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Sujet : Un monument....


De verdun, le 22 avril 2006 à 03:14
Note du film : 1/6

..d'ennui!!

Dans mon souvenir, ce film est une adaptation de la Genèse désarmante de platitude, l'une des oeuvres les plus médiocres de John Huston.

Bertrand Tavernier et Jean-paul Coursodon avaient raison d'écrire qu'il s'agissait "d'un des films historiques les plus déshonorants jamais tournés, où l'on trouve moins d'idées que dans une aventure de Maciste bâclée par un tâcheron de Cinecitta et où seule la présence de Huston, remarquable en Noë, à la fois gateux et maladroit parvenait à sauver quelques plans" ("Cinquante ans de cinéma américain",page 559).

Il est vraiment dommage soit sorti depuis belle lurette en dvd alors que le magnifique Reflets dans un oeil d'or du même Huston, qui a pourtant un potentiel commercial fort grâce à Marlon Brando et Elizabeth Taylor n'est toujours pas annoncé….


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De PM Jarriq, le 22 avril 2006 à 10:02

Si. La merveille tirée du roman de Carson McCullers arrive bientôt en zone 1, dans une collection Brando ! Et il était temps. A noter que Reflets dans un oeil d'or est le premier film d'un figurant nommé Harvey Keitel.


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De Arca1943, le 22 avril 2006 à 14:57
Note du film : 2/6

Désastreux ! Je le savais, pourtant. Mais bon, sur la pochette du DVD, il y avait la mention «and with Eleonora Rossi Drago as Lot's wife», et dans un moment de faiblesse… Je serais curieux de connaître l'histoire de cette production. Les contacts de John Huston avec l'Italie n'ont guère été heureux, dites donc : comme acteur, il a aussi joué dans "Tentacules", aux côtés d'Henry Fonda


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De verdun, le 22 avril 2006 à 19:58
Note du film : 1/6

L'histoire de cette Bible est simple: en 1963, Dino de Laurentiis a, dans un accès de mégalomanie, l'idée d'un projet grandiose. Quatre grands réalisateurs doivent réaliser LA BIBLE: Robert Bresson est charger de réaliser la séquence sur la genèse, Fellini doit filmer le déluge, Orson Welles doit retracer l'histoire d'Abraham et d'Isaac, Luchino Visconti doit quand à lui réaliser la séquence sur Joseph. John Huston est charger de surveiller la cohérence artistique du projet. On parle de Maria Callas pour jouer Sarah et de Laurence Olivier pour incarner… Dieu. Igor Stravinsky est pressenti pour composer la musique.Il existe une photo d'époque où l'on voit réunis De Laurentiis, les scénaristes et les géants Visconti, Welles et Bresson.

Puis comme on le sait, il n'est resté que Huston pour filmer les premiers livres du LIVRE. Dommage que le projet pharaonique n'ait pas abouti, celà n'aurait pas eu de mal à être mieux que le résultat que nous connaissons aujourd'hui.


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De DelaNuit, le 24 mai 2008 à 17:44
Note du film : 4/6

Je trouve ces commentaires peu élogieux exagérés en ce qui concerne cette adaptation de La Bible, ou du mois du livre de la Genèse, par John Huston.

Le film n'est peut-être pas un chef d'œuvre, il est sans doute trop long, mal équilibré, et il est particulièrement déservi par des scènes nocturnes trop sombres et un son de mauvaise qualité dans la version française du dvd actuellement disponible sur le marché.

En revanche, affirmer qu'il contient moins d'idées que le pire épisode des aventures de Masciste me semble relever d'une certaine mauvaise foi.

On peut au contraire constater avec intérêt comment Huston use des aventures et paraboles bibliques au service des thèmes qui lui sont chers : questionnements existentiels de l'être humain, manque de compréhension entre les hommes ainsi que vis-à-vis de Dieu, quêtes impossibles vouées à l'échec.

Dès le départ, la compréhension ente les êtres au jardin d'Eden tourne mal : mauvais conseils du serpent envers Eve, puis d'Eve à Adam, irrespect de l'interdiction divine (le fameux fruit défendu) dans une quête de connaissance et de puissance de l'homme le menant à sa perte : le bannissement du jardin et la souffrance mortelle. Cette première quête illusoire de l'homme annonce toutes les autres, et notamment celles du cinéma de Huston : quêtes du faucon maltais, du trésor de la Sierra Madre, de L'homme qui voulut être Roi

Dès la génération suivante, cela empire : Caïn (Richard Harris)tue son frère Abel dont le labeur et le sacrifice ont été agréés par Dieu, alors que les siens ne l'ont pas été sans qu'il comprenne pourquoi.

Les descendants de Caïn n'évoluent pas dans le bon sens, et Dieu décide de remettre les compteurs à zéro. C'est l'épisode du Déluge et de l'Arche de Noé, et John Huston se donne le rôle même du patriarche sauveur de l'humanité et des races animales dans cette partie du film que semble toucher la grâce. Lorsque les eaux se retirent et que les survivants du Déluge, hommes et bêtes, se dispersent à nouveau sur la terre purifiée, on est porté par l'espérance que tout va s'arranger.

Illusion encore une fois. Voici l'épisode de la tour de Babel, que les hommes construisent pour monter jusqu'au ciel. Encore leur éternel rêve de puissance et de connaissance, encore voué à l'échec.

Et voici le souverain absolu Nemrod (étonnant Stephen Boyd, ex-amant devenu ennemi de Ben-Hur, méconnaissable sous son maquillage et ses yeux durs cernés de khôl) gravissant les marches de la tour jusqu'à son sommet pour viser le ciel de son arc et décocher une flèche contre Dieu ! Comment ne pas songer au délire mystique du capitaine Achab poursuivant la baleine blanche pour la détruire, parce qu'elle personnifie pour lui la puissance divine qui le dépasse et l'oppresse, dans Moby Dick, autre film de John Huston ?…

Résultat des courses ? Dieu envoie son souffle sur les hommes et les disperse sur la terre. Ils useront désormais de langages différents et seront définitivement condamnés à ne se plus comprendre…

Et voici le patriarche Abraham (George C. Scott), guidant son peuple, fort d'une alliance avec l'Eternel et de la promesse d'une nombreuse descendance… Il est d'ailleurs marié à l'une des plus belles femmes du monde, Sarah alias Ava Gardner, qui lui ouvre les bras sous sa tente de bédouin, lui susurrant : « Que mon seigneur et maître entre dans son jardin et qu'il en goûte les fruits ».

Mais Huston est implacable dans l'exposition des échecs humains : à peine Abraham et Ava – pardon, Sarah – s'enlacent-ils que la voix-off tombe comme un couperet : « Hélas, Sarah était stérile… »

Reste la possibilité, prévue dans la Loi sacrée, de faire un enfant à sa servante égyptienne… Mais que d'incompréhensions et de conflits résulteront de cette tentative maladroite de détourner l'obstacle : la servante méprise sa maîtresse et sera bientôt bannie avec son enfant. On ne peut pas dire que depuis, la descendance de ce dernier et celle des fils d'Israël s'entende à merveille !

Et puis voici les trois anges, portant tous le visage de Peter O'Toole, venus punir les habitants de Sodome et Gomorrhe de s'être égarés sur la route des plaisirs et de la cruauté sans limites…

Lorsque l'Ange annonce à Sarah qu'elle va tomber enceinte malgré son grand âge, elle rit : éternelle incompréhension, de l'humain vis-à-vis de Dieu même… qui trouvera son aboutissement dans le commandement divin donné à Abraham d'immoler son fils unique tant attendu sur l'autel de son dieu…

Et là, la difficulté de compréhension de l'homme, sa tentation de se révolter sont poignants : tuer son fils unique, conçu qui plus est avec Ava Gardner ! ! !

Alors, si ce film n'est pas parfait, malgré ses belles images et sa pleïade de stars, il traite néanmoins de thèmes importants, à la fois au regard de la filmographie de Huston, et des questionnements humains en général, et certains pourront considérer qu'il mérite pour cela le détour.

Une fois le film achevé (1966), Huston quittera les déserts bibliques pour poursuivre son exploration des incompréhensions et tragédies humaines dans un cadre plus contemporain (curieusement, sur une musique du même compositeur : Toshiro Mayuzumi) avec Reflets dans un œil d'or (1967)… Mais ceci est une autre histoire…


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De droudrou21, le 26 octobre 2009 à 11:12

vrai je m'étais ennuyé comme pas un en allant voir le film et avais été exaspéré avec les apparitions de Stephen boydd et Peter O'Toole ! Loin d'être génial quand certainement il y avait matière mais les ambitions démesurées des producteurs aboutissent souvent à des catastrophes hélas ! même si je comprends parfaitement le cadre de l'intervention de notre ami Delanuit et j'attends avec impatience de lire les impressions de notre Frétyl national !


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De DelaNuit, le 26 octobre 2009 à 13:42
Note du film : 4/6

J'admets en effet que si cette Bible présente un certain intérêt du point de vue des thèmes et réflexions abordés, sa réalisation demeure assez poussive, avec des longueurs et un manque de rythme. Plus proche donc en terme de réalisation de La chute de l'empire romain que des Dix commandements


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De droudrou21, le 26 octobre 2009 à 17:06

Laurent puisque tu évoques La chute de l'Empire romain en verra-t'on une nouvelle mouture en dvd à la suite de la demi-heure de film qui avait été retrouvée ? Et que saurais-tu nous dire sur ce sujet toi qui es particulièrement bien documenté ? Quelle désolation ce film où l'on voit Mel Ferrer et James Mason à faire pitié !


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De DelaNuit, le 26 octobre 2009 à 17:36
Note du film : 4/6

Je n'en sais toujours rien pour la sortie d'une version plus longue de La chute de l'empire romain. J'attends et j'espère ! J'ignore d'ailleurs si ce serait une bonne idée vu que la version connue a déjà des longueurs… Mais de nouvelles péripéties avec un nouveau découpage, cela peut changer les choses…

Quant à la réalisation, je ne trouve pas qu'elle soit si mauvaise que ça. Certes moins grand public que d'autres films épiques tels que Les dix commandements, mais avec de beaux moments. Et je trouve que James Mason et Mel Ferer, bien qu'en seconds rôles, réussissent à rendre leurs personnages intéressants. Enfin, le second est assez méconnaissables en devin aveugle prenant en main la destinée de l'empire (tout un symbole !) tandis que Mason, s'il est loin de ses premiers rôles de capitaine Némo (Vingt-mille lieues sous les mers) ou de Hollandais Volant (Pandora !) est à mon sens toujours moins pitoyable qu'en vieux prof amoureux d'une nymphette dans Lolita !


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De fretyl, le 3 janvier 2010 à 23:12
Note du film : 2/6

Droudrou et Arca m'avaient heureusement mis en garde, lorsque j'avais annoncé mon intention de voir ce film. C'est donc avec circonspection et en me disant à l'avance que je risquais d'être déçu, que j'ai commencé à regarder La bible.
Et finalement… Ils avaient malheureusement raison ! Non seulement on s'ennuie, mais le pire, c'est que ça dure trois plombes !! Et durant ces trois heures, rien, absolument rien pour tenter d'innover, d'étonner…

Serait-ce par peur de commettre une imprudence ? Il est vrai, qu'avec les films religieux, autant dans les années soixante, qu'aujourd'hui, une faute, une erreur historique, des raccourcis, ou des prises de position peuvent facilement créer la polémique, chez les pratiquants qui iront voir ça, avec la plus grande fermeté.
La passion du Christ de Mel Gibson a permis de le constater récemment.
Ce qui fait, que les millions de dollars de recette, sans doute utilisé pour ce film, font de La bible une espèce de publicité sans âme, de ce que peut être la religion. Le genre de film ou l'on diffusera certaines séquences aux enfants en cours de catéchisme pour mettre en image les chapitres les plus importants de la Genèse, mais dont le spectateur cinéphile et passionné ne pourra rien tirer !

Drôle d'idée aussi d'avoir demandé à John Huston, qui n'était habituellement pas, un réalisateur, que l'on peut qualifier d'eau de rose, de prendre en charge une entreprise aussi frigide.


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De droudrou, le 5 janvier 2010 à 13:31

je crois qu'un problème essentiel du film vient du public lui-même l'attente d'effets spéciaux comme à l'époque des dix commandements qui avait précédé et une figure de proue telle Charlton Heston ! !"


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De Arca1943, le 5 janvier 2010 à 14:27
Note du film : 2/6

Je me rappelle avoir pensé la même chose qu'après avoir vu et entendu la Bible rendue en rimettes gnangnan dans la comédie musicale française (sic) Les Dix commandements : même moi, qui suis un affreux mécréant doublé d'un mange-curé, je n'oserais infliger aux croyants un sort aussi peu enviable ! Il y a tout de même des limites !


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De Impétueux, le 5 janvier 2017 à 17:25
Note du film : 1/6

Avoir voulu embrasser dans un film qui dure pourtant près de trois heures les 22 premiers chapitres de la Genèse, c'est-à-dire du premier segment (qui en compte 50) du Livre majeur de l'Humanité (qui comprend 39 ensembles de textes pour le seul Ancien Testament) était un projet honorable, mais d'évidence promis à la catastrophe. Gageure impossible à tenir, mais aussi trop long feuilleton décousu marqué par une absence totale de spiritualité, ce qui peut se concevoir, mais aussi de distance avec le texte. Sans doute peut-on créditer les scénaristes (dont, paraît-il, Orson Welles) d'une grande honnêteté et d'un respect méticuleux des textes, mais ça ne suffit évidemment pas à rendre compte de récits complexes et légendaires sur lesquels a pris racine la Foi de milliards de gens.

L'émotion et la ferveur sont bien davantage présentes dans l'invocation pourtant totalement hollywoodienne de Moïse/Charlton Heston dans Les dix commandements qui dompte la Mer Rouge et rassure les Hébreux apeurés : L'Éternel combattra pour nous : contemplez Sa puissance ! que dans la superproduction appliquée de John Huston, qui s'attache donc à trois segments de la Genèse : la création du monde, Noé et le déluge et l'histoire d'Abraham avec, en intermissions, si je puis dire, l'épisode de la tour de Babel et la destruction de Sodome et Gomorrhe. À dire vrai on se demande à la fois pourquoi on filme tout cela et pourquoi on ne filme que cela. Cela donne au film une sorte de déséquilibre permanent, des longueurs insupportables, une pesanteur d'ennui exemplaire et puis, de temps en temps quelques belles fulgurances.

Ainsi par exemple la représentation de la construction de l'Arche, son architecture intérieure, son atmosphère ; grande réussite également que la tour de Babel, vraiment impressionnante ; et – le meilleur à mes yeux de tout le film – l'entrée de Loth (Gabriele Ferzetti) et des anges (dont Peter O'Toole) dans la puanteur orgiaque malsaine de Sodome, aux silhouettes d'abord furtives, puis apparaissant immondes. J'ai songé là aux images effrayantes, démoniaques de la boîte de nuit sado-maso d'Irréversible de Gaspar Noé, qui s'appelle Le rectum.

Mais de belles images ne font pas forcément un film : il manque évidemment – je le clame et le proclame ! – ce qui fait, quelle que soit sa longueur, la qualité d'un film : le rythme. Et La Bible en manque si cruellement qu'on s'ennuie ferme alors que la beauté, la richesse, la puissance, la signification des récits qui la composent devraient permettre d'être constamment transporté sur les flots de la plus belle histoire jamais contée.

J'ajoute que les acteurs connus (Ava Gardner, Stephen Boyd, Peter O'Toole, Eleonora Rossi Drago) ne semblent être là que pour faire des piges et toucher leur cachet, que la version française souffre d'un son épouvantable, à peine audible, mais bénéficie (pour la voix off) du timbre magnifique de François Chaumette.

Et enfin, last but not least que ma petite-fille (de 5 ans) que j'avais appâtée en lui parlant du Paradis terrestre et des animaux de l'Arche s'est presque autant ennuyée que moi. Et il n'est pas contestable qu'un film qui ne parvient à émerveiller ni les jeunes enfants, ni les presque vieillards doit quelque part souffrir d'un grave problème.


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De verdun, le 6 janvier 2017 à 00:14
Note du film : 1/6

J'aimerais revoir ce film pour la séquence où Huston himself incarne Noé. Votre commentaire ne me donne pas envie de revoir ce film…

A noter que le film devait réunir au générique Bresson, Visconti et Orson Welles qui devaient chacun réaliser un sketch en vue d'un film collectif comme il y en eut beaucoup dans le cinéma italien des années 60.


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De DelaNuit, le 6 janvier 2017 à 09:24
Note du film : 4/6

Sans doute cette Bible de John Huston décevra les croyants puisque le réalisateur n'a pas cherché à glorifier une foi ou une religion mais comme dans le reste de son oeuvre à poursuivre sa thématique de l'échec, en exprimant ici particulièrement les difficultés de communication et de compréhension entre les hommes et vis à vis de Dieu. Cette incompréhension continuelle, ajoutée aux longueurs, fait naître un malaise et rend finalement cette évocation des origines mythiques de l'humanité pesante, voire mortifère. Sans doute rend-elle compte de la vision d'un non-croyant – approche tout aussi légitime et intéressante en elle même – alors qu'on pourrait s'attendre à ce qu'un tel sujet, avec l'ampleur attendue et le coût de production associé, soit au contraire traité avec foi et conviction, suscite une exaltation. Un péplum particulièrement inattendu et déroutant, donc ! Mais qui a le mérite de traiter ce thème important de notre culture d'une façon inhabituelle. Encore faut-il savoir à quoi s'attendre avant de le visionner !


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De Impétueux, le 6 janvier 2017 à 18:39
Note du film : 1/6

J'ai dû mal m'exprimer ou employer les mauvais mots, ou des mots qui prêtent à ambiguïté dans mon avis : je ne reproche pas au film de ne pas se conformer à mes convictions, ce qui n'aurait aucune importance : je lui en veux, pour une histoire aussi fabuleuse, (et on peut prendre ce fabuleux, dans tous les sens, y compris étymologiques) de manquer totalement de souffle.

Il y a du souffle dans Le seigneur des anneaux, par exemple, qui décrit un monde parallèle, sans apparente référence au corpus biblique, il y a de la grandeur, de la noblesse, de la vibration. Mais La Bible d'Huston n'est qu'un catalogue d'images et de récits disparates sans élévation.


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De Nadine Mouk, le 6 janvier 2017 à 22:15

je crois que beaucoup d'histoires "fabuleuses" ont manquées de souffle au cinéma : 1492, Christophe Colomb, Germinal, le Pasteur de Guitry, Hiver 54, l'abbé Pierre et d'autres … Mais ce sont, en comparaison avec la Bible, des sujets plus intimistes , si je puis dire …


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De DelaNuit, le 7 janvier 2017 à 12:26
Note du film : 4/6

Je suis d'accord avec Impétueux sur le fait que La Bible de Huston de porte pas d'élévation. Mais il me semble que c'est justement là l'expression de sa pensée : pour lui, cette religion écrase l'homme au lieu de l'élever. Dieu ne se préoccupe pas d'être compris par les hommes, il leur ordonne et leur impose les choses, un point c'est tout. Il est cette force immense qui impose son pouvoir et que le capitaine Achab combat sous l'aspect de la baleine blanche dans Moby Dick du même Huston.

Ce film est donc en parfaite cohérence avec la pensée pessimiste du réalisateur et avec le reste de son œuvre, et c'est là que se situe son intérêt. Le côté pesant, mortifère du film n'est pas de ce point de vue quelque chose de raté mais une approche différente du mythe de la création selon laquelle Dieu écrase l'homme au lieu de l'élever. C'est l'approche de Huston, on n'est pas obligé de la partager. Elle peut aussi faire réfléchir à la façon dont la religion peut provoquer du malaise et non de l'exaltation chez certaines personnes, elle n'est en tout cas pas ce qu'attend un croyant de ce sujet. Ce qui m'étonne surtout, c'est que qu'un film aussi coûteux ait pu être produit et distribué avec une telle approche du sujet ! A mon avis, les producteurs étaient plus soucieux d'argent que de spiritualité, et n'ont pas perçu ce que contient le film de dérangeant.

Quelle idée aussi de confier à Huston, le cinéaste de l'échec, un film sur ce qui devrait être une élévation !


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