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Forum : Le Combat dans l'île

Sujet : Excellent premier film d'un grand cinéaste


De verdun, le 8 mai 2006 à 20:08
Note du film : 5/6

Le combat dans l'île est le premier film de Alain Cavalier et il montre une étonnante audace.

Ce film nous entraîne dans le parcours d'un extrêmiste de droite qui fait penser à l'OAS dans son idéologie et sa pratique des attentats, actualité peu montrée dans le cinéma de l'époque. C'est audacieux, surtout que le film ne se présente pas franchement comme une démonstration. Digne du meilleur cinéma italien, sans concessions et d'une force d'indignation intacte.

Le scénario est très habile et comme le style, mêle le romantisme d'un histoire d'amour cornélienne à des aspects plus austères qui annoncent la direction bressonienne du cinéma de Cavalier.

Les acteurs sont magnifiques: Romy Schneider en femme partagée en quête de liberté, et Jean-Louis Trintignant en fasciste fanatique,plus menaçant encore que dans Le conformiste de Bertolucci.

Un film atypique, rigoureux, beau et tragique,qui montre que Cavalier comme Malle, Deville et d'autres étaient au moins aussi passionnants que les cinéastes célébrés de la Nouvelle Vague.

Un film unique à redécouvrir; un dvd à l'image hélàs médiocre est diponible en Grande-Bretagne.


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De Arca1943, le 9 mai 2006 à 05:19

Verdun : « Jean-Louis Trintignant en fasciste fanatique, plus menaçant encore que dans Le conformiste de Bertolucci. »

Je n'ai jamais vu ce film d'Alain Cavalier (dont je connais seulement Le Plein de super et Thérèse). Mais vous me donnez une chouette idée de super-coffret : Le Conformiste, Le Combat dans l'île et Fiesta. Convaincant en monsieur Tout-le-monde (Vivement dimanche), en justicier de western (Le Grand silence), en jeune premier romantique (Un Homme et une femme), en juge désabusé (Trois couleurs: Rouge), en tueur psychopathe (Flic Story) ou en scénariste de comédie à l'italienne (La Terrasse), ou en assuré d'accord pour se faire rouler par son assureur (Janis et John), Jean-Louis Trintignant est aussi dangereusement convaincant en fasciste ! Voici trois gros poissons qu'il a ramenés à bord…


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De verdun, le 9 mai 2006 à 12:46
Note du film : 5/6

C'est peut-être en analysant ses films politiques que l'on voit la mieux la versatilité de Jean-Louis Trintignant: aussi bien du côté des méchants dont la vie constitue un échec complet dans Le conformiste et dans ce Le combat dans l'île que du côté du personnage juste dans Z ou dans un rôle ambigü de traitre magnifique dans L'attentat.

Pour Jean-louis Trintignant, ce n'était pas le camp du personnage qui importe mais la portée générale du film.

Et dommage que ce film de Alain Cavalier ne soit disponible que dans une île, britannique en l'occurrence.


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De Impétueux, le 15 janvier 2012 à 19:03
Note du film : 5/6

Depuis le message de Verdun, en mai 2006, le film est sorti en France, dans une édition couplée avec Libera me, de très belle qualité d'image et de son. Sur ce seul point, le message de notre ami est désormais périmé, car son analyse est fort pertinente.

Premier film remarquable, il est vrai, d'un réalisateur très atypique, très en dehors des normes et des modes, se taisant durant de longues périodes, tournant désormais des autobiographies en numérique (Le filmeur), capable de ciseler les bijoux que sont ses 24 portraits, après avoir remporté un grand succès public, avec La chamade, qui est une des meilleures adaptations de Françoise Sagan qui se puisse et un grand succès critique avec Thérèse, bluffante illustration du mystère de la Sainteté.

Premier film, donc, que Le combat dans l'île ; un film dont le scénario est partagé entre le réalisateur et Jean-Paul Rappeneau et qui est supervisé (dit le générique) par Louis Malle, dont Alain Cavalier fut l'assistant pour Ascenseur pour l'échafaud et Les amants : on a connu pires parrainages !

On retrouve d'ailleurs l'influence de Malle, beaucoup, dans les errances nocturnes parisiennes des personnages (comme celle de Florence (Jeanne Moreau, dans Ascenseur), mais aussi, singulièrement dans ce que sera, plus tard, Le Feu follet, où Alain (Maurice Ronet) croise aussi la route de l'OAS et dont le nihilisme n'est pas tout à fait sans rapport avec celui de Clément (Jean-Louis Trintignant), et où l'alcoolisme désespéré de l'un n'est pas sans rapport avec le fanatisme désespéré de l'autre (Plus de famille, plus de métier, plus d'argent, c'est très bien : comme ça, je suis un homme libre ! dit Clément à sa femme Anne – Romy Schneider -).

Les films qui mettent en scène le terrorisme de Droite sans manichéisme excessif ne sont d'ailleurs pas légion ; je ne connais, à part les deux précités, que L'insoumis, du même Cavalier, film disparu de longue date et jamais revu depuis quarante-cinq ans. Le combat dans l'île paraît se placer d'emblée dans la veine de films politiques à thèse, puis glisse brusquement dans la catégorie des films à machination (l'Univers qui s'écroule sur un type qui se sent roulé), mais s'installe ensuite dans celle des incertitudes du cœur…

Il y a du Jules et Jim, sorti le 23 janvier 1962, dans Le combat dans l'île, sorti le 7 septembre 1962 ; il y a un acteur identique, à qui est identiquement dévolu le rôle de l'amant, l'excellent mais à la diction un peu théâtrale Henri Serre ; c'est tout de même très curieux, sauf à imaginer une imbibation de Cavalier par le tournage de Truffaut. Il y a du Jules et Jim, avec une Schneider, dont ce devait être le premier rôle dramatique, et qui montre tout de suite ses immenses qualités de tragédienne ; il y a un instant, lorsqu'elle doute qu'elle pourra créer une pièce de théâtre, où elle a un regard aussi perdu, aussi émouvant que ceux qu'elle a dans le sublime L'important c'est d'aimer. Jean-Louis Trintignant, contenu, buté, incertain, fanatique montre toute la variété de son immense talent… Penser que trois mois après va sortir, en Italie, ce chef-d'œuvre absolu qu'est Le fanfaron !…

Très, très bon film, que ce Combat, à l'intrigue nerveuse, intelligente, bien contée ; une réalisation excellente, des images superbement cadrées, l'appel à l'intelligence du spectateur, grâce à des ellipses jamais obscures…

Un très beau film d'un grand réalisateur !


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