Forum - L'Affaire des poisons - Sujet en or, mais traitement médiocre...
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Forum : L'Affaire des poisons

Sujet : Sujet en or, mais traitement médiocre...

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De Impétueux, le 4 février 2006 à 09:54
Note du film : 3/6

Jamais je n'ai vu, ni entendu parler, même, de cette Affaire des poisons ou, plutôt, du film réalisé par Henri Decoin sur ce sombre drame, mêlant intrigues de cour, perversions, satanisme et enquête policière. Mais je découvre son existence un peu par hasard et je me dis qu'on ne pouvait rêver mieux, en marquise de Montespan que la si belle Danielle Darrieux (35 ans au moment du tournage…) et surtout, dans le rôle de l'abbé Guibourg, le prêtre interdit, l'officiant des messes noires, un Paul Meurisse qui doit être sacrément (l'adverbe est mal choisi, je sais !), qui doit être extraordinairement bon en monstre assassin et sacrilège…

Une curiosité : Pierre Mondy en lieutenant de police Desgrèz… Vous ne souvenez pas ? Dans la série des Angélique, c'est le rôle qu'interprète Jean Rochefort

Oh là là, qu'est-ce que j'aimerais voir ce Decoin-là !


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De Impétueux, le 21 mars 2006 à 12:19
Note du film : 3/6

Honnêtement, et malgré toute l'affection que je porte à Henri Decoin, c'est bien inférieur à ce que ça aurait pu être ! Car voilà tout de même un sujet en or, dont les ingrédients mêlent intrigues de cour, profanations, sacrifices humains, sexualité débridée et qui pourraient donner un film angoissant et sulfureux, surtout lorsque l'un des protagonistes principaux, l'abbé Guibourg, est joué par Paul Meurisse !

Ce n'est pas désagréable, il y a même des séquences pas mal du tout, la lumière est particulièrement bienvenue, et baigne le film dans une atmosphère terreuse à la Le Nain. Il y a aussi ce qu'ignorent complètement les niquedouilles prétendument satanistes d'aujourd'hui, la révérence, la foi – donc la peur – de l'Au delà. On ne peut guère profaner que ce que à quoi l'on croit du fonds de son âme et la terreur qu'éprouvent Guibourg et la Voisin (Viviane Romance) devant l'étendue de leur propre blasphème est sûrement le meilleur et le plus profond côté du film…

Mais enfin, ça demeure dans l'anecdotique et le superficiel trop souvent ; le grand film sur le satanisme au 17ème siècle, les messes noires, les hosties profanées, les enfants égorgés sur le ventre nu des hystériques reste à faire…

Le fera-t-on jamais, dans une époque où la Foi apparaît souvent comme une aimable philosophie de la vie ?


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De RdT, le 22 mars 2006 à 00:46

Paul Meurisse, Danielle Darrieux, Maurice Teynac (le Sherlock Holmes de la radio!!!) et Anne Vernon, voilà une distribution qui m'inspire et que j'aimerais voir dans cette mystérieuse Affaire des poisons.


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De sirius, le 18 juillet 2006 à 19:44
Note du film : 6/6

Il y a quelques temps j'ai acheté le coffret "le bossu" avec jean marais bien sur. Dans ce coffret il y a ce qu'ils nomment "les oubliettes" en fait ceux sont de vieux films qui malheureusement ne passent jamais à la télé. J'ai vu un extrait du films "l'affaire des poisons" et comme je suis fan des films relatant des faits historiques je suis allé à la fnac et j'ai demandé si ce films allait sortir non rien!

Et voila quand venant sur votre site quelle joie d'apprendre qu'il est sorti en DVD! Merci merci.

des demains je cours à sa recherche. A bientôt.


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De azurlys, le 21 mai 2007 à 14:45

L'Affaire des Poisons, d'Henri Decoin est un film insolite, qui n'est pas precédé d'un "carton" annonçant une absolue vérité historique, mais se présente comme s'appuyant sur les Archives de le Bastille, qui auraient apporté la caution dont le réalisateur semble faire état. Il comporte donc des inexactitudes.

Par exemple, rien, ni personne n'a jamais demontré la participation de Mme de Montespan à une ou plusieurs messes noires. Les lettres d'accusation qui frappaient la favorite ont été détruites par Louis XIV lui-même – ce qui n'est pas, convenons-en, la preuve du contraire – mais l'indication précieuse d'un intervenant à ce forum souligne fort justement que l'époque s'appuyait beaucoup sur la peur de la mort et de Dieu, et la Montespan elle-même, peu avant sa mort à Bourbon l'Archambault, exigeait que des chandelles fussent allumées toute la nuit dans sa chambre, tant était grande sa terreur de sa propre mort et du Jugememt divin.

Dans le même ordre d'idée, il est gratuit de lui attribuer l'empoisonnement de Melle de Fontange, tel qu'il est présenté dans le film. Celle-ci est vraisemblablement morte d'une septicémie à la suite d'une fausse-couche. Or, cela se savait dejà en 1954, à l'époque du tournage.

En revanche, une mise en scène un peu molle n'a pas nuit aux interprétations : Danielle Darrieux est une Montespan tres proche de la vérité, Viviane Romance est impeccable dans le personnage de La Voisin, et le sinistre Abbé Guibourg est admirablement construit par un Paul Meurisse exceptionnel. Les décors de Jean d'Eaubonne, en revanche semblent ne pas être intégrés à l'époque. Un point tres positif : la musique de Rene Cloerec (Le Blé en Herbe, Le Rouge et le Noir, et la partition musicale du Son et Lumiere de Chenonceau Au Temps de Dames de Chenonceaux) est parfaite, sourdement scandée, insidieuse.

A défaut de mieux, il faut se rabattre sur le DVD (éditions ATLAS) qui présente une version décolorée où l'on ne retrouve pas les somptueuses couleurs d'origine (négatif Eastmancolor, tirage Technicolor), qui servaient mieux les costumes et l'esprit du XVIIème siècle.

PS : pardon pour l'absence d'accents, mais je suis – par force – sur un clavier anglais.


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De Azurlys, le 16 juin 2007 à 15:34

Je retrouve avec étonnement mon message sur l'Affaire des Poisons d'Henri Decoin, et remercie bien vivement le correspondant qui a eu l'indulgence d'y trouver des qualités. Mon clavier Français (si… si… co , comme on disait à la cour de Vienne!) me donne accès aux accents ! Merci aussi des liens sympa entre les citations du nom des acteurs et les photos correspondantes. Pour René Cloerec, auteur de la partition musicale, souvent obsédante et étrange, je n'ai pas pu retrouver mention de la musique dont il était l'auteur pour "Au temps des Dames de Chenonceaux" – texte de Jean-Martin Demezil, mise en lumière et en son – si l'on peut dire ainsi, par Pierre Arnaud (1954, et sauf erreur, toujours présenté l'été en Touraine.

Pour l'Affaire des Poisons, signalons cependant que la méthode qui consistait à enduire de confiture "empoisonnée" une seule face d'un couteau afin de pouvoir couper une nouvelle tranche de pâtisserie sans être suspecté d'être le ou la meurtrière, est exacte. Dans la séquence en question, Danielle Darrieux-Montespan offre une tranche à la pauvre Mademoiselle de Fontange jouée par Anne Carrère – mais je crois me tromper sur le prénom – qui aura plus tard des troubles et s'évanouira, livide, devant le roi. Sa mort par le poison des donc mise allègrement sur le dos de la Montespan, alors que l'on avait d'excellentes raisons de penser autrement. Si l'on a un regard un peu pointu, il est amusant de voir que le plan ou la perfide marquise étale sa confiture sur un coté du couteau posé à coté du gâteau, est démenti par le contre-champs suivant suivant ou le couteau est retourné, et la confiture sur… l'autre face de la lame ! Dans la situation ainsi présentée, elles étaient empoisonnées toutes les deux !! Fâcheuse situation ! Ah ! aura-t-on jamais assez mesuré le cote hilarant des erreurs de la script…

Anne Vernon jouait Mademoiselle des Œillets, suivante de la Montespan, que l'auteur du film présente comme ayant été mêlée contre son gré à cette sinistre histoire au point de subir la question. Je n'ai pas pu vérifier la véracité de ce développement, et la Des Œillets est, en général un peu oubliée au coté des stars de cette affaire qui a noirci le Siècle de Louis XIV, au cours duquel cohabitèrent l'imprégnation religieuse intense qui le confinait au bigotisme, les disettes – mises trop souvent sur compte du souverain – et l'éclat artistique que personne aujourd'hui ne songerait à contester. Etrange mélange, qui semble impliquer l'équilibre des extrêmes !

Pierre Mondy jouait Dégrès – amant de Madame de Brinvilliers, mais le film ne le mentionne pas car il débute par la mort sur le bûcher de la sinistre Marquise, et Maurice Teynac -le lieutenant-général de Police La Reynie (sa rue est le quartier des Halles, à Paris), sont l'un et l'autre, excellents.

En espérant un jour une remasterisation (pardon pour le néologisme) plus conforme au modèle, on peut se satisfaire de la version "Éditions Atlas" (librairies et par correspondance) au Technicolor javellisé, à la mise en scène un peu invertébrée, mais aux interprétations très convaincantes.

A bientôt, peut-être… A.


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De Azurlys, le 18 juin 2007 à 12:10

Bonjour !

Merci des remarques de chacun. Quand je parle de Technicolor javelisé, j'entends le DVD diffusé par Atlas, aux couleurs livides, alors que j'ai encore dans l'esprit les superbes coloris lors de la sortie du film sur l'immence écran du Gaumont-Palace, aujourd'hui disparu.

J'y reviendrai – si l'on veut bien m'y accueillir – et j'en profite ici pour indiquer que les signes qui précèdent et terminent la partie de la phrase, ne sont pas des trait d'union (ils auraient même une valeur exactement opposée), ce sont des "tirets", qui isolent une partie de phrase que l'on désire nettement séparer du reste. Ils indiquent un élément hors phrase, alors que les parenthèses laissent l'élément isolé dans la phrase elle-même. Pardon pour cette mise au point, mais la retecture éventuelle de ces texteds, si on a l'indulgence de s'y attarder, en sera clarifiée.

A bientôt, et merci de l'accueil. A.


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De Lagardère, le 28 novembre 2008 à 16:14
Note du film : 4/6

il est amusant de voir que le plan ou la perfide marquise étale sa confiture sur un coté du couteau posé à coté du gâteau, est démenti par le contre-champs suivant suivant ou le couteau est retourné, et la confiture sur… l'autre face de la lame ! Dans la situation ainsi présentée, elles étaient empoisonnées toutes les deux !! Fâcheuse situation ! Ah ! aura-t-on jamais assez mesuré le cote hilarant des erreurs de la script…

J'ai revu ce film hier au soir…Mais il a un oeil de laser cet Azurlys ! C'est ma foi vrai ! Excellent film, joliment mais un peu mollement mené, c'est vrai. Et très belle lumière, c'est très vrai aussi… (D'ailleurs, je me demande ce que je fous là ) Et la môme Darrieux, comme aurait dit le père Gabin n'a peut être jamais été aussi séduisante…Mais cette Viviane Romance quelle présence ! Et cette voix….

Pour ce qui est du film à faire sur les sacrifices sataniques, j'ai peur que si un réalisateur s'en emparait aujourd'hui, le côté "gore" serait largement exposé au détriment de la réflexion plus approfondie que méritent telles pratiques…


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De Impétueux, le 28 novembre 2008 à 18:33
Note du film : 3/6

Oui, Lagardère, vous avez sûrement raison, et le grand film sur le satanisme que j'appelle de mes vœux n'est pas prêt d'être tourné : entre le goût du gore (je n'ai rien contre, mais on peut faire mieux et plus fort) et l'inculture historique et théologique généralisée, ça ne donnerait pas grand chose, par incapacité à faire saisir l'essence même de la Foi ; car Guibourg et la Voisin croient vraiment en Dieu et choisissent le Diable par fascination pour le Mal et non, comme des satanistes modernes, parce que Satan incarne une sorte d'énergie vitale prétendument bridée par le christianisme… d'ailleurs je redis que c'est là, il me semble, le meilleur de L'affaire des poisons : la terreur sacrée ressentie par le prêtre déchu et son acolyte…


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De ROMANOS, le 9 janvier 2010 à 23:02
Note du film : 6/6

je désire savoir si l'affaire des poisons est sorti en dvd. Le versant anecdotique du film m'importe peu. Encore une fois le monstre sacre que fut Viviane Romance impose sa présence avec un tel pouvoir de fascination qu'on en demeure médusé. le HÉRISSON, journal satirique fameux évoquant Viviane l'ensorceleuse écrivait : Un film avec Sacha Guitry c'est d'abord Sacha. Un film avec Viviane Romance c'est d'abord Viviane.

Il faut se souvenir que Viviane Romance fut un personnage mythique de notre cinéma français.


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De Impétueux, le 10 janvier 2010 à 13:35
Note du film : 3/6

Oui, le DVD existe, ou tout au moins a existé, mais je doute que vous puissiez le retrouver ailleurs que dans une brocante, puisqu'il faisait partie d'une collection diffusée par les éditions Atlas dans les kiosques ; assez mauvaise qualité, mais c'est mieux que rien…

Viviane Romance, dans le personnage sataniste de La Voisin, femme belle déjà un peu flétrie (on est tout de même vingt après La belle équipe) n'y est effectivement pas mal du tout !


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De Azurlys, le 17 juin 2010 à 15:05

Après un éloignement de ce film, sur DVDTOILE du moins, car je l'ai revu dernièrement à Paris, j'y reviens un moment, un peu comme l'on sert les restes d'un déjeuner de la veille ! C'était ma première intervention sur ce site, courant 2008. Ah ! Nostalgie…

Je viens de lire "L’affaire des poisons" de Jean-Christian Petitfils, chez Perrin, qui apporte d'intéressantes précisions sur cette sinistre affaire. Mais si je mentionne cet ouvrage, c'est parce qu'il me semble bien que l'un des correspondants de DVDTOILE avait cautionné un peu vite la "vérité historique" à partir du panneau en noir et blanc qui défilait sur l'écran avant le générique. Je n'ai pu remettre la main, et surtout les yeux, sur le message de cet intervenant (peut-être a-t-il disparu, je parle du message, bien entendu…). Mais déjà à l'époque j'avais fait de fortes réserves sur la vérité historique du film, et sur la vérité historique tout court, puisqu'elle se ramène à des observations multiples et subjectives autour d'éléments écrits en nombre quelquefois limités.

L'auteur du livre appuie sur les deux "clans" de sorciers qui ont semblé s'opposer à l'époque, les uns dans le camps de Mme de Montespan, les autres dans celui de la duchesse de Vivonne, qui avait recourt, elle aussi, aux bons offices de ces monstres qui allaient, dans les messes sataniques (messes noires) jusqu'à égorger de jeunes enfants pour les proposer en offrande au Prince des ténèbres. Elle était le belle-sœur de la Montespan. J.C. Petitfils n'exonère pas la favorite de tous soupçons, mais il souligne qu'elle fréquentait les empoisonneurs(ses) alors même que sa situation à Versailles n'était pas encore affirmée, alors que la jeune Angélique de Fontange était déjà la maîtresse du roi, mais à l'insu de toute la cour, le secret – au début, du moins – ayant été très soigneusement caché. Madame de Montespan ne pouvait donc pas être soupçonnée de tentative de meurtre. L'auteur du livre insiste donc plutôt sur les poudres d'amour (aphrodisiaques insolites qui faisaient intervenir du sang menstruel, du sang de chauve-souris séché (!) et de la cantharide). Pour lui, la Montespan en a largement usé avec le roi qui consultait de son coté ses médecins contre les maux de tête terribles qui le harcelaient et ses vertiges compliqués de vomissements. Avec de semblables mixtures, faut-il s'étonner ? Mais M. Petitfils met également l'accent sur le fait que ni La Voisin (Catherine Monvoisin, dite) – Viviane Romance – ni la Des Oeuillets (Anne Vernon), lourdement suspectée par l'auteur, et dame de compagnie de Mme de Montespan, n'avaient subi la question. Or, on les y voit l'une et l'autre. La Voisin, les jambes prises dans les brodequins, glisse presque silencieusement le nom de la favorite à l'oreille du Lieutenant Général de Police La Reynie.

Évidemment, cela ne va pas changer la face du monde, mais je suis un peu surpris, pour ma part, que ces informations qui étaient déjà connues, au moins en grande partie, n'aient pas fait l'objet d'un scénario plus rigoureux, car il s'agissait bien d'un film "historique", et non pas une fantaisie telles que savait les faire Sacha Guitry, ni un simple film "à costumes". Je vous renvoie au libre de Jean-Christiant Petitfils, si la question – c'est le mot qui convient ! – vous intéresse. Ce sera comme vous l'entendrez !


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De stronibein, le 31 janvier à 16:12
Note du film : 4/6

Gaumont, qui l'avait sorti en DVD bousillé par une restauration ratée (du DNR à la truelle), vient de le ressortir en Blu ray. Et alors là, chapeau! La qualité est au rendez-vous. Images nettes et magnifiques couleurs !


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