"Ben, il est trop gros, ton poème."

soit à l'origine de la notoriété populaire et internationale de Marco Ferreri
? Vincent Malle, producteur du Souffle au coeur
qui avait défrayé la chronique deux ans plus tôt, va connaître un autre scandale avec ce nouveau film dès sa présentation à Cannes. Ce qui n'empêchera pas La Grande bouffe
, représentant français, d'en repartir avec le "Prix FIPRESCI" (ex aequo avec La Maman et la putain
de Jean Eustache
... co-produit par un certain Vincent Malle). Le film ferait-il autant sensation s'il était présenté aujourd'hui pour la première fois ? Probablement. Les moeurs ont pourtant, depuis plus de trente ans, bien changé et les spectateurs ont été habitués à en voir de "vertes et de pas mûres" au cinéma. Mais ce qu'il visait, objectivement et subjectivement, reste en effet toujours d'actualité. Qu'on le veuille ou non, qu'on l'apprécie ou pas, le quatorzième film de fiction du réalisateur lombard, sous son seul nom, a marqué significativement et durablement le cinéma.

et le plus inspiré des réalisateurs de teen movies. Provocateur et grossier dans la forme, le cinéaste ne cherche pas à flatter nos plus vils instincts, il les tourne, au contraire, en dérision avec cette fable absurde et surréaliste. Et le choix de la France, pays de Rabelais et de Sade, de la "bonne bouffe" et du "French Lover" pour lui servir de cadre, n'est pas anodin. Ce gavage organisé, imaginé par l'ancien élève vétérinaire Ferreri
, n'a pas pour objectif de dénoncer le traitement inhumain fait aux palmipèdes de tous poils, mais de souligner la part animale de l'homme, cultivé de surcroît, et son triste sort lorsque la volonté n'est plus soumise à la raison (un des piliers centraux des métaphysiques cartésienne et kantienne). Et le fait que quatre acteurs aussi renommés (conservant, comme Andréa Ferréol
, leur vrai prénom) se soient prêtés, sans retenue, à ce scénario particulièrement inconfortable ne donne que plus de poids à cette métaphore satirique. Vu sous cet angle, le film est d'une grande originalité et d'une profonde pertinence. La dimension politique de cette critique est également manifeste puisque certains dialogues, signés par Francis Blanche
, n'hésitent pas à faire référence au Tiers-monde. Comme souvent, la réalité dépasse la fiction et la société de consommation (dont l'une des significations est synonyme de destruction), exécrée par Ferreri
, pourrait être, aujourd'hui, encore davantage stigmatisée.
Dans ma longue, longue carrière de spectateur, commencée il y a plus de cinquante ans, je suis sorti avant la fin du film une seule fois : devant cette Grande bouffe
qui m'a semblé insupportable de veulerie et de laideur. je ne crois pas que je tenterai de raviser mon jugement en regardant le DVD...
(Pour être honnête, j'ajoute que je me suis endormi avant la fin d'Out of Africa
...).
Je comprends ta réaction, tout en me disant que tes autres choix filmiques ont dû être bien sélectifs pour t'avoir épargné d'autres sorties prématurées.
Crois-tu sincèrement que la veulerie et la laideur que tu évoques à propos du film soient réellement plus insupportables que celles du spectacle de notre société ? Quand il se trouvera assez de monde pour "sortir de ce film là", le bon goût et le raffinement risquent de ne plus être du tout au menu des réjouissances !
Je suis sûre qu'à l'époque des 11 commandements
, le film de Marco Ferreri
est bien plus supportable et subtil que le souvenir qu'on en a.
Belle critique AlHolg de cette comedie-dramatique italienne.
Je crois que ce film merite 4/6 même si j'ai été décu en le revoyant (en partie).
D'ailleurs je l'ai inseré dans mon top 200 des comedies italiennes avec 6/10
principalement pour la perfomance des acteurs (Mastroianni, Tognazzi, Piccoli, Noiret et la sensuelle Andréa)
Les films de Marco Ferreri
sont tres souvent provocateur.
@Impetueux
Je l'ai pas vu en salle mais j'imagine que l'impact devait etre plus grand
que devant mon petit ecran TV.
Un des rares films ou je suis sorti de la salle de cinema etait
Rien sur Robert
avec F.Luchini qui avait un malaise dans une salle de bain.
J'etais a l'epoque pas tres bien et j'ai ressenti le même malaise en le voyant si mal.
Juste avant de repartir au bahut, j'ai fait une petite pose Dvdtoile et j'ai eu envie d'en savoir un peu plus sur un film dont j'ai toujours entendu parler avec degôut. La grande bouffe est un film qui a défrayé la chronique parce que, si je comprends bien la critique de AlHolg, il y est question comme je le savias d'un suicide collectif dû à une trop gande ingérence de bouffe. Mais je pensais aussi, que les protagonistes se suicidaient en s'adonnant en plus au sexe à outrance(ce pourquoi la venue des dites putes). Pourtant d'après le topic, il n'en est rien. J'ai crû comprendre que le plus grand nombre de scènes se passent dans la bouffe,en fait.
Je ne vois pas bien l'intérêt que peut apporter ce film que je trouve même un peu ecoeurant car voir des mecs succomber à la nourriture alrs que d'autres crèvent la faim, ça me choque un peu !Enfin, je n'ai peut-être pas tout saisi. Je sais que j'en avais parlé à un oncle fan de cinéma et qui comme moi essaye d'en apprendre toujours plus sur les sites consacrés et qu'il m'avait dit que ce n'était pas si vulgaire que ça. Alors pourquoi avoir plus ou moins mis ce film à l'index ?J'aimerais en savoir plus combler mes lacunes, moi qui pensais avoir affaire à un film de sur-nutrition et d'overdose de sexe, je crois que ce n'est pas vraiment le cas.
Le cinéma de Ferreri
est avant tout métaphorique ; la grossièreté ou la vulgarité généralement dénoncées par ceux qui ne le comprennent pas ne sont que des arguments, volontairement provocateurs, appuyant son illustration.
Un film est bien souvent une fiction... une création artistique qui s'éloigne la plupart du temps des réalités quotidiennes...
Je vous conseille de lire les commentaires de notre collègue "Starlight"... Il s'agit d'un suicide collectif d'un groupe d'amis qui sont épicuriens et portés sur la "bouffe" (la bonne bouffe)... On ne connait pas les raisons profondes de cette décision définitive... Un mal-être de la part de ces "hommes" qui ont la cinquantaine et qui semblent avoir tout connu dans leurs vies professionnelles et privées... Une décision qui montre que l'avenir pour eux n'existe plus... la lassitude et l'absence de projets les conduisent à cette impasse...
Un très beau film qui donne à réfléchir sur notre choix de vie et... le choix de notre mort !
Pamina, vous semblez connaître ce film, il n'y est donc nullement question de sexe. Pourtant je croyais que c'était aussi dans leur forme de suicide ?
A mon avis le "sexe" est secondaire !.... Andrea Ferréol est l'Ange exterminateur qui assiste et conduit nos protagonistes jusqu'à leur mort... Elle représente la "mère", la "soeur", l'"amante"...
La "Femme" qui procrée, est aussi associée à la "Mort"... et la boucle est bouclée !

