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Sujet : Lino Ventura et les autres


De David-H, le 24 janvier 2006 à 22:34
Note du film : 4/6

Encore loin de la psychologie populaire qui allait caractériser ses prochains films et le glorifier, Claude Sautet s'essaya d'abord – avec brio – à un tout autre genre. « L'arme à gauche », en effet, est un film d'aventures où Ventura se mêle à une cohorte de trafiquants d'armes. Une fiction, ceci dit, dont la paternité était à peine revendiquée par le réalisateur, ce dernier expliquant des conditions de tournages extrêmement difficiles à l'époque. Quant à l'acteur fictivement élu comme « le préféré » des Français, il poursuit ici sur sa lignée héroïque du Gorille. En tentant de retrouver le bateau que les malfrats lui avaient subtilisé, sa force l'oppose, non sans difficultés, à des hommes évidemment bien peu scrupuleux.

Outre l'ami Lino, le casting de cette fiction, se déroulant essentiellement sur un bateau, n'apparaît plus trop mirobolant, actuellement. Même si l'on retrouve par exemple Alberto de Mendoza, futur roi dans La Folie des Grandeurs, ou encore Sylva Koscina, égérie yougoslave de l'époque, mais plus connue du cinéma transalpin. Évoquons pourquoi pas, le véreux Léo Gordon, dont le jeu s'apparente curieusement à celui de Jess Hahn. La partie initiale du film semble parfois tirée en longueur mais le film parvient toutefois à bien s'installer progressivement, pour se clôturer par un suspense assez haletant. Plus globalement, la présence de Ventura elle-seule vaut le visionnement de ce film, par ailleurs très connu des cinéphiles…


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De Impétueux, le 25 janvier 2006 à 10:22
Note du film : 4/6

Si le film n'avait pas été réalisé par Sautet et ne mettait pas en scène Ventura, en parlerait-on ? C'est une curiosité assez gentille, un bon petit film pour soirée paresseuse, qui se laisse voir sans déplaisir, mais n'annonce ni le grand réalisateur qui a durablement marqué le dernier quart du siècle, ni le formidable acteur à qui nous sommes redevables de tant de films de qualité….

En gros, si vous remplacez Sautet par Hunebelle ou Borderie et Ventura par Hanin ou Barray, vous avez le même produit…mais totalement oublié…et oubliable.


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De RdT, le 25 janvier 2006 à 12:20

Je suis sensible au charme de la belle Koscina, et vous avez eu bien raison de la citer. Ça m'amuserait de revoir ce film aujourd'hui, bien que Sautet ne soit pas ma tasse de thé.


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De Xaintrailles, le 9 février 2008 à 13:49
Note du film : 4/6

Je sais que certains trouvent ce film trop lent voire même légèrement ennuyeux ; mais ce n'est pas mon avis et je suis au contraire étonné que Claude Sautet, réputé pour ses scènes de la vie bourgeoise ait aussi bien réussi un film d'aventures qui ne semblait pas dans ses cordes. Dès le début, on attend l'affrontement entre les deux costauds, Lino Ventura et l'excellent Leo Gordon, belle brute à la stature imposante et quand il se produit enfin, le choc est si soudain, si bref et si violent qu'on en reste saisi. N'importe quel cinéaste américain aurait concocté une bagarre de cinq bonnes minutes avec l'épisode obligatoire où le gentil héros semble vaincu par l'affreux méchant (qui l'a pris en traître) mais réussit in extremis à l'assommer. Sautet, lui, a trouvé un moyen beaucoup plus inattendu d'atteindre ce "climax".


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De Jack Andrus, le 28 juin 2013 à 13:50

Il faut être bien indulgent pour trouver des qualités à ce très petit film … Intrigue paresseuse et prévisible … Ventura qui répète sans conviction son numéro … Leo Gordon idem … Personnages secondaires sans relief … Tout cela "sent" les pires conventions. Le bateau échoué, le rapport au paysage maritime, rien n'est vraiment exploité ; on n'est pas chez Conrad ou T'serstevens ! Et le pire pour la fin : Sylva Koscina, improbable 'jeune veuve' américaine, dont on remarque surtout l'horrible coiffure, la médiocrité du jeu, le personnage mal écrit. Koscina en italienne dans des films italiens, oui! Pensons à IL FERROVIERE / LE DISQUE ROUGE, le chef d'oeuvre de Pietro Germi. Mais là, non!


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De Impétueux, le 23 décembre 2016 à 18:55
Note du film : 4/6

Je m'étonne d'avoir été, il y a quelques années, si condescendant pour ce film qui, malgré quelques longueurs initiales, dès qu'il a atteint la bonne température, devient très prenant et même quelquefois haletant, à ses meilleurs moments.

Évidemment sera bien décontenancé celui qui s'attendrait à trouver dans L'arme à gauche une préfiguration de ce que deviendra Claude Sautet cinq ans après, lorsque, avec le concours de Jean-Loup Dabadie ou de Claude Néron, des Choses de la vie à Mado, il réalisera le plus parfait portrait ethnographique de la société de la fin des Trente glorieuses. Rien de commun entre les films de groupe qui ont si fortement marqué les années Pompidou et la solide rugosité de L'arme à gauche, un peu en retrait, toutefois sur Classe tous risques, qui l'a précédé de cinq ans, mais avec le même Lino Ventura.

L'arme à gauche, c'est un scénario très solide, très simple, très efficace, une fois les prémisses posées. Un marin coriace, Jacques Cournot (Lino Ventura), dont on ne saura pas grand chose sinon qu'il a eu des ennuis de fortune et qu'il a été marié, est chargé par un type ambigu, Hendrix (Alberto de Mendoza), d'expertiser les qualités d'un bateau ancré dans un port d'Amérique centrale pour le compte d'une veuve américaine qu'il croit riche, Rae Osborne (Sylva Koscina). Le ketch disparait, la veuve charge le marin de le retrouver. Ce qu'il parvient à faire, en sa compagnie.

Le bateau est échoué sur un haut fond. À son bord un groupe de malfrats, trafiquants d'armes, dirigé par Morisson (Leo Gordon) qui est un tueur assez féroce. Le navigateur et la veuve tombent entre leurs mains. Et le film devient vraiment intéressant. Un excellent rythme, une tension qui monte régulièrement, des péripéties inventives, un dénouement ingénieux, même s'il est largement prévisible. On peut aussi chipoter que la coiffure de Sylva Koscina demeure constamment impeccable et que le pantalon de Lino Ventura garde presque jusqu'au bout son pli.

Oui, sans doute, c'est du cinéma de série, qui n'a pas d'autre ambition que d'assurer un excellent spectacle et de faire passer un bon moment ; et je confirme aussi que si le film n'était pas signé par Claude Sautet, on ne l'aurait sans doute pas édité et je ne l'aurais pas forcément regardé…

Quoique… Écrivant cela, je m'en repends aussitôt : après tout j'ai regardé et apprécié beaucoup de trucs d'Henri Decoin, comme celui-ci bien charpentés et bien menés, distrayants en tout cas. Et alors ?

Le miracle, c'est que Sautet est ensuite passé dans une autre dimension.


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