Forum - 125 rue Montmartre - Suspense oublié, pourtant haletant de bout en bout
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Forum : 125 rue Montmartre

Sujet : Suspense oublié, pourtant haletant de bout en bout


De David-H, le 14 novembre 2005 à 22:06
Note du film : 5/6

Depuis l'apparition du Dvd, la collection René Château a pour notre plus grand bonheur démocratisé une bonne partie de son offre. Cela, tout en parvenant à ressortir de parfaits bijoux, hélas souvent oubliés et injustement méconnus du jeune public. Assurément, « 125 Rue Montmarte »* fait partie de ceux-là, car près d'un demi-siècle plus tard, il parvient toujours à entretenir un suspense palpitant durant toute sa longueur. Cadrée dans une noirceur de l'ambiance parisienne des années cinquante, tout simplement envoûtante et nostalgique, et que seul le cinéma peut se vanter de rendre, la force entière du film réside essentiellement dans le jeu magique de Lino Ventura. Ici, l'acteur d'origine parmesane, paisible crieur (honorable métier d'un autre temps…) pour France-Soir, se voit malgré lui embrigadé dans une rocambolesque affaire de meurtre. Le caractère inattendu de cette dernière permet de nous tenir en haleine donc, et à nous détourner pleinement de l'ancienneté du film, notamment pour les récalcitrants du noir et blanc…A ceux-là, cette œuvre épatante leur est vivement conseillée, elle qui mériterait d'ailleurs largement sa place dans les salles aujourd'hui, au vu de ce qui est proposé actuellement…Curieux même, que ce film n'est d'ailleurs pas été victime ( ?) d'un énième remake…

  • 25 euros à sa sortie, 5 euros actuellement dans deux grandes surfaces belges

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De Impétueux, le 15 novembre 2005 à 11:45
Note du film : 4/6

Je n'irai pas jusqu'à vous rejoindre dans l'enthousiasme que vous marquez pour les mésaventures subies par Lino Ventura du fait de la veulerie du couple infernal formé par Robert Hirsch et Andréa Parisy, mais j'adhère pourtant pleinement à l'intérêt que vous portez à l'édition de ces films du "samedi soir", complètement décriés par la Nouvelle Vague et forcément oubliés des rediffusions, notamment parce qu'ils sont en noir et blanc, mais qui sont toujours prenants, intéressants et divertissants. C'est le cas des films de Gilles Grangier (comme ce 125 rue Montmartre), de ceux de La Patellière, ou de Delannoy, ce qui n'empêche pas ces réalisateurs de second rang de donner, de temps en temps un chef d'oeuvre (le mot est peut-être fort : disons un très bon film) comme, pour Grangier, par exemple Le cave se rebiffe.

Et je vous rejoins aussi, et rejoins quelques échanges déjà tenus sur DVDToile sur le rôle des éditions René Château : c'est effectivement son créneau de donner, à prix raisonnable, sans suppléments démesurés, ce genre de films ; ce qui me navre, c'est que de grands Renoir, de grands Carné, de grands Autant-Lara, de grands Duvivier – qui méritent un tout autre traitement (restauration de l'image et du son, suppléments érudits – ne paraissent qu'en René Château, le plus souvent désormais sans même un chapitrage….


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De PM Jarriq, le 24 février 2006 à 10:14
Note du film : 5/6

Je viens de découvrir ce vieux Grangier, et je vous rejoins dans le plaisir que j'y ai pris. Simple, efficace, sans fioriture, vraiment bien dialogué, le film doit beaucoup à Ventura bien plus volubile et versatile que l'image qu'il a figée dans les années 60 et 70. Il forme dans la première partie avec Hirsch, un couple qui annonce de façon très étonnante celui de L'emmerdeur, jusque dans certaines situations. Pas sûr que Veber ne s'en soit pas inspiré directement. Ceci dit, Hirsch n'est pas Brel, et en fait des tonnes, dans un rôle pourtant riche, qu'il caricature outrancièrement. Pour Ventura donc, pour Paris comme on ne le reverra jamais, pour ce rôle de commissaire mondain, précieux mais compétent joué par Desailly, ce petit film noir mérite de ne pas sombrer dans l'oubli. Et puis, pour le fan de Lino, notons que c'est un des rarissimes films, où on le voit embrasser une femme (Dora Doll, en l'occurence), chose qu'il a formellement interdite lors de son vedettariat.


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De Romuald, le 30 mai 2009 à 00:44
Note du film : 4/6

Excellent, en effet, ce film que l'on pourrait qualifié de petit. Mais nous n'en ferons rien ! Du bon cinéma, enlevé, virevoltant ( c'est vrai que l'on est pas habitué à voir Ventura si dansant ) et pourtant sérieux. C'est fluide, ça le fait bien et on s'accroche. Tout a été dit mais un grand bon point à jean Dessailly, très à l'aise dans son rôle de commissaire. Loin de celui du Le doulos, plus noir. Quel bel acteur ! Je ne sais pas pourquoi mais ce genre de films, au même titre que le petit bijou Derrière la façade, du bon Yves Mirande tend à disparaitre de la mémoire des diffuseurs et c'est dommage ! Je ne connaissais pas. Je suis passé voir vos critiques avant enregistrement et je ne le regrette pas. Très bon moment ! Dvd Toile a du bon. Qu'on se le dise !

                    pour \Lagardère

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De Frydman Charles, le 3 juin 2009 à 14:16

J'ai beaucoup aimé l'évocation du Paris des crieurs de journaux. Je me souviens de l'époque ou France Soir avait plusieurs éditions et que le crieur criait : « France Soir » toute dernière…Édition Spéciale Le crieur résumait quelquefois l'article faisant la une.

On se laisse prendre à l'intrigue du film et à ses rebondissements…Mais l'histoire parait tout de même invraisemblable !!! D'abord parce que Didier n'avait aucune raison d'en vouloir à Pascal…Bien au contraire…Il aurait choisi le 1er venu pour lui faire endosser le crime ? Et de façon machiavélique !!! L'histoire telle quelle est évoquée au début du film est loin de nous laisser imaginer ce qui se trame en réalité.


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De Impétueux, le 20 avril à 23:01
Note du film : 4/6

C'est vraiment un bien agréable film de samedi soir, un de ceux qui restaient peu de temps sur les écrans d'exclusivité et passaient vite sur ceux des salles de second rang, mais qui là y demeuraient longtemps et faisaient une bien gentille carrière. Ces films là, dont l'équipe technique était composée de solides manouvriers (Gilles Grangier à la réalisation, Jacques Robert au scénario et même Michel Audiard aux dialogues, moins notoire qu'il le fut ensuite) étaient interprétés par des acteurs solides, aussi. Mais des acteurs en deçà des grandes vedettes, des acteurs qui n'avaient pas encore atteint le haut de l'affiche (Lino Ventura), ne l'atteindraient jamais (Andréa Parisy ou Dora Doll) ou n'y prétendraient jamais parce que l'essentiel de leur activité était au théâtre (Jean Dessailly ou Robert Hirsch).

Une machination de deux amants pour soutirer les sous du mari gênant, ce n'est pas d'une immense originalité et je crois bien que, dans bon nombre de films français des années 50, il y en a plusieurs. La machination, pour être pleinement réussie, suppose qu'un brave garçon, qui n'est pour rien dans la mécanique compliquée de la spoliation, soit accusé et se débatte dans de machiavéliques complications. Je ne dis pas que 125 rue Montmartre soit à ce point de vue un chef-d'œuvre du genre ; bien au contraire le film comporte une quantité d'invraisemblances assez élevée et, si l'on est un peu chafouin là-dessus, on pourrait s'amuser à les relever et à s'étonner des coïncidences, hasards, aléas et rencontres singulières qui font avancer l'action. Assurément l'intérêt du film n'est pas là : on devine tôt, bien trop tôt que le brave Pascal (Lino Ventura) est complétement manipulé par le couple détestable formé par Catherine Barrachet (Andréa Parisy) et Julien (Robert Hirsch), l'homme qui se prétend son mari et qui est en fait son amant. Il n'y a ni surprise, ni émotion et nous autres spectateurs blanchis sous le harnais de ce genre d'histoires sommes tellement ceux à qui on le fait pas que nous ne pouvons que contempler, vaguement sarcastiques, tous les développements de l'intrigue.

Nous sommes donc bien contents de ne pas nous être trompés et bien satisfaits qu'à la fin les choses finissent par s'arranger et que le sympathique garçon, soupçonné à tort, s'en tire aussi bien, aidé, il est vrai, par l'excellent commissaire de police (Jean Desailly) qui a compris d'emblée que l'affaire ne tournait pas comme les amants criminels avaient espéré qu'elle tournerait.

Mais encore plus contents et plus satisfaits de retrouver le Paris de 1959, ses monuments noircis et ses avenues que les élucubrations cyclistes des écologistes qui nous gouvernent n'avaient pas rendu à peu près inaptes à la circulation automobile. Plongée dans un Paris qui savait être une ville moderne, une Capitale, et non pas une annexe des cités de l'Europe du Nord vouées aux déplacements propres. Un Paris qui donne aussi à Gilles Grangier l'occasion de réaliser une sorte de reportage ethnographique sur un quartier et un métier.

Le quartier, c'est précisément celui du titre du film : le 125 rue Montmartre est précisément exactement situé en face du Café du croissant, au coin de la rue du même nom, café où fut assassiné Jean Jaurès le 31 juillet 1914. De tous temps, c'était dans un périmètre assez restreint, le quartier des grands quotidiens et les plus anciens d'entre nous se souviennent encore que France-Soir (qui titrait fièrement être le seul quotidien tirant à plus d'un million était implanté 100 rue de Réaumur, Le Monde au 5 rue des Italiens, L'Aurore au 142 rue Montmartre, tous ces journaux et bien d'autres à un jet de pierre les uns des autres, à quelques encablures de la Bourse devant quoi est toujours installée l'Agence France-Presse.

Le métier, c'est celui qu'exerce l'honnête Pascal/Ventura : celui de crieur de journaux, métier qui n'existe plus, puisque, comme nous sommes gavés de nouvelles par nos radios, nos télévisions et nos smartphones, nous ne guettons plus avec impatience la parution des journaux qui allaient, jadis, jusqu'à publier plusieurs éditions quotidiennes, lorsque l'actualité le commandait (j'ai le souvenir très net de cela en avril 1961, lors du Putsch des généraux factieux en Algérie). Le dernier crieur professionnel de Paris s'appelle Ali Akbar (ou s'appelait, car il y a bien longtemps que je ne l'ai aperçu) ; d'origine pakistanaise, il exerce ce métier de chien depuis près de 50 ans et il a acquis une véritable célébrité au Quartier latin et du côté de Saint Germain des Prés où il passait tous les soirs devant le Café de Flore et les Deux Magots.

Eh bien si nous ne devions à 125 rue Montmartre que de nous rappeler ce métier là, qui disparaît dans l'oubli et dont l'existence devient à peu près incompréhensible à notre nouveau siècle, ce serait déjà une bonne raison de regarder le film…


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