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Forum : Danger Diabolik

Sujet : Le mafaisant masqué


De PM Jarriq, le 21 octobre 2005 à 17:48

Je me souviens des BD de gare italiennes avec ce personnage masqué et malfaisant, mais je n'ai jamais vu le film. Le cast en est assez étonnant (Michel Piccoli !) et l'ambiance sixties a l'air sortie d'un Austin Powers. Le DVD zone 1 est sorti récemment. Diabolik vaut-il la peine d'être vu ? Même au second degré, ou n'est-ce qu'un nanar antédilluvien ? Les avis sont partagés…


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De Impétueux, le 21 octobre 2005 à 18:24
Note du film : 3/6

Je suis comme vous perplexe ; c'est un Mario Bava, certes, mais on peut craindre que ç'ait été tourné par dessous la jambe !

En fait pour ce film-là comme pour une kyrielle de nanars qui sont dans les bacs : ça peut être délicieux, mais ça le serait davantage si les DVD coûtaient un peu moins cher et si nous avions tous beaucoup plus de temps…

A chacun d'arbitrer en cette double optique !


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De verdun, le 13 septembre 2007 à 23:08
Note du film : 5/6

En ce qui me concerne voici un chef-d'oeuvre sur plusieurs niveaux:

  • Niveau "premier degré", un film sur un voleur masqué insaisissable qui ressemble à notre Fantomas. Mais que d'inventions par rapport aux films de Hunebelle de la même époque !! C'est coloré, vif, animé par un souffle réel.

L'histoire d'amour entre les pourtant inexpressifs Marisa Mell et John-Philip Law est très réussi. La musique de Morricone est très belle. De nombreuses idées géniales parsèment le film et ont été pillées sans vergogne ailleurs. Ainsi la scène où des brigands posent sur une autoroute la nuit des miroirs pour éblouir un automobiliste a été reprise telle quelle dans Le magnifique de Ce Broca. Jamais Bava, aidé ici par De Laurentiis et Paramount n'a eu le droit à un tel budget et cela se voit, notamment dans les décors. Le film fut un succès mais il n'y eut pas de suite, chose inenvisageable de nos jours.

  • Niveau "deuxième degré", c'est un sommet du pop art kitsch des années 6O, aux couleurs sixties, aux transparences grossières, aux effets drolatiques.

L'interprétation (?) est absurde: Piccoli semble largué, Terry-Thomas en fait des tonnes, le couple principal est insignifiant mais rigolo.. Cela pourrait faire penser dans sa naïveté à Barbarella mais ici un grand réalisateur est aux commandes.

Ces deux aspects donnent toute sa richesse au film et font de Danger Diabolik un grand moment du cinéma de genre italien.


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De Impétueux, le 29 juillet 2016 à 16:54
Note du film : 3/6

Pour prendre un vrai plaisir à regarder Danger Diabolik, où l'on sent, c'est vrai, la patte du grand Mario Bava, il faut tout de même avoir le goût de l'archéologie cinématographique. Qu'est-ce que j'entends par là ? Moins l'intérêt pour les vieux films du passé, pour les vestiges quelquefois éclatants et dont les meilleurs sont unanimement appréciés, que l'attirance pour la façon dont le cinéma s'est constitué au cours des âges, sédimentant longuement de multiples couches dont l'exploration permet de comprendre (mais pas toujours d'apprécier) ce qui s'est passé ensuite. Danger Diabolik, si original qu'il est, ne peut pas, à vrai dire, être placé sans avertissement sous d'autres yeux que ceux des amateurs de cette archéologie-là

Verdun dit fort bien que de nombreuses idées ingénieuses de Bava ont été ultérieurement utilisées par d'autres réalisateurs, ce qui est le sort habituel des initiateurs et que le film donne une excellente idée de ce que fut l'époque ; l'affiche du film, violemment colorée, psychédélique, symbolise à elle toute seule la période. On y retrouve un écho des images de Guy Peellaert, le père de Pravda la survireuse et l'inspirateur des dessins du Jeu de massacre d'Alain Jessua, film d'un an antérieur.

C'est aussi d'une bande dessinée (italienne, celle-ci, et davantage vouée aux bibliothèques de gare qu'aux librairies chics) qu'est issu Danger Diabolik ; il est fort possible qu'on prenne un plaisir plus intense au film si l'on est déjà familier du personnage, aussi habile larron qu'Arsène Lupin, mais tout aussi cruel que Fantômas, personnage mis en scène depuis 1962 par des dizaines et des dizaines d'histoires. Comme dans toute série de ce type, les protagonistes sont repris dans chaque épisode et continuellement confrontés (Ganimard et Herlock Sholmes contre Lupin, Juve et Fandor contre Fantômas, etc.) mais le malfaiteur parvient toujours à s'échapper, fût-il à un moment donné placé à la dernière extrémité du danger.

On ne demandera pas à Danger Diabolik un autre scénario que celui d'une fantasmagorie où les poursuites, les évasions, les cambriolages, les meurtres sont monnaie courante ; cela étant, ça manque, me semble-t-il, un peu de cruauté, peut-être parce que (au contraire de Fantômas et, par exemple aussi de Rocambole), Diabolik (John-Philip Law) ne tue que s'il ne peut faire autrement.

Le couple qu'il forme avec Eva Kant (Marisa Mell) est intéressant par son attachement inconditionnel réciproque (davantage que celui de Fantômas et de Lady Beltham), mais les acteurs choisis par Bava sont d'une extrême mièvrerie. Michel Piccoli qui incarne l'ennemi juré, l'inspecteur Ginko, est tout sauf crédible et le gugusse Terry-Thomas en ministre de l'Intérieur fait peine à voir (mais c'est sans doute le rôle qui veut ça). De la distribution je n'apprécie guère, en chef de la Mafia, allié de circonstance de la police, qu'Adolfo Celi, toujours parfait que ce soit dans L'homme de Rio ou dans Mes chers amis.

Il est très préférable de se satisfaire de la musique d'Ennio Morricone, des jeux de couleur rouges et verts (inspiration vraisemblable de Dario Argento plus tard) et des cadrages de Mario Bava qui a toujours su installer des atmosphères angoissantes. Mais n'a pas toujours filmé des scénarios à la mesure de ce talent.


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