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Forum : Le Déjeuner sur l'herbe

Sujet : Beauté picturale


De cormega, le 22 avril 2006 à 13:48
Note du film : 6/6

Le Déjeuner sur l'herbe est un véritable chef-d'oeuvre de jean Renoir. Rarement je n'ai vu un film français d'une telle beauté picturale. Ce film est un hymne à l'amour et surtout un hommage à la nature qui nous entoure. Le professeur Etienne Alexis (Paul Meurisse) défenseur de la fécondation artificielle abandonne toutes ces théories lorsque une tempête sévit pendant son déjeuner sur l'herbe et qu'il y rencontre par hasard Nénétte, une jeune provinciale. le film aborde des thèmes surêment novateurs pour l'époque, comme l'impact de la télévision, l'Europe plusieurs fois citée et bien sûr la fécondation artificielle. La musique du film, très moderne également, apporte une exaltation supplémentaire. Enfin, les acteurs sont très bons, Paul Meurisse en tête totalement hallucinant..


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De Impétueux, le 22 avril 2006 à 14:34
Note du film : 2/6

Même si la fin de carrière de Jean Renoir est encensée par certains, qui tiennent Le déjeuner sur l'herbe, Le testament du docteur Cordelier ou Le caporal épinglé pour ses plus purs chefs-d'œuvre, je trouve, pour ma part, que le grand artiste a perdu un peu de prise sur son époque !

A mon sens, son dernier grand film est davantage French cancan qui date de 1955.

Ce qui ne m'empêche pas d'apprécier cet hymne païen et sensuel, à l'anecdote très artificielle, aux allures de conte philosophique, illuminé par l'immense talent de Paul Meurisse et la radieuse beauté de Catherine Rouvel.


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De Arca1943, le 22 avril 2006 à 18:17
Note du film : 4/6

Ce Déjeuner sur l'herbe est un agréable marivaudage, où Paul Meurisse trouve un personnage qui semble taillé sur mesure. Je suis d'accord que ce n'est pas un chef-d'oeuvre, même si j'ai toujours eu un faible pour ce film. Mais surtout, j'avais adoré Le Caporal épinglé, avec l'irrésistible Jean-Pierre Cassel, vu à la télévision, il y a des lunes. Je serais curieux de le revoir, celui-là…


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De Impétueux, le 30 août 2011 à 22:57
Note du film : 2/6

Comment est-il possible que j'aie pu, lors de mes premières visions du Déjeuner sur l'herbe avoir tant d'indulgence souriante pour cette ridicule pantalonnade à peine sauvée par quelques images réussies d'arbres séculaires et d'herbages ondoyants ? Ce film qui se veut une fable sceptique, aimable et édifiante, une sorte d'hymne à la vie naturelle opposée au progrès technique est tellement bêta, tellement niais, tellement prétentieux, dans sa fausse simplicité qu'on peine à reconnaître qu'il a été réalisé par le même cinéaste que celui qui fit Le crime de Monsieur Lange et La grande illusion.

Je n'ai pas pour Jean Renoir l'estime démesurée que beaucoup lui portent, lui préférant – d'assez loin ! – les plus noirs et sarcastiques Duvivier, Autant-Lara ou Clouzot ; mais les deux films cités plus haut, l'enchantement de French cancan, quelques belles séquences de La règle du jeu, quelques grincements du Caporal épinglé le placent tout de même haut dans mon panthéon personnel. Et, en fait, ce que je préfère de lui, c'est sans doute l'absolue réussite d'Une partie de campagne, tissée d'une grâce triste comme tout.

Mais Le déjeuner sur l'herbe ! Qu'est-ce que c'est que ce trémoussement burlesque, ce conte à prétention philosophique, cette volonté de cocasserie qui tomberait continuellement à plat si des numéros d'acteurs ne venaient soutenir tant bien que mal l'édifice ?

Sans doute, Paul Meurisse est-il lunaire et élégant, et dresse par ses attitudes et ses jeux d'allure le personnage du Monocle noir qu'il incarnera quelque temps plus tard ; oui, Fernand Sardou est, comme souvent, d'un naturel parfait ; oui, Charles Blavette possède ce grain d'un mystère qui ne rend pas totalement invraisemblable son personnage de chevrier sorcier ; et, si l'on veut, Catherine Rouvel offre une sensualité instinctive et païenne qui s'accorde bien avec les lumineux paysages dans quoi elle s'ébat.

Mais ça ne suffit pas, et ça n'embraye jamais vraiment ; le monde naturel opposé au monde artificiel, Apollon opposé à Prométhée, la grande revanche Panique (au sens de Jean Giono : le dieu primal de la nature, le grand Pan), c'est un thème intéressant, mais extrêmement casse-gueule et Jean-Jacques Annaud s'est ramassé une des gamelles les plus mémorables du cinéma de tous les temps, lorsqu'il a réalisé Sa majesté Minor qui prétendait représenter un monde dispensé des carcans et tabous qui sont la seule source de la Civilisation.

Jean Renoir, grand bourgeois à l'abri du besoin, physiquement assez lâche (voir à ce propos ce qu'en dit Jeanson) a sans doute dit tout ce qu'il avait à dire en quelques films. Le reste, comme la peinture de son papa, si appréciée des fabricants de chocolats médiocres qui parent de la reproduction de ses tableaux les boîtes et ballotins que les braves gens offrent à Noël, est tout de même un peu du procédé, pour ne pas dire de l'esbroufe.


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De vincentp, le 26 septembre 2011 à 18:24
Note du film : 6/6

122 visites aujourd'hui sur cette fiche. On suppose que une classe de troisième a une rédaction à produire à propos du Déjeuner sur l'herbe. Mon conseil aux élèves (pour avoir une bonne note) : inspirez-vous de mes écrits, mais surtout pas de ceux d'Impétueux.


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De Impétueux, le 27 septembre 2011 à 11:48
Note du film : 2/6

Ô potentiels élèves de Troisième, suivez le conseil de Vincentp : vous n'aurez pas de mal à obtenir, consensuellement, une note entre 8 et 12 ; mais si l'un d'entre vous a l'esprit un peu aventureux, qu'il se fonde sur mon commentaire : il a des chances d'avoir 18… ou le risque de ramasser 2…

Comme on disait, de mon temps Audaces fortuna juvat !


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De vincentp, le 27 septembre 2011 à 14:48
Note du film : 6/6

"Le reste, comme la peinture de son papa, si appréciée des fabricants de chocolats médiocres qui parent de la reproduction de ses tableaux les boîtes et ballotins que les braves gens offrent à Noël, est tout de même un peu du procédé, pour ne pas dire de l'esbroufe."

Il est difficile de soutenir ce point de vue à propos de Auguste et Jean. Une rédaction de troisième ou terminale n'est pas que l'emploi de grands mots (type "pantalonade") mais aussi et avant tout une réflexion argumentée. J'aurais du mal à mettre 18/20 à un devoir rédigé comme votre billet (d'humeur). Et j'essaierais de découvrir l'événement psychanalytique à la base de celui-ci.

Mais voilà peut-être tout simplement de votre part une chronique destinée à faire parler les bavards, à créer une polémique hebdomadaire et spectaculaire dont se délecte tant la société humaine et dont raffolent les sites internet (l'affaire DSK-Diallo-Banon, les porteurs de valise, l'affaire du médiator, etc etc…). On voit bien que certaines polémiques (notamment celles liées à la vie politique et à l'audiovisuel sont clairement des coup-montés pour mettre leurs auteurs sous le feu des projecteurs).

J'apprécie tout particulièrement les journalistes courageux, qui interrogent actuellement les protagonistes de l'affaire du mediator, et débusquent des malversations. Ils ne risquent pas grand-chose ! Mais voilà qui nous éloigne du cinéma et de Renoir.


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De Impétueux, le 27 septembre 2011 à 17:48
Note du film : 2/6

Ne vous emballez pas, ami Vincentp et reconnaissez moi le droit absolu de ne pas beaucoup apprécier la peinture d'Auguste Renoir, de préférer les peintres pompiers aux peintres impressionnistes, au contraire de l'opinion à peu près unanime. Voilà qui n'a aucun rapport avec DVDToile (quoique… toile, tout de même…) mais enfin il n'est pas interdit de trouver Gérôme ou Gervex plus intéressants que Van Gogh ou Cézanne… Preuve de mauvais goût ? Sans doute ? Et alors ?

Quant au cinéma, je n'ai jamais été un admirateur absolu de Jean Renoir et ça transparaît dans tout ce que j'ai écrit sur ses films : admirateur déterminé du Crime de Monsieur Lange, d'Une partie de campagne, de La grande illusion, de French cancan, je le suis moins de La bête humaine ou de La règle du jeu et pas du tout du Fleuve ou du Testament du Docteur Cordelier.

Je trouve que Renoir est un cinéaste malin comme un singe, quelquefois même assez roublard, capable de films merveilleux, mais aussi de trucs pas très intéressants… Tous les cinéastes sont ainsi, allez-vous me dire ? Sûrement, sans doute… ça ne retire rien à mon point de vue !

Quant au reste, vous dites fort justement que cela nous conduit bien loin du cinéma. Au contraire de vous, je ne crois ni à la morale, ni à la pureté en politique et, même, je m'en méfie comme de la peste (Comme disait je ne sais plus qui, Jeanson, je crois, Un pur trouve toujours un plus pur qui l'épure !). Robespierre et les Khmers rouges étaient également incorruptibles…. Brrr…

Mais vous le dites, aucun rapport…


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De vincentp, le 28 septembre 2011 à 14:06
Note du film : 6/6

Si, il y en a un : l'art mérite que l'on établisse à son égard des jugements objectifs, pondérés, et argumentés. On peut pas mettre Auguste Renoir et l'inconnu Gervex sur le même plan. Leur apport à la peinture n'est pas similaire. Dans le domaine du cinéma, on ne peut mettre Renoir en dessous de Zulawski, comme vous le faites.

De même, il ne viendrait à personne l'idée de mettre un 2/6 à la Tour Eiffel (à moins d'avoir de bons arguments, et pas seulement une humeur à son sujet, liée à un vertige ou des gaz de visiteur) !


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De vincentp, le 28 septembre 2011 à 21:37
Note du film : 6/6

Je crois que Impétueux est sonné dans les cordes par mon dernier argument.

Il me fait penser à Ward Bond dans Gentleman Jim. Sans doute son prochain message va-t-il consister à reconnaître publiquement et humblement sa défaite.


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De Impétueux, le 28 septembre 2011 à 22:54
Note du film : 2/6

Revenons à nos moutons, et à notre discussion. Je suis toujours surpris, en vieux réactionnaire de droite que je suis, cher Vincentp, de vous voir révérer les situations acquises et d'avoir le respect inné de ce que la Critique (prise dans un sens général et normatif) nous impose ; j'admets volontiers que, aux yeux de ceux qui sont les arbitres de l'Art (avec un grand A), tel quatuor de Beethoven soit de la plus grande musique que l'Intermezzo de Cavalleria rusticana de Mascagni ou que le duo de Lakmé et de Mallika de Delibes (ne me dites pas que vous ne connaissez pas : ce sont, respectivement, le générique de Raging Bull et la scène de séduction des Prédateurs). N'empêche que Beethoven, en général m'ennuie.

Les mêmes sachants ont porté aux nues Visconti ou Antonioni, qui m'insupportent, et méprisé Risi, qui me parle profondément… Ils ont raison, j'ai tort, mais ça ne change rien à ma manière de voir…

Et, pour revenir à la peinture, je ne me renie pas non plus : les verts violents, les violets vifs, les roses carminés de Renoir ne m'intéressent nullement ; j'étais, il y a longtemps, gêné de cette indifférence jusqu'à ce que, lors d'une visite au musée d'Orsay, je ne me sois rendu compte que cette peinture là était faite en série : la vision perspective d'une certaine quantité des œuvres de ces peintres, réunie dans une même salle montre le côté industriel de cette peinture (encore plus visible chez Monnet, qui a multiplié les Cathédrales de Rouen, les Couchers de soleil et les Nymphéas en faisant mine d'épater le bourgeois et en touchant des fortunes).

Vous ne connaissez pas Gervex ? Vous avez bien tort, ou vous vous faites moins instruit que vous n'êtes. D'abord tout le monde (enfin…presque) connaît Rolla

et puis, si le cœur vous en dit, allez donc voir un peu, à Carnavalet, cette merveille du Pré Catelan 1900 ; vous me direz si vous ne préférez pas ça à ce grand serin de Renoir… Et si vous ne préférez pas, laissez moi le faire…


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De vincentp, le 28 septembre 2011 à 23:37
Note du film : 6/6

"Était faite en série : la vision perspective d'une certaine quantité des œuvres de ces peintres, réunie dans une même salle montre le côté industriel de cette peinture (encore plus visible chez Monnet, qui a multiplié les Cathédrales de Rouen, les Couchers de soleil et les Nymphéas en faisant mine d'épater le bourgeois et en touchant des fortunes)"

Le but étant bien évidemment de cerner les variations de la lumière sur une même figure, pas de produire de façon industrielle.


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De Gilou40, le 29 septembre 2011 à 14:24

…encore plus visible chez Monet, qui a multiplié les Cathédrales de Rouen, les Couchers de soleil et les Nymphéas en faisant mine d'épater le bourgeois …

Parce que ça, La pie, ça ne vous épate pas ?? L'ombre de cette haie qui semble manger la neige au fur et à mesure que le soleil décline ? Avec un filet de citron, peut-être ? Tant pis…


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De Impétueux, le 29 septembre 2011 à 19:48
Note du film : 2/6

Non, non, non, ça ne m'épate pas du tout ; mais je suis assez peu compétent en la matière.

J'aime beaucoup plus les grandes machines du type Jean-Paul Laurens

-L'excommunication de Robert II le Pieux -

ou du type mondain (Georges Clairin)

 – c'est Sarah Bernhardt -.

Mais bon… on revient au cinéma ?


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