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Forum : Un Crime au paradis

Sujet : Un crime au paradis... de la pertinence


De moâ, le 21 mars 2006 à 06:42
Note du film : 0/6

Le remake de La Poison n'est pas un film simplement raté, c'est un saccage délibéré. Mièvreries et édulcorants à tous les niveaux permettent d'aseptiser l'oeuvre de Guitry pour la mettre au goût du jour. Et comme l'original est devenu pratiquement introuvable en édition (une seule cassette VHS pour l'ensemble des vidéothèques municipales de Paris) et qu'il ne faut pas compter sur la télé pour une diffusion, ç'en est fait pour l'opinion du jeune public. Ainsi donc, comme on le lui a toujours rabâché, Sacha Guitry, c'est effectivement vraiment naze ! Merci monsieur Remake.


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De paul_mtl, le 21 mars 2006 à 13:16
Note du film : 4/6

L'ensemble du film est plutôt moyen mais il y a de tres bonnes scenes en particulier

la rencontre entre Dussollier et Villeret, sans oublier la prestation de Daniel Prevost.


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De moâ, le 26 mars 2006 à 09:56
Note du film : 0/6

La scène de recontre en Dussolier et Vileret est bonne car elle est pile poil calquée sur l'original… qu'il faut absolument voir  !


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De paul_mtl, le 26 mars 2006 à 14:12
Note du film : 4/6

Ok moa, je vais revoir La poison d'autant qu'il y a une apparition de Louis de Funes que je me rapelle pas mais je suis certain que le l'avocat interpreté par Dussollier m'a davantage séduit que celui dans l'original.

Quand a Jacques Villeret face a Michel Simon c'est bcp moins facile a choisir.

Et effectivement le scenario du remake a des lourdeurs vers la fin que l'original n'a sans doute pas mais de la a mettre 0/6 il faut pas exagerer non plus. ;)


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De Impétueux, le 26 mars 2006 à 22:52

En fait, c'est, je pense, la question de remakes de films qui ont trop marqué, par leur spécificité, nos imaginaires, qui se pose. Quelles que soient les qualités et les défauts de la resucée, on a trop dans l'oreille la voix de l'original pour pouvoir tolérer la reprise.

Est-ce qu'on peut concevoir La grande illusion sans la morgue aristocratique partagée parde Fresnay et de Von Stroheim, sans la rage froide de Gabin, la gouaille de Carette ?

Pour ma part, je ne le pense pas..


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De paul_mtl, le 11 août 2007 à 01:37
Note du film : 4/6

Finalement je prefere légerement la comedie "remake" à l'original malgré la presence de Michel Simon et la mise en scene de Sacha Guitry.

Le casting est un peu plus homogene et riche dans ce remake, avec l'accusé Jacques Villeret, l'avocat de la défense André Dussollier, le procureur Daniel Prévost et la poison Balasko. Le ton est plus leger et orienté comedie que l'original avec sa poison vraiment horrible. Merci Mr.Jean Becker.


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De azurlys, le 6 mars 2008 à 13:32

En plongeant dans les films présentés en début de forum, je reste un peu perplexe devant la décision qui a conduit à ce choix. Non pas que tout celà ne vaille pas tripette – encore que la question se pose aussi de cette façon – mais parce ce qu'il n'y reste que peu de chose de Guitry, hors mis le point de départ.

D'une façon générale, il y a dans le cinéma de Sacha Guitry un ton, une distance, un sens de la dérision qui colle aussi à des sujets sombres, comme par exemple "La Vie d'Honnète Homme" sans qu'il y ait de rupture de ton, où l'on sent bien un regard usé par les désillusions, les trahisons, dont certaines sont probablement plus éloignées dans le temps que la triste aventure qui fut celle de l'auteur à la Libération. Toute son oeuvre ultérieure s'en ressent, même si le brio, l'éclat, l'esprit – dont j'ai vaguement l'impression que l'on ne fait guère état ici, hélàs – et le cynisme compensent pour une part l'amertume. On se demande comment certains ont pu prétendre de Sacha Guitry qu'il était léger et superficiel, alors que la surface claire et drôlatique de ses oeuvres cache souvent des replis bien pessimistes.

Or, cette alchimie de l'esprit, cette légèreté apparente, ce sombre éclat qui en font la saveur, sont à peu près absents dans les films refait récemment. Et si je dis "à peu près", c'est sans doute pour éviter "complètement".

Peut-être certains films sont-ils acceptables. Je pense à "Quadrille", dirigé par Valéry Lemercier. Au reste, la question est de se demander de prime abord par quels méandres en est-on arrivé à solliciter cette sympathique comédienne pour diriger un film, et où avait-on pris que ses capacités le lui permettaient ? Il en reste un film qui n'est pas déplaisant, avec des idées de décors, de recherches de couleurs acidulées étonnantes, sur lesquelles il conviendrait cependant de s'interroger sur l'utilité de cet attirail décoratif, pour tout dire joli mais un peu superflu, et dont le texte de Guitry ne tire aucun profit. De très piquantes répliques, jouées modernes, n'y trouvaient sûrement pas leur miel, comme :

  (deux femmes parlent d'une troisième, absente)
  • … D'ailleurs, elle a un mari adorable. Celà ne veux pas dire qu'on peut l'adorer. Du reste celà veut dire exactement le contraire ! Mais il est adorable.

Jolie réflexion, brillante en apparence, mais qui dissimule une pensée plus aigüe. En effet, quand on "adore", on le fait silencieusement. Etre adorable, c'est déjà voir l'autre beaucoup plus éloigné… Un peu comme "être charmant" – d'une certaine façon tout le monde l'est, enfin au début… Ensuite on est bien forcé d'apporter des correctifs ! – alors qu'"avoir du charme" relève d'une toute autre perception.

Pour "Un crime au Paradis", faut-il s'étendre ? Là encore, ce n'est pas un film indigne, mais on est dans une pochade épaisse dans laquelle Josiane.Balasko parvient à être une caricature d'elle-même, ce qui le confine à la performance… Jacques Villeret s'en sort mieux, mais c'était un comédien très habile, chez lequel on pouvait sentir des fractures intimes. En somme, rien de Guitry, pas même le texte, et l'on a retenu que le fil conducteur pour aboutir à un résultat qui ne faisait pas dans la dentelle ! Je serais bien passé au cimetière Montmartre, ou le cher Sacha repose avec son frère Jean, son père et sa dernière épouse – celle dont il disait "elle me fermera les yeux et ouvrira mes tiroirs" – il avait vu juste : c'est ce qu'elle a fait -, pour lui demander son avis sur ce "Crime…", mais j'ai l'impression de connaitre sa réponse. Pour le consoler (rien que ça !…), j'y poserai quelques fleurs, comme je le fais de temps à autre quand mes pas me conduisent dans cette direction, histoire de rendre un modeste hommage à son génie – certains parlent de Molière, et d'autres, plus récents, ont évoqué Marivaux – et le remerçier de toutes les joies que son oeuvre m'a procuré.

Coté cinéma d'après son théâtre, cinq films avaient été convenus avec les ayant droits. Celà a donné "Désiré" avec J.P. Belmondo et Beatrice Dalle (!), "Le Comédien" de Christian de Chalonge, si je ne me trompe pas, avec un Michel Serrault à peine acceptable, "Quadrille" de V. Lemercier, et deux autres titres qui m'échappent. Dans quelque temps je vous conterai ici les raisons de cette insolite décision et des résultats… inégaux – c'est le moins que l'on puisse dire – qui en furent le résultat. Il me faudra simplement d'user de voiles et d'appliquer sans doute des masques sur l'histoire, mais le temps me manque aujourd'hui.

Et comme je voudrais laisser le dernier "mot" au Maître, en voici un (un seul, mais j'en prépare d'autres, du moins si l'on veut)

  • On peut faire semblant d'être grave, on ne peut pas faire semblant d'avoir de l'esprit !

A bientôt


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De fretyl, le 7 janvier 2017 à 13:18
Note du film : 1/6

Quelle idée !!! Mais quelle idée de vouloir remettre au gout du jour ce qui était une farce cynique, cruelle, sans pitié qu'était La poison ! Le film de Becker est bien gentillet ; Villeret y joue les pauvres types, là ou Simon était finalement assez immoral. Je passe sur la deuxième partie du film ou les dialogues sont pompées à 80 % sur ceux de l'original.
Le film n'est plus qu'une farce villageoise ou l'on y voit des seconds couteaux assez minables ; Roland Magdane ou Valérie Mairesse.

Mais tout de même on a fait nettement pire dans le domaine du remake. Il reste Dussolier en avocat ; les scènes qu'il a avec Villeret demeurent parfois assez drôle. Et c'est quasiment tout. La musique de Pierre Bachelet… La scène ou Balasko brule la collection de timbres du pauvre Villeret réussi à déranger une comédie vaguement trop tranquille. Je ne me souviens plus si dans l'original Michel Simon était lui aussi dans la philatélie ?

Becker a fait beaucoup mieux sans pour autant réaliser des chefs d’œuvres : Les enfants du marais ou L'été meurtrier.

Est-ce que ça mérite la moyenne ? Non, mais on a vu récemment des reprises tellement pires : L'auberge rouge, Le deuxième souffle, La fille du puisatier que l'on restera indulgent pour ne pas mettre un zéro à cette gaffe de cinéma Français.


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