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Forum : Le Loup des Malveneur

Sujet : Mystère cantalou

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De Impétueux, le 20 février 2006 à 12:29
Note du film : 2/6

Le scénario paraît séduisant et la distribution m'intrigue ! Et voir Madeleine Sologne dans un film QUI N'EST PAS L'éternel retour me changerait !


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De Azurlys, le 23 décembre 2009 à 14:32

LE LOUP DES MALVENEUR (1943)

Le hasard fait que je revois en ce moment ce film de Guillaume RADOT, un peu oubliés l'un et l'autre. La cassette, provisoirement immobilisée entre deux séquences, m'attend avec la patience infinie des objet inanimés, dont on peut se demander s'ils ont réellement une âme. Dès que j'aurais un moment, j'y cours ! La VHS, de provenance inédéfinie vaut se qu'elle vaut, et la copie est médiocre. Il est vrai que nous étions en période de privation – qui ont duré, soit dit pour les plus jeunes, jusqu'en 1948 -, et que les pellicules photographiques souffraient aussi des carences de fabrications. Il se pourrait également que la cassette soit partie d'une copie 16m/m.

Le film fait partie de la courte série de huit oeuvres tournées pendant l'occupation allemande, sur les onze cents films créés à cette époque, notamment par La Continentale, firme allemande, mise sur pieds par le Dr. GREVEN, passionné de cinéma, et qui réussit le tour de force de ne pas produire un seul film de propagande allemande. Les films fantastiques n'ont jamais été un "truc" français. Il semble que nous soyons incapable de faire ce genre de chose, sauf à tourner vers le merveilleux (La Belle et La Bête, Orphée, L'Eternel Retour.). Il y a quelques exemples inverses, mais si rares, par exemple "Jasper", avec Lise DELAMARE, qui y fit sans doute sa dernière apparition au cinéma. Mais là, sous contrôle allemand, les films américains ne nous parvenaient plus, et les amateurs des films d'Universal ne trouvaient pas leur compte. Il peut être également intéressant d'indiquer que le cinéma était très fréquenté – pas de télévision, radio surveillée – que les salles étaient souvent pleines, même si des motifs annexes pouvaient l'expliquer : l'hiver elles étaient chauffées, ce qui n'était pas souvent le cas dans les appartements…

L'atmosphère de ce film est plutôt bien venue, même si l'ensemble est un peu bancal. On reste sur le seuil, et le thème de l'homme-loup est exprimé avec trop de prudence. Le prétexte "scientifique" des expériences conduites par le personnages joué par Pierre RENOIR est trop mince pour entrer, hélàs, dans un délire à la "Frankenstein" (celui de James Whale, de 1931). Mais cela reste une agréable surprise, les dialogues sont fortement charpentés, un peu littéraires, savent construire les phrases qui conviennent dans une histoire qui se veut hors du temps (pour l'Occupation, c'était ce que le public attendait), et l'interprétation est plutôt bonne. J'ai découvert quelques avis avant la rédaction, dont celui d'Impétueux tout heureux d'y savoir une Madeleine Sologne moins chi-chi, les yeux un peu vides et les cheveux de noyés (ils reviennent à la mode en ce moment) quelle arborait dans l'ETERNEL RETOUR. Et il semble qu'elle y est plus joyeuse, au moins une partie de l'histoire. En revanche, je reste un peu sur la réserve quant au jeune premier fadasse, sourire permanent comme pour une pub et dont j'ignore l'identité, du moins au moment où je rédige ces lignes. Je lui trouve un air gourde assez pitoyable. Pour les autres, pas de problèmes : les comédiens solides, Pierre RENOIR, Gabriele DORZIAT, Louis SALOU (Le comte de Montray des ENFANTS DU PARADIS), savent utiliser les phrases qui leurs ont été confiées, en gommant, s'il le faut, les quelques excès littéraire du texte.

Le chateau des extérieurs doit être, selon toute probabilités, le Château d'Anjonis, dans le centre de la France, à moins d'y voir le Château de Val, là où Jean MARAIS grimpait le long de la parois grâce à des poignards enfonçés dans la muraille (Le CAPITANT). Mais des observateurs plus attentifs rectifieront s'il convient. En bref, une curiosité imparfaite qui lorgnait du coté des films "UNIVERSAL" – sombre château, souterrains inquiètants, légendes qui laissent des traces dans les esprits – mais plutôt sympathique, et qui mériterait largement un dépoussiérage-DVD !


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De Azurlys, le 6 septembre 2010 à 15:43

Courte mais nécessaire correction au texte que je viens de relire.

Je me demande où j'ai été chercher que le cinéma français de l'Occupation avait tourné (je cite) "onze cents films" ! L'erreur s'est insinuée au tout début du § 2, ligne II. Il faut lire : deux cent vingt films. La plupart sont oubliés, enfin, beaucoup d'entre eux, et huit films seulement abordèrent des thèmes fantastiques, avec plus ou moins de bonheur. "Le Loup des Malveneur" d'Henri RADOT est de ceux-là, mais faut-il espérer un DVD ? Le souhaiter, peut-être, et… prier. Pour ma modeste part, je me verrais bien avec une copie de meilleure qualité. Je vote pour !

Le mérite de René Château est de distribuer des films tombés dans les abysses de l'oubli, avec quelques restaurations d'images et de son – c'est relativement nouveau – et si sa sélection fait parfois sourire, elle provient du rachat de firmes en déshérence, dont il rachète les droits de diffusion. On y trouve tout, du convenable, du "très intéressant" et du passable, parfois attendrissant (Émile COUSINET !).

J'ignore si R. CHATEAU a beaucoup diffusé d'œuvres de la période concernée. Je n'ai pas son catalogue en tête. D'une manière générale je reste moins sévère qu'Impétueux, même si Château jette sur le marché des œuvres sans le moindre intérêt, et parfois dans des conditions technique désolantes. Sans nul doute, il sera beaucoup pardonné !


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De Gruber, le 23 février 2011 à 00:10

Bonsoir,

Le film "Le Loup de Malveneur" est régulièrement diffusé sur une chaîne du satellite où j'ai pu m'en faire une copie.

Quant au château en question, il s'agit bien du château d'Anjony dans le Cantal, lieu où furent tournés plusieurs films (dont un épisode des Brigades du Tigre…)

Cordialement,


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De azurlys, le 3 mars 2011 à 16:37

Je trouve avec intérêt une réponse de Gruber sur LE LOUP DES MALVENEUR, diffusé, semble-t-il sur l'une des chaines satellite. Il me semble bien l'avoir vu programmé tout dernièrement, à ma grande surprise. Je pensais ce film sinon oublié, du moins très endormi. J'ignore quel était l'état de la copie diffusée. Celle que j'ai (VHS) est médiocre, aux contrastes vaseux, où les blanchâtres se détachent mal des fonds clairs. Normal ! En dehors de la pellicule de qualité médiocre de l'époque, le support argentique vieillit, se délite – moins que sur des supports nitrates, interdits depuis 1952 pour des motifs de sécurité – mais les images "passent" comme les jours, comme les chalands, et se détruisent lentement. La bande-son étant elle-même sur un support photographique ni coupe pas et il est des bandes sonores de cette époque quasi inécoutables. Tout dépend des conditions de conservation. Ici, une restauration plus attentive et plus soignée que le modèle "Château" serait indispensable.

Cela dit, que l'on ne s'y trompe pas, les support numériques – enfin, je pense aux DVD à usage privé – seraient eux-mêmes moins résistants qu'on n'a voulu nous le faire croire au tout début de cette "nouvelle" technique, dont on dit qu'elle serait bientôt dépassée. Je crois que la SNCF prépare aussi une révolution (technique, s'entend). Le TAB, le Train à Bascule. Il arrivera un quart d'heure avant de partir. Qui dit mieux ?

Pour en terminer avec LE LOUP… il est une séquence au cours de laquelle deux protagonistes entrent dans un laboratoire en principe scientifique, et la caméra plonge sur une sorte de fosse, au fond de laquelle se trouverait une clé majeure à la compréhension de l'histoire. Sur la version VHS que je possède, je défie quiconque de voir ce qui s'y trouve… une zone blanchâtre, ou grisâtre (je n'ai pas l'image sous les yeux) mais de clé utile à la progression… point ! Impossible d'y pouvoir discerner quoi que ce soit ! Mais peut-être la version "satellite" était-elle mieux lotie.


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De Impétueux, le 10 juillet à 15:54
Note du film : 2/6

Malgré la noble euphonie de son titre et la qualité des décors naturels (le château d'Anjony et les vieilles rue de Salers, dans le département du Cantal), Le loup des Malveneur ne vaut pas grand chose. Le film est pesant, verbeux et l'intrigue mal maîtrisée, s'éparpillant dans tous les sens. Et puis (mais il est vrai que la chose est fréquente dans le genre angoisse féodale), le réalisateur a tendance à abuser de la photogénie des salles sombres, des couloirs dissimulés, des caves voûtées, des chambres lugubres où s'entrecroisent les personnages comme sur une scène de théâtre.

Mixant plusieurs mythologies habituelles du cinéma fantastique, le film de Guillaume Radot part un peu dans tous les sens.

Savant obsessionnel, Réginald de Malveneur (Pierre Renoir, malheureusement sous-employé) touche un peu au baron Frankenstein dans sa volonté folle et déterminée de trouver les secrets interdits de la résurrection des morts. Mais on évoque aussi des cousinages abominables avec les loups. La famille de Malveneur est tenue depuis des siècles par les villageois comme assez diabolique et les craintes rurales font assez penser à la terreur inspirée par les paysans de Valachie envers le comte Dracula. On peut noter d'ailleurs que l'arrivée au château de Monique (Madeleine Sologne qui ne portait pas encore la frange blonde de L'éternel retour) fait songer, toutes choses restant égales par ailleurs, à celle de Jonathan Harker. Il y a aussi l'étrange atmosphère familiale : auprès du fou savant Réginald, il y a une servante sourde-muette Marianna (Marcelle Géniat), fanatiquement attachée à son maître, une épouse chlorotique et mourante, Estelle (Marie Olinska) et une petite fille, Geneviève (Bijou). Et surtout la sœur de Reginald, Magda (Gabrielle Dorziat), absolument impeccable). Hobereaute imbue de sa race, vierge cinglante hautaine ne songeant qu'à parcourir et protéger le domaine des Malveneur et à dissimuler l'aliénation de son frère.

Il y avait là assurément de quoi réussir une bonne mixture d'épouvante, à tout le moins de malaise, en combinant astucieusement tous ces épices. D'autant que les dialogues, bien que trop écrits et même assez guindés recèlent quelques trouvailles heureuses : ainsi lorsque Monique l'institutrice rencontre sa petite élève Geneviève dont sa mère déplore Elle ne grandit pas vite cet enfant !, la sèche réplique de Magda bottée et orgueilleuse Peu importe : c'est une fille !.

La musique de Maurice Thiriet (le compositeur des Enfants du Paradis, des Visiteurs du soir, de Une si jolie petite plage est assez réussie. Et puis il n'est jamais bien compliqué de susciter l'inquiétude avec des orages terribles, des loups hurlant à la mort, des souterrains à peine éclairés, des grincements venus d'on ne sait où. Même l'intrigue sentimentale qui voit Monique (Madeleine Sologne) tomber dans les bras de Philippe (Michel Marsay), prétendu artiste-peintre, en fait policier qui enquête sur les Malveneur, est convenable, malgré la mièvrerie du jeune premier.

Mais il se peut que Guillaume Radot n'ait pas eu la qualité nécessaire. De ce réalisateur oublié, je n'ai jamais entendu parler que du Destin exécrable de Guillemette Babin, film mythique que j'attends toujours de découvrir dont certains m'ont dit du bien et (beaucoup) d'autres du mal et qui est aussi une histoire fantastique de vengeance et de malédiction. Ce qui est certain, c'est que le cinéma fantastique français (à la grande exception près des Yeux sans visage) est demeuré assez pauvret…


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