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Forum : La Reine Margot

Sujet : L'odeur de la mort...


De jean-luc, le 28 juillet 2003 à 11:24

L'angoisse, la violence, l'odeur de la mort, une écriture baroque savamment contrôlée pour un film noir, un drame romantique emprunté à Alexandre Dumas…

Ma note : 6/6


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De droudrou, le 26 août 2007 à 17:56
Note du film : 1/6

Je suis surpris d'être surpris : je croyais, en arrivant sur le forum, d'y trouver bien du mond… bien des messages et m'aperçois que la place est à peu près vide. Un seul faux romeur… pardon ! Un seul avis ! Et sa note : 6/6… Ce qui m'ennuie, c'est que celle-ci ne soit pas enregistrée officiellement. C'aurait pu faire une bonne moyenne. 4/6 pourrait être une note raisonnable.

J'avais vu le film à sa sortie. Sortant de la salle, et connaissant alors DVDToile, je lui aurais attribué la note maximale pour ne pas dire "chef-d'oeuvre". Spectacle éblouissant qui jouerait a fond sur nos émotions. Des couleurs terribles, des scènes chocs, la narration d'un "fait divers" (c'est Jean-Marie qui serait content…) de l'Histoire de France cruelle. Bref : Hollywood enfoncée. Mel Gibson obligé de surenchérir en devenant metteur-en-scène à son tour…

La reine Margot, c'est le film de l'année que l'on regarde régulièrement afin de le redécouvrir. Régulièrement quand on en a le temps !

Et comme mon épouse, profitant de cette période de vacances particulièrement ensoleillée, ne savait quoi faire, sur sa proposition nous avons regardé à nouveau "La Reine Margot".

Si l'avant dernière fois, j'estimais ne pas avoir été particulièrement marqué par le film, cette fois, c'est la chute la plus totale ! A l'issue du spectacle, je me suis posé la question de ce que j'avais vu et de ce que j'avais fait là pour passer le temps ! Plus rien ne fonctionnait. Plus rien de prenait. La mayonnaise était comme tombée (et comme en plus je ne rate jamais une seule mayonnaise… ou que j'adore qu'un plan se déroule sans accroc…) plus dure était la chute !

Mais, fait sidérant qui vaut d'être citée dans les annales, je n'étais pas le seul : à ma grande surprise, mon épouse faisait la même déclaration.

De fait, ce que je crois, c'est que le réalisateur en fait beaucoup, en rajoute beaucoup et que, bien évidemment, toute l'équipe suit. Certainement que l'époque qui nous est décrite faisait que nous n'avions pas affaire avec des saints, mais qu'il y a là une accumulation complaisante de scènes qui ne laissent plus rien à notre imagination. La démesure à laquelle nous avons droit engendre la lassitude.

Quant à Mlle Adjani, dans ce film, peut-on parler d'actrice ? Autant son apparition surprenait dans "L'Eté Meurtrier" (même si on réfute Sébastien Japrisot) on se pose ici mille questions sur ce personnage qu'elle "incarne". Que Margot ait été abusée (au propre comme au figuré) par l'Histoire, on le sait, on le comprend. Que la scène d'ouverture du film soit violente de la façon dont est arraché son acquiescement à épouser Henri de Navarre, malheureusement les scènes suivantes ne nous la rendent pas sympathique. Qu'au regard des moeurs, il y ait certains points destinés à capter notre attention, ses sentiments, son ressenti ne nous apparaissent pas. Seule est utilisée la situation. Et le film se clôt presque comme il a débuté : nous sommes sur notre faim à la fin… Des images se sont succédé. Mais au-delà, je serais tenté de dire que c'était le néant.


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De Impétueux, le 26 août 2007 à 21:06
Note du film : 1/6

Eh bien moi, cher Droudrou, c'est dès la vision initiale de cette Reine Margot présentée au Festival de Cannes 1993 (ou 94) que j'ai eu des haut-le-cœur ! A l'exception de la scène initiale – le mariage de Marguerite de Navarre – dans la cathédrale (qui est celle de Saint-Quentin, je crois), tout, absolument tout m'a paru chichiteux et inutile !

Du boulot de metteur en scène de théâtre, quoi !! Il ne me semble d'ailleurs pas, sur ce site, avoir lu le moindre soupçon laudatif sur toute la cinématographie de ce détraqué de Patrice Chéreau dont les gazettes friquées et bien-pensantes raffolent.

Les obsessions homosexuelles de cette fausse star ont commencé à m'insupporter dès La chair de l'orchidée, et ce n'est pas ses films récents qui me réconcilieront. Dommage pour l'adaptation du roman de Dumas, histoire pleine de bruit et de fureur qui se passe à une des époques les plus haletantes de l'Histoire de France…


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De tazyzas, le 26 août 2007 à 22:00

Pour un film qui est toujours considéré comme l'un des meilleurs films français du siècle par les Américains et les Anglais, vous êtes sacrément sévère! Alors en voyant ces deux messages aussi négatifs je réponds pour contrebalancer un peu votre opinion. De la musique (Bregovic) à Adjani, en passant par Virna Lisi, Vincent Pérez, Anglade, Bosé, Argento et bien sûr ces deux excellents acteurs que sont Dominique Blanc et Daniel Auteuil, tout dans ce film est une réussite. D'une très grande poésie. Un des très rares films français artistiquement ambitieux de ces vingt dernières années. Pour preuve, à travers le monde, les fans sont légions et même sur Youtube vous trouverez une multitude d'extraits, postés des quatre coins du monde. A voir absolument. Ne serait-ce que pour "la magie Adjani", à son summum et d'une beauté époustouflante.


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De droudrou, le 26 août 2007 à 22:00
Note du film : 1/6

Me sentant trop tolérant avec le film, je viens de rectifier ma note et avouerai même me sentir beaucoup mieux à l'issue…

A propos du roman d'Alexandre Dumas, c'est une tout autre leçon d'histoire que nous approchons et que la remarque de notre ami Impétueux tombe à point en me rappelant que j'en avais interrompu la lecture pour aborder "Les bienveillantes" et que depuis je m'étais laissé distraire par d'autres sujets…

Mea culpa ! Mea maxima culpa !


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De Impétueux, le 27 août 2007 à 09:03
Note du film : 1/6

Tazyzas, je ne critique pas les acteurs, pour ma part – et je veux bien admettre que le grain de folie qui accompagne la personnalité et la carrière d'Isabelle Adjani convenait parfaitement au rôle et à l'histoire. Je ne dis pas non plus que l'ambition de réaliser un grand film à costumes n'était pas méritoire. Et malgré mon aversion pour Chéreau, j'espérais bien être heureusement surpris et voyais le film sans envie aucune de le dénigrer.

Mais on aura beau faire : au cinéma, même avec de bons acteurs et de gros moyens, plus l’œuvre, précisément, est ambitieuse, plus le style du réalisateur importe…


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De tazyzas, le 28 août 2007 à 13:54

Et bien, comme beaucoup d'autres, j'avais l'impression que La Reine Margot dépoussiérait le film en costumes et offrait, précisément, une certaine modernité -utile et non accessoire comme dans certains films commerciaux américains qui introduisent d'énormes anachronismes…-, une vraie originalité du point de vue du metteur en scène. Je comprends que cela puisse dérouter -notamment l'esthétisme très sophistiqué du film- mais je suis toujours ébloui chaque fois que je le vois même si le caractère épique, romanesque, de l'histoire est parfois mis au second plan.


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De Xaintrailles, le 5 septembre 2007 à 17:31

Est-il possible que les Américains considèrent ce pur navet comme un des chefs d'oeuvre du cinéma français ? Ce serait à désespérer du bon goût dans le nouveau monde !


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De droudrou, le 5 septembre 2007 à 17:51
Note du film : 1/6

De l'autre côté de l'Atlantique, pour certaines choses, ce serait comme chez nous avec ce qu'on appelle la "coupe d'or du bon goût français" décernée au Bijhorca ! Il est des fois où ce serait assez renversant !…


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De PM Jarriq, le 5 septembre 2007 à 20:27

J'avoue que malgré ma curiosité naturelle, je n'ai jamais pu surmonter mon aversion pour Adjani et Chéreau, et oser regarder cette Reine Margot. Apparemment, d'après vos commentaires, j'ai eu raison. J'ai vu quelques films du sieur Patrice, et n'ai jamais accroché. Depuis le glauque L'homme blessé, jusqu'au semi-porno tout aussi déprimant et grisâtre Intimité, je n'arrive pas à comprendre où il veut en venir.

Comme comédien, on peut rire de sa piètre prestation, en officier français guindé dans Le dernier des Mohicans de Mann : hilarant !


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De Impétueux, le 5 septembre 2007 à 21:09
Note du film : 1/6

Je vois que, comme souvent, les bons esprits se rencontrent !


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De Steve Mcqueen, le 16 novembre 2007 à 12:25

Je suis surpris de la cabale injuste injuste et fort peu argumentée qui règne sur ce fil, concernant "La reine Margot" en particulier et Patrice Chéreau en général. Moi aussi Isabelle Adjani m'exaspère, moi aussi j'avais des préjugés sur Chéreau, simplement je les ai révisés après vision de la "reine Margot".

Chéreau ne fait pas seulement un film historique, mais aussi et surtout un film sur la mort, omniprésente, suintant à chaque image. Chéreau réalise un film sur la décadence: on peut rejeter sa vision mais certainement pas le fait qu'il va au bout de sa démarche. La violence est justifiée dans un film où la Renaissance se meurt dans un climat de passion politique et religieuse, alors même que l'esthétique baroque n'advient encore que sous la forme oppressante du clair-obscur.

Il est paradoxal qu'un film sur l'intolérance (politique, religieuse, sexuelle) déclenche justement l'intolérance de certains rédacteurs.

"ce détraqué de Patrice Chéreau dont les gazettes friquées et bien-pensantes raffolent… Les obsessions homosexuelles de cette fausse star ont commencé à m'insupporter dès La chair de l'orchidée" : en traitant Chéreau de détraqué parce qu'il filme des homosexuels, l'auteur de ces lignes tombe dans la bien-pensance qu'il dénonce. Ah non, je me trompe, c'est juste de l'homophobie nauséabonde (je ne suis pas homosexuel, ce qui n'a en soi aucune espèce d'importance, mais j'avoue que toute forme d'intolérance me hérisse)

"Comme comédien, on peut rire de sa piètre prestation, en officier français guindé dans Le dernier des Mohicans de Mann : hilarant" : cher PM Jarriq, avons-nous vu le même film ? J'ai trouvé que la composition de Chéreau était très digne, empreinte d'une certaine noblesse, incarnant un Montcalm déchiré entre son devoir et son amitié pour Magua.

"Depuis le glauque L'homme blessé, jusqu'au semi-porno tout aussi déprimant et grisâtre Intimité " visiblement lorsqu'un film parle d'homosexualité autrement que sur un mode utopiste et idyllique il est "glauque" . Enfin, qualifier "Intimité" de "déprimant" et "grisâtre" me semble – légèrement – expéditif.

Mes arguments sont sûrement naïfs et bien-pensants, mais à tout faire je préfère la naïveté et la bien-pensance à l'intolérance.

Je suis surpris de trouver sur DVDtoile, site dont j'apprécie l'érudition (PMJarriq) le bon-sens (Droudou) et les saines envolées colériques (Impétueux) un tel mélange d'amalgames douteux, de raccourcis nauséeux et d'intolérance crasse.


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De FREDDIE D., le 16 novembre 2007 à 18:25

Non, cher Steve… Ce sont juste des personnes qui ont le malheur de ne pas penser comme vous.


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De Impétueux, le 16 novembre 2007 à 18:38
Note du film : 1/6

Je m'en voudrais d'ouvrir de nouvelles polémiques, après celles qui, depuis quelques semaines, ravagent DVD Toile… mais je crois que je puis me faire comprendre de Steve McQueen, ce qui n'est pas le cas de tous mes interlocuteurs, et je lui demande de lire ces mots sans animosité particulière.

Steve McQueen me fait reproche d'avoir écrit ce détraqué de Patrice Chéreau dont les gazettes friquées et bien-pensantes raffolent… Les obsessions homosexuelles de cette fausse star ont commencé à m'insupporter dès La chair de l'orchidée et en tire des conclusions sur mon homophobie supposée, ajoutant que je tombe dans la bien-pensance.

Après lui avoir fait remarquer que la bien-pensance actuelle n'est pas particulièrement défavorable aux homosexuels, en France et en Occident en tout cas, et qu'il est même assez bien vu d'avoir goûté à Sodome, j'indiquerai que je ne me crois pas particulièrement homophobe, mais que je ne suis pas davantage homophile, gay friendly, comme on dit.

Cette tendance – est-elle un choix, comme on le dit quelquefois, ou une donnée de nature, comme on peut aussi le penser – est pour moi un bien grand mystère, dans quoi je n'entre pas, mais que je suis bien amené à admettre, ou plutôt à constater ; j'apprécie particulièrement Marcel Proust, Henry de Montherlant ; à l'occasion de sa mort, j'ai dit sur ce site que j'avais eu le privilège d'être honoré de la sympathie de Jean-Claude Brialy… : je ne suis pas de ceux qui font des pogromes de pédés.

Cela dit, ce que je réprouve, c'est la militance : et c'est ce que me semble être toute l'œuvre de Patrice Chéreau qui est un peu, au cinéma, ce qu'était, à la Littérature, Roger Peyrefitte : un type acharné à vous démontrer que, si vous n'êtes pas homo, c'est que vous refoulez vos pulsions (possible ; et alors ? je refoule chaque jour un grand nombre de pulsions : c'est, il me semble, la marque de la Civilisation) ; et même si vous n'avez pas de pulsions, vous devriez tout de même essayer.

Le droit à l'indifférence, mis en avant par des associations homo intelligentes me paraît être une excellente formule. Je regrette que Chéreau ne partage pas cette orientation.

Et il est possiblement un bon metteur en scène de théâtre, ou d'opéra – choses qui me laissent parfaitement indifférent – mais un exécrable cinéaste.

Je persiste et signe. Mais finalement, vous savez, le combat pour l'orthographe et les nanards français a beaucoup plus d'importance à mes yeux !


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De Steve Mcqueen, le 16 novembre 2007 à 18:40

C'est vrai ça, chacun pense ce qu'il veut ! si on fait l'apologie de l'intolérance sur un site de cinéma, où est le problème ?


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De Arca1943, le 16 novembre 2007 à 19:22

La méfiance exprimée par Impétueux à l'égard des différents corporatismes identitaires équivaut-elle à de l'intolérance? Je n'en suis pas sûr.


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De s é p i a, le 16 novembre 2007 à 19:26
Note du film : 3/6

Je fréquente beaucoup et j'aime les homosexuels, je vomis la Gay-Pride !

Je suis une femme et je crache sur "les chiennes de garde" !

Et il est tout à fait vrai que patrice Chéreau fait comme l'odeur du poisson : Il insiste….La différence, oui. Le prosélytisme imbécile, non !


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De Steve Mcqueen, le 16 novembre 2007 à 19:43

Je parlais d'"intolérance" avant qu'Impétueux ne précise sa pensée ( fort bien, d'ailleurs).


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De Impétueux, le 11 septembre 2016 à 17:50
Note du film : 1/6

Je n'ai pas vraiment besoin que mes points de vue soient partagés par d’autres, mais tout de même quand je lis sur la notice Wikipédia de Patrice Chéreau, (sous la plume enamourée d'un journaliste de Libération) qu'il est perçu comme un metteur en scène de l'hystérie, de la transe et du corps-à-corps, je ne suis pas mécontent d'avoir trouvé toujours que c'était un bien piètre réalisateur de cinéma.

C'est en voyant (et revoyant – pour ma part, c'était la troisième fois) La reine Margot, qu'on prend conscience de ce qu'est un vrai cinéaste : quelqu'un qui sait choisir, sans que le spectateur en ait vraiment conscience, l'orientation des plans qu'il filme et le rythme de leur projection. Chéreau doit avoir cru qu'il suffisait, par rapport au statisme du théâtre (où le spectateur est enchaîné à son fauteuil) de remuer frénétiquement sa caméra et de syncoper son montage. Si on ajoute à ce remue-ménage bons acteurs, beaux costumes et décors expressifs, on a la recette du succès et de l’œuvre d'art.

Ben non, ça n'est pas ça du tout ; ce n'est pas une question de moyens, c'est une question de regard.

Dès lors qu'importe un scénario qu'on est allé chercher du côté d'Alexandre Dumas, qui fournit tant d'intrigues, principales et secondaires, qu'on pourrait en tourner dix films, qu'importe qu'on bénéficie de considérables moyens financiers, qu'importe qu'on ne mégote ni sur le bruit, ni sur la fureur, ni sur le sang, ni sur les perversions, réelles ou supposées, des derniers Valois, qu'importe qu'on prétende traiter comme une histoire de gangsters les convulsions dramatiques d'une des pires crises historiques que la France a connue : ça ne marche pas. (Sur ce dernier point, notons que c'est un usage habituel des metteurs en scène de théâtre ou d'opéra de décontextualiser l’œuvre représentée et de faire jouer Le misanthrope en complet veston et Bérénice en redingote ; ces gens-là qui pensent que leur regard est plus important que le texte qu'ils sont censés servir…).

Le film est d'une longueur repoussante et d'une complaisance servile envers tous les tics du cinéma excité. Cinéma exaspérant, épuisant, ahuri. Et célébré par tous les gogos des Cahiers du cinéma. Rien n'est étonnant.


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