surgir de l'ombre la partie centrale du Château, l'avant-corps, vers la Terrasse et les Parterres d'eau, puisqu'il étaient entendu que les deux ailes ne furent élévées plus tard.

Puis le goût du roi se modifie. La Vallière est partie, pour le roi et pour le monde, en direction du Carmel. Mais la Montespan (Claudette Colbert, inattendue) veillait déjà en vue de la conquête du roi, juste revanche à ses yeux d'un mariage médiocre. C'est ce qu'elle pensait de son union avec Henri de Montespan, de noblesse modeste, sans grande fortune, mais qui était lié à sa femme par un amour passionné. Son cocufiage, même par le Roi-Soleil, lui est toujours resté sur l'estomac. Les scandales organisés ensuite par ses soins le démontreraient aisemment !

Et comme il fallait bien tourner la page, Sacha Guitry et son monteur Raymond Lamy, jouèrent là encore de l'ellipse pour racourcir l'écoulement du temps, et compresser les périodes de ce qui devait être un si long règne.

Alors que le jeune et fringant Louis XIV part pour la guerre, il attend dans un salon, aux coté de Colbert (Jacques Varennes) et quelques officiers. L'un d'entre eux, prend la parole envers le roi, hausse le ton, conteste l'attitude de certains généraux. Le roi le laisse parler, mais lui demande de se présenter : c'est d'Artagnan (Gérard Philippe). Les fanfares de Jean Françaix s'élèvent alors au loin, quelque part, dans le parc ou la Cour de marbre, et semblent appeler au départ vers les combats.

La scène suivante nous offre devant le château et les Parterres d'eau, un défilé brillant et coloré de soldats à pied et à cheval, musique en tête, les trompettes et timbales scandent ce que l'on prend alors pour le départ vers quelque conquête. Un contre-champs vers Latone nous montre alors Louis XIV aux cotés de Vauban (Jean Chevrier), et de quelques officiers, tous à cheval, soutenus par la majesté de la musique. Puis, contre toute attente, les deux hommes – le roi et son ministre – font faire demi-tour à leur monture, et la voix off de Guitry d'expliquer :"A ce retour triomphal, il fallut bien que le roi se résolut. Mais s'il n'avait écouté que son cœur, il serait à nouveau parti pour aller porter la guerre en terre étrangère (…) Il était à son image, et devra prendre un long repos."

Un insert très court sur Guitry – le bureau Louis XV – déjà ! -. Il reprend : "Laissons passer vingt ans ! Or donc, laissons passer vingt pages, puisqu'elles ne sont pas illustrées, et revoyons le roi." Après les fanfares et les couleurs, on entre dans un nouvelle période. Elle est alors soulignée par un thème musical sombre et funèbre. Un salon, le chambellan annonce presque à mi-voix "Messieurs, le Roi", et toujours accompagnée de cette mélodie qui semble distiller toute la tristesse de la terre, arrivé un Louis XIV vieilli, "…ses traits étaient empâtés et alourdis, mais sa majesté souveraine, à vrai dire, n'en souffrait pas." (dixit Guitry en voix off). Et l'on voir surgir un Sacha Guitry lui-même vieilli, qui adoptait pour la première fois à l'écran la défroque du Roi Soleil qui lui ressemblait – sauf les "traits empâtés" – majestueux, portrait fort mais cruel où il semblait admettre l'homme agé qu'il était devenu, les années et les revers aidant. Pour mieux s'en cacher, surtout à lui-même, le costume et la lourde perruque déplaçaient ainsi le drame de l'age qui était le sien en l'occurrence, de l'homme artiste et auteur, sur le personnage. Sacha Guitry devait s'éteindre quatre ans plus tard…

Le passage fonctionnait sur ce qu'il est possible d'interpréter comme une "ellipse inversée". Sur la musique brillante de Jean Françaix l'on croyait voir un Louis XIV jeune partir en guerre, et l'auteur annonçait "A ce retour triomphal…". Une pirouette qui a dû, à l'époque, désarçonner les historiens qui ne lui pardonnaient pas ses incartades d'artiste. Mais c'était une trouvaille cinématographique brillante puisqu'elle jouait sur l'inversion du temps et des évènements, et surtout, ouvrait déjà sur le déclin du roi.

Il y a quelques années, un ami me disait que la Révolution avait commencé lorsque le roi, blessé à jamais par son enfance mal construite, abandonné aux chambrières, et choqué surtout par la Fronde, prit la décision de quitter Paris, de faire de Versailles la splendeur que l'on connait aujourd'hui – le Château le plus célèbre au monde. Et l'on connait les difficultés de cette entreprise, les victimes d'un chantier de trente ans pour lutter contre les irrégularités du terrain et les marais. Dès lors, le roi quittait Paris, mais il s'éloignait du Peuple. Le déclin réel de la monarchie a commencé un peu plus tard, il est vrai, lorsque le château eût des ailes, mais cette idée déjà apparente dans le film est évoquée par Sacha Guitry avec assez d'astuce pour attirer l'attention. La période pré-révolutionnaire de la seconde partie du film, semble répondre en écho à ce constat.

Je vous en retoucherai quelques mots…

       

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De Impétueux, le 17 novembre 2008 à 18:54
Note du film : 5/6

Mais quand donc, Azurlys vous déciderez-vous à rectifier vous-même erreurs factuelles, fautes de frappe ou d'inattention, erreurs orthographiques ?

Vous voyez bien l'onglet Éditer ce message en dessous de votre prose lorsque vous la relisez, dix minutes ou dix jours après l'avoir écrite, non ?

Eh bien, c'est simple : vous cliquez sur cet onglet, et le monde magique de la correction vous est ouvert !

Et la prochaine fois, je vous apprendrai à créer des liens hypertextes : c'est à la portée d'un enfant de six ans raisonnablement doué !


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De azurlys, le 9 octobre 2009 à 16:23

Comme suite à SI VERSAILLES…

Deux mots rapidement, que je place ici, dans le dossier "Si Versailles m'etait conté", pour savoir si un correspondant aurait eu la bonne idée d'enregistrer "L'affaire Sacha Guitry", diffusé tout récemment sur la 5, à 20 h.35, sans doute Lundi 5 Oct. Ce film avait été diffusé pour la première fois le 23 Juillet 2007, lors de jour anniversaire de la mort de Sacha Guitry. A l'époque, j'avais exprimé ici mes inquiétudes quant au contenu d'un récit que je craignais très défavorable. En fait, le ton, le récit semblaient très honnêtes, et présentaient les choses et les circonstances de cette affaire avec justesse. Il avait été dit que ce film, diffusé au coeur de l'été, sur FR.3, serait présenté à nouveau. Il l' a été, il y plusieurs mois, sur une chaine-cable ou satellite, et que je ne pouvais atteindre.

A Paris, à défaut de pouvoir l'enregistrer – la question TNT semble poser quelques problèmes avec du matériel qui date de quelques années, avec décodeur, mais pas de tuner – je pouvais revoir ce film. Je suis dans le Sud, sans possibilité d'obtenir la TNT qui n'est pas reçue, faut de relais. Je n'ai donc ni pu l'enregistrer, ni même revoir ce film intéressant pour lequel Jean-François BALMER, avait fait un Guitry qu'il n'imitait pas, mais s'en sortait très bien.

En somme, y aurait-il une bonne âme qui accepterait de me faire une copie DVD si le film fut enregistré ?

Merci par avance. Je reste à l'affut du moindre signe !


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De vincentp, le 4 mars 2013 à 23:40
Note du film : 4/6

La trilogie Si Versailles m'était conté, Si Paris nous était conté et Napoléon n'est pas tout à fait du même niveau que les deux bijoux de promenades historiques (ou pseudo-historiques, si l'on veut) genre que Sacha Guitry avait créé, avant-guerre, avec Les perles de la Couronne et Remontons les Champs-Elysées, miracles de légèreté, d'esprit et d'allure. (Impétueux)

4,2/6. Assez d'accord avec cet avis. Guitry semble se copier lui-même, et on a par moments un peu de mal à accrocher. Ce film met en lumière les limites de l'approche hagiographique de Guitry, voyant le déroulé de l'Histoire par les faits et gestes de grand hommes. Néanmoins, certains moments sont réussis (le traitement de l'affaire du collier par exemple). Et puis, il y a des performances d'acteurs comme celle de Louis XVI.


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De Azurlys, le 8 mars 2014 à 14:14

Ce qui devrait être "Si Versailles m'était conté" de Sacha Guitry

Je reviens, avec votre permission, sur le chapitre "Versailles", après avoir relu une liste des quelques bons mots de Guitry, que j'avais réunis, et qui en fut certainement l'auteur le plus brillant à son époque, et encore aujourd'hui.

Comme déjà fait il y quatre ans, je prépare une Lecture Vivante qui était avait été prévue pour le château de la Vallée du Rhône où j'avais déjà oeuvré. Le projet n'avait pas eu de suite. Le thème en sera "L'Esprit Français et Européen". Encore que la titre n'est pas encore arrêté. J'ai cherché dans mes livres tout ce que je pouvais trouver qui cadrait avec le projet. Guitry y figure évidemment en bonne place, avec Alphonse Allais, Jules Renard, Oscar Wilde, le Prince de Ligne, et quelques autres. J'ai cru bien faire (?) de venir hors Versailles – encore que rien ne permet à cet instant de l'affirmer – pour glisser quelques nouvelles découvertes, en nombres limitées et que voici :

"Il faut laisser à Dieu le bénéfice du doute"

"Il y a des gens qui parlent, qui parlent… jusqu'à ce qu'ils aient quelque chose à dire;"

"Une femme qui part avec son amant, vous débarrasse du même coup d'une épouse infidèle !"

"Vous donner vingt ans ? Ah ! Non. Si j'avais vingt ans je les garderais pour moi"

"Article 1 : Le tabac est un poison. Article 2 : Tant pis."

"On peut faire semblant d'être grave, on ne peut faire semblant d'avoir de l'esprit."

"Il y a des femmes dont l'infidélité est le seul lien qui les attache à leur mari !"

"Une femme, une vrai femme, c'est une femme qui n'est pas féministe."

Voilà ! Le dernier "mot", aujourd'hui, ferait sans doute polémique. Encore qu'il est difficile de le contester. Mais avoir le dernier mot avec cela, c'est du panache !

Dans cette liste, sans doute que parmi ces mots brillants de Sacha Guitry, certains sont connus peut-être de l'un ou l'autre des correspondants de DVDtoile. Mais il sont moins diffusés que les autres, et peut-être trouveront-ils ici un écho favorable.

Et je termine sur un "dernier", tiré de "Quadrille", mais également présenté séparément dans les recueils :

"Elle a un mari adorable. Cela ne veut pas dire qu'on peut l'adorer, cela veut même dire exactement le contraire ! Mais il est adorable.".

Il me faudra bien un jour revenir sur "Si Versailles…" pour éclairer quelques aspects inattendus de ce film qui n'a pas été complètement exploré…


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De Nadine Mouk, le 26 décembre 2015 à 17:51
Note du film : 5/6

Devant l'usure de mes deux vieilles VHS, j'ai commandé à Noel le coffret DVD de ce merveilleux film ! Une honte ! Je crois que mes VHS sont encore de meilleure qualité que cette merde en boite !

Couleurs qui crachent, rayures, flou, mouches, son dégueulasse , etc, etc …Quel mépris pour les cinéphiles ! La gloire de la France est tombée dans de bien sales mains !


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