Forum - Marianne de ma jeunesse - Souvenir très pur d'une histoire romantique
Accueil
Forum : Marianne de ma jeunesse

Sujet : Souvenir très pur d'une histoire romantique


De jpdebandol, le 27 février 2006 à 21:09
Note du film : 5/6

J'ai vu ce film il ya 50 ans déjà! Mais le souvenir très pur de cette histoire romantique est encore très fort en moi. Je demande un DVD au plus vite.


Répondre

De SALCHAT, le 7 décembre 2006 à 17:09

La réédition de ce film en vhs a été mise sur le marche par l'éditeur Atlas, il y a quelques années. On trouve parfois, (rarement), la cassette en vente d'occasion sur les sites les plus connus;


Répondre

De Impétueux, le 7 décembre 2006 à 19:04
Note du film : 2/6

Je crois (je n'ai jamais vu ce film) que c'est un des plus grands bides de la carrière de Julien Duvivier, qui n'en compta pas énormément. Le romantisme échevelé et onirique ne lui allaient sans doute pas beaucoup. C'est sans doute pour rebondir qu'un an plus tard il réalisait le noirissime Voici le temps des assassins.

Mais, fan de Duvivier, je vote, pour avoir peut-être un jour, une intégrale !


Répondre

De azurlys, le 1er décembre 2007 à 13:42

J'ignore, comme le dit Impétueux, si "Marianne de ma jeunesse" fut un bide, mais il apparait un peu comme un ovni dans l'oeuvre souvent sombre de Duvivier, (un peu comme le fut "Miquette et sa Mère" dans celle de Clouzot) mais il souhaitait adapter "Le Grand Meaulnes", d'Alain-Fournier, et il semble s'être heurté aux difficultés que lui opposait la soeur de l'écrivain, Isabelle Rivière, Gardienne sur le seuil, et protectrice farouche de l'oeuvre. Dejà Cavalcanti avait voulu faire un film de ce roman, et dû renoncer pour des motifs financiers. Là, Isabelle Rivière entendait intervenir dans le scénario, le choix des comédiens, et assurer en outre une sorte de surveillance sur le tournage. Duvivier qui n'avait pas la réputation d'être souple, mit un terme aux exigences exprimées et partit en claquant la porte.

Plus tard, les circonstances lui mirent sous les yeux un petit livre caché sur l' étagère d'une bibliothèque. C'était "Douloureuse Arcadie", de Peter von Mendehlsson. L'auteur, réfugié à Londres depuis la guerre, était devenu journaliste, et fut très étonné qu'on ait pu le retrouver après si longtemps et surtout que l'on ai pu se souvenir de son livre, avoué comme une oeuvre de jeunesse et, pour tout dire, oublié.

Mais Julien Duvivier s'était aperçu des nombreuses analogies entre les deux ouvrages et décida alors d'adapter ce qui lui avait été impossible avec le "Grand Meaulnes". Celà ouvrit sur une coproduction franco-allemande, dirigé par André Daven et tournée de l'autre coté du Rhin. Deux version différentes – comme lors des débuts du "parlant" – furent tournées, l'une en Français, l'autre évidemment en Allemand.

Pierre Vaneck y faisait sa première apparition à l'écran, dans le personnage de Vincent dit "l'Argentin", et le rôle était repris en Allemand par Hort Bucholsz, qui fait du reste une apparition comme figurant, dans la version française, pendant la séquence au cours de laquelle des pensionnaires du Collège d'Heiligenstad demandent à Vincent de chanter des airs de son pays d'adoption, l'Argentine, en s'accompagnant à la guitare. Les comédiennes qui jouent les deux héroïnes, en revanche, apparurent l'une et l'autre dans les deux versions, Marianne Hold (dont je ne connais rien d'autre que cette interprétation) et Isabelle Pia. Jean Yonnel, celèbre comédien du Français (qui donna un temps, détail piquant, des cours de diction au Gal. De Gaulle) jouait le "chevalier" dans la maison étrange ou se cachait Marianne. Les extérieurs de la maison forte, furent les mêmes que ceux utilisés pour la maison natale de "Sissi", charmante guimauve viennoise, dans la série de Ernt Mariska.

Il est exact que le romantisme un peu forcé – les fumigènes utilisés dans les sous-bois pour simuler la brume ! – "insistait" trop, et l'ensemble souffre d'une distribution disparate imposée par la co-production. De son coté, Marianne (Marianne Hold) présente un stéréotype de femme idéale tel qu'on l'imagine à seize ans, robe à godets, corsage arachnéen – mais soigneusement chaste -, visage lisse, voix retenue et murmurée, et fait un peu penser à la "Juliette" empesée, jouée par Suzanne Cloutier, dans le "Juliette, ou la Clé des Songes", de Marcel Carné (1951).

Le film reste malgré tout envoutant, attirant, et a su préserver la nostalgie qui émaille le souvenir des amours enfantines, ou adolescentes, comme c'est le cas ici. Les paysages bavarois, et les chateaux – dont celui construit par Louis 1er de Bavière, le père ou grand père de Ludwig II, que l'on connait mieux, grâce à Visconti – ont une indiscutable séduction, servis par une excellente photographie en noir et blanc. Et il débouche sur une fin ouverte et une question : la Marianne qui a rendu Vincent si fasciné et amoureux, existe-t-elle réellement ? Le réalisateur se garde bien de trancher et la réponse est en chacun de nous…

C'est un film très estimable, en dépit de quelques pesanteurs, et je vote pour un DVD, avec, si possible un bonus abondant, des scènes coupées, des parties de la version allemande qui n'a jamais été montrée en France… et des interview(s) des comédiens encore parmis nous, Pierre Vaneck, Isabelle Pia – loin des studios depuis longtemps – et quelques autres qui pourraient ou voudraient encore participer.


Répondre

De Arca1943, le 1er décembre 2007 à 15:27

« …et fait un peu penser à la "Juliette" empesée, jouée par Suzanne Cloutier, dans le "Juliette, ou la Clé des Songes", de Marcel Carné (1951) »

Heille toé, pas un mot contre not' Suzanne Cloutier nationale, c'tu clair ? (Remarquez que je n'ai toujours pas vu ce Carné, mais c'pas grave, tabarnac. C't'un… Voyons, comment est-ce que c'est qu'on appelle-tu ça…? Ah oui : c't'un casus belli !)


Répondre

De Impétueux, le 1er décembre 2007 à 18:11
Note du film : 2/6

Je dois à la vérité de dire que nous avions déjà eu un fort bref échange, ami Arca, précisément sur le fil de Juliette ou la clé des songes, film naïf et même niais de Marcel Carné et que, à l'instar d'Azurlys, je ne trouvais pas que votre payse Suzanne Cloutier ait eu quelque argument pour marquer un esprit aussi délié que le vôtre.

Votre adulation restera donc pour moi un mystère, tant que je n'aurai pas vu Marianne de ma jeunesse, qui se fait bien attendre…


Répondre

De Arca1943, le 1er décembre 2007 à 19:20

Pur chauvinisme de ma part, reconnaissons-le d'emblée. D'autant que je n'ai pas vu le film ! LE grand rôle de ma compatriote Suzanne Cloutier au cinéma fut dans Othello d'Orson Welles, où elle compose à mon avis une Desdémone du tonnerre. Puis elle est devenue madame Peter Ustinov et on ne l'a guère revue, sauf dans quelques films de son mari, puis en très vieille dame dans un film récent d'André Forcier, La Comtesse de Bâton-Rouge (1998). Sa carrière au Canada – carrière bilingue, comme celle d'autres grands de chez nous tels Jean Gascon ou Geneviève Bujold – fut essentiellement théâtrale, car dans les années 50, le cinéma ici était embryonnaire, pour ne pas dire virtuel.

Cela dit, elle a joué aussi pour votre bien-aimé Julien Duvivier, dans un film de 1949 que je n'ai pas vu non plus… et où elle est forcément excellente !


Répondre

De azurlys, le 4 décembre 2007 à 14:42

Facheuse la réaction sur le constat – hélas exact- d'une Juliette "empesée" dans le film de Carné (51). Navré, mais la pauvre Suzanne Cloutier, disparue, je crois en 2003, n'était pas en cause. Et ce qui était empesé, vous l'avez deviné, était Juliette, que le héros cherche dans son rêve égaré dans le pays de l'oubli. Je ne serais pas aussi sévère qu' Impétueux sur "Juliette et la Clé des songes". Mais là encore le romantisme est forcé, même si les images sompteuses, les décors de Trauner (les intérieurs du château, notamment, et bien sûr, la forêt)les dialogues de… (j'allais écrire Georges Neveux, mais je crois que c'est inexact), tirés de sa pièce de théâtre, composent un ensemble rare – le thème du songe prémonitoire – dans le cinéma français.

Celà dit, Suzanne Cloutier a été une bien meilleure Desdémone avec Orson Wells que la Juliette étrangement amidonnée dont personne, à ma connaissance, n'a expliqué cette allure de poupée sortant de sa boite, et la singulière direction par Carné vers ce ton languissant, en complêt décalage avec le reste du film ponctué parfois de quelques zests d'humour (le "Barbe-Bleu" de Jean-Roger Caussimon).

Que l'on se rassure. L'actrice n'était pas en cause ! Il fallais simplement que je le soulignasse. C'est fait.


Répondre

De azurlys, le 4 décembre 2007 à 15:09

PS : J'ajoute un point qui va sans combler d'aise Impétueux : la "Juliette", présentée à l'époque au Festival de Cannes, avait été taxé – le film, bien sûr – de "somptueuse erreur" par André Bazin, célèbre critique du moment, et le film fut un échec commercial cuisant, l'un des plus grave des années cinquantes, avec celui de "Lola Montès" d'Ophuls.


Répondre

De luluter, le 22 mai 2008 à 01:40
Note du film : 6/6

Bonsoir. Je suis parvenu à copier une VHS sur un DVD. Résultat: acceptable! Moi aussi ce film hyper romantique me hante merveilleusement. Je l'ai vu en 1956… Si vous le souhaitez, vous pouvez me contacter.

J'entends ta voix, Vincent ! Depuis vingt années, elle me relie à notre adolescence ; j'entends ta voix ! Elle est le sortilège qui ressuscite le vieux château cerné de forêts et d'animaux farouches. Ce château d'Haeiligenstatd où nous connûmes. Ce château des brouillards que ta présence peupla de mystères et de rêves. À l'appel de cette voix dont l'écho hante encore les sous-bois, les sentiers d'ombre s'entrouvrent ; à son ordre magique, la nuit escamote les clairières des forêts, et le château se dresse dans ma mémoire comme il surgissait jadis des aurores. J'entends ta voix, Vincent Loringer, voyageur du bout du monde… d'un autre monde peut-être…

Tu es venu Vincent, et tout s'éveilla…


Répondre

De PM Jarriq, le 21 août 2008 à 11:33

Pour prévenir les admirateurs patients de Duvivier, que Marianne vient enfin de sortir !


Répondre

De Freddie D., le 21 août 2008 à 12:41

Je l'ai vu à la Fnac.


Répondre

De PM Jarriq, le 21 août 2008 à 12:45

Fort heureusement, non. Je crois, vu la jaquette, qu'il est sorti chez LCJ, comme La kermesse héroïque. A vérifier.


Répondre

De Impétueux, le 2 novembre 2008 à 13:15
Note du film : 2/6

Le thuriféraire quasi absolu de Duvivier que je m'honore d'être a regardé hier soir Marianne de ma jeunesse et s'interroge encore sur les motivations obscures qui ont pu pousser son réalisateur favori sur ces chemins-là, même si les excellents commentaires d'Azurlys l'ont quelque peu éclairé.

Parce que, à ce niveau de ratage (qui en devient presque fascinant), on ne peut que s'interroger. Qu'est-ce qui a poussé le noir Duvivier à s'enticher d'une histoire aussi ridiculement niaise et nunuche, directement gobée de la grande tradition des grands romantiques allemands, romantiques qui, quand ils ne zigouillent pas la moitié de l'Europe, rêvent de la faire pleurnicher d'amour éthéré ? Grande est ma perplexité !

Je peux supposer que Duvivier, soucieux de prouver Urbi et orbi qu'il n'était pas que le cinéaste des merveilleux ratages de mecs poursuivis par une forme de Fatalité, a voulu changer totalement de registre pour prouver et se prouver des choses (la réalisation des deux premiers Don Camillo juste auparavant n'étant qu'une insolite parenthèse de commande). En fait, il réagit comme Zola qui, agacé des accusations de saleté perverse qui frappent la série des Rougon-Macquart, décide de consacrer un des vingt volumes de la série à une histoire pure : et ça donne Le Rêve, roman invraisemblable et grotesque où les amateurs de L'Assomoir, de Pot-Bouille et de Germinal, dont je suis, s'interrogent sur la réalité de ce qu'ils lisent. Pas plus que Zola, Duvivier n'était fait pour la mièvrerie et le romanesque, c'est tout…

Donc, film raté, terriblement raté, à dialogues et ton d'une emphase à hurler de rire, plaqués sur une histoire d'une naïveté confondante.

On peut difficilement caractériser le jeu des acteurs principaux : si ni Pierre Vaneck, ni Gil Vidal n'ont été des étoiles de première magnitude du cinéma français, on ne peut pour autant leur imputer des situations ou des propos que les meilleurs acteurs du monde n'auraient pu soutenir, tant ils sont cocasses…

On ne peut pourtant dire que c'est un vague machin de commande, tourné à la va-vite puisque, en sus du tournage de deux versions, l'une française, l'autre allemande, comme le rappelle Azurlys, il y a le choix d'un grand spécialiste, Jean d'Eaubonne, pour les décors, d'un grand compositeur contemporain, Jacques Ibert, pour la musique ; il y a des paysages admirables de montagnes et de lacs, des forêts embrumées, des angles de filmage magnifiques : la patte de Duvivier est présente, vigilante, attentive : simplement, l'histoire n'est pas pour lui…

Et ça donne donc un des films de pensionnat les plus ratés que je connaisse, cent, mille coudées au dessous des mondes enchantés des Disparus de Saint-Agil, des Anciens de Saint-Loup, ou même de la Cage aux rossignols

Pourtant, y resongeant, je ne peux pas complètement nier que cet échec absolu ne soit pas aussi, en plus, envers et contre tout, un peu fascinant…


Répondre

De stronibein, le 18 novembre 2009 à 15:46
Note du film : 5/6

Marianne de ma Jeunesse, au romantisme échevelé, était le film préféré de Duvivier, comme il le dit dans une interview sur un bonus de l'un de ses DVDs (précisément celui de "Marianne, je pense).

Personnellement, j'ai eu le coup de foudre pour ce film quand, ado, je l'ai vu à la télévision pour la première fois au ciné club de Marcel l'Herbier.

Mon affection ne s'est jamais démentie avec le temps et je me réjouis de son édition en DVD.

Je signale au passage que l'actrice Marianne Hold est décédée en 1994 à l'âge de 61 ans..


Répondre

De vincentp, le 3 avril 2010 à 21:35
Note du film : 3/6

"Pas plus que Zola, Duvivier n'était fait pour la mièvrerie et le romanesque, c'est tout… " dixit Impétueux.

Je n'ai également pas goûté ce film de Duvivier, qui n'est tout simplement pas dans son élément. De grands moments (par exemple, l'arrivée de Lise, ou le concert en sa présence), à la tonalité cruelle et ironique. Mais ceci est parcellaire.

L'histoire de la biche et du chevalier est incroyablement mièvre.

Tu es venu Vincent, et tout s'éveilla… clame haut et fort le compagnon de Vincent, personnage qui m'a rappelé "Petit cheval" de Little big man.

Merci du compliment. Mais la vérité est bien différente : je suis venu effectivement, et ai failli m'endormir.

Assises à mes côtés dans la salle, deux dames, qui ont dit ceci : "je ne connais pas ce film, je me suis renseignée sur internet". La propagande menée par Stronibein et Azurlys en faveur de "Marianne" et du chateau de Haeiligenstatd produirait-elle ses effets jusqu'à la Cinémathèque française ?


Répondre

Installez Firefox
Accueil - Version bas débit

Page générée en 0.038 s. - 5 requêtes effectuées

Si vous souhaitez compléter ou corriger cette page, vous pouvez nous contacter