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Sujet : Jouvet majuscule


De Olibi, le 4 décembre 2005 à 18:07

Existe-t-il une collection complète des DVD de Louis de Funès?

Sur les 100 films ou il paraît il n'y a que 50 DVD.

Il serait très important que les autres films soient à la disposition des très nombreux admirateurs de ce grand acteur. C'est pourquoi il serait souhaitable de toutes les parutions de Louis de Funès soient sur DVD.

Comment peut-on y participer sans souscrire à une production des films qui ne sont pas encore produits sous cette forme? Je suis tout prêt à y participer. Suis-je le seul?


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De RdT, le 15 mars 2006 à 15:33
Note du film : 5/6

Ce Knock là mérite son édition en DVD, mais il ne faut pas oublier non plus Knock, ou le triomphe de la médecine de 1933. Celui de 1933 a besoin de vos suffrages vous qui avez voté pour celui de 1951.


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De paul_mtl, le 16 mars 2006 à 14:54
Note du film : 6/6

A noter dans cette version de 1951 une rapide apparition de Louis de Funes en malade qui a perdu 100 grammes…

je vote pour les 2 et je prend le risque RdT de mettre la note maximum 6/6 ;)


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De RdT, le 17 mars 2006 à 14:49
Note du film : 5/6

«je prend le risque RdT de mettre la note maximum 6/6»

Vous avez certainement eu raison de le faire. Louis Jouvet le mérite, de toute façon. Et les «petites apparitions» de Louis de Funès méritent toujours d'être soulignées. Personnellement c'est que je le préfère. Tandis qu'il ne cabotine pas en première ligne, il se révèle simplement être un bon acteur. On peut faire le même genre de remarque pour Pierre Richard dans la Prisonnière de Clouzot.

Pour ma part si je n'ai pas mis 6/6 c'est que je voudrais le réserver à des gens comme Bresson ou Chytilova. Mais il m'arrive de le dégainer ailleurs. La notation est toutefois bien relative. Qui sommes nous pour en avoir le droit face au talent de Jules Romains et Louis Jouvet… Et quand je n'aime pas du tout quelque chose, je préfère ne pas mettre de note (ce qui vaut aussi quand je refuse de me prononcer).

Mais je suis de ceux qui pense que ce Knock doit absolument être édité en DVD, et il devrait être en tête des pétitions de ce site. Comme Les visiteurs du soir de Carné. Il est invraisemblable que des classiques aussi incontestables ne soit pas disponibles.


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De Arca1943, le 4 juin 2006 à 13:17

« Aucun supplément (alors qu'il y aurait de riches possibilités) »

Oui, une entrevue sur le film avec le président de l'Ordre des médecins, par exemple.


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De Impétueux, le 4 juin 2006 à 14:59
Note du film : 4/6

La présence de ce Knock – avant-dernier film tourné par l'immense Louis Jouvet avant sa mort brutale – dans une DVDthèque, ne se discute pas une minute et l'on retrouve toujours avec la même jouissance le texte brillantissime de Jules Romains, monument de cynisme et d'esprit que sert une mise en scène minimale, mais sans scories.

Mais il serait abusif, pour les amateurs de Louis de Funès de faire pièce sur ce film, où leur héros n'apparaît que trois secondes (j'ai compté !).

Et puis, naturellement, l'édition René Château est de la médiocrité habituelle à quoi il nous a habitués : copie médiocre (rayures et tâches), aucun supplément (alors qu'il y aurait de riches possibilités) et pas le moindre chapitrage.

Mais tout le monde s'en fout et ça continuera à prospérer !


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De Xaintrailles, le 12 février 2008 à 14:33
Note du film : 5/6

Louis Jouvet s'est si bien identifié au personnage (comme Raimu au César de Pagnol) que les comédiens qui lui ont succédé (parmi lesquels Jean-Marc Tennberg, Michel Serrault et récemment Fabrice Lucchini) ont tous interprété le rôle en s'inspirant de sa conception devenue, pour ainsi dire, légitime. Pourtant, si quelqu'un peut avoir du personnage une conception encore plus légitime que celle de Jouvet, c'est l'auteur lui-même. Or, il existe un enregistrement étonnant : c'est celui de Knock intégralement lu par Jules Romains, et fort bien lu, ce qui est presque un tour de force puisqu'il interprète à lui seul tous les personnages, y compris les femmes. Sans entrer dans les détails, on pourrait dire qu'il n'y a pas de différence fondamentale entre les deux conceptions, mais plutôt des nuances, et que Jouvet insiste davantage sur l'aspect "charlatan" du personnage alors que l'auteur le tire vers le fanatisme."Vous oubliez, dit Knock, qu'il y a un intérêt supérieur à celui du médecin et à celui du patient, c'est celui de la Médecine !" Tous les fanatismes du feu XXè siècle et ceux, naissants, du XXIème commençant ne sont-ils pas contenus dans cette formule ?


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De Impétueux, le 12 février 2008 à 15:53
Note du film : 4/6

Intéressante information et excellente réflexion finale, ami Xaintrailles !


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De Impétueux, le 28 novembre 2016 à 22:52
Note du film : 4/6

Même si je répète à cor et à cris que Les hommes de bonne volonté, fresque capitale en 27 romans reliés les uns aux autres est une œuvre majeure du XXème siècle et qu'il y a là dedans la matière de cinquante films, le cinéma n'a gardé de Jules Romains qu'un bref récit tendre, les copains et la rosserie délicieuse de Knock, immense succès de théâtre qui fut porté plusieurs fois au cinéma. La première version, muette, de René Hervil (1925) doit être, pour une pièce aussi pleine de verve, assez singulière à voir ; la deuxième, qui date de 1933, a été réalisée par Roger Goupillières assisté par Louis Jouvet, qui avait d'ailleurs créé le rôle sur la scène. Et après un troisième film, tourné par Guy Lefranc, il y a eu deux adaptations télévisées, la première par Marcel Cravenne en 1955, la seconde par Laurent Preyale en 2004.

On voit par là que la pièce est inusable ; et de fait personne n'ignore ce chef-d’œuvre narquois et grinçant, personne n'ignore Ça vous chatouille ou ça vous grattouille ?, surtout quand c'est dit par l'incroyable voix de Jouvet et le gigantesque canular de cette vallée auvergnate perdue devenue par la grâce et la folie du docteur Knock une sorte d'hôpital absolu atteint les plus belles dimensions. Certes, canular, ce mot idiomatique, forgé comme thurne, par les élèves de l’École Normale Supérieure, dont Romains fut pensionnaire de 1906 à 1909 définit essentiellement une ‘’plaisanterie généralement organisée en groupe visant à un effet de surprise (en principe agréable) pour les personnes auxquelles elle s'adresse, mais amusant généralement surtout pour ses auteurs’’ (Wikipédia), mais l’outrance même de la situation s’applique assez bien à Knock.

Si l'invraisemblance de la situation ne gêne pas une seconde, c'est sûrement parce que Jules Romains a su créer avec son médecin fanatique et subtil un véritable type, comme Harpagon ou Alceste.

La pièce est inusable, mais elle est aussi sarcastiquement parfaite : sa transposition sur l'écran fut sans doute aisée et les scènes d'extérieur, sans en diluer la vivacité, lui donnent, au contraire de l'ossature et de la chair.

Outre Jouvet, sublime, la distribution est excellente, notamment Madame Pons (demoiselle Lampoumas !) jouée avec un brio extraordinaire par Marguerite Pierry, aux rires de gorge et à l’œil séducteur célèbres. Mais l'instituteur Bernard, joué par Pierre Bertin est aussi excellent (souvenez-vous : c'est, dans Les tontons flingueurs, Amédée Dieulafoy, qui vient, en gants beurre frais, demander à Ventura la main de sa nièce pour son fils Antoine (Claude Rich) pendant que sifflent les balles), tout comme le toujours solide Jean Brochard en Docteur Parpalaid et l'éternelle Jane Marken, femme de Parpalaid, gloussante impérieuse et Pierre Renoir, le pharmacien empressé (au fait, sait-on que Jouvet avait fait des études dans cette science ?). Il n'a guère que Jean Carmet, dans un rôle de gugusse qui en fasse un peu trop.

Les répliques fusent (Les années de vieillesse, on en a toujours assez… pour le plaisir qu'elles vous donnent !) et la fable se boucle par l'internement-hospitalisation de Parpalaid au milieu des patients fascinés par le triomphe de la médecine.


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